Des arts et des lettres

Christophe Mory

Expositions, littérature, cinéma, littérature chrétienne et théâtre sont au menu de cette émission culturelle. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 20h ago

    Des Arts et des lettres théâtre : Le Discours d'un roi au théâtre du Gymnase

    Le Discours d'un roi (The King's Speech), ou Le Discours du roi au Québec et au Nouveau-Brunswick, est un drame historique américano-australo-britannique réalisé par Tom Hooper, sorti en 2010. Le film a reçu 118 nominations et a remporté 43 récompenses. L’action se déroule dans les années 1930, au Royaume-Uni. Le prince Albert, deuxième fils du roi George V, vit un grave problème de bégaiement. L'abdication de son frère aîné Édouard VIII l'oblige à monter sur le trône sous le nom de George VI. Or, le roi doit s'exprimer en public, malgré son handicap. Sur l'insistance de sa femme, il rencontre Lionel Logue, orthophoniste australien aux méthodes peu conventionnelles. Malgré les réticences du prince, la méthode de Logue fonctionne. Albert doit surmonter ses difficultés de langage pour prononcer, en septembre 1939, le discours radiophonique d'entrée du Royaume-Uni dans la guerre contre l'Allemagne. Il a fallu le talent et le métier de Gérald Sibleyras et Patrick Haudecoeur (ils n’en sont pas à leur premier triomphe) pour adapter le film à la scène du théâtre du Gymnase à Paris. Avec nous pour en parler : Delphine Depardieu qui joue l’épouse de George VI et Francis Huster qui incarne l’orthophoniste Lionel Logue. D’emblée, bravo à la production à Jean-Marc Dumontet parce qu’on en a pour son argent : les petits plats dans les grands. La scénographie est époustouflante et les lumières fabuleuses ; Un vrai spectacle donc. On est à Bukingam, dans l’appartement de Lionel Logue avec ses maquettes de bateau, à Westminster Abbey… Bravo au metteur en scène, Jérémy Lippman « le voyage, l’envie, l’adaptation, ne pas avoir peur du changement, croire en ses rêves », et la plus grande qualité à ses yeux « la curiosité » sont des moteurs. Le roi, le futur roi, est joué par Philippe Torreton, magistral qui montre ses peurs, la peur, tout en voilà la cacher. Il est incroyable. Churchill joué par Urbain Casseulier, montre les dangers d’une guerre imminente. C’est à se demander si le bégaiement du roi n’est pas l’allégorie d’une démocratie qui balbutie au lieu de porter clairement de la voix… Ou la métaphore d’une démocratie bègue face aux vociférations d’un dictateur... Un spectacle éblouissant, vif et élégant, touchant et parfois drôle pour un final émouvant magnifiquement servi par douze comédiens inspirés. Théâtre du Gymnase 38 boulevard de Bonne Nouvelle - 75010 PARIS - 01 42 46 79 7 Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Des Arts et des lettres théâtre : Le Discours d'un roi au théâtre du Gymnase
  2. 5d ago

    Des arts et des lettres expos : Eva Gonzalès, une artiste libre (Grand Palais, Paris)

    C’est une exposition exceptionnelle à plu d’un titre. D’Eva Gonzalès, il n’y eut qu’une seule grande rétrospective de cet œuvre deux ans après la mort du peintre, Eva Gonzalès. Et puis, plus rien mais son œuvre n’a pas cessé de se disséminer à travers le monde. A parcourir l’exposition, on est bien épaté par la provenance des toiles avec aussi beaucoup de prêts de collections particulières. du 15 septembre 2026 (hier donc) au 24 janvier 2027 Avec Stéphanie Cantarutti, vous êtes conservatrice en chef du patrimoine, chargée des peintures modernes (1800 – 1890) du Petit Palais et commissaire scientifique de cette exposition Eva Gonzalès, Parcours d’une artiste libre. Issue d'une famille bourgeoise d'origine espagnole, Eva Gonzalès (1847 – 1883) a vécu à Paris une enfance heureuse. Sa mère est Marie Céline Ragut, une musicienne fille d'un industriel lyonnais. Son père est le romancier Emmanuel Gonzalès, feuilletoniste au journal Le Siècle, né à Saintes d'un père monégasque. Il est président de la Société des Gens de Lettres, chevalier de la Légion d’honneur en 1861, Éva grandit dans un univers d'artiste et de gens de lettres. Elle a une sœur, Jeanne, qui peint également et qui est très importante comme complice et comme modèle. En 1966, elle rejoint l’atelier de Charles Chaplin, 23 rue de Lisbonne à Paris. C’est un »atelier pour dames » où elle croise Mary Cassat. Eva Gonzales ne va y rester qu’un an. On parle toujours de Chaplin et de ses Chaplinades comme es effets mondains à la Carolus Duran, mais ce que vous exposez est rudement bien… Eva Gonzales ne va y rester qu’un an. Et sera la seule élève d’Edouard Manet qu’elle rencontre en 1869. Il passe pour sulfureux. Il peint Eva Gonzalez peignant en 1870 (national Gallery Londres). Elle y figure en robe blanche, assez distante de la toile qu’elle peint, une nature morte. Une fleur, une pivoine blanche à ses pieds. C’est un curieux tableau certainement plein de mystères et de signifiants. Après Manet, une autre rencontre décisive : le graveur Henri Guerard. Il avait posé pour Une loge aux Italiens (1874) sur lequel il regarde avec insistance une femme dégantée d’une main pour tenir ses jumelles de théâtre. Un bouquet de fleurs lui a été offert, elle l’a posé sur sa droite, et s’appuie sur un coude. Manifestement, elle ne semble pas répondre à la cour du Monsieur. Or ce monsieur, c’est donc lui Henri Guerard, connu comme graveur à l'eau-forte et lithographe. Ils n’ont qu’un an de différence et vont vivre une relation intense et besogneuses, de collaboration artistique. Dès 1868, Eva Gonzalès découvre la Normandie par Dieppe d’abord puis chez la mère Toutain à Honfleur, la ferme saint Siméon. Mais Dieppe l’attire plus. Elle y séjournera fréquemment avec Henri son mari. Rien dans l’œuvre d’Eva Gonzales n’est morbide mais au contraire gracieux et pénétrant. Manet meurt de 30 avril 1883. Sept jours plus tard, Eva Gonzalès était emportée par une embolie pulmonaire. Là encore, on a envie de parler de double… Et Henry Guerard épousera Jeanne, en secondes noces. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Des arts et des lettres expos : Eva Gonzalès, une artiste libre (Grand Palais, Paris)
  3. 6d ago

    Des arts et des lettres expos : Eva Gonzalès, une artiste libre (Petit Palais, Paris)

    C’est une exposition exceptionnelle à plu d’un titre. D’Eva Gonzalès, il n’y eut qu’une seule grande rétrospective de cet œuvre deux ans après la mort du peintre, Eva Gonzalès. Et puis, plus rien mais son œuvre n’a pas cessé de se disséminer à travers le monde. A parcourir l’exposition, on est bien épaté par la provenance des toiles avec aussi beaucoup de prêts de collections particulières. du 15 septembre 2026 (hier donc) au 24 janvier 2027 Avec Stéphanie Cantarutti, vous êtes conservatrice en chef du patrimoine, chargée des peintures modernes (1800 – 1890) du Petit Palais et commissaire scientifique de cette exposition Eva Gonzalès, Parcours d’une artiste libre. Eva Gonzalès (1847 – 1883) a vécu à Paris une enfance heureuse. Sa mère est Marie Céline Ragut, une musicienne fille d'un industriel lyonnais. Son père est le romancier Emmanuel Gonzalès, feuilletoniste au journal Le Siècle, né à Saintes d'un père monégasque. Il est président de la Société des Gens de Lettres, chevalier de la Légion d’honneur en 1861, Éva grandit dans un univers d'artiste et de gens de lettres. Elle a une sœur, Jeanne, qui peint également et qui est très importante comme complice et comme modèle. En 1966, elle rejoint l’atelier de Charles Chaplin, 23 rue de Lisbonne à Paris. C’est un »atelier pour dames » où elle croise Mary Cassat. Eva Gonzales ne va y rester qu’un an. On parle toujours de Chaplin et de ses Chaplinades comme es effets mondains à la Carolus Duran, mais ce que vous exposez est rudement bien… Eva Gonzales ne va y rester qu’un an. Et sera la seule élève d’Edouard Manet qu’elle rencontre en 1869. Il passe pour sulfureux. Il peint Eva Gonzalez peignant en 1870 (national Gallery Londres). Elle y figure en robe blanche, assez distante de la toile qu’elle peint, une nature morte. Une fleur, une pivoine blanche à ses pieds. C’est un curieux tableau certainement plein de mystères et de signifiants. Après Manet, une autre rencontre décisive : le graveur Henri Guerard. Il avait posé pour Une loge aux Italiens (1874) sur lequel il regarde avec insistance une femme dégantée d’une main pour tenir ses jumelles de théâtre. Un bouquet de fleurs lui a été offert, elle l’a posé sur sa droite, et s’appuie sur un coude. Manifestement, elle ne semble pas répondre à la cour du Monsieur. Or ce monsieur, c’est donc lui Henri Guerard, connu comme graveur à l'eau-forte et lithographe. Ils n’ont qu’un an de différence et vont vivre une relation intense et besogneuses, de collaboration artistique. Dès 1868, Eva Gonzalès découvre la Normandie par Dieppe d’abord puis chez la mère Toutain à Honfleur, la ferme saint Siméon. Mais Dieppe l’attire plus. Elle y séjournera fréquemment avec Henri son mari. Rien dans l’œuvre d’Eva Gonzales n’est morbide mais au contraire gracieux et pénétrant. Manet meurt de 30 avril 1883. Sept jours plus tard, Eva Gonzalès était emportée par une embolie pulmonaire. Là encore, on a envie de parler de double… Et Henry Guerard épousera Jeanne, en secondes noces. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Des arts et des lettres expos : Eva Gonzalès, une artiste libre (Petit Palais, Paris)
  4. Sep 13

    Des Arts et des lettres théâtre : Tout feu tout flamme d'Arthur Jugnot

    Arthur Jugnot fait partie de cette génération d’hommes et de femmes de théâtre avec Sébastien Azzopardi, Alexis Michalik, Salomé Lelouch, Jean-Philippe Daguerre et d’autres qui faites vibrer les théâtres à Paris et en régions. C’est vraiment toute une génération qui tient la vie théâtrale, il n’est plus débutant : 21 rôles au cinéma, 17 rôles au théâtre et 22 mises en scène, voilà pour le compteur. Avec Tout feu tout flamme, il raconte l’histoire de Jeanne d’Arc, avec des musiques composées par Romain Trouillet et une troupe comprenant Zoé Bidaud et Pierre Bénézit. La pièce est insolente sans être irrévérencieuse, bourrée d’anachronismes bien choisis. C’est complètement barré, fantaisie, délirant : ça joue, ça chante (combien de numéros ?), ça danse claquettes avec une énergie folle. Et pourtant ils ne sont que cinq sur scène à se changer et se rechanger pour changer de personnage. Et puis, il y a le bûcher, le martyre. Et là, il transmet de l’émotion, on ne rigole plus. Et là, les cœurs s’ouvrent. Jeanne d’Arc n’appartient ni à l’histoire trop ancienne, ni à un parti politique d’extrême droite mais à l’histoire de France, à la France. Et il fallait le dire et le redire. Si elle avait été un homme, elle n’aurait sans doute pas été exécutée. Mais une femme qui vêt des habits militaires d’homme, qui se coupe les cheveux, qui résout le siège d’Orléans, qui pousse les anglais hors de France, qui fait couronner le roi à Reims : UNE FEMME ! Comédie de Paris Présenté par Christophe Mory avec Nadir Hammaoui Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Des Arts et des lettres théâtre : Tout feu tout flamme d'Arthur Jugnot
  5. Sep 10

    Des Arts et des lettres (littérature) : l'Homme qui lisait les livres de Rachid Benzine

    Est-ce une fable, comme l’indique la quatrième de couverture ? Est-ce un reportage car le narrateur (du moins l’un des deux narrateurs) est journaliste, photographe de guerre ? Est-ce un roman, « une histoire possible imaginée » ? Comme tous les livres courts (120 pages), il se lit lentement. L’Homme qui lisait des livres est le sixième roman Rachid Benzine, les cinq premiers publiés au seuil et celui-ci chez Julliard. Changer d’éditeur n’est pas anodin pour un auteur, c’est parfois un nouveau souffle. Et de souffle ce roman n’en manque pas. Tout se passe à Gaza. Loin des polémiques politiciennes qui opposent arabes et Israéliens, vous nous emmenez au cœur de la ville dans les décombres et au cœur du cœur sur le pas de porte d’une librairie et au cœur du cœur du cœur dans l’acte de lire. C’est la rencontre entre Julien Desmanges, le photographe et Nabil Al Jaber, le libraire. Le libraire offre deux livres à Julien : La Condition humaine de Malraux et un recueil de poèmes La Terre nous est étroite de Mahmoud Darwich (Président des écrivains palestiniens, ancien membre de l’OLP qu’il quittera à la suite des accords d’Oslo, décédé en 2008 à Houston aux Etats-Unis, auteur d’une vingtaine de volumes de poésie aujourd’hui au programme de l’agrégation de lettres en littérature comparée.) Et le libraire de raconter sa vie mouvementée. Son père est catholique, sa mère musulmane. Et de fait, ce cher Nabil, s’il ne confond pas les deux religions, entremêle sourates et évangile. « Je comprenais les sourates comme je comprenais les paraboles (…) Je savais réciter des versets du Coran comme des passages des Évangiles. Parfois, quand j’étais seul, je mélangeais tout. Pour voir ce que ça ferait. Pour voir si Dieu m’en voudrait ». Nabil sera balloté de camp et camp. La vie de ces camps de réfugiés est sidérante. Mais Nabil y organise des veillées de lecture à voix haute et, pourquoi pas, de théâtre. Ce sont bien les mots et plus largement les histoires qui sauvent. De notre Occident balloté entre rumeurs, déclarations politiques le cœur sur la main, exaspérations des communautés et informations bouleversantes, Gaza paraît loin ; du moins, on n’y comprend rien. Or ce roman montre la souffrance, la douleur qui enfle, augmente, dévaste. Vous l’exprimez très bien à travers la pluie. On sent non le poids mais la menace israélienne, l’arbitraire des soldats qui tirent à vue sur une foule de gosses ; on voit un gamin de onze ans mourir d’une balle en plein thorax. Onze ans ! Et puis, « L’autorité palestinienne avait été balayée par le Hamas. (…) Nous étions les otages de ce combat sans fin ». L'Homme qui lisait les livres (ed Julliard) de Rachid Benzime a obtenu le Prix de la Liberté Intérieure en partenariat avec le Jour du Seigneur et la Libriarie de la Procure Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Des Arts et des lettres (littérature) : l'Homme qui lisait les livres de Rachid Benzine

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