Amour Fou par Camille Laurens

Camille Laurens

Comment aime-t-on quand on ne peut plus se nourrir ? Quand notre cerveau s'est diffracté pour survivre ? Quand on ne sait plus si ce qu'on ressent est réel, ou si c'est la maladie qui parle à notre place ? Tout l'été, on parle de santé mentale et d'amour. 10 épisodes, 10 invités qui ont accepté de mettre des mots sur ce que beaucoup taisent : Katrina Patchett, René Greusard, Kalika, Queen Kokodeal, Chiara, Floralie, Fredd, Lily Sociopathe, Hava, Eve. Aimer, quand on est polytraumatisé, c'est ce qu'il y a de plus dur. Se laisser aimer, encore plus. Produit par On.Suzane

  1. Oct 28

    Se raser le crâne, se taire ou prendre position ? Pourquoi l'art est toujours politique, Mona Guba répond cash

    Et si ne pas prendre position était déjà une prise de position ? Pourquoi croit-on si souvent que l’art devrait rester à l’écart du monde ? Qu’un artiste n’aurait de comptes à rendre qu’à sa musique ? Et si le silence, le refus de choisir son camp ou même une coupe de cheveux pouvaient dire quelque chose de plus fort qu’un discours ? Dans ce Take, je reçois Mona Guba, rappeuse, autrice, compositrice et chanteuse, l’une des voix les plus singulières du rap français actuel. Révélée par ses 23 freestyles dans le podcast Un Bon Moment, ancienne membre de l’équipe de France de kung-fu (troisième au championnat d’Europe, double lauréate des Jeux Méditerranéens), dix ans de flûte traversière derrière elle, elle s’est fait une place sur scène avec un rap cru, drôle et sans détour. Elle défend une idée qui ne laisse personne tranquille : « L’art est politique. » Une phrase qui bouscule le confort de ceux qui voudraient séparer la création de ce qui se passe autour. Comme si un texte pouvait s’écrire hors du monde. Comme si ne rien dire, ne rien choisir, ne rien défendre était une position neutre. Comme si le « non-engagement » n’était pas, lui aussi, une manière de s’engager. Alors pourquoi faudrait-il croire que l’engagement se limite à un tract, à une tribune ou à un refrain militant ? Au fil de cette conversation, Mona Guba revient sur ces formes d’engagement qu’on ne regarde pas toujours comme tel. Le refus de s’exprimer, qui dit déjà quelque chose. Un crâne rasé, qu’elle revendique comme un geste politique : un corps qu’on décide de montrer comme on l’entend, dans un milieu qui regarde encore les femmes avant de les écouter. Comme si l’apparence d’une artiste n’était qu’un détail, alors qu’elle peut être le premier message envoyé. Elle parle aussi de son écriture. Celle d’une artisane, qui travaille ses textes comme on façonne un objet, avec patience, rigueur et une vraie connaissance de l’histoire du rap, ce genre né pour dire ce que d’autres taisaient. Parce qu’écrire dans cette tradition, ce n’est jamais seulement écrire : c’est reprendre un fil, assumer un héritage, décider ce qu’on en fait. Et puis il y a aujourd’hui. Cette question que Mona ne contourne pas : à quel moment un artiste doit-il parler ? Faut-il réagir à chaque actualité ? Se taire par prudence, par peur de se tromper, par envie de protéger son public, sa carrière ou sa tranquillité ? Prendre position coûte, parfois cher. Mais ne pas la prendre a aussi un prix. Alors, qu’est-ce qu’on attend d’un artiste en 2026 : qu’il nous divertisse, ou qu’il nous engage ? Et si l’art n’avait jamais été neutre, simplement honnête sur le camp qu’il choisit ?

  2. Oct 22

    « Je suis encore amoureuse de mes ex » : Aloïse Sauvage balance pourquoi tourner la page, c’est un mensonge

    Et si tu pouvais continuer à aimer ton ex sans vouloir te remettre avec ? Pourquoi considère-t-on si souvent qu’une rupture doit forcément marquer la fin de toute relation ? Pourquoi faudrait-il effacer de nos vies les personnes avec lesquelles on a partagé une histoire, construit des souvenirs et parfois appris à mieux nous connaître ? Et si l’amour ne disparaissait pas toujours avec le couple, mais pouvait simplement prendre une autre forme ? Dans ce Take, je reçois Aloïse Sauvage, actrice, chanteuse et musicienne, artiste pluridisciplinaire qui revient à la musique avec son nouvel album La Foudre. Elle défend une idée qui bouscule notre manière de penser les relations amoureuses : « Je suis encore amoureuse de mes ex. » Une phrase qui interroge notre rapport aux ruptures, à l’attachement et à cette injonction très répandue selon laquelle, pour avancer, il faudrait nécessairement tourner la page. Comme si une nouvelle histoire ne pouvait commencer qu’à condition de renoncer à toutes celles qui l’ont précédée. Comme si garder de l’affection pour un ancien partenaire signifiait qu’on n’avait pas vraiment fait le deuil de la relation. Mais pourquoi faudrait-il opposer les personnes qu’on a aimées à celles qu’on aimera demain ? Au fil de cette conversation, Aloïse invite à repenser la place que nos ex peuvent occuper dans nos vies. Parce qu’une relation amoureuse ne se résume pas à son issue. Une personne a pu nous accompagner pendant une période importante, nous aider à grandir, nous faire découvrir des choses sur nous-mêmes et avoir un impact durable sur notre manière d’aimer. La fin de l’histoire ne rend pas nécessairement tout ce qui l’a précédée obsolète. Alors pourquoi faudrait-il faire comme si cette personne n’avait jamais existé ? Rester amis avec ses ex ne signifie pourtant pas entretenir des liens ambigus, espérer secrètement une réconciliation ou maintenir une proximité qui empêche chacun d’avancer. Cela ne signifie pas non plus qu’il faudrait absolument conserver une relation avec toutes les personnes qu’on a aimées. Certaines ruptures nécessitent de la distance, et certaines histoires nous obligent à nous protéger. Lorsqu’une relation a été toxique ou violente, couper les liens peut être essentiel pour se reconstruire. Le respect de ses limites et de sa sécurité doit toujours passer en premier. Mais lorsqu’une relation a été saine, lorsque l’affection demeure et que les deux personnes en ont envie, pourquoi faudrait-il considérer que l’amitié est impossible ? Nous avons parfois tendance à penser qu’une nouvelle relation exige de faire table rase du passé. Comme si l’existence d’un ex dans notre vie menaçait nécessairement notre couple actuel. Comme si l’amour était une ressource limitée, dont il faudrait contrôler la distribution et dont chaque nouvelle histoire imposerait de supprimer les précédentes. Pourtant, les relations ne sont pas toujours en compétition. On peut aimer une personne différemment de celle qu’on a aimée avant. On peut construire une nouvelle histoire sans nier l’importance de la précédente. Et on peut reconnaître qu’une relation nous a profondément marqués sans vouloir la revivre. Cette réflexion pose aussi une question plus large sur notre maturité affective : sommes-nous capables d’accepter que les relations évoluent, que les sentiments se transforment et que certaines personnes continuent de compter pour nous sans occuper la même place qu’autrefois ? Parce qu’au fond, grandir ne consiste peut-être pas toujours à couper les ponts, mais à apprendre à redéfinir les liens. À savoir ce qu’on souhaite conserver, ce qu’on doit laisser derrière soi et ce qui peut continuer d’exister autrement. Et si la maturité amoureuse, ce n’était pas d’oublier ses ex, mais de savoir quelle place leur donner dans sa vie ?

  3. Oct 9

    QUAND LE CERVEAU OUBLIE POUR SURVIVRE, COMMENT LE CŒUR APPREND-IL À AIMER ENSUITE ? AVEC EVE SIMONET

    Comment se souvient-on de ce qu'on a vécu, quand le cerveau lui-même a choisi d'oublier pour survivre ? Comment grandir aux côtés de sa propre famille sans savoir, consciemment, ce qu'elle vous a fait subir ? Et que se passe-t-il le jour où la mémoire revient, parfois des années plus tard, parfois à la faveur d'un simple document ? C'est encore un peu la rentrée, et pour ce nouvel épisode de "Amour Fou", je reçois Eve Simonet. Militante féministe et créatrice de la plateforme On.Suzane, elle est venue parler avec moi d'un phénomène aussi méconnu que massif : l'amnésie traumatique. Elle qui a été agressée au sein de sa propre famille a oublié ces violences jusqu'à ses 16 ans, avant que la mémoire ne refasse surface. Elle a eu, selon ses mots, "la chance" de pouvoir relire la déposition qu'elle avait faite enfant, un document resté intact quand sa propre mémoire, elle, s'était effacée. Eve, c'est une voix qui milite et qui témoigne : elle parle de l'inceste et de l'amnésie traumatique sans détour, avec la rigueur de quelqu'un qui a dû comprendre son propre cerveau pour survivre, et la force de celle qui a choisi d'en faire un combat public. Cet épisode vient enrichir cette série de 10 épisodes d'un nouvel éclairage : chaque invité affronte son trouble à sa manière, avec sa propre histoire, son propre âge de vie, sa propre complexité. L'inceste touche un nombre de personnes largement sous-estimé en France. Selon le dernier sondage Ipsos (2023), 11% des Français, soit environ 7,4 millions de personnes, se déclarent victimes d'inceste au cours de leur vie. Chaque année, la CIIVISE (Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) estime qu'environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, dans la grande majorité des cas commises par un membre de la famille ou de l'entourage proche. Un chiffre qui revient souvent : à peu près trois enfants par classe de trente élèves seraient concernés. L'amnésie traumatique, elle, reste l'un des mécanismes les moins compris du psychotraumatisme, alors qu'elle concerne une part considérable des victimes. Une étude de référence menée par l'association Mémoire Traumatique et Victimologie (2015) montre que 46% des victimes mineures de violences intrafamiliales ont connu une période d'amnésie. Des travaux plus récents (2025), menés spécifiquement auprès de victimes d'inceste, font état d'un taux d'amnésie, complète ou partielle, atteignant 89% des répondants, dont la moitié sous une forme complète. Pour une partie d'entre elles, cette amnésie peut durer plus de trente ans avant que les souvenirs ne reviennent, parfois de façon brutale, parfois progressivement, souvent déclenchés par un contexte, une odeur, un document, ou comme chez Eve, une déposition relue des années plus tard. Ce mécanisme n'a rien d'un mensonge ni d'un "trou de mémoire" ordinaire. C'est une stratégie de survie du cerveau face à une violence inassimilable, en particulier lorsqu'elle est commise par quelqu'un dont l'enfant dépend pour survivre. Ce phénomène a longtemps été un obstacle majeur à la reconnaissance judiciaire des victimes, avant d'être progressivement pris en compte par la loi comme un frein légitime à la prescription. Avec Eve, nous parlons de cette mémoire qui s'efface puis qui revient, de la manière dont on reconstruit une identité quand une partie de son histoire nous a été, littéralement, inaccessible. Nous parlons enfin de militantisme, de la manière dont Eve a transformé cette expérience en plateforme, en voix collective, en outil pour celles et ceux qui cherchent encore à comprendre ce qui leur est arrivé. Merci à Eve pour sa confiance et sa force. Si cet épisode permet à une seule personne de se reconnaître, de commencer à comprendre son propre silence, ou de se sentir moins seule, alors il aura déjà rempli sa mission.

  4. Oct 6

    TROMPES COUPÉES, AUCUN REGRET AVEC HOLY CAMILLE : NE PAS DEVENIR MÈRE OU LE DERNIER TABOU QU'ON NE PARDONNE PAS AUX FEMMES

    Et si ne pas vouloir d'enfant n'était pas un manque, mais un choix pleinement assumé ? Dans ce take, on rencontre @holycamille, créatrice de contenu et maman du podcast Piquantes avec Alexandra Guerain qui s'attaque à un sujet qui peut faire grincer des dents : le choix de ne pas vouloir d'enfant. Parce que peut on vraiment dire non à la maternité sans avoir à se justifier toute sa vie ? Est ce qu'une femme a le droit de fermer cette porte définitivement, sans que ça soit perçu comme un manque, un traumatisme caché ou une erreur qu'elle regrettera plus tard ? Pour Camille, le problème vient aussi de la manière dont on a érigé la maternité en but en soi, presque en finalité naturelle de toute vie de femme. La famille, les médias, les remarques bien intentionnées… Tout peut donner l'impression qu'il existe une seule trajectoire possible, et que s'en écarter relève du renoncement plutôt que du choix. Et lorsqu'on affirme ne pas vouloir d'enfant, un sentiment peut rapidement surgir en retour chez les autres : l'incompréhension, parfois le jugement, l'étiquette d'égoïste qu'on accroche un peu vite. C'est là que naît parfois la culpabilité qu'on tente de nous imposer. Est ce qu'on a le droit de choisir sa liberté sans avoir à prouver qu'on a de bonnes raisons ? Est ce qu'on est égoïste de ne pas vouloir transmettre, materner, sacrifier une partie de sa vie pour un enfant qu'on ne désire pas ? Et si ce reproche d'égoïsme n'était en réalité posé que sur les femmes, jamais sur les hommes qui font le même choix ? Camille assume pleinement ce mot qu'on lui oppose souvent : oui, c'est un choix fait pour elle, pour sa vie, et elle n'a pas à s'en excuser. Elle va plus loin encore : pour marquer ce choix dans la durée et écarter tout risque d'accident, elle a fait ligaturer ses trompes, un acte réfléchi, assumé, loin d'être pris à la légère. Elle a pleinement conscience, par ailleurs, de la difficulté que vivent les femmes engagées dans des parcours de PMA, et elle porte une réelle compassion pour ce désir d'enfant qui se heurte aux obstacles du corps. Mais c'est précisément cette diversité de vécus qui, pour elle, prouve qu'il ne peut exister une seule façon légitime de vivre sa relation à la maternité : la vouloir à tout prix, et la refuser tout aussi fermement, devraient pouvoir coexister sans hiérarchie. Et si on arrêtait de penser qu'il existe un seul chemin de vie réussi pour une femme ? Et si la vraie question n'était pas « pourquoi tu ne veux pas d'enfant » mais « pourquoi faut il toujours se justifier de vouloir vivre sa vie autrement » ? Réinventer notre rapport à la maternité, c'est peut être aussi accepter de faire tomber certaines barrières : celles d'une société qui ne conçoit la réussite d'une femme qu'à travers la transmission, celles de la culpabilité qu'on inflige à celles qui choisissent de ne pas enfanter, et celles d'un mot, l'égoïsme, qu'on brandit uniquement contre les femmes qui osent dire non. Parce qu'au fond, une société vraiment libre ne devrait elle pas pouvoir accueillir tous les désirs d'enfant, et tous les refus, avec la même légitimité ? Et toi, t'en penses quoi ? Merci à @subwaytakes et à Kareem pour l'inspiration et la force Merci à @so.cotten Merci au Centre Culturel

  5. Sep 28

    ENCEINTE À 49 ANS, ET EN PLEINE SANTÉ, NOÉMIE DE LATTRE DÉMONTE LE PLUS GROS MENSONGE FAIT AUX FEMMES (ET LES MESSAGES QU'ELLE A REÇUS SONT INCROYABLES)

    Et si l'horloge biologique n'avait jamais été une histoire de biologie, mais une histoire de pouvoir ? Dans ce take, on rencontre @noemiedelattre, humoriste, penseuse, philosophe, écrivaine et féministe, qui s'attaque à un sujet qui peut faire grincer des dents : l'horloge biologique est un outil politique. Elle publie prochainement « Simple appareil », coécrit avec son compagnon Raphaël Guiard, aux éditions Denoël (14 octobre). Parce qu'à 49 ans, Noémie vit une grossesse parfaitement saine, suivie de près et validée par des médecins, en pleine santé. Et lorsqu'elle en a parlé publiquement, un torrent de messages a déferlé sur ses réseaux sociaux. Incrédulité, jugements, injonctions, inquiétudes déguisées en conseils bienveillants… Comme si l'annonce d'une femme heureuse de son corps et de son choix devait forcément être justifiée, contestée ou corrigée. Comme si le simple fait d'exister en dehors du calendrier prévu dérangeait. Pour Noémie, le problème vient aussi de la manière dont on a construit cette fameuse horloge biologique. Un compte à rebours qu'on entend dès l'adolescence, répété par la famille, les médias, le corps médical, parfois par les femmes elles-mêmes. Et lorsqu'on l'intègre, un sentiment peut rapidement s'installer : celui d'être en retard, en faute, en danger de rater sa vie passé un certain âge, comme si la date de péremption d'une femme était écrite quelque part, et connue de tous sauf d'elle. C'est là que naît parfois la pression, et avec elle l'obsession. Est-ce que cette peur du temps qui passe nous appartient vraiment, ou est-ce qu'on nous l'a transmise ? Pourquoi l'idée de devenir mère devient-elle presque obsessionnelle à l'approche d'un âge fixé par d'autres ? Pourquoi les hommes peuvent-ils devenir pères à 50, 60, 70 ans sans que personne ne parle d'horloge, alors que les femmes seraient condamnées à se dépêcher ? Et si cette différence de regard n'avait rien de naturel, mais tout de politique ? Noémie va plus loin. Pour elle, l'horloge biologique sert aussi à organiser la place des femmes dans la société. Un outil qui, dans un système patriarcal, pousse à rester à la maison passé un certain âge, à renoncer, à se comparer, et qui alimente la rivalité entre femmes plutôt que la solidarité. Un mécanisme relayé par les hommes comme par les femmes, parfois sans même s'en rendre compte, et qui finit par désespérer celles qui se sentent hors délai, alors même que les hommes jouissent de cette liberté jusqu'à 70 ans, sans jamais avoir à s'en justifier. Et si on arrêtait de penser qu'il existe un âge limite pour avoir le droit de désirer, de choisir ou de renoncer ? Et si la vraie question n'était pas « est-ce qu'il est trop tard » mais « qui a intérêt à nous le faire croire » ? Repenser l'horloge biologique, c'est peut-être aussi accepter de faire tomber certaines barrières : celles d'un discours médical parfois utilisé comme une menace plutôt que comme une information, celles d'une société qui accorde aux hommes une liberté qu'elle refuse aux femmes, celles de la rivalité qui nous fait nous juger entre nous au lieu de contester ce qui nous enferme, et celles d'un récit qui réduit la valeur d'une femme à sa fertilité. Parce qu'au fond, une société vraiment égalitaire ne devrait-elle pas pouvoir accueillir toutes les temporalités, tous les choix et toutes les façons de devenir mère, ou de ne pas l'être, sans jamais faire peser sur les femmes le poids d'un compte à rebours ? Et toi, t'en penses quoi ? Merci à @subwaytakes et à Kareem pour l'inspiration et la forceMerci à @so.cottenMerci au Centre Culturel pour l'accueil incroyable

  6. Sep 18

    POURQUOI J'AIME TROP VITE ET JE FUIS ENCORE PLUS VITE ? ÊTRE TDAH LE TROUBLE QUI FAIT TOUT ALLER À 100 À L'HEURE AVEC RENÉE GREUSARD

    Comment aime-t-on quand son cerveau ne s'arrête jamais ? Comment être une mère présente quand l'hyperfocus vous emporte ailleurs, même au milieu du quotidien avec ses enfants ? Comment construire une vie de couple quand la peur du rejet s'invite dans chaque silence, chaque malentendu ? Et comment continuer à s'aimer soi-même quand on a longtemps cru n'être que "trop" ou "pas assez" ? C'est encore un peu la rentrée, et pour cet épisode, je reçois Renée Greusard. Journaliste, chroniqueuse depuis l'an dernier à La Maison des Maternelles, et créatrice de formats innovants comme "La mort est mon amie", elle est venue parler avec moi du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité-  le fameux TDAH au cour de toutes les discussions. Elle qui s'apprête à publier, d'ici quelques semaines, une bande dessinée sur l'amour et le TDAH, vient aujourd'hui poser des mots sur ce qu'elle vit elle-même avec ce trouble. Renée, c'est une voix qui documente et qui vit : elle parle du TDAH sans filtre, avec la rigueur du journalisme et la sincérité du témoignage, devant des milliers de personnes qui se reconnaissent dans ses mots. Cet épisode vient enrichir cette série de 10 épisodes d'un nouvel éclairage : chaque invité affronte son trouble à sa manière, avec sa propre histoire, son propre âge de vie, sa propre complexité. Je raconte aussi mon histoire. On m'a diagnostiquée TDAH cet été. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental : il touche environ 5% des enfants, et persiste à l'âge adulte dans plus d'un tiers des cas. En France, on estime que 2,5 à 3% des adultes en vivent,  près de deux millions de personnes, mais moins de 1% ont reçu un diagnostic et un accompagnement adapté. Ce décalage est l'un des plus documentés, et des plus méconnus, de la santé mentale adulte. On résume souvent le TDAH à un "manque de concentration" ou à un "enfant qui bouge trop en classe". La réalité est infiniment plus complexe. C'est une agitation intérieure permanente, même quand le corps est immobile. C'est l'hyperfocus, cette capacité à s'absorber totalement dans une tâche pendant des heures, puis l'incapacité à démarrer la suivante. C'est l'impulsivité, dans les mots comme dans les actes. C'est la procrastination chronique, non par manque de volonté, mais parce que le cerveau ne gère pas la notion de temps comme les autres. C'est l'oubli permanent, la désorganisation, les tâches commencées puis abandonnées. C'est aussi, moins connu, une hypersensibilité au rejet, chaque critique, chaque silence, vécus avec une intensité disproportionnée. Avec Renée, nous parlons de diagnostic tardif, d'enfance, de honte, d'amour aussi, car un cerveau TDAH aime différemment : par bouffées d'hyperfocus sur l'autre, par peur de l'ennui, par une sensibilité au rejet qui peut fragiliser une relation avant même qu'elle commence. Nous parlons de cette question qui traverse toute cette série de 10 épisodes : peut-on se reconstruire seul, quand notre propre cerveau nous a longtemps convaincus que nous ne méritions que le chaos ? Et comment ce combat se transforme selon les âges de la vie ? Le TDAH reste largement sous-diagnostiqué chez les femmes, souvent découvert bien après l'enfance, parfois à la faveur d'un diagnostic posé chez son propre enfant. Derrière ce retard, des années de honte silencieuse, d'auto-dévalorisation, de "pourquoi je n'y arrive pas comme les autres". Et pourtant, on continue de coller des étiquettes : "tête en l'air", "flemmarde", "instable". Le TDAH n'est pas un trait de caractère. C'est un trouble neurologique. Un trouble avec lequel on peut apprendre à vivre lorsque l'on est enfin entendu, accompagné et compris. Merci à On.Suzane pour sa confiance. Merci à Eve, Sarah, Anouk, Camille de Cussac, Philippe et à tous les invités de cette série. Et merci à Renée. Si cet épisode permet à une seule personne de se reconnaître, de demander de l'aide ou simplement de se sentir moins seule, alors il aura déjà rempli sa mission.

  7. Sep 17

    VIVRE DE SA PASSION ? LE PLUS GROS MENSONGE QU'ON RACONTE AUX ARTISTES AVEC MORGANE MELI

    Et si le plus grand mensonge qu'on raconte aux artistes, ce n'était pas "tu n'y arriveras pas", mais "si tu y arrives vraiment, tu n'auras plus besoin d'autre chose" ? Dans ce take, on rencontre @morganemeli, chroniqueuse à La Riposte et humoriste, qui s'attaque à un sujet qui peut faire grincer des dents : vivre de sa passion ne protège pas de la précarité. Parce que peut on vraiment être un artiste légitime si on garde un travail alimentaire à côté ? Est ce que ce boulot qu'on planque un peu, qu'on n'assume pas toujours, dit vraiment quelque chose de notre talent ? Et surtout, pourquoi a t on l'impression qu'il faudrait choisir entre les deux, comme si l'un annulait l'autre ? Pour Morgane, le problème vient aussi de la honte qu'on s'impose sans même s'en rendre compte. Le CDI, le job de service, le taf du quotidien… Tout peut donner l'impression qu'on a raté quelque chose, qu'on n'est pas un "vrai" artiste tant qu'on n'en vit pas entièrement. Et lorsqu'on intègre cette idée, un sentiment peut rapidement apparaître : celui de devoir se justifier, ou pire, de perdre en légitimité à chaque heure passée ailleurs que sur scène ou devant une caméra, comme si ce temps là ne comptait pas, ou pire, comme s'il venait ternir tout le reste. C'est là que naît parfois la confusion. Qu'est ce que ça veut vraiment dire, réussir ? Est ce que la reconnaissance suffit à définir une réussite ? Est ce qu'on est un artiste raté si on garde un taf alimentaire, ou juste quelqu'un de lucide dans un système qui ne permet à presque personne de vivre uniquement de sa passion ? Et si le vrai problème n'était pas notre situation, mais l'idée qu'on s'en fait, cette petite voix qui compare en permanence notre parcours à une réussite fantasmée et rarement réelle ? Morgane est particulièrement vindicative sur ce point. Pour elle, le mot "réussite" ne veut souvent rien dire tant qu'on n'a pas décidé nous mêmes ce qu'il recouvre. Elle questionne cette hiérarchie tacite entre les "artistes accomplis" et les "artistes qui n'y sont pas encore arrivés", entre ceux qui auraient réussi et ceux qui devraient continuer à s'excuser d'exister, à minimiser leur travail, à répondre "oui mais sinon je fais aussi ça" avec un brin de gêne dans la voix. Et si on arrêtait de penser qu'il existe un seul moment où l'on "devient" artiste, une ligne d'arrivée précise après laquelle on aurait enfin le droit de se sentir légitime ? Où commence vraiment la réussite ? Où s'arrête t elle ? Est ce qu'elle se mesure en argent, en reconnaissance, en nombre de vues, ou juste au fait de continuer, envers et contre tout, à faire ce qu'on aime ? Et si la vraie question n'était pas "est ce que tu en vis" mais "est ce que ça continue de te faire vivre" ? Réinventer notre rapport à la réussite artistique, c'est peut être aussi accepter de faire tomber certaines barrières : celles de la honte qui pousse à cacher son taf alimentaire comme un échec plutôt qu'à l'assumer comme une stratégie, celles d'un système qui ne permet qu'à une poignée de vivre pleinement de leur art et qui rend cette rareté presque honteuse pour tous les autres, et celles d'une définition de la reconnaissance qui ne dit finalement pas grand chose du talent réel ni de la valeur d'un travail. Parce qu'au fond, une carrière artistique vivante ne devrait elle pas pouvoir accueillir les détours, les doubles vies, les compromis nécessaires et toutes les façons de continuer à créer, sans jamais avoir à s'en excuser ? Et toi, t'en penses quoi ? Merci à @subwaytakes et à Kareem pour l'inspiration et la force Merci à @so.cotten Merci Le Centre Culturel pour l'accueil incroyable

  8. Sep 10

    Et si Dieu n'était pas la seule façon de croire ? Avec Le Roi Borgne

    Et si le prochain grand combat du siècle n'était ni politique, ni technologique, mais spirituel ? Dans ce take, on rencontre @leroiborgne, poète et humorique et humain de lumière qui s'attaque à un sujet : la spiritualité, mais sans Dieu. Parce que peut-on encore parler de foi, de croyance, de sens, sans être immédiatement enfermé dans une religion, une secte ou un dogme ? Peut-on chercher quelque chose de plus grand que soi sans avoir à choisir un camp, une chapelle, un texte sacré ? Pour le Roi Borgne, le problème vient aussi de la confusion qu'on entretient entre spiritualité et religion. Les rituels, les textes, les institutions, les interdits… Tout peut donner l'impression qu'il existe une seule bonne manière de croire, de chercher du sens ou même de se relier à quelque chose de plus grand que soi. Et lorsqu'on rejette ces cadres, un vide peut rapidement apparaître : celui de ne plus savoir en quoi croire, ni comment le nommer sans passer pour naïf ou illuminé. C'est là que naît parfois la peur. Est-ce qu'on a le droit de croire sans savoir en quoi ? Est-ce qu'on peut être spirituel sans être religieux ? Est-ce qu'on est légitime à chercher du sens en dehors des cases qu'on nous a données ? Et si on ne croit en rien de précis, est-ce que c'est nous le problème, ou celui d'un monde qui n'a jamais appris à faire de la place au doute ? Le Roi Borgne questionne cette hiérarchie entre les « croyants » et les « rationnels », entre ceux qui auraient les réponses et ceux qui devraient simplement apprendre à s'y soumettre. Et si on arrêtait de penser qu'il existe une seule bonne manière d'être spirituel ? Et si la vraie question n'était pas « en quoi crois-tu » mais « qu'est-ce que ta croyance te permet de devenir » ? Réinventer notre rapport à la foi, c'est peut-être aussi accepter de faire tomber certaines barrières : celles du capitalisme qui vend du sens en kit et transforme la spiritualité en produit de développement personnel, celles de la peur qui pousse à se raccrocher à des certitudes toutes faites plutôt qu'à affronter le vide, et celles des dogmes qui confisquent la question au profit de la réponse. Parce qu'au fond, une spiritualité vivante ne devrait-elle pas pouvoir accueillir tous les doutes, toutes les croyances et toutes les façons de chercher, sans jamais prétendre détenir la vérité ? Et toi, t'en penses quoi ?

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Comment aime-t-on quand on ne peut plus se nourrir ? Quand notre cerveau s'est diffracté pour survivre ? Quand on ne sait plus si ce qu'on ressent est réel, ou si c'est la maladie qui parle à notre place ? Tout l'été, on parle de santé mentale et d'amour. 10 épisodes, 10 invités qui ont accepté de mettre des mots sur ce que beaucoup taisent : Katrina Patchett, René Greusard, Kalika, Queen Kokodeal, Chiara, Floralie, Fredd, Lily Sociopathe, Hava, Eve. Aimer, quand on est polytraumatisé, c'est ce qu'il y a de plus dur. Se laisser aimer, encore plus. Produit par On.Suzane

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