Méditations intimes

Lea Philippot

J'ai vécu 30 ans dissociée de mon corps, addict au stress et je partage mon chemin pour sortir de l'anesthésie. Chaque dimanche, je vous propose une méditation audio, pour explorer des outils de yoga et de tantra ensemble. Un temps pour vous, pour écouter votre coeur, ralentir. Pour vous relier à votre plaisir 🌷 lalettreintime.substack.com

  1. FEB 1

    Méditation 12 min : initiation au tantra

    Le quotidien, quand on passe 9 h par jour sur une chaise, derrière nos ordis, ne se passe pas dans notre corps, mais dans notre cerveau. C’est l’illusion de tout pouvoir contrôler, de tout pouvoir optimiser. Ma vie ressemblait à ça : - Essayer de faire rentrer tous les pans de ma vie dans mon agenda, sans jamais m’asseoir sur mon canapé. - Rattraper le temps pendant mes congés, faire toujours le plus de choses possibles, s’entourer du plus de personnes, accomplir toujours plus. - Faire du sport pour me vider la tête, pour tenir le marathon, pour rester au service de ma discipline mentale. La vie nous file entre les doigts : - Quand on fait l’amour en 5 minutes, mais qu’on passe 3 h devant Netflix, - Quand on ne lit plus, on n’attend plus, on ne s’ennuie plus, mais qu’on consomme des contenus de 5 secondes sur Instagram, - Quand on parle avec des dizaines d’autres humains derrière nos écrans et nos e-mails, mais qu’on se sent seule, vidée et épuisée quand on ferme l’écran le soir. C’est une course effrénée dans laquelle j’avais arrêté de ressentir.J’avais l’impression d’être assise sur le siège passager dans une Ferrari à pleine balle sur l’autoroute. Le tantra, c’est l’art d’être présent dans notre corps.Notre cerveau est le leader de la bande : il parle très fort pour ne pas dire grand-chose. Mais on a tendance à le suivre, à croire en lui.Alors que notre corps, lui, c’est notre ami introverti. Il écoute et encaisse, et de temps en temps, il parle timidement. Mais ce qu’il dit est toujours puissant. Le tantra nous apprend à voir notre corps comme un outil pour ressentir subtilement le chemin de notre cœur. C’est apprendre à mobiliser notre énergie vitale et la conscience du corps pour approfondir la présence à soi et à l’autre.C’est revenir à la simplicité de vivre avec notre corps, le véhicule de notre vie. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    12 min
  2. JAN 11

    Méditation 10 min : votre recette érotique

    Ce matin, je me suis assise au soleil avec mon amie Philou et un cappuccino, dans le parc près de chez moi. Il faisait très froid, mais le soleil réchauffait notre peau. Je suis arrivée le cerveau en ébullition, avec une to-do list administrative interminable dans la tête, des pensées frénétiques de choses à faire. Ressentir le soleil sur ma peau m’a permis de revenir au présent, un instant. La méditation de ce soir, la première de 2026 (bonne année à tous !), est une invitation à se sentir présent dans notre peau, un moyen d’ancrage que je trouve très efficace pour revenir rapidement dans notre corps quand le cerveau fait trop de bruit. 1. La peau comme frontière de l’intime Pendant ma formation de professeure de yoga, l’un des coachs nous a invités à assister nos élèves dans leurs postures en les touchant avec la paume de la main. Toucher le corps de l’autre, avec son consentement, c’est créer un lien avec un autre corps, une invitation à briser la solitude intérieure. Ces mots du coach m’ont marquée : “vous êtes peut-être la seule personne qui va toucher son corps aujourd’hui”. Le toucher est un cadeau, une outil pour créer du lien et reconnaître la présence de l’autre, au travers de notre propre corps. Pour Claudia Benthien, dans Skin: On the Cultural Border Between Self and World, la peau est plus qu’une simple surface : elle est le lieu premier de rencontre entre soi et le monde. Des expressions comme “getting under one’s skin” en anglais illustrent une pénétration émotionnelle, le sentiment d’être touché dans notre intimité, en profondeur, sous la surface de notre peau. Ainsi, passer la frontière de la peau nous expose intimement : on peut être irrité par quelqu’un qui “se glisse sous notre peau” (“getting under one’s skin” en anglais) ou bien se sentir très attaché à quelqu’un que l’on “a dans la peau” en français. 2. La peau comme lien avec le vivant À 31 ans, mon algorithme Instagram semble penser qu’il faut que ma peau soit la plus lisse possible. Je suis abreuvée de contenus pour lutter contre mes rides et ça fonctionne car j’ai peur de vieillir. Mais porter mon attention sur le ressenti que me donne ma peau à l’intérieur, me permet de me détacher du jugement que je lui porte à l’extérieur. Sentir la vie qui traverse notre peau peut nous aider à remplacer le regard dur que l’on peut parfois porter sur elle dans le miroir. Quand on voit tant de vies volées sur Terre, la peau nous ramène au vivant de notre corps, à la gratitude de se sentir en vie, mais aussi à la chance que l’on a de vieillir. 3. La peau comme porte du plaisir Ce soir, je vous invite à ressentir votre peau, non seulement comme frontière, mais aussi comme lien au monde : * Tout d’abord, ressentez la vie dans votre corps, sous votre peau. Où percevez-vous de l’énergie, des vibrations, du mouvement ? * Ensuite, concentrez vous sur votre peau elle-même. Ressentez le contact de vos vêtements, leur douceur ou leur rugosité. Quelles sont les zones de votre peau qui sont fraîches ou chaudes ? Où ressentez-vous du confort dans votre peau ? * Puis, portez votre attention sur tout l’espace au-delà de votre peau, sur l’espace entre la surface de votre peau et l’infini. Ressentez la présence de votre corps dans cet espace. * Enfin, visualisez un moment où vous avez ressenti un grand plaisir dans votre peau. Peut-être une baignade dans l’océan, ou un moment où, allongé sur le sable chaud, vous sentiez la chaleur du soleil sur vous. Cela peut être aussi l’étreinte de quelqu’un que vous aimez, une caresse. Notre peau nous rend présents au monde, au plaisir d’être en vie. C’est aussi une voie d’accès au désir : le contact de l’autre contre notre corps, l’électricité qui nous traverse et nourrit notre force de vie, notre éros. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez. PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations. 📚 Pour aller plus loin : * Claudia Benthien, Skin: On the Cultural Border Between Self and World * Alexandre Lacroix, Apprendre à faire l’amour * 📸 Vogue Magazine Pinterest (Matteo Bevilacqua, Karis Beaumont) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    9 min
  3. JAN 4

    Méditation 10 min : être bien dans sa peau

    Ce matin, je me suis assise au soleil avec mon amie Philou et un cappuccino, dans le parc près de chez moi. Il faisait très froid, mais le soleil réchauffait notre peau. Je suis arrivée le cerveau en ébullition, avec une to-do list administrative interminable dans la tête, des pensées frénétiques de choses à faire. Ressentir le soleil sur ma peau m’a permis de revenir au présent, un instant. La méditation de ce soir, la première de 2026 (bonne année à tous !), est une invitation à se sentir présent dans notre peau, un moyen d’ancrage que je trouve très efficace pour revenir rapidement dans notre corps quand le cerveau fait trop de bruit. 1. La peau comme frontière de l’intime Pendant ma formation de professeure de yoga, l’un des coachs nous a invités à assister nos élèves dans leurs postures en les touchant avec la paume de la main. Toucher le corps de l’autre, avec son consentement, c’est créer un lien avec un autre corps, une invitation à briser la solitude intérieure. Ces mots du coach m’ont marquée : “vous êtes peut-être la seule personne qui va toucher son corps aujourd’hui”. Le toucher est un cadeau, une outil pour créer du lien et reconnaître la présence de l’autre, au travers de notre propre corps. Pour Claudia Benthien, dans Skin: On the Cultural Border Between Self and World, la peau est plus qu’une simple surface : elle est le lieu premier de rencontre entre soi et le monde. Des expressions comme “getting under one’s skin” en anglais illustrent une pénétration émotionnelle, le sentiment d’être touché dans notre intimité, en profondeur, sous la surface de notre peau. Ainsi, passer la frontière de la peau nous expose intimement : on peut être irrité par quelqu’un qui “se glisse sous notre peau” (“getting under one’s skin” en anglais) ou bien se sentir très attaché à quelqu’un que l’on “a dans la peau” en français. 2. La peau comme lien avec le vivant À 31 ans, mon algorithme Instagram semble penser qu’il faut que ma peau soit la plus lisse possible. Je suis abreuvée de contenus pour lutter contre mes rides et ça fonctionne car j’ai peur de vieillir. Mais porter mon attention sur le ressenti que me donne ma peau à l’intérieur, me permet de me détacher du jugement que je lui porte à l’extérieur. Sentir la vie qui traverse notre peau peut nous aider à remplacer le regard dur que l’on peut parfois porter sur elle dans le miroir. Quand on voit tant de vies volées sur Terre, la peau nous ramène au vivant de notre corps, à la gratitude de se sentir en vie, mais aussi à la chance que l’on a de vieillir. 3. La peau comme porte du plaisir Ce soir, je vous invite à ressentir votre peau, non seulement comme frontière, mais aussi comme lien au monde : * Tout d’abord, ressentez la vie dans votre corps, sous votre peau. Où percevez-vous de l’énergie, des vibrations, du mouvement ? * Ensuite, concentrez vous sur votre peau elle-même. Ressentez le contact de vos vêtements, leur douceur ou leur rugosité. Quelles sont les zones de votre peau qui sont fraîches ou chaudes ? Où ressentez-vous du confort dans votre peau ? * Puis, portez votre attention sur tout l’espace au-delà de votre peau, sur l’espace entre la surface de votre peau et l’infini. Ressentez la présence de votre corps dans cet espace. * Enfin, visualisez un moment où vous avez ressenti un grand plaisir dans votre peau. Peut-être une baignade dans l’océan, ou un moment où, allongé sur le sable chaud, vous sentiez la chaleur du soleil sur vous. Cela peut être aussi l’étreinte de quelqu’un que vous aimez, une caresse. Notre peau nous rend présents au monde, au plaisir d’être en vie. C’est aussi une voie d’accès au désir : le contact de l’autre contre notre corps, l’électricité qui nous traverse et nourrit notre force de vie, notre éros. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez. PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations. 📚 Pour aller plus loin : * Claudia Benthien, Skin: On the Cultural Border Between Self and World * Alexandre Lacroix, Apprendre à faire l’amour * 📸 Vogue Magazine Pinterest (Matteo Bevilacqua, Karis Beaumont) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    10 min
  4. 12/21/2025

    Méditation 7 min : alléger la charge mentale

    J’ai failli louper mon vol. Une histoire de confusion de terminal, de grand ménage à faire avant de partir, d’un PowerPoint à terminer pour le travail, en plus de ma fâcheuse tendance à être en retard. D’habitude, me rendre compte que je risque de rater mon vol entraîne une panique totale à l’intérieur de moi : pensées frénétiques et anxieuses, cœur à mille à l’heure, système nerveux suractivé. Mais cette fois-ci, j’ai regardé la situation avec plus de distance. Dans la navette pour changer de terminal, j’ai pris le temps d’observer la réaction de mon corps et les pensées de panique qui prennent tout l’espace. Puis, j’ai décidé de lâcher prise, comme le ferait Singer dans The Surrender Experiment. Je vais faire de mon mieux, le reste, je ne le contrôle pas. Cette situation mérite t-elle de semer le chaos à l’intérieur de moi ?La période des fêtes nous fait porter beaucoup sur les épaules : le poids de la solitude, ou celui de la tristesse, face à la perte de ceux qui ne fêteront plus Noël avec nous. Le poids de la pression qu’on se met pour apaiser les tensions autour de nous, pour faire plaisir à ceux que l’on aime. C’est comme partir en voyage avec deux gros sacs accrochés à notre corps : la charge mentale dans le dos et la charge émotionnelle à l’avant, qui pèse sur notre cœur. On en a plein le dos et notre cœur est lourd. 1. Quand la voix dans notre tête fait trop de bruit Je suis la reine du contrôle. J’ai longtemps cru pouvoir arracher à la vie tout ce dont je serais fière : décrocher une école prestigieuse, déménager à New York, revenir à Paris puis monter ma boîte. Et même arriver dans le classement Forbes 30 under 30, en faisant des pieds et des mains pour me faire connaître des membres du jury. Avec la croyance profonde que seule ma volonté pouvait me permettre d’influencer ma trajectoire. Mais croire que je peux tout contrôler m’a fait vivre dans ma tête, sous l’emprise de mon ego… très loin de mon corps. Je ne parvenais même pas à l’entendre me dire quand c’était trop, quand il n’était pas d’accord, quand mon cœur ne vibrait plus. La voix dans ma tête faisait trop de bruit. 2. La présence, pour cultiver notre paix intérieure Quand c’est le chaos à l’extérieur, travailler notre présence nous permet de retrouver un apaisement à l’intérieur. Et travailler ma présence a tout bouleversé pour moi cette année. En valorisant la présence à mon corps, j’ai appris à aimer la solitude. À réussir à me poser sur mon canapé seule, avec plaisir. Parce que tout mon corps dit oui. Travailler ma présence apaise mon système nerveux, me donne envie de prendre soin de ma maison, de partir me promener au bord du canal à côté de chez moi. J’ai appris à apprécier davantage le silence que je fuyais, par peur du vide, du manque, par peur de ne pas prouver ma valeur si je ne suis pas productive. 3. La présence, pour entendre nos limites et les honorer Être présente dans mon corps me permet aussi de sentir quand il me demande un temps de retraite du monde. Si une situation extérieure crée un chaos en moi, revenir à mon corps, avec une grande respiration, me permet de choisir comment je souhaite répondre. La présence crée une ligne de base contre laquelle nous pouvons évaluer si une situation mérite ou non de troubler notre paix intérieure. Et, si l’une de nos limites a été franchie, c’est choisir sciemment d’accueillir pleinement le passage de la colère ou de la tristesse dans notre maison, sans les laisser s’y installer. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez : PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations. 📚 Pour aller plus loin : * Le chemin le moins fréquenté, Scott Peck * The Surrender Experiment, Michael A. Singer * 📸 : The Holiday, Nancy Meyers (film, 2006) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    7 min
  5. 11/09/2025

    Méditation sur la solitude 5 min : apprécier le silence

    Comment trouver du confort dans la solitude ? Comment s’asseoir avec elle, sans peur du vide, du manque ? Pendant des années, j’étais incapable de m’asseoir seule chez moi, sur mon canapé, sans une distraction (c’est-à-dire un écran) pour ne pas me retrouver face à la réalité de ma solitude. J’ai longtemps fui. En remplissant mon agenda à ras-bord, en m’entourant constamment de bruit, de distractions, de gens. Et parfois, je me suis sentie seule même en étant très entourée. Je travaille maintenant à l’apprécier davantage. A ne plus la voir comme un manque : un manque d’amour, un manque de productivité. Mais comme un plein de présence : un espace pour me relier à moi-même, à mon corps. Pour mieux entendre mon désir dans le silence. Pour me relier aux autres avec intention, non plus pour fuir l’inconfort. La percevoir non pas comme la solitude qui isole, mais comme celle qui relie à soi. Et je me suis rendue compte qu’elle n’était pas si difficile à vivre, quand j’accepte de l’accueillir. Ne plus en avoir peur. Et même apprendre à l’apprécier. La solitude est devenue un espace dont j’ai besoin pour ne pas me perdre de vue. Un retour dans mon corps, surtout quand mon mental prend trop de place. « Lorsque nous sommes devenus conscients de nous-mêmes, nous avons pris conscience de nous en tant qu’entités séparées. Nous avons perdu cette sensation d’unité avec la nature et le reste de la création. » Scott Peck, le chemin le moins fréquenté Fuir la solitude ne fait que l’alourdir. Le vide et le silence font peur lorsqu’on refuse de les rencontrer. Mais les tenir à distance, c’est les laisser prendre des proportions immenses. On ferme la porte sur eux, mais ils restent derrière. Quand je sens que je subis la solitude, qu’elle m’attriste, je me pose avec elle. Juste 5 minutes. On essaye ensemble ? 1. La solitude pour se relier à soi J’essaye de ne plus envisager la solitude comme un plan B, comme le vide laissé par l’absence de lien. Mais comme un espace de création, de lien à soi, avec notre corps, notre désir, notre créativité. La distraction, la stimulation, l’interaction constante, troublent la surface de l’eau. Avant, mon mode de confort, c’était l’action constante. Le buzz grisant du bruit, de la productivité, de la rapidité. Exister aux yeux des autres, mais avoir ma propre vue troublée à l’intérieur. Regarder dehors, seulement parce que dedans, tout est trouble. Désir flou et cœur muet. Trop de bruit mental. La solitude permet aux sédiments de se déposer. Aujourd’hui, je préfère être seule plutôt qu’avec des gens qui me font me sentir seule. J’ai appris à apprécier ma propre compagnie. La plupart du temps. 2. La solitude pour se relier aux autres avec intention Dans Le chemin le moins fréquenté, Scott Peck nous dit que la solitude n’est pas simplement la privation sociale, mais un outil pour cultiver du sens. Et ce chemin est solitaire. Peck associe la solitude à une discipline active : le fait de s’extraire du tumulte du quotidien doit se faire avec intention. Ce que je ressens parfois, quand mon ego est au contrôle, c’est d’être un personnage qui flotte au-dessus de mon corps, tandis que je reste bien enfermée derrière la porte de mon cœur. Pas de vulnérabilité, juste une armure. La protection du paraître, du statut, et la solitude, toujours là, tout au fond. Pas de lien authentique aux autres, un lien d’apparat. Dès que la solitude me pèse à nouveau, je reviens vers ma pratique de gratitude et de retraite, pour écouter le silence, mais aussi la vie tout autour de moi. “Nous aimons la compagnie, tu vois, mais nous ne pouvons pas supporter d’être entourés de personnes trop longtemps. Alors nous nous perdons, revenons un moment, puis repartons.” Into the Wild, film (2007) 3. Une méditation pour accueillir le silence Dans cette méditation, je vous propose un exercice pour apprendre à apprécier la solitude. Pour s’autoriser à laisser derrière soi des relations qui ne nous nourrissent plus, sans craindre le vide que cela peut créer. Écouter le silence pendant 5 minutes. Ressentir l’apaisement d’être simplement là, en vie, ici et maintenant. Faire le choix de se retirer momentanément du bruit, pour se retrouver soi-même. Accueillir ce moment de solitude avec gratitude, comme un cadeau que l’on s’offre pour entendre notre cœur. Profiter de ce calme qui apaise le système nerveuxEt petit à petit, changer de regard sur la solitude : ne plus la subir, mais la cultiver. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez : PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations. 📚 Pour aller plus loin : * Le chemin le moins fréquenté, Scott Peck * 📸 : Iris Sardella; Deborah Smith, Pinterest; Into the Wild (film, 2007) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    6 min
  6. 11/02/2025

    Méditation de la compassion : pour se sentir en paix

    Sommes-nous capables de compassion envers un inconnu, voir même un ennemi ? Je ne suis pas du tout religieuse. Pourtant j’ai une foi immense dans notre capacité à nous relier les uns aux autres. Si beaucoup de religions nous invitent à pratiquer la compassion, je vous propose ce soir de découvrir une pratique non religieuse. Mathieu Ricard, dans un dialogue entre des scientifiques et le Dalaï Lama, propose une définition laïque de la compassion: « La compassion est le souhait que les autres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance. » Il différencie deux types de compassion: * Compassion afflictive : quand on ressent de la compassion parce qu’on tient à l’autre, parce qu’on est attaché. * Compassion non-afflictive : celle qui ne dépend pas du lien. Qui peut exister même envers un ennemi, ou un inconnu. 1. Pratiquer la compassion sans attachement La première relation à laquelle on peut penser pour définir la compassion est celle d’une mère envers son enfant, c’est un exemple de compassion afflictive. Mais le Dalaï Lama nous invite à développer notre capacité à ressentir de la compassion, sans attachement. A travailler notre compassion non-afflictive : à étendre le sentiment de compassion au delà de nos proches. 2. Comment ne pas se laisser submerger par la souffrance ? Paul Ekman nous montre dans ses recherches, que nous sommes tous capables de reconnaître les émotions exprimées sur un visage, même s’il s’agit d’une photo prise à l’autre bout du monde. Nous comprenons spontanément une expression de joie, de peur, de tristesse ou de colère. Nos émotions semblent donc universelles, partagées par tous les hommes, peu importe où ils vivent sur la Terre. Nous pouvons nous mettre en colère rapidement face à une personne en colère contre nous. Nous pouvons ressentir une joie communicative, ou partager un fou rire. Mais la compassion n’est pas vraiment une émotion comme les autres, c’est la vue de la souffrance qui suscite en nous de la compassion. Ce qui est vraiment intéressant, c’est ce qui se passe ensuite. Lorsque je suis confrontée à la souffrance, la peine et la frustration peuvent rester en moi pendant des jours. Je me sens alors en colère, impuissante, tout sauf apaisée. Mais les moines tibétains peuvent ressentir une émotion intense face à la souffrance, un élan de compassion, tout en retrouvant rapidement un état de paix intérieure. La compassion non afflictive, repose en effet sur une intention claire : vouloir soulager la souffrance sans se laisser écraser par elle. C’est une attitude qui se cultive par la méditation, pour observer nos réactions émotionnelles, identifier quand nous avons tendance à absorber la souffrance de l’autre en nous, pour réorienter notre énergie vers une présence plus stable, tournée vers l’action, sans se laisser submerger. “Je crois que la compassion est l’une des seules choses que nous pouvons pratiquer et qui apportera une joie immédiate et durable dans nos vies.” Dalai Lama XIV 3. Une méditation de la paix Ce soir, j’ai enregistré une méditation simple pour pratiquer la compassion altruiste ensemble. Je me suis inspirée du mantra “Lokah Samastah Sukhino Bhavantu” est en sanskrit qui signifie Que tous les êtres, partout, soient heureux, libres, en paix. Je vous conseille de pratiquer cette méditation dès le réveil, pour donner une énergie de paix à votre journée. Portez simplement votre attention sur ce mantra, pendant quelques minutes : Que tous les êtres, partout, soient heureux, libres, en paix. Vous pouvez visualiser en face de vous un proche, un parent ou un enfant que vous aimez, puis petit à petit étendre ce souhait à toutes les personnes que vous connaissez, puis à tous les êtres vivants. Les religions partagent toutes un message commun : comme si plusieurs chemins menaient au sommet d’une même montagne, où depuis ce sommet, chacun peut admirer la même lune. Il n’est pas nécessaire d’appartenir à une religion pour pratiquer la compassion, et ce mantra n’appartient à aucune religion particulière : il exprime un vœu universel de bienveillance et de paix, que chacun peut porter dans son cœur. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez : PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations. 📚 Pour aller plus loin : * Destructive Emotions: a scientific dialogue with the Dalai Lama, narrated by Daniel Goleman * 📸 : Lost in Translation, Sofia Coppola (2003) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    13 min
  7. 10/26/2025

    Méditation 10 minutes: calmer le bavardage mental

    Il y a une œuvre qui vaut vraiment le détour si vous allez au Tate Modern à Londres : Babel, de l’artiste brésilien Cildo Meireles.Une tour gigantesque composée de centaines de radios allumées, jusqu’au plafond. Quand on entre dans la salle, on se retrouve au milieu d’un brouhaha cacophonique, avec des centaines de voix différentes, dans des langues différentes. Cette tour, c’est un peu comme mon cerveau en pleine insomnie : un bavardage constant, sans queue ni tête, sans fil directeur. Il y a le brouhaha extérieur : celui des news, des notifications, des écrans et des réseaux sociaux qui nous surchargent de bruit. Je vous en parlais la semaine dernière : cette frénésie mentale qui nous coupe de notre corps. Le mental surstimulé, emprisonné dans une distraction constante. Et le corps anesthésié.Et puis il y a le brouhaha intérieur : celui que crée notre cerveau quand il est en mode veille, le flux de pensées qui nous traverse tout au long de la journée. 1. Défusionner du bavardage Je vous un court extrait de ma radio mentale la nuit dernière: Comment est-ce que je peux être promue au travail?… Je suis nulle, j’ai oublié de répondre au mail de Mélanie… Tiens et si je parlais de bavardages mentaux dans ma newsletter demain… C’est l’anniversaire de Caro, NE PAS OUBLIER!… 4H du matin j’en ai marre de mal dormir, je vais avoir l’Alzheimer c’est sûr… Et vous, à quoi ressemblent vos bavardages mentaux ?Sont-ils plutôt négatifs, anxieux, positifs ou joyeux ?Est-ce que votre radio change de fréquence en vacances, devant une œuvre d’art, en marchant dans la nature ou quand vous faites du sport ?À quel moment le volume baisse-t-il, quand les bavardages ralentissent-ils ? J’ai longtemps pensé que cette petite voix qui bavarde dans ma tête, c’était moi.Je fusionnais avec ma radio mentale.En fait, maintenant, je la vois un peu comme la fréquence par défaut quand on allume une radio : le bourdonnement désagréable avant de trouver un canal.Comme si notre cerveau ne pouvait pas s’éteindre, mais seulement errer entre les ondes. Et ce n’est pas totalement inoffensif : la plupart de nos pensées sont négatives ou anxieuses, centrées sur l’anticipation, la peur du danger ou du rejet. 2. Observer le bavardage Mathieu Ricard propose dans l’Art de la méditation, de défusionner de nos pensées, de reconnaître que nous sommes la conscience capable de les observer. Cet état d’observateur, qui regarde les pensées passer sans les juger ni s’y identifier, constitue une étape clé de la méditation. « Les textes bouddhistes illustrent la pacification du tourbillon des pensées par la métaphore d’une cascade mugissante qui peu à peu se calme à mesure qu’elle chemine dans la plaine pour finalement rejoindre le grand océan. » Mathieu Ricard, l’Art de la méditation 3. La respiration Ujayi Dans la méditation d’aujourd’hui, nous nous entraînons à recentrer notre attention sur un drishti simple : une respiration sonore, la respiration Ujayi. Inspirez et expirez par le nez, en resserrant légèrement la glotte (le fond de la gorge).Vous allez créer une respiration plus sonore, un bruit qui ressemble au déferlement d’une vague.Inspirez et visualisez une vague qui se forme, expirez et regardez la vague déferler sur le sable. Quand les pensées surviennent, observez-les simplement, sans jugement, puis revenez à votre visualisation et au son de votre respiration.Reprenez la vague : c’est votre drishti, votre point de focalisation, d’ancrage, pour stabiliser le flux des pensées. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez : PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations. 📚 Pour aller plus loin : Une méditation pour revenir au corps face à la frénésie mentale: * RADOMSKA, Michalina. Pensées répétitives et contrôle cognitif : quels liens avec l’anxiété et la dépression ? Université de Genève * Mathieu Ricard, l’Art de la méditation * Yoga Sutras de Patanjali (l’un des textes fondateurs du yoga qui décrit différentes pratiques de respiration) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    15 min
  8. 10/19/2025

    Méditation 10 minutes: revenir à son corps 🌊

    Je suis allée à un concert vendredi, pour me changer les idées après une semaine intense derrière mon écran. Et tout d’un coup, j’ai entendu un refrain qui a résonné très fort : “I’m wasting my body, don’t goI’m wasting my body, don’t goAnd what am I yearning for?I’ll never know” En français: “Je gaspille mon corps, ne pars pasJe gaspille mon corps, ne pars pasEt qu’est-ce que je désire vraiment ?Je ne le saurai jamais” “Wasting my body” de Halima 1. Gâcher nos corps En ce moment, j’ai l’impression de gâcher mon corps.- Quand je dissocie pour vivre ma journée purement par le contrôle de mon mental et la volonté de mon ego,- Quand je suis là physiquement, mais perdue dans des pensées anxieuses, recluse derrière ma porte blindée,- Quand je passe 8h derrière mon écran au travail, sans bouger, anesthésiée.Et en même temps, certains instants m’aident à ressentir pleinement mon corps, à sentir que quelque chose peut émerger à partir de lui. Il y a le lâcher-prise de la danse libre, je vous en parlais dans ma dernière lettre : Le mouvement qui guérit. Mais aussi le retour du travail à vélo, quand je passe sous un figuier qui sent incroyablement bon. Ou quand je prends dix minutes le matin pour respirer, sans mon écran de téléphone devant les yeux, juste avec mon corps. Ce sont des rappels au corps, qui nous permettent de nous recentrer, de laisser, petit à petit, un désir plus profond se faire sentir et émerger de soi. Et vous, quels sont les moments où vous avez l’impression de gâcher votre corps ? Et ceux qui vous permettent d’en profiter avec présence ? 2. Le centre du désir se trouve dans le corps J’ai toujours cru que mes désirs se trouvaient dans ma tête : mes ambitions, mes projets, mes envies. Je sais piloter ma vie avec mon mental, contrôler ma discipline quotidienne pour me guider vers les décisions de mon cerveau. Mais en même temps, j’ai l’impression de ramer à contre-courant. De redoubler d’effort sans pouvoir lâcher les rames, sans savoir me laisser porter un peu, tout en ayant confiance que je vais dans la bonne direction. C’est tout le travail que j’essaye de faire aujourd’hui : laisser plus d’espace à mon corps pour ressentir. Laisser plus de vide et de silence dans mon emploi du temps, pour que mon désir profond, celui qui vient littéralement de mes tripes, puisse émerger. Et les journées où je priorise mon corps, je suis plus à l’écoute de ce qui m’entoure, des opportunités, de la beauté d’un moment simple. Pour apprendre à lâcher la barre pour regarder le paysage, tout en ayant confiance que je vais garder mon cap. 3. La respiration de la vague, pour revenir au corps La méditation du jour est une invitation à puiser dans une source d’énergie universelle, en visualisant une vague qui traverse votre corps, avec intention et présence.C’est une méditation que j’utilise pour lâcher prise. Quand le mental n’a plus réponse à tout, quand on se sent perdu·e, dépassé·e par les événements. Quand ramer de toutes nos forces ne fonctionne plus, qu’il est temps de lâcher les rames. De se laisser porter par le courant: Visualiser une vague qui remonte tout au long de votre corps, du périnée jusqu’au sommet de votre crâne, avec votre inspiration.Puis la vague redescend, avec une très lente expiration, du sommet du crâne jusqu’à votre ancrage dans la terre. Maintenant, la vague va plus loin : elle dépasse votre ancrage jusqu’au centre de la Terre, puis revient avec plus d’énergie, vous traverse à nouveau et s’allonge au-dessus de votre crâne, vers le reste de l’univers, au-dessus de vous. Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez : PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, pour vous permettre d’y accéder plus facilement, d’être présent à vous-même et de recharger les batteries ensemble. N’importe où et n’importe quand. 📚 Pour aller plus loin : * Halima, Wasting my Body song (lien Shazam ici) * On vous vole votre attention, Johann Hari * Claude Monet, La Vague Verte (1865), La Vague (1880) This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit lalettreintime.substack.com

    10 min

About

J'ai vécu 30 ans dissociée de mon corps, addict au stress et je partage mon chemin pour sortir de l'anesthésie. Chaque dimanche, je vous propose une méditation audio, pour explorer des outils de yoga et de tantra ensemble. Un temps pour vous, pour écouter votre coeur, ralentir. Pour vous relier à votre plaisir 🌷 lalettreintime.substack.com