C’est une exposition exceptionnelle à plu d’un titre. D’Eva Gonzalès, il n’y eut qu’une seule grande rétrospective de cet œuvre deux ans après la mort du peintre, Eva Gonzalès. Et puis, plus rien mais son œuvre n’a pas cessé de se disséminer à travers le monde. A parcourir l’exposition, on est bien épaté par la provenance des toiles avec aussi beaucoup de prêts de collections particulières. du 15 septembre 2026 (hier donc) au 24 janvier 2027 Avec Stéphanie Cantarutti, vous êtes conservatrice en chef du patrimoine, chargée des peintures modernes (1800 – 1890) du Petit Palais et commissaire scientifique de cette exposition Eva Gonzalès, Parcours d’une artiste libre. Issue d'une famille bourgeoise d'origine espagnole, Eva Gonzalès (1847 – 1883) a vécu à Paris une enfance heureuse. Sa mère est Marie Céline Ragut, une musicienne fille d'un industriel lyonnais. Son père est le romancier Emmanuel Gonzalès, feuilletoniste au journal Le Siècle, né à Saintes d'un père monégasque. Il est président de la Société des Gens de Lettres, chevalier de la Légion d’honneur en 1861, Éva grandit dans un univers d'artiste et de gens de lettres. Elle a une sœur, Jeanne, qui peint également et qui est très importante comme complice et comme modèle. En 1966, elle rejoint l’atelier de Charles Chaplin, 23 rue de Lisbonne à Paris. C’est un »atelier pour dames » où elle croise Mary Cassat. Eva Gonzales ne va y rester qu’un an. On parle toujours de Chaplin et de ses Chaplinades comme es effets mondains à la Carolus Duran, mais ce que vous exposez est rudement bien… Eva Gonzales ne va y rester qu’un an. Et sera la seule élève d’Edouard Manet qu’elle rencontre en 1869. Il passe pour sulfureux. Il peint Eva Gonzalez peignant en 1870 (national Gallery Londres). Elle y figure en robe blanche, assez distante de la toile qu’elle peint, une nature morte. Une fleur, une pivoine blanche à ses pieds. C’est un curieux tableau certainement plein de mystères et de signifiants. Après Manet, une autre rencontre décisive : le graveur Henri Guerard. Il avait posé pour Une loge aux Italiens (1874) sur lequel il regarde avec insistance une femme dégantée d’une main pour tenir ses jumelles de théâtre. Un bouquet de fleurs lui a été offert, elle l’a posé sur sa droite, et s’appuie sur un coude. Manifestement, elle ne semble pas répondre à la cour du Monsieur. Or ce monsieur, c’est donc lui Henri Guerard, connu comme graveur à l'eau-forte et lithographe. Ils n’ont qu’un an de différence et vont vivre une relation intense et besogneuses, de collaboration artistique. Dès 1868, Eva Gonzalès découvre la Normandie par Dieppe d’abord puis chez la mère Toutain à Honfleur, la ferme saint Siméon. Mais Dieppe l’attire plus. Elle y séjournera fréquemment avec Henri son mari. Rien dans l’œuvre d’Eva Gonzales n’est morbide mais au contraire gracieux et pénétrant. Manet meurt de 30 avril 1883. Sept jours plus tard, Eva Gonzalès était emportée par une embolie pulmonaire. Là encore, on a envie de parler de double… Et Henry Guerard épousera Jeanne, en secondes noces. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.