Prof et Pédago

Arnold Desaintjean

Bienvenue dans Prof Et Pédago, le podcast pédagogique pour celles et ceux qui veulent réfléchir à leur métier d’enseignant sans se prendre la tête. Chaque épisode (5 minutes, à peu près...) explore un thème clé de la vie prof : relation pédagogique, didactique, posture, organisation, motivation... Avec des exemples concrets, un ton positif, et parfois des invités. 🎧 Pour enseigner mieux, avec plaisir et recul.

  1. 6d ago

    Crise en classe : que faire quand un élève refuse, que la tension monte et que ça chauffe avant la punition

    Crise en classe : que faire quand un élève refuse et que la tension monte ? C’est la question de cet épisode, pour les enseignants, les professeurs stagiaires, les formateurs et tous ceux qui travaillent auprès d’élèves. Imagine la scène. Quatrième heure, troisième A. Tu dis à Léa : « Sors ton cahier. » Elle répond : « Non. » Tu insistes, elle aussi, et tu sors l’arme absolue : « Je compte jusqu’à trois. » Au milieu du « deux », tu réalises que tu ne sais pas ce qu’il y a après « trois ». Devant vingt-neuf témoins, l’élève ne défend plus son cahier mais sa réputation, et toi, tu ne défends plus une consigne mais ton autorité. Une crise en classe démarre souvent ainsi, par un détail, et s’envenime par une phrase qui semblait calmer. Dans cet épisode de Prof Et Pédago, on s’intéresse au moment chaud : comment ne pas jeter d’huile sur le feu, et pourquoi la bonne réponse change selon la phase de la crise. Geoff Colvin, chercheur américain en éducation spécialisée, décrit une crise en sept phases : le calme, le déclencheur, l’agitation, l’accélération, le pic, la désescalade et la récupération. Ce modèle vise surtout les élèves dont les crises se répètent, et non le bavardage du jeudi. On regarde aussi ce que dit Franck Ramus des effets secondaires de la punition, d’autant plus nets quand elle tombe au pire moment, et ce que prévoit la circulaire de 2014 sur l’exclusion ponctuelle de cours, qui doit rester exceptionnelle et s’accompagner d’une prise en charge de l’élève. Ce que tu emportes, ce sont trois outils à tester dès demain, sans budget et sans recette miracle, par ordre d’escalade. À l’agitation, offrir un vrai choix, qui rend du pouvoir à l’élève sans en perdre. À l’accélération, baisser la voix, prendre une pause et, si besoin, utiliser un message en « je » inspiré de Thomas Gordon, dont les preuves restent fragiles. Au pic, assurer la sécurité de chacun, puis reporter la discussion : le pic n’est jamais le moment de comprendre, c’est le moment d’attendre. L’épisode va aussi plus loin que le cahier fermé. Quand l’insolence devient lourde, qu’il y a une insulte envers un adulte, une menace ou un geste violent, la méthode reste la même mais la réponse change : on note les mots exacts, on prévient la vie scolaire, on protège la classe, on appelle du renfort, et on ne gère pas cela seul. Dans les établissements publics, la circulaire de 2014 demande au chef d’établissement d’engager une procédure disciplinaire en cas de violence envers un personnel, et précise qu’une punition ne doit pas remplacer une sanction qui se justifie. Dans le privé sous contrat, c’est le règlement intérieur de l’établissement qui fait référence. Cet épisode s’adresse aux enseignants en poste, aux professeurs stagiaires et aux étudiants qui se destinent à l’enseignement, mais aussi aux formateurs et aux cadres éducatifs qui cherchent un support pour nourrir la réflexion d’une équipe sur la gestion de classe et la relation pédagogique. Il est rythmé, un peu irrévérencieux envers nos réflexes de salle des profs, et sérieux sur le fond : les sources sont à retrouver dans la fiche « Pour aller plus loin ». Si tu t’es déjà demandé comment réagir face à une crise en classe sans perdre la main, ou ce qui se passe réellement après « trois », prends sept minutes. Et si l’épisode te parle, partage-le avec le collègue qui se reconnaîtra au deuxième « un ». Prof un jour, pédago toujours.

    Crise en classe : que faire quand un élève refuse, que la tension monte et que ça chauffe avant la punition
  2. Oct 22

    Excuses forcées, retenue et réparation : que faire après une punition en classe pour que l’élève répare vraiment

    Punition en classe : pourquoi le « excuse-toi » ne répare rien ? C’est la question de cet épisode, pour les enseignants, les professeurs stagiaires, les formateurs et tous ceux qui travaillent auprès d’élèves. Imagine la scène. Dans la cour, une insulte vole. Tu convoques les deux élèves et tu fais ce que font tous les adultes : « Excuse-toi. » « Pardon. » « Plus fort. » « PARDON. » « Avec le cœur. » Tu conclus par la phrase qui ferme tous les dossiers : « Voilà, c’est réglé. » Le lendemain, la victime change de couloir et l’auteur te trouve injuste. Demander des excuses est un bon réflexe, mais une excuse arrachée reste une excuse faite pour faire plaisir à l’adulte. La punition en classe est tombée, et l’on passe à autre chose, alors que c’est après que tout se joue. Dans cet épisode de Prof Et Pédago, on s’intéresse à l’après : réparer plutôt que seulement punir. Côté cadre institutionnel, la circulaire de 2014 sur la discipline encourage, dans les établissements publics, une « approche restaurative » : rétablir l’estime de la victime, réinsérer l’auteur, restaurer les liens. Son outil phare, la mesure de responsabilisation, est une vraie sanction qui prend la forme d’activités éducatives ou de solidarité, avec un rapport direct avec la faute. Le sursis laisse à l’élève le temps de montrer ses efforts. Côté philosophie de l’éducation, Eirick Prairat défend un principe de resocialisation : une sanction éducative s’accompagne d’un geste vers la victime ou vers le groupe. Et pour que l’épisode reste honnête, on regarde aussi ce que disent les recherches : l’essai randomisé de la RAND Corporation à Pittsburgh donne des résultats mitigés. La réparation n’est pas une baguette magique, elle complète la prévention et la gestion du moment chaud sans les remplacer. Ce que tu emportes, ce sont trois outils à tester dès demain dans ta classe, sans budget et sans recette miracle. Le premier : les trois questions posées à froid, qui font de l’élève un acteur de la suite plutôt qu’un puni de plus. Le deuxième : une réparation qui a un rapport avec la faute, à la différence de la retenue où l’on recopie le règlement. Le troisième : la page blanche, pour accueillir l’élève au cours suivant sans lui faire porter son étiquette toute l’année. L’épisode précise ce qui relève de la recherche et ce qui relève du simple repère professionnel. Cet épisode s’adresse aux enseignants en poste, aux professeurs stagiaires et aux étudiants qui se destinent à l’enseignement, mais aussi aux formateurs et aux cadres éducatifs qui cherchent un support pour nourrir la réflexion d’une équipe sur la sanction éducative, la gestion de classe et la relation pédagogique. Il est rythmé, un peu irrévérencieux envers nos réflexes de salle des profs, et sérieux sur le fond : dans le privé sous contrat, c’est le règlement intérieur de l’établissement qui fait référence, et les sources sont à retrouver dans la fiche « Pour aller plus loin ». Si tu t’es déjà demandé pourquoi une retenue ne change pas grand-chose à une insulte, ou comment faire réparer une faute après une punition en classe sans multiplier les sanctions, prends cinq minutes. Et si l’épisode te parle, partage-le avec le collègue qui dit encore « plus fort » après un pardon. Prof un jour, pédago toujours. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Excuses forcées, retenue et réparation : que faire après une punition en classe pour que l’élève répare vraiment
  3. Oct 17

    Bavardage en classe - agis AVANT la punition (modèle ACC)

    Gestion de classe : et si le bavardage de Mathis se jouait avant même qu’il ouvre la bouche ? C’est la question de cet épisode, pour les enseignants, les formateurs et tous ceux qui travaillent auprès d’élèves. Imagine la scène. Lundi, 8 heures, quatrième C. Tu dis : « Sortez vos affaires. » Trente secondes plus tard : « Silence. » Puis : « Silence ! » avec un point d’exclamation. Puis : « J’attends. » Tu n’attends pas, tu bous. Mathis bavarde, tu le punis, il bavarde encore, tu le punis plus fort, et tu en conclus que le problème est chez lui. Rassurant, mais pas tout à fait exact. Dans cet épisode de Prof Et Pédago, on remonte la scène en arrière pour regarder ce qui précède le comportement des élèves. Le modèle ACC (Antécédents, Comportement, Conséquences), version française du modèle ABC de l’analyse du comportement, remonte aux travaux de Bijou, Peterson et Ault à la fin des années 1960 et il est diffusé auprès des enseignants français par Franck Ramus. Son idée tient en une phrase : un comportement s’explique par ce qui le précède et par ce qui le suit. Appliqué à Mathis : une consigne floue et trente secondes de vide, un bavardage, des copains qui rient. Le rire est le salaire de Mathis, et ta retenue, c’est la prime de risque. Ce modèle n’excuse rien et n’accuse personne : il te donne deux leviers, et le premier, ce qui précède, est souvent le plus facile à travailler. On croise aussi Jacob Kounin, qui a filmé des classes dès les années 1960 et publié en 1970 : les enseignants qui rencontrent peu de problèmes ne se distinguent pas par leur façon de punir, mais par ce qu’ils font avant. Vigilance, chevauchement, fluidité des transitions : un cours qui a des trous est une invitation à les remplir. L’épisode donne ses limites en toute honnêteté : ces observations portent sur des classes d’élémentaire américaines des années 1960, et les essais sur le soutien au comportement positif montrent des effets réels mais modestes, surtout à l’échelle d’un établissement entier. Ce que tu emportes, c’est de la pédagogie très concrète, sans recette miracle : trois outils à tester dès demain dans ta gestion de classe.Le premier : préparer la transition la plus risquée de ta journée, avec la consigne au tableau, le matériel distribué et ta première phrase écrite.Le deuxième : poser trois à cinq attentes formulées positivement, et les enseigner comme une notion, en les expliquant, en les montrant et en les faisant répéter, dans l’esprit de l’enseignement explicite des comportements.Le troisième : le compliment précis, avec la règle des cinq encouragements pour une réprimande, présentée comme un repère issu d’un autre domaine et non comme une loi. Cet épisode s’adresse aux enseignants en poste, aux professeurs stagiaires, aux étudiants qui se destinent à l’enseignement, mais aussi aux formateurs et aux cadres éducatifs qui cherchent des méthodes et un support pour nourrir la réflexion d’une équipe en formation. Il est rythmé, un peu irrévérencieux envers la cocotte-minute en cardigan que nous sommes tous à 8 h 02 un lundi, et sérieux sur le fond : les sources sont à retrouver dans la fiche « Pour aller plus loin ». Si tu t’es déjà demandé pourquoi une retenue ne change rien au bavardage d’un élève, ou comment améliorer ta gestion de classe sans multiplier les sanctions, prends six minutes. Et si l’épisode te parle, partage-le à la collègue qui répond à tout par « j’attends ». Prof un jour, pédago toujours. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Bavardage en classe - agis AVANT la punition (modèle ACC)
  4. Oct 10

    Punition en classe : et si c’était toi qu’on punissait sans explication ?

    Punition en classe : et si c’était toi qu’on punissait sans explication ? C’est la question que pose cet épisode aux enseignants, aux formateurs et à tous ceux qui travaillent auprès d’élèves. Imagine la scène. Vendredi, 16 h 40, conseil pédagogique. Tu demandes poliment si on peut finir avant 17 heures. Fin août, ton emploi du temps tombe : personne ne t’a convoqué, rien n’est écrit, et pourtant tu as très bien compris. Une punition que personne n’a prononcée est une punition contre laquelle on ne peut rien. Cette expérience, que beaucoup d’enseignants ont déjà vécue de l’autre côté du bureau, éclaire d’un coup ce que ressentent nos élèves quand une sanction tombe sans un mot. Dans cet épisode de Prof Et Pédago, on part de cette mise en situation pour comprendre ce que la punition en classe fait vraiment à celui qui la reçoit. Les travaux de sciences du comportement présentés par Franck Ramus devant le Conseil scientifique de l’Éducation nationale décrivent des effets secondaires bien identifiés : émotions négatives, comportements d’évitement, aversion pour l’adulte, habituation. Surtout, une punition en classe dit ce qu’il ne faut pas faire, jamais ce qu’il faut faire à la place. L’élève apprend à ne pas se faire prendre, pas à mieux faire : un drôle d’apprentissage pour une vie scolaire censée en proposer d’autres. On regarde aussi un essai randomisé américain (Okonofua, Paunesku et Walton, 2016) dans lequel un court module sur la discipline empathique a fait passer les exclusions de 9,6 % à 4,8 %, avec les limites de l’étude : trente et un enseignants, cinq collèges, un contexte américain. Une piste sérieuse, pas une loi. Et du côté de la philosophie de l’éducation, Eirick Prairat nous rappelle un principe simple : on sanctionne un acte, jamais une personne. Ce que tu emportes, c’est de la pédagogie très concrète, sans recette miracle : trois gestes simples à tester dès le lendemain dans ta gestion de classe.Le premier : écouter la version de l’élève avant de conclure.Le deuxième : formuler la sanction en trois temps (ce que j’ai vu, ce que ça a produit, ce que j’attends), sans jamais coller d’étiquette.Le troisième : dire la suite, pour que la relation pédagogique ne s’arrête pas à la sanction. Cet épisode s’adresse aux enseignants en poste, aux professeurs stagiaires, aux étudiants qui se destinent à l’enseignement, mais aussi aux formateurs et aux cadres éducatifs qui cherchent des méthodes et un support pour nourrir la réflexion d’une équipe en formation. Il est rythmé, un peu irrévérencieux envers les réunions du vendredi soir et les emplois du temps mystérieux, et sérieux sur le fond : les sources sont à retrouver dans la fiche « Pour aller plus loin ». Si tu t’es déjà demandé pourquoi une retenue ne change rien à l’attitude d’un élève, ou comment sanctionner sans abîmer la relation avec ta classe, prends six minutes. Et si l’épisode te parle, partage-le à un collègue : il se reconnaîtra peut-être dans le point numéro 9 de l’ordre du jour. Prof un jour, pédago toujours. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Punition en classe : et si c’était toi qu’on punissait sans explication ?
  5. Oct 3

    Sentiment d’appartenance en classe - faire d’une classe un vrai groupe (sans team building)

    Le sentiment d’appartenance, tout le monde le réclame, personne ne sait le commander. On a tous eu cette classe qui ressemble à un wagon de RER un jour de grève : chacun dans son coin, tout le monde s’évite du regard, et le débat que l’on lance tombe dans un silence absolu. Dans cet épisode de Prof et Pédago, on se demande comment transformer une somme d’individus en un vrai groupe-classe, sans grand discours, sans jeu de confiance et sans bienveillance sirupeuse. Pour nous guider, une équipe improbable : la Communauté de l’anneau. Un elfe, un nain, quatre hobbits, un magicien et deux humains qui n’ont rien en commun, sauf une mission. C’est exactement ce que montre la recherche : on ne se sent pas appartenir à un groupe parce qu’on s’aime, mais parce qu’on a besoin les uns des autres pour réussir quelque chose de difficile. On commence par comprendre pourquoi le sentiment d’appartenance compte autant pour apprendre : ce que l’exclusion sociale fait à la capacité de réfléchir, et pourquoi le soutien des enseignants arrive parmi les premiers facteurs de l’appartenance à l’école. On voit ensuite trois leviers concrets pour le climat de classe : l’accueil des élèves à la porte, testé dans des collèges ; la classe puzzle d’Elliot Aronson, où chaque élève détient une pièce du savoir dont les autres ont besoin ; et l’inclusion de ceux qui restent au bord du chemin, grâce à de vrais rôles. On parle aussi de l’humour qui rassemble et de celui qui exclut. Cet épisode s’adresse aux enseignants du premier et du second degré, aux professeurs stagiaires et aux formateurs qui veulent améliorer leur gestion de classe par le levier du collectif. Pas de recette miracle : des repères issus de la recherche, des exemples tirés du quotidien et trois gestes à tester dès demain. Et une révélation au passage : le chef de meute n’existe même pas chez les loups. Références citées : Baumeister, Twenge et Nuss (2002), Allen et al. (2018), Cook et al. (2018), Aronson (1978), Banas et al. (2011), Mech (1999). Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Sentiment d’appartenance en classe - faire d’une classe un vrai groupe (sans team building)
  6. Sep 26

    Posture enseignante : ce que Karaté Kid t'apprend sur l'art de guider tes élèves

    Vous connaissez l'expert hors-sol ? Ce collègue brillant, capable de citer les auteurs les plus pointus, qui termine son programme pendant que sa classe de 4e pratique le lancer de gomme dans la capuche du voisin. Dans cet épisode de Prof et Pédago, on s'attaque à la posture enseignante : la place que l'on occupe dans la classe, et ce qu'elle change à l'engagement des élèves. Pour nous guider, un maître en la matière : M. Miyagi, le mentor de Karaté Kid. Le problème n'est presque jamais le niveau de savoir de l'enseignant. C'est la manière dont il l'incarne. On commence par une distinction du psychologue du travail Yves Clot, entre le genre professionnel (ce que nous partageons tous en tant que profs) et le style (la façon personnelle d'habiter ce métier). Autrement dit : on porte tous la même chemise, mais pas de la même façon. On compare ensuite deux manières d'être en classe : la posture directive, celle du savant sur l'estrade, et la posture de guide, celle du prof facilitateur qui conçoit la situation, donne les ressources et circule pour débloquer les nœuds. L'idée n'est pas d'opposer l'une à l'autre, mais d'apprendre à choisir, à chaque moment du cours, laquelle sert vraiment les élèves. Une bonne posture enseignante, c'est d'abord une posture choisie. Au passage, on revient sur la Zone Proximale de Développement de Vygotski et sur l'étayage décrit par Jerome Bruner : proposer un défi réalisable, poser des échafaudages, puis les retirer à mesure que l'élève progresse. Et on regarde ce que Miyagi a failli rater avec Daniel : un élève qui ne sait pas à quoi sert la tâche la fait pour avoir la paix, pas pour apprendre. Cet épisode s'adresse aux enseignants du premier et du second degré, aux professeurs stagiaires et aux formateurs qui veulent retrouver le contact avec leur classe et faire évoluer leur posture enseignante sans renier ce qu'ils sont. Pas de recette miracle ni de leçon de morale : des repères issus de la recherche, des exemples tirés du quotidien de la classe, et quelques répliques cultes pour les retenir. Références citées : Clot et Faïta (2000), Vygotski (1934), Wood, Bruner et Ross (1976), King (1993). Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Posture enseignante : ce que Karaté Kid t'apprend sur l'art de guider tes élèves
  7. Sep 20

    Le cerveau ado, mode d'emploi : la vraie raison de son impulsivité en classe

    Pourquoi un élève de 4e capable d'un raisonnement limpide à 8h05 se retrouve-t-il incapable de se retenir à 10h20 devant ses camarades ? Cet épisode de Prof et Pédago part d'une question que tout enseignant s'est posée au moins une fois : d'où vient cette impulsivité qui contredit, une heure plus tard, la maturité affichée le matin même ? La réponse tient en un mot : le cerveau adolescent. Et comprendre comment fonctionne le cerveau adolescent change concrètement la façon de réagir face à un dérapage en classe. On s'adresse ici aux enseignants de collège, aux professeurs stagiaires et à toute personne qui encadre des 4e-3e au quotidien et qui a déjà ressenti ce décalage étrange : face au même élève, tantôt un adulte en miniature, tantôt un enfant qui n'a pas su appuyer sur le frein. Ce n'est ni un problème d'éducation ni un manque de respect calculé — c'est une question de calendrier biologique. L'épisode s'appuie sur le modèle du psychologue Laurence Steinberg, aujourd'hui largement confirmé par la recherche : à l'adolescence, le système de récompense — la partie du cerveau qui répond vite et fort à la dopamine — arrive à maturité bien avant le cortex préfrontal, la zone qui évalue les conséquences et retient l'impulsion. Ce décalage, que les chercheurs appellent le dual-systems model, explique pourquoi un ado peut avoir toutes les capacités de raisonnement d'un adulte... et aucun frein pour les appliquer sous le coup de l'émotion. Deuxième pièce du puzzle : le regard des pairs. Les travaux de la chercheuse Iroise Dumontheil montrent que la simple présence d'autres adolescents modifie mesurablement l'activité cérébrale et les choix pris pendant une tâche de raisonnement — un effet qui s'estompe largement à l'âge adulte. Résultat : la prise de risque adolescent grimpe en flèche dès qu'il y a un public, alors qu'elle reste minime en tête-à-tête avec l'adulte. Plutôt que de s'arrêter au constat, l'épisode propose trois leviers concrets, immédiatement mobilisables pour la gestion de classe 4e-3e : une façon de désamorcer une situation qui s'emballe sans faire perdre la face à l'élève, une manière de rendre les conséquences prévisibles avant même qu'elles soient nécessaires, et un moyen de canaliser le besoin d'exister devant les autres plutôt que de le combattre. Aucune promesse de recette magique ici : juste de quoi remplacer le réflexe "il l'a fait exprès" par une lecture plus juste — et plus efficace — de ce qui se joue vraiment dans le cerveau adolescent au moment où il dérape. Documenté, incarné, et avec l'humour qu'il faut pour tenir jusqu'à la fin de la journée : à écouter entre deux copies à corriger. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Le cerveau ado, mode d'emploi : la vraie raison de son impulsivité en classe
  8. Sep 12

    Professeur Principal Imposé - As-tu le Droit de Refuser ?

    Vous avez ouvert votre service de rentrée, vous êtes descendu jusqu'à la ligne « professeur principal », et un petit frisson vous a traversé. Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul : chaque année, en collège comme en lycée, des dizaines de milliers d'enseignants du second degré découvrent cette responsabilité sans l'avoir vraiment demandée. Cet épisode de Prof et Pédago s'adresse à eux — professeurs stagiaires, néo-titulaires, mais aussi collègues expérimentés qui prennent la fonction de professeur principal pour la première fois cette année. Ce que peu de monde sait, c'est que la désignation d'un professeur principal n'est pas censée s'imposer. Un texte réglementaire de 1993 est pourtant clair sur ce point : la fonction doit être attribuée avec l'accord de l'enseignant concerné. Alors pourquoi tant de professeurs principaux ont-ils l'impression de n'avoir jamais vraiment eu le choix ? C'est toute la problématique de cet épisode : l'écart entre ce que dit le texte et ce que vit concrètement la salle des profs, un 28 août, quand la direction cherche un volontaire pour la classe que personne ne veut prendre. Sans juger personne, sans opposer enseignants et direction, on décortique trois leviers concrets pour aborder sereinement cette rentrée en tant que professeur principal. D'abord, connaître précisément le périmètre de la mission — suivi des acquis, accompagnement à l'orientation, lien avec les familles — pour éviter de se voir confier, sous prétexte d'être professeur principal, des tâches qui relèvent en réalité du CPE ou du psychologue de l'Éducation nationale. Ensuite, comprendre ce que couvre réellement l'indemnité ISOE qui rémunère cette mission de professeur principal, pour situer ce qui est raisonnablement attendu de vous. Enfin, un geste très concret pour les premières semaines : une action simple, à hauteur d'élève, qui donne plus d'informations utiles qu'une heure de vie de classe entière mal préparée. On y parle aussi de ce que la fonction apporte réellement, une fois la pression de la désignation retombée : être professeur principal, c'est souvent la responsabilité où l'on mesure le plus concrètement l'effet de son travail sur un élève, sur une classe, sur toute une année scolaire. Vous ressortirez de cet épisode avec une meilleure connaissance de vos droits en tant que professeur principal, une idée plus claire de ce qui relève ou non de votre mission, et un premier geste concret à mettre en place dès la rentrée — sans y laisser votre énergie avant même la Toussaint. C'est le premier épisode d'une série consacrée à la fonction de professeur principal, qui reviendra tout au long de l'année scolaire aux moments où vous la vivez vraiment : l'heure de vie de classe, les premiers conseils de classe, les relations avec les familles, l'accompagnement à l'orientation. Si cet épisode vous parle, prenez quelques minutes pour l'écouter avant votre prochaine réunion de rentrée. Ça change la façon d'aborder la fonction de professeur principal — et peut-être aussi votre prochaine discussion avec votre chef d'établissement. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Professeur Principal Imposé - As-tu le Droit de Refuser ?

About

Bienvenue dans Prof Et Pédago, le podcast pédagogique pour celles et ceux qui veulent réfléchir à leur métier d’enseignant sans se prendre la tête. Chaque épisode (5 minutes, à peu près...) explore un thème clé de la vie prof : relation pédagogique, didactique, posture, organisation, motivation... Avec des exemples concrets, un ton positif, et parfois des invités. 🎧 Pour enseigner mieux, avec plaisir et recul.

You Might Also Like