Citiscape by CitizOn | Histoires urbaines made in Morocco 🇲🇦

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Citiscape by CitizOn est une série de podcasts consacrés aux villes marocaines et à celles et ceux qui les traversent, les filment, les habitent ou les transforment. Un personnage, un quartier, un moment, une ambiance... On y parle de cinéma, de sport, d’architecture, de mémoire populaire, de ce qui fait battre les villes du Maroc de l’intérieur. Citiscape vous propose une écoute sensible et documentée, à la croisée de l'histoire urbaine, de la culture et du récit.

  1. 5d ago

    [Épisode 22] Les plus anciens bijoux connus au monde ne viennent pas d'Egypte

    Les plus anciens bijoux connus au monde ne viennent ni d’Égypte, ni de Mésopotamie, ni de Rome. Ils ont été découverts au Maroc, près d’Essaouira. Et ils ont… 142 000 ans. Oui, 142 000. L’histoire commence dans la grotte de Bizmoune, à une quinzaine de kilomètres d’Essaouira. Entre 2014 et 2018, une équipe d’archéologues y découvre 33 petits coquillages. À première vue, rien de spectaculaire. Sauf que ces coquillages ont été volontairement perforés et travaillés, et portés comme des perles, sur un collier ou sur des vêtements. Et surtout, leur âge est exceptionnel : plus de 140 000 ans, ce qui en fait les plus anciennes parures en coquillage connues à ce jour. Et cette découverte est loin d’être isolée. Car depuis plusieurs années, le Maroc occupe une place exceptionnelle dans la recherche sur nos origines. À Jebel Irhoud, entre Marrakech et Safi, des fossiles d’Homo sapiens ont été datés d’environ 315 000 ans.Et il y a encore plus ancien. À Casablanca, dans la carrière Thomas, des archéologues ont retrouvé des outils et des traces d’occupation humaine, remontant à 1,3 millions d’années. Et les découvertes continuent. A Taforalt, dans l’Oriental, des restes humains vieux de 15 000 ans ont permis aux chercheurs d’étudier l’ADN, et même l'alimentation des populations préhistoriques d’Afrique du Nord. Autrement dit, de Casablanca à Essaouira, de Jebel Irhoud à Taforalt, le sous-sol marocain est aujourd’hui en train de documenter plusieurs chapitres majeurs de l’histoire humaine.Vous connaissiez ces découvertes ? Je vous en raconte d’autres, plein d’autres, sur #CitizOn.

  2. Oct 22

    [Épisode 21] Salim Halali : La voix qui a fait vibrer la Méditerranée

    Un chanteur juif algérien, une mosquée parisienne, un cabaret légendaire à Casablanca… et une voix qui a fait danser tout le Maghreb. Imaginez Casablanca dans les années 1950. Au cœur de la médina, les voitures s'accumulent devant le Coq d'Or. À l'intérieur, les lustres brillent, les orchestres jouent et la jet-set marocaine côtoie diplomates, artistes et voyageurs. Puis un homme entre en scène. Costume blanc impeccable, allure de dandy, voix sensuelle et mélancolique. La salle est conquise. Il s'appelle Salim Halali. Mais avant de devenir le roi des nuits casablancaises, cet artiste né en Algérie a connu un destin extraordinaire. Parti tenter sa chance à Marseille, puis à Paris, il devient une figure incontournable de la chanson orientale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses origines juives le mettent en danger. C'est alors que Si Kaddour Benghabrit, recteur de la Grande Mosquée de Paris, intervient pour le protéger de la déportation. Après la guerre, Halali connaît le succès. Mais c'est à Casablanca qu'il va construire sa légende. En 1949, il transforme un ancien café en un somptueux cabaret oriental : le Coq d'Or. Hajja Hamdaouia, Lina Monty, Lili Boniche, Warda… Les grandes voix du Maghreb s'y succèdent. Pendant des années, le Coq d'Or devient l'un des temples de la vie nocturne marocaine. Jusqu'au jour où un incendie met brutalement fin à cette aventure. Dans ce nouvel épisode de Citiscape, je vous emmène sur les traces d'un artiste flamboyant, libre et profondément méditerranéen. Une histoire de musique, d'exil, de solidarité et de fêtes inoubliables, qui raconte aussi une époque où Casablanca faisait danser le monde arabe. 🎧 Citiscape, une création sonore de CitizOn. Les histoires méconnues du Maroc, de ses villes et de ceux qui les ont fait vibrer.

  3. Oct 12

    [Épisode 20] Amitiés marocaines : Ces Français qui ont choisi la justice

    Dans le Maroc des années 1950, les camps semblent clairement dessinés. D’un côté, le mouvement national marocain réclame la fin du Protectorat. De l’autre, l’administration française et une grande partie de la communauté européenne défendent l’ordre colonial. Et pourtant, entre les deux, une minorité va refuser de suivre son camp. Enseignants, médecins, avocats, journalistes, industriels, syndicalistes… Ils sont français, vivent au Maroc et vont progressivement prendre position contre la répression et en faveur du droit des Marocains à décider de leur avenir. Tout commence notamment à Casablanca, après les événements sanglants des Carrières centrales en décembre 1952. Quatorze professeurs du lycée Lyautey osent demander publiquement qu’une enquête soit menée. Un geste qui paraît presque banal aujourd’hui. À l’époque, il peut coûter une carrière. Markdown collé Puis vient 1953, la destitution et l’exil de Mohammed V, et une nouvelle mobilisation. Certains de ces Français écrivent, manifestent, défendent des résistants devant les tribunaux ou servent d’intermédiaires avec les nationalistes. Plusieurs seront surveillés, expulsés ou menacés. L’industriel Jacques Lemaigre-Dubreuil, devenu partisan d’une évolution politique du Maroc, est assassiné à Casablanca en juin 1955. Markdown collé Markdown collé Dans cet épisode de Citiscape, je vous raconte l’histoire de Guy Martinet, Georges Delanoë, Jean-Charles Legrand, Jacques Lemaigre-Dubreuil et de beaucoup d’autres aujourd’hui presque oubliés. Ils n’ont pas fait l’indépendance à la place des Marocains. Mais à un moment où rester silencieux signifiait aussi accepter un système, ils ont choisi de ne pas s’y opposer. 🎧 Une histoire de convictions, de ruptures et parfois de courage, à découvrir dans Citiscape, une création sonore de CitizOn.

  4. Sep 28

    [Épisode 19] Mohammed Choukri : Tanger à mains nues

    Mohamed Choukri est devenu l’une des grandes voix de la littérature marocaine. Pourtant, à vingt ans, il ne sait encore ni lire ni écrire. Son histoire commence loin des livres. Né dans une région pauvre du Rif, près d’Aït Chiker, il arrive enfant à Tanger avec une famille qui fuit la faim et la misère. Dans la ville internationale des années 1940 et 1950, il ne connaît ni les salons littéraires ni le Tanger fantasmé par les voyageurs étrangers. Sa ville à lui, c’est celle de la rue, des petits boulots, de la faim, des marginaux, des prostituées et des trafics. Une école brutale qui deviendra, des années plus tard, la matière de son œuvre. À presque vingt ans, un événement change sa trajectoire : il entend un homme réciter un poème et décide d’apprendre à lire et à écrire. Choukri devient instituteur, dévore les livres et commence à raconter ce que la littérature préfère souvent laisser hors champ : la pauvreté, la violence, le sexe, la honte et la survie. De cette expérience naît Le Pain nu, son œuvre la plus célèbre. Écrit en arabe, le texte connaît un destin extraordinaire : il est d’abord publié en anglais en 1973 sous le titre For Bread Alone, dans une traduction de Paul Bowles, avant d’être traduit en français par Tahar Ben Jelloun en 1980. Sa publication en arabe provoquera controverses et interdictions. Mais Choukri, c’est aussi Tanger. Ses cafés, ses rues, ses écrivains de passage, ses rencontres avec Paul Bowles, Jean Genet ou Tennessee Williams. Il poursuivra son récit autobiographique avec Le Temps des erreurs puis Visages. Mohamed Choukri meurt en 2003 et est enterré à Tanger, au cimetière de Marshan. La ville qui l’avait accueilli enfant, pauvre et analphabète, est devenue indissociable de son œuvre. 🎧 Dans cet épisode de Citiscape by CitizOn, découvrez « Mohammed Choukri : Tanger à mains nues », le destin d’un homme qui a transformé la survie en littérature.

  5. Sep 14

    [Épisode 17] Sidi Mohammed ben Abdellah : La Renaissance de Casablanca

    Casablanca avant Casablanca. Avant les immeubles, les grands boulevards, le port moderne et les millions d’habitants. À la fin du XVIIIe siècle, la future capitale économique du Maroc n’est encore qu’un site côtier largement délaissé, héritier de l’ancienne Anfa. Pourtant, un homme va regarder ces ruines face à l’Atlantique et y voir un potentiel stratégique : Sidi Mohammed ben Abdellah, Mohammed III, sultan alaouite qui règne sur le Maroc de 1757 à 1790. Dans ce nouvel épisode de Citiscape, nous remontons aux origines de la renaissance de Casablanca et à la vision d’un souverain qui comprend que l’avenir du Maroc se joue aussi sur ses côtes. Au XVIIIe siècle, les équilibres changent. Les puissances européennes développent leurs échanges maritimes, les routes commerciales se redessinent et les ports deviennent des instruments essentiels de puissance. Mohammed III entreprend alors de renforcer l’autorité du royaume sur son littoral et de développer le commerce maritime. En 1769, les Marocains reprennent Mazagan, l’actuelle El Jadida, aux Portugais. Essaouira devient un nouveau grand projet portuaire. Agadir est renforcée. Les accords commerciaux et diplomatiques avec les puissances étrangères se multiplient. Et au milieu de cette stratégie atlantique se trouve Anfa. Mohammed III décide de relever la ville. Remparts, médina, port, installation de commerçants et d’artisans : progressivement, un nouveau noyau urbain apparaît. Une ville appelée Dar el Beïda, la « Maison Blanche », future Casablanca. Pourquoi Mohammed III s’intéresse-t-il à ce site ? Quelle place Casablanca occupe-t-elle dans sa stratégie pour le Maroc ? D’où vient le nom Dar el Beïda ? Et comment une petite cité atlantique reconstruite au XVIIIe siècle deviendra-t-elle, plus d’un siècle plus tard, la grande métropole économique du pays ? Cet épisode raconte Casablanca avant la métropole, mais aussi le règne d’un souverain bâtisseur, diplomate et stratège qui a profondément repensé le rapport du Maroc à l’Atlantique. Sous le port, les boulevards et les immeubles de Casablanca subsiste ainsi une décision vieille de plus de deux siècles : celle d’un sultan qui regarda un site presque abandonné et décida d’y reconstruire une ville. Citiscape, une création sonore de CitizOn, explore les villes marocaines autrement, à travers leur histoire, leur patrimoine, leurs personnages et leurs mémoires.

  6. Aug 20

    [Épisode 16] Père Jégo : Le match d’une vie

    À Casablanca, chaque derby entre le Wydad Athletic Club et le Raja Club Athletic raconte une histoire qui dépasse largement le football. Derrière cette rivalité légendaire se cache un homme qui a façonné les deux clubs : Mohamed Ben Lahcen Affani, plus connu sous le nom de Père Jégo. Figure majeure du football marocain, entraîneur visionnaire, éducateur, journaliste sportif et bâtisseur, il a profondément marqué l'histoire de Casablanca et du sport national. Dans cet épisode de Citiscape by CitizOn, le podcast consacré à l'histoire des villes du Maroc, partez à la découverte d'un destin exceptionnel, au croisement du football, de l'histoire urbaine et du mouvement national marocain. Né à Tunis en 1900, formé dans le Casablanca du Protectorat, Père Jégo comprend très tôt que le football n'est pas seulement un sport : il peut devenir un formidable outil d'organisation, d'émancipation et de fierté collective. L'épisode retrace l'essor de Casablanca au début du XXᵉ siècle, la naissance du Wydad Athletic Club dans un contexte de discriminations coloniales, puis l'incroyable parcours de cet entraîneur qui conduira également le Raja Club Athletic vers une nouvelle dimension. Son histoire éclaire autrement le célèbre derby de Casablanca, l'une des plus grandes rivalités du football africain, dont il demeure le père spirituel. Citiscape by CitizOn explore également la manière dont le sport accompagne les mutations d'une métropole en pleine expansion. Des quartiers populaires aux tribunes des stades, des cafés de la Médina aux terrains d'entraînement, Casablanca devient le théâtre d'une histoire où football, identité marocaine, urbanisation et résistance symbolique s'entremêlent. Ce podcast revient aussi sur l'héritage de Père Jégo : sa vision tactique, son rôle dans la professionnalisation du football marocain, son influence sur plusieurs générations de joueurs et son refus des honneurs administratifs au profit du terrain. Plus de cinquante ans après sa disparition, son empreinte reste visible à chaque derby, dans chaque chant de supporters et dans la mémoire collective de Casablanca. Un épisode de Citiscape by CitizOn pour comprendre pourquoi le Père Jégo demeure l'une des plus grandes figures du football marocain et comment l'histoire d'un entraîneur permet de raconter autrement Casablanca, son patrimoine, ses quartiers, ses clubs mythiques et l'évolution du Maroc au XXᵉ siècle.

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