Bonjour, c’est Colette. Aujourd’hui, j’ai envie de parler du retour à soi. De ce moment où l’on comprend que le royaume divin n’est pas à chercher à l’extérieur, mais en nous. Que nous sommes notre propre source, et que tout ce qui vient à nous peut nous nourrir, nous traverser, nous enrichir… mais que tout part déjà de nous. Je crois profondément que tout commence là. Nous sommes comme une source mère, un cours d’eau vivant capable de rencontrer d’autres eaux, d’autres chemins, d’autres présences. Mais si cette source intérieure n’est pas reconnue, on finit par se perdre. On se laisse guider par les injonctions de la société, de la famille, des relations… et à force de s’adapter, on devient lisse, on se conforme, jusqu’à parfois se quitter soi-même. Revenir à soi, ce n’est pas se couper du monde. C’est habiter sa propre base, reconnaître que ce qui vient à nous est là pour accompagner la vie, pas pour la remplacer. Il y a un mot que j’aime ici : héxis. Une manière d’être incarnée, pas une posture, pas un rôle, mais un état intérieur stable et vivant. Quand cette héxis s’installe, il n’y a plus d’accroche : ce qui vient est accueilli, ce qui part est laissé. Rien ne manque, tout devient expérience. Un fruit de saison, une rencontre, un sourire… tout a sa place, puis tout passe. Et c’est là qu’intervient aussi le taste : ce sens du juste, du bon dosage, de la bonne distance. Parce que tout est question d’équilibre : le soleil en excès brûle, la pluie en excès inonde. Et dans les relations, les paroles, les attentes, il y a aussi ce besoin de justesse. Sans cela, on déborde, on s’épuise, ou l’on se perd. J’en suis venue à comprendre que bien des remarques, des critiques, des jugements sont parfois des compliments inconscients, une manière de dire : “Pourquoi te démarques-tu ?” Souvent, ce qui dérange, ce n’est pas l’autre, mais ce que sa liberté vient réveiller. Alors on projette, on accuse, on fait porter à l’autre ce que l’on ne sait pas encore accueillir en soi. Mais quand on revient à sa propre source, quelque chose s’apaise. On ne s’accroche plus, on ne dépend plus de ce qui se passe. On accueille la vie comme elle vient, comme un voyage : on part, on découvre, on explore… et on revient avec des souvenirs, pas avec des manques. Tout devient un bonus, une saison, un passage. Revenir à soi, ce n’est pas se fermer au monde. C’est ne plus se perdre en lui. C’est se rappeler que la source est en nous, et que tout le reste vient en complément. Quand on habite cette source, on n’a plus besoin de se conformer pour exister. On apprend simplement à être, avec héxis, avec taste, avec justesse. Et peut-être que la paix commence là… quand on cesse de chercher à l’extérieur ce qui a toujours été vivant en nous. À bientôt.