Pendant 30 ans, José, prof d'espagnol brillant et délégué syndical, a refusé que des étudiants l'évaluent. Un soir, un jeune manager lui dépose une lettre manuscrite pour lui dire qu'il a la note maximale et le remercier. José le convoque à 18h, ferme la porte, le prend par les épaules et lui dit : « Ça fait 30 ans que j'attends cette lettre. » Ce manager, c'est Laurent Choain. Et cette scène a changé sa façon de voir le management. Dans cet épisode de Beautiful People, je reçois Laurent Choain, Chief People et Culture Officer d'Accor. Avant cela, il a passé 16 ans chez Mazars et a été DRH à la Caisse d'Epargne et chez Kempinski. Il est aussi l'un des plus grands coachs exécutifs, professeur de management, administrateur de l'EFMD - qui accrédite toutes les business school, et l'auteur sous le pseudo de Renzo Calduno de « Je ne crois pas aux organisations, mais je les soigne ». Laurent commence par un aveu : une organisation n'est pas un être vivant. Ce qui compte, ce sont les gens dedans. Sa boussole tient en une question : est-ce que cette organisation développe, détruit ou n'a aucun impact sur l'estime de soi de ceux qui la composent ? On parle concrètement : - des trois besoins qui motivent vraiment (être respecté pour ce que je suis, pour ce que je fais, et sentir ma contribution) et pourquoi il se méfie des mots comme « reconnaissance » ou « bienveillance », - pourquoi la santé d'une organisation dépend plus des managers de proximité que du génie des grands chefs, et comment le « prolétariat managérial » s'est installé, - comment réussir une succession sans jouer la politique, avec un état d'esprit « centripète » quand tout autour pousse dans l'autre sens, - comment l'École de la relation, cofondée avec Accor, Galeries Lafayette, Fnac Darty et Emeis, forme des managers promus sur le tas dans un groupe qui recrute 120 000 personnes par an, - ce que l'IA change vraiment : automatiser les process de base, mais garder un vrai humain quand ça compte. Il y a aussi son parcours de slasher, son pseudonyme qui veut dire « magicien » dans les langues slaves, et cette phrase que je n'ai pas fini de ruminer : « Vous ne quittez jamais une entreprise, vous quittez un manager. » Si vous êtes DRH, dirigeant·e, manager ou coach et que vous voulez des repères simples pour faire grandir les gens plutôt que les abîmer, cet épisode est pour vous. Écoutez-le, et posez-vous cette question : qui a été l'impresario de votre carrière ? Parfois, il suffit d'une lettre.