Les mots panés

Les Mots Panés

Bonjour et bienvenue dans le podcast : les mots panés. Je m’appelle Lindagbé, je suis une béninoise, passionnée de mots, de partage. Ensemble nous allons explorer un nom, un prénom, une expression, un mot d'une des sublimes langues parlées au Bénin. Mon objectif ? Qu'on se découvre, qu'on se comprenne, qu’on s'émerveille et surtout qu'on crée des liens à travers ces trésors linguistiques.

  1. 3d ago

    S3 - Épisode 1 : Les dékanmènou - Les mots qui nous parlent

    Novembre 2020 : ma fille vient de naître, elle n'arrive pas à respirer toute seule et devra être transférée dans un autre hôpital. C'est alors que son père lui récite ses panégyriques : yè rou oki, o mon olofa… Ses signes vitaux s'améliorent et nous sortons de l'hôpital une semaine après. Une coïncidence ? J'aime penser qu'elle a reconnu d'où elle vient et que le message est passé. Pour inaugurer cette troisième saison, je vous ramène aux origines mêmes de ce podcast pour explorer la puissance des panégyriques. Et pour ouvrir le bal, je vous fais découvrir les miens, ceux des Dékanmènou de la vallée de l’Ouémé. Écoutons ensemble le texte en wémè, suivi d’une traduction pratique.   « Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti ! » Ahovi honlinou Ayinon Davi / Dahovi Gouvi Ayonhènou / Gouvi - Ayonhènou Ako go zon Xwèda bo toun agban bo ayon hè Din din é gbon fi houto Avoun non dou mè do nou xwo xwo noun Ako yi ahouan mondji ma bou Adan djro yan dé bo é lè glé do alito, a do gbé é houè a man do gbé é houè Gbo to gbo é É do ko guédé guédé non gbo mè ton É kpa to bo ta blaou Gbé to yi gbé alan kou Adan houzou adjidji non so mè zon xwomè E hou do awoto bo klo alo do awotomè È hou nan kpo wou ma hou hlon Akouè houzou akpakoun bo ton koun do Honlin Akouènon mèxwoto ​Quand j'étais plus jeune, chaque rencontre de famille était une occasion de se faire réciter ses panégyriques. Il y a quelques semaines, j'ai entendu mon père les réciter à un ami, un frère malade, et j'ai vu la vague d'émotions que ces mots ont suscitée. ​Ce que je vous partage maintenant pour la deuxième partie de cet épisode n'est pas une traduction littérale. Mais j'ai essayé d'en garder le plus de sens et de force possible. ​Prince de Honlin. Seigneur des terres. Descendant de la lignée du fils aîné. Protégé de la divinité Gou. ​Chasseur adroit qui tue toujours le gibier.   ​Guerrier qui ne périt jamais au combat et retourne toujours chez lui.   ​Celui qui est soudainement pris d'une saine colère contre l'ennemi.   ​Celui qui frappe avec une rage qui fait peur à celui qui sème la terreur.   ​Celui qui n'oublie jamais une offense, même ancienne.   ​Celui qui neutralise son adversaire sans merci.   ​Celui qui règle ses comptes sans culpabilité.  Celui qui, de retour de Xwéda, ouvre ses bagages et fait éclater de joie les siens.   Le multiplicateur de richesse, qui sait faire germer l’argent telle une graine de haricot. ​Je dédie cet épisode aux Dékanmènou, à nous qui sommes loin, mais tellement proches de chez nous.   ​Merci de m'avoir écoutée. À très bientôt pour une nouvelle découverte. 👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partager ce podcast avec vos proches !

    S3 - Épisode 1 : Les dékanmènou - Les mots qui nous parlent
  2. May 27

    S2 - Épisode 16 : Koudékouto - Les mauvaises langues

    Koudekouto : kou dé kou to mon non ba Hin kpo Quelle que soit la cause de ta mort, on trouvera toujours une raison malveillante pour la justifier. « Vous les connaissez, ces histoires sordides que l'on raconte dès que quelqu'un meurt au Bénin ? "Ah, c’était une sorcière hein, ses enfants vont enfin avoir la paix." ou encore "Tu ne sais pas comment il est devenu riche ? Il a fait des sacrifices, même sa femme avait peur de lui." » On a beau faire, la mort ne fait pas taire les langues. Il faut toujours qu’on trouve une raison cachée, une faute ou un mystère. C’est pour cela que le patronyme que je vous présente aujourd’hui se porte comme un véritable bouclier : Koudékouto. « Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti ! » Koudékouto est un patronyme wémè, originaire de la belle vallée de l'Ouémé du Bénin. Il vient de la phrase : « Kou dé kou to mon non ba Hin kpo ». Ce qui se traduit par : « Quelle que soit la cause de ta mort, on trouvera toujours une raison malveillante pour la justifier. » C'est un classique, n'est-ce pas ? Quand nous décidons de dire du mal de quelqu'un, nous le faisons rarement en face. Il vaut mieux attendre que la personne ne soit plus là, qu'elle ne puisse plus se défendre. Parce que, c’est tellement plus facile à faire quand il n'y a personne pour laisser place à la contradiction ! Porter le nom de Koudékouto aujourd'hui, c'est comme se promener avec une armure contre les mauvaises langues. Un Koudékouto ne devrait donc pas prendre les ragots personnellement car de toutes les façons, les gens parleront. Autant s’en détacher. C’est dur à faire, vraiment très dur... mais c'est le message de ce nom. Pour finir, j’aimerais dire que cette habitude de parler dans le dos des gens est universelle. En français, nous avons par exemple le célèbre dicton : « Les absents ont toujours tort » pour l’exprimer. En anglais, pour parler de cette fâcheuse habitude de s'en prendre à ceux qui ne peuvent plus riposter, on utilise souvent l'expression to speak ill of the dead – parler en mal des morts, qui fait parfaitement écho à notre découverte du jour. Avant de nous quitter, j'ai une question pour vous : comment réagissez-vous face à la médisance ? Et soyons honnêtes... qu’est-ce qui vous amène, parfois, à jouer les mauvaises langues ? Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour un nouveau voyage au cœur des mots. À bientôt. 👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partager ce podcast avec vos proches !

  3. May 22

    S2 - Épisode 15 : Iréti - Espérer

    Iréti En acceptant l’offre de mon premier emploi, je n’étais pas satisfaite de mon salaire mais en même temps j’étais reconnaissante d’avoir eu l’opportunité d’exprimer mes talents de développeur. Bref, j’étais surtout très contente de pouvoir renouveler mon titre de séjour. Mais secrètement, j’avais comme l’intuition, l’espoir que si je faisais mes preuves, j’aurais une augmentation avant la fin de l’année. Rien n’était donc perdu pour moi ! Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte du prénom yoruba Ireti. Parce qu'espérer, ce n'est pas seulement croiser les doigts, c’est tout un art de vivre. Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti ! Ireti est un prénom yoruba magnifique, que j’ai souvent entendu donner à des filles. Comme d'habitude, allons à la découverte de ses mots. Ireti vient de la phrase : ì-retí. ì : l'acte de. retí : être dans l'attente, être dans l'expectative. Mot à mot, ce prénom veut dire : "L'acte d'être dans l'attente." C'est-à-dire espérer. L'espoir qui permet de mobiliser les ressources nécessaires pour affronter l’échec, la peur, l’abandon, la perte, l’inconnu. L’espoir qui fait qu’on reste positif et convaincu. Cet espoir, qui m'a poussée à agir, à donner le meilleur de moi-même et à obtenir mon augmentation quelques mois après mes débuts. En ce sens, Iréti, c’est un prénom souvent donné pour célébrer la venue d'un enfant tant désiré. C’est le prénom que ma tante, qui a attendu 10 ans de mariage avant de concevoir, aurait pu donner à sa fille aînée. Il me rappelle un peu le prénom Sourou, qui veut dire patience et que je vous ai déjà présenté. Donner le prénom Ireti à un enfant, c’est lui chuchoter toute sa vie « Le fait d'espérer a fait que tu es parmi nous. Tu es comme un miracle, et c'est désormais à ton tour de faire de l'espoir le moteur de ta vie. » Maintenant que vous connaissez Ireti, dites-moi : Qu'est-ce que vous espérez fort en ce moment, et comment préparez-vous activement pour le recevoir ? Avant de se quitter, voici deux autres prénoms de différentes cultures qui font écho à l'esprit d'Ireti : Amal : l'espoir, en arabe Nadia / Nadine : l'espérance ou espoir en slave Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour un nouveau voyage au cœur des mots. À bientôt. 👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partager ce podcast avec vos proches.

  4. May 21

    S2 - Épisode 14 : Yé ni gbon vo - Être différent

    Yé ni gbon vo : être différent Bon. J'ai un prénom assez atypique à prononcer au Canada. Lindagbé. C'est rare de s'en sortir du premier coup quand on n'est pas habitué. Mais je vous rassure, ça va dans les deux sens ! Moi aussi, je bugge complètement sur des trucs très simples d’ici. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ça, mais... j’avais un collègue dont le nom de famille est aussi un prénom courant du style Pierre. Eh bien, sans une gymnastique cérébrale intense, je finissais toujours par inverser les deux. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas habituée. Aujourd’hui, on va parler de la notion de différence à travers l’expression goun : « Yé ni Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! « Yé ni gbon vo » s'utilise pour désigner quelqu'un ou quelque chose qui sort de la norme, qui est différent. Allons voir ce qui se cache derrière ces mots : Gbon veut dire : prendre un chemin, passer par. Vo veut dire : à part. Mot à mot, cette phrase signifie : « prendre un chemin à part ». J'adore cette image. Ce qui est chouette avec l'idée de « prendre un chemin à part », c'est qu'on la vit au quotidien. Moi, par exemple : quand je vais au bureau, j'adore mettre un tabla en pagne tissé. C’est la petite différence que j’aime exprimer. Ça ne m'empêche pas de faire mon travail, de collaborer avec mes collègues, et à la fin de la journée, de rentrer chez moi. Chacun sur sa propre route. Que ce soit mon prénom, mon foulard, ou le nom de mon collègue, la différence, c'est à mon avis une question de perspective. Elle s’exprime différemment selon notre environnement, nos choix personnels, notre culture ou nos habitudes. Ce qui est la norme pour l'un peut être un vrai casse-tête pour l'autre... car nous sommes tous le « différent » de quelqu'un. « Yé ni gbon vo ». C’est l’acte d’assumer sa différence sans s'isoler des autres. C'est avoir le courage d'avancer sur sa propre route. Et puis prendre un chemin différent aide souvent à faire des découvertes extraordinaires n’est-ce pas ? En français, une expression équivalente serait « sortir des sentiers battus », pour dire s’aventurer sur une route que personne n'a encore pris. En anglais, on dit : "take the road less traveled" – emprunter la route la moins fréquentée – ou encore de march to the beat of his own drum – avancer au rythme de son propre tambour. Avant de vous laisser, j'ai une question pour vous : comment exprimez-vous votre différence au quotidien ? Laissez-moi un commentaire, j’ai vraiment hâte de vous lire ! Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici là, abonnez-vous pour ne rater aucun épisode et partagez ce podcast autour de vous.

  5. Apr 15

    S2 - Épisode 13 : Boladé

    Ma fille avait l'habitude de débarquer au beau milieu de la nuit avec l'arsenal complet pour se rendormir à mes côtés : doudou, oreiller, chaussures, ballon... bref, tout ce qui croisait son chemin si vous voulez mon avis. Un vrai petit déménagement ! Puisqu'on parle de quelqu'un qui vient les bras chargés, je vous propose d'aller à la découverte du prénom Boladé, "celui/celle qui vient avec …” 👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer… et de partagez ce podcast avec vos proches. Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s’émerveiller… et tisser des liens. C’est parti. Le prénom à l’honneur : Boladé Boladé est un prénom en langue yoruba, parlée au sud du Bénin, au Nigéria et au Togo ! C'est un prénom qui se port au masculin comme au féminin. Que signifie Boladé ? Il vient de la phrase « Bá ọlá dé ». bá : ensemble, avec ọlá : noblesse, richesse, gloire dé : arriver, retourner Ce qui veut dire : « La richesse est arrivée avec lui/elle » ou « Qui vient avec la richesse ». Choisir d'appeler son enfant Boladé, c’est lui dire que par sa seule présence, il a enrichi nos vies au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer. C'est une manière de lui rappeler, chaque jour, qu'il est lui-même notre richesse. C'est aussi un vœu formulé pour son avenir. C'est lui souhaiter une vie d'abondance, non seulement matérielle pour qu'il ne manque jamais de rien, mais également une véritable richesse de cœur et d'esprit, faite de joies et de liens profonds qu'ils pourra tisser au fil de sa vie. Maintenant que vous connaissez Boladé… dites-moi : quelle est la plus grande « richesse » que vous ayez accueillie dans votre vie ? Avant de se quitter, voici deux prénoms qui résonnent avec cette idée de richesse qui arrive ou qui entoure : Darius : celui qui possède la bonté Odile : la richesse 🎧 Merci d’avoir écouté Les mots panés. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte! À bientôt.

    S2 - Épisode 13 : Boladé
  6. Apr 8

    S2 - Épisode 12 : Toujours sur les nerfs ! - Yé ni dou kan

    Saison 2, épisode 12, prise numéro 2. Je tiens absolument à ouvrir chaque épisode par une anecdote qui m’amène à l’expression ou au prénom du jour. Mais celle que j'ai choisie m’a tellement fait tourner en rond que j’ai fini par abandonner la semaine passée. Bref, restons simples : partons à la découverte de l’expression goun « Yé ni dou kan ». « Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé. Ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! » « Yé ni dou kan » sert à décrire un tempérament colérique, quelqu'un qui démarre au quart de tour de façon constante. Mais que cache réellement cette formule ? Dou signifie « manger » ou « mordre ». Kan désigne la « corde », mais dans l'anatomie humaine, ce terme renvoie aux vaisseaux sanguins. Littéralement, « Yé ni dou kan » revient donc à « manger ou mordre ses propres vaisseaux ». Si vous vous souvenez de notre épisode sur « yé ni Yran houn » (pour désigner la sévérité), vous y verrez sûrement des similitudes. Néanmoins, yé ni dou kan évoque une souffrance physique bien plus marquée. Imaginez le supplice si, à chaque perte de patience, il fallait se ronger les veines ? Cette expression nous rappelle avec sagesse qu’en s'emportant à tout bout de champ, la première victime de cette destruction, c'est soi-même. On finit par « dévorer » sa propre santé. Celui qui « mange ses vaisseaux » manque profondément de patience. C’est un être imprévisible dont on redoute les réactions, même face à une attention censée lui faire plaisir. Nous avons tous des jours « sans », où l'irritabilité prend le dessus. Mais faire de la colère un mode de vie est épuisant. Pour traduire ce trait de caractère en français, on dira d'une telle personne qu'elle est « soupe au lait » — ça bout vite et déborde pour un rien — ou encore qu’elle a le « sang chaud » ou les « nerfs à fleur de peau ». Avant de nous quitter, j'ai une question pour vous : connaissez-vous dans votre entourage quelqu'un d'abonné à ce comportement, toujours prêt à exploser pour une broutille ? Ou peut-être avez-vous une expression de chez vous pour désigner ces colériques invétérés ? Laissez-moi un commentaire, j’ai hâte de vous lire ! Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici-là, abonnez-vous pour ne rater aucun épisode et partagez ce podcast autour de vous.

    S2 - Épisode 12 : Toujours sur les nerfs ! - Yé ni dou kan
  7. Mar 25

    S2 - Épisode 11 : Sèdami - Tant qu'il y a de la vie !

    Je descends du bus, je me dépêche, j'arrive sur le quai du métro... et là, sous mes yeux, les portes se ferment. Le train part. Sans moi. Vous connaissez cette frustration ? Pourtant, le prochain train est dans trois petites minutes, mais rien à faire, le FOMO est bien là. On a l'impression d'avoir raté notre chance. Mais aujourd'hui, je vous emmène à la découverte du prénom Sèdami. Parce qu'il va nous apprendre une chose essentielle : le train de votre destinée, vous ne pourrez jamais le manquer. Vous écoutez Les mots panés. Je suis Lindagbé, et ici, on explore les trésors des langues du Bénin : pour se comprendre, s'émerveiller… et tisser des liens. C’est parti. Sèdami est un prénom wémè, que l'on retrouve aussi dans d'autres langues de la même famille, comme le goun ou le fon. C'est un prénom magnifique, qui se porte aussi bien au masculin qu'au féminin. Sèdami vient de la phrase : Nou é sè d’ami mon non dji wé. Que se cache-t-il derrière ces mots ? Nou : une chose.Sè : l'âme, le destin.ami : huiledji : accoucherWé : asticots.Mis bout à bout, ça veut littéralement dire : "Ce qui est huilé par le destin ne développe pas d’asticots." Pourquoi ?  Dans la nature, ce qui développe des asticots, c'est ce qui a pourri. C'est ce qui est mort. À l'inverse, l'huile a un pouvoir de conservation qui permet de freiner la décomposition des aliments et donc de les protéger du temps qui passe. Sèdami, c'est une façon de dire que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. L'espoir, c'est cette huile protectrice. Et la vie, avec nos combats de tous les jours, c'est ce destin qui continue de s'écrire. Alors, si une porte s'est fermée devant vous, si un projet a échoué... dites-vous que ce n'était sûrement pas le bon chemin à prendre, le bon train. Parce que celui qui vous est vraiment réservé, lui, vous attendra toujours. Maintenant que vous connaissez Sèdami, dites-moi : Avez-vous déjà raté une opportunité, pour réaliser plus tard que le destin vous réservait finalement quelque chose de bien meilleur ? Racontez-moi ça en commentaire, j'ai très hâte de vous lire. Avant de se quitter, voici trois autres prénoms à travers le monde qui portent cette même confiance absolue en l'avenir : Anselme, d'origine germanique, qui signifie « la protection divine » – comme un bouclier invisible. Théodora, d'origine grecque, signifiant « le don de Dieu », pour nous rappeler que ce qui nous est réservé ne nous échappera pas. Et Faustine, d'origine latine, veut dire « chanceuse ». Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. À bientôt. 👉 N’oubliez pas de vous abonner pour ne manquer aucun épisode, et de partager ce podcast avec quelqu'un qui a besoin d'être rassuré aujourd'hui.

    S2 - Épisode 11 : Sèdami - Tant qu'il y a de la vie !
  8. Mar 18

    S2 - Épisode 10 : Dur dur d'être sévère - Yé ni yran houn

    ​Quand j’avais 8 ans, j'avais une peur bleue de tomber dans la classe de Maître Paulin. Il était connu pour être l'enseignant le plus sévère de l'école. Avec lui, il fallait filer droit, sinon c'était la chicotte, le palmatoire , aucune négociation possible. Les connaisseurs savent de quoi je parle.  ​Pour décrire ce tempérament, on utilise une expression très intéressante en goun : « yé ni Yran houn ». Et c’est précisément ce que nous allons découvrir aujourd'hui. ​« Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé. Ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! » ​Pour qualifier quelqu’un de très sévère en goun, on dit : « É Yran houn ». Et si l’on veut donner encore plus de force à cette image, pour indiquer une rigidité sans faille, on dira : « é Yran houn gbaou ». ​Mais que se cache-t-il derrière ces mots ? ​Yran veut dire « mauvais ». ​Houn, c’est le « sang ». ​Littéralement, « Yé ni Yran houn », c’est l’action de « se rendre le sang mauvais ». Cette expression traduit l’idée qu’une personne sévère empoisonne son propre sang, qu’elle le « gâte » par sa propre dureté. ​Si vous vous souvenez de l’épisode sur « yé ni gblé ho min » (se fâcher), qui signifie littéralement « s’abîmer les entrailles », nous restons dans le même esprit. Néanmoins, Se fâcher est souvent une réaction passagère, un état qui finit par s'arrêter. La sévérité, elle, est perçue comme un trait de caractère, une posture continue. Quelqu’un de sévère aurait donc, en quelque sorte, le sang « constamment mauvais ». C’est être sous pression, au sens propre comme au figuré. À force d'exigence, on finit par s'étouffer soi-même. ​Ça m’arrive, moi aussi, d’être sévère, de me montrer inflexible. Je vais donc commencer par balayer devant ma porte avant de vous bombarder de conseils : prenons juste conscience que cette dureté nous fait du mal.  Il est important de garder en tête qu’on peut toujours s'améliorer en laissant toujours un peu plus de place à la souplesse et la bienveillance. ​Pour traduire ce tempérament, la langue française utilise une expression que vous connaissez sans doute : « être une peau de vache ». On évoque ici une enveloppe dure, une cuirasse inflexible. Au Québec, l'équivalent serait de dire que quelqu'un est « toff » (de l'anglais tough) toujours dans le même esprit.  ​Et vous ? Qui, dans votre enfance, considériez-vous comme une personne très sévère ? Quelle est l’expression de chez vous qui décrit le mieux cette rigidité, ce « mauvais sang » ? ​Partagez-la moi en commentaire, je suis impatiente de vous lire ! ​Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte. D'ici-là, n’oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et de partager ce podcast. À bientôt !

    S2 - Épisode 10 : Dur dur d'être sévère - Yé ni yran houn

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