Citiscape by CitizOn | Histoires urbaines made in Morocco 🇲🇦

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Citiscape by CitizOn est une série de podcasts consacrés aux villes marocaines et à celles et ceux qui les traversent, les filment, les habitent ou les transforment. Un personnage, un quartier, un moment, une ambiance... On y parle de cinéma, de sport, d’architecture, de mémoire populaire, de ce qui fait battre les villes du Maroc de l’intérieur. Citiscape vous propose une écoute sensible et documentée, à la croisée de l'histoire urbaine, de la culture et du récit.

  1. 1d ago

    [Épisode 16] Père Jégo : Le match d’une vie

    À Casablanca, chaque derby entre le Wydad Athletic Club et le Raja Club Athletic raconte une histoire qui dépasse largement le football. Derrière cette rivalité légendaire se cache un homme qui a façonné les deux clubs : Mohamed Ben Lahcen Affani, plus connu sous le nom de Père Jégo. Figure majeure du football marocain, entraîneur visionnaire, éducateur, journaliste sportif et bâtisseur, il a profondément marqué l'histoire de Casablanca et du sport national. Dans cet épisode de Citiscape by CitizOn, le podcast consacré à l'histoire des villes du Maroc, partez à la découverte d'un destin exceptionnel, au croisement du football, de l'histoire urbaine et du mouvement national marocain. Né à Tunis en 1900, formé dans le Casablanca du Protectorat, Père Jégo comprend très tôt que le football n'est pas seulement un sport : il peut devenir un formidable outil d'organisation, d'émancipation et de fierté collective. L'épisode retrace l'essor de Casablanca au début du XXᵉ siècle, la naissance du Wydad Athletic Club dans un contexte de discriminations coloniales, puis l'incroyable parcours de cet entraîneur qui conduira également le Raja Club Athletic vers une nouvelle dimension. Son histoire éclaire autrement le célèbre derby de Casablanca, l'une des plus grandes rivalités du football africain, dont il demeure le père spirituel. Citiscape by CitizOn explore également la manière dont le sport accompagne les mutations d'une métropole en pleine expansion. Des quartiers populaires aux tribunes des stades, des cafés de la Médina aux terrains d'entraînement, Casablanca devient le théâtre d'une histoire où football, identité marocaine, urbanisation et résistance symbolique s'entremêlent. Ce podcast revient aussi sur l'héritage de Père Jégo : sa vision tactique, son rôle dans la professionnalisation du football marocain, son influence sur plusieurs générations de joueurs et son refus des honneurs administratifs au profit du terrain. Plus de cinquante ans après sa disparition, son empreinte reste visible à chaque derby, dans chaque chant de supporters et dans la mémoire collective de Casablanca. Un épisode de Citiscape by CitizOn pour comprendre pourquoi le Père Jégo demeure l'une des plus grandes figures du football marocain et comment l'histoire d'un entraîneur permet de raconter autrement Casablanca, son patrimoine, ses quartiers, ses clubs mythiques et l'évolution du Maroc au XXᵉ siècle.

  2. Aug 11

    [Épisode 13] Touria Chaoui : La Jeune Fille et le Ciel

    Touria Chaoui n’a que quinze ans lorsqu’elle obtient son brevet de pilote, le 17 octobre 1951. Dans un Maroc encore sous Protectorat, où l’aviation reste un univers masculin et largement réservé aux Européens, cette adolescente marocaine accomplit l’impensable : elle devient la première aviatrice du Maroc et, selon le récit de cet épisode, du monde arabe. Son visage en uniforme paraît dans les journaux et son nom devient, presque instantanément, celui d’une génération qui découvre que d’autres horizons sont possibles. Dans cet épisode de Citiscape by CitizOn, le podcast consacré à l’histoire, aux villes et aux grandes figures du Maroc, découvrez le destin fulgurant de Touria Chaoui (1936-1956) : une jeune femme qui aura traversé l’histoire marocaine à une vitesse vertigineuse. Née à Fès dans une famille cultivée et ouverte sur les idées nouvelles, Touria Chaoui grandit auprès d’un père journaliste, acteur et homme de théâtre. À treize ans, elle apparaît déjà au cinéma dans La Septième Porte d’André Zwobada. Mais son véritable horizon est ailleurs : elle veut voler. À l’aérodrome de Tit Mellil, près de Casablanca, elle doit affronter les résistances, les humiliations et les préjugés d’un milieu qui n’imagine pas une adolescente marocaine aux commandes d’un avion. Elle insiste pourtant, jusqu’à obtenir son brevet de pilotage. Touria Chaoui devient alors bien plus qu’une aviatrice. Elle crée un aéro-club, participe à des actions en faveur de la formation et de l’alphabétisation des jeunes filles et s’engage dans un Maroc en pleine lutte pour son indépendance. Lorsque le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef revient d’exil en novembre 1955, elle survole Rabat et lance depuis son avion des tracts de bienvenue. À travers elle s’incarne l’image d’une femme marocaine visible, moderne et libre, mais aussi celle d’un pays qui revendique son avenir. Puis, le 1er mars 1956, à Casablanca, à la veille de l’Indépendance du Maroc, son destin s’interrompt brutalement. Touria Chaoui est assassinée devant le domicile familial. Elle n’a que dix-neuf ans. Le mobile du meurtre ne sera jamais clairement établi, laissant derrière lui l’une des énigmes de l’histoire contemporaine marocaine. Ce podcast Citiscape by CitizOn revient sur la vie de Touria Chaoui, pionnière de l’aviation marocaine, mais aussi sur ce qu’elle représentait dans le Maroc des années 1950 : l’émancipation des femmes, la modernité, l’indépendance et la possibilité de franchir des frontières que l’on croyait infranchissables. Un épisode de Citiscape by CitizOn pour redécouvrir une figure majeure de l’histoire des femmes au Maroc et comprendre pourquoi, soixante-dix ans après sa disparition, Touria Chaoui reste le symbole d’une génération qui avait décidé que le ciel n’était réservé à personne.

  3. Aug 3

    [Épisode 15] Hay Mohammadi : Attention, quartier mythique !

    À Casablanca, il existe un quartier qui dépasse largement les frontières de son plan de ville. Un quartier dont le nom évoque autant l'architecture que la musique, les luttes sociales que la mémoire collective. Hay Mohammadi n'est pas un simple quartier populaire : c'est l'un des lieux où s'est fabriquée une partie de l'identité contemporaine du Maroc. Dans cet épisode de Citiscape by CitizOn, il ne s'agit pas d'une visite de quartier ordinaire. Il s'agit d'une plongée dans un territoire où l'urbanisme, l'histoire politique et la création artistique se sont rencontrés avec une intensité rare. Des premières baraques du Karyan Central aux ensembles modernistes imaginés par Michel Écochard, Hay Mohammadi raconte l'histoire d'une ville qui tente de répondre à sa croissance tout en devenant le théâtre de profondes transformations sociales. L'épisode revient sur un quartier où la pauvreté côtoie l'innovation architecturale, où les ouvriers organisent les premiers réseaux syndicaux et où les grandes tensions du mouvement national prennent corps. Les émeutes de 1952, les engagements d'Abderrahmane Youssoufi, les bouleversements de l'indépendance : Hay Mohammadi devient peu à peu un laboratoire politique à ciel ouvert. Mais Hay Mohammadi ne se résume jamais à ses combats. C'est aussi un formidable incubateur culturel. C'est ici que naissent les sonorités révolutionnaires de Nass El Ghiwane, encouragées par Tayeb Saddiki. C'est ici que grandissent Lahcen Zinoun, les frères Achik, des générations de sportifs, d'artistes, de dramaturges et de créateurs qui feront rayonner le Maroc bien au-delà de ses frontières. Le quartier transforme les trajectoires individuelles en patrimoine collectif. Citiscape by CitizOn explore également le rapport intime entre espace urbain et destin humain. Comment un ancien bidonville devient-il une référence mondiale pour les architectes ? Comment un plan d'urbanisme pensé pour répondre à une urgence sociale finit-il par produire une identité culturelle unique ? Pourquoi certains quartiers deviennent-ils des fabriques d'imaginaires autant que des lieux de résidence ? L'épisode n'élude pas non plus les blessures. Les Années de Plomb, la répression, les engagements militants de Fatna El Bouih rappellent que Hay Mohammadi est aussi un lieu où les aspirations démocratiques se sont parfois heurtées à la violence politique. Derrière les chansons, les exploits sportifs et les réussites architecturales subsistent des mémoires plus discrètes, mais essentielles. Hay Mohammadi apparaît ici comme un quartier-monde. Un territoire où se croisent l'exode rural, l'industrie, l'architecture moderne, les résistances politiques, le théâtre, la boxe, le football et les musiques qui ont changé le paysage culturel marocain. Peu d'endroits concentrent autant d'histoires dans un espace aussi restreint. Un épisode de Citiscape by CitizOn pour rappeler que certains quartiers ne sont pas seulement des lieux où l'on habite. Ils deviennent des écoles de vie, des ateliers d'innovation, des scènes culturelles et des laboratoires où se construit, génération après génération, l'histoire d'un pays.

  4. Jul 22

    [Épisode 14] Larbi Batma : La voix indomptable de Nass El Ghiwane

    Certaines voix dépassent largement la musique. D’autres finissent par raconter un pays tout entier. Dans ce nouvel épisode de Citiscape, CitizOn raconte l'histoire de Larbi Batma, figure emblématique de Nass El Ghiwane et l'une des voix les plus marquantes de la culture populaire marocaine. Un artiste né dans les quartiers ouvriers de Casablanca qui, avec quelques instruments traditionnels et des textes profondément ancrés dans le quotidien, a bouleversé durablement le paysage musical du Maroc. Mais derrière cette voix grave et immédiatement reconnaissable se cache une trajectoire bien plus riche. Celle d'un enfant de Hay Mohammadi, élevé au cœur d'un quartier façonné par les migrations, les usines, les luttes sociales et une extraordinaire effervescence culturelle. Dans les années 1970, alors que les radios diffusent principalement la variété orientale et les répertoires classiques, Larbi Batma et Nass El Ghiwane imposent une musique nouvelle, nourrie de poésie populaire, de traditions gnawa, de chants soufis et de la mémoire des troubadours marocains. De Casablanca au Théâtre Mohammed V de Rabat, des maisons des jeunes aux grandes scènes internationales, cet épisode retrace la naissance d'un groupe devenu un véritable phénomène de société. Il raconte les débuts auprès de Tayeb Saddiki, les chansons qui donnent une voix aux oubliés, les métaphores qui échappent à la censure tout en dénonçant les injustices, mais aussi les épreuves qui marquent le parcours du groupe, de la disparition de Boujmia aux années de surveillance politique. À travers un récit sonore immersif, Citiscape explore également le Maroc des années 1960 à 1990 : l'histoire de Hay Mohammadi, l'émergence d'une jeunesse populaire en quête d'expression, le rôle de la musique dans les débats de société, les solidarités avec les grandes causes du monde arabe, jusqu'à la reconnaissance internationale qui conduira Martin Scorsese à qualifier Nass El Ghiwane de « Rolling Stones de l'Afrique ». Cet épisode est autant le portrait d'un artiste que celui d'un Maroc en pleine mutation, qui transforme ses traditions en modernité et découvre qu'une chanson peut parfois raconter l'histoire d'une nation mieux que de longs discours.

  5. Jun 8

    [Épisode 12] Hajja Hamdaouia : la voix indocile de la aïta marocaine

    Certaines voix traversent les générations. D’autres deviennent des territoires de mémoire. Dans ce nouvel épisode de Citiscape, CitizOn raconte l’histoire exceptionnelle de Hajja Hamdaouia, immense figure de la aïta et du chaâbi marocain, née dans les ruelles populaires de Derb Sultan à Casablanca et devenue l’une des artistes les plus emblématiques du Maroc contemporain. Mais derrière les refrains repris dans les mariages, les taxis ou les fêtes populaires, se cache une trajectoire bien plus politique, complexe et audacieuse qu’on ne l’imagine. Car avant d’être célébrée comme une légende nationale, Hajja Hamdaouia fut une artiste marginalisée, surveillée et parfois censurée. Dans le Maroc du Protectorat, chanter n’est jamais neutre. La aïta porte en elle des récits de désir, de colère, d’humiliation et de résistance. Et certaines chansons de Lhamdaouia dérangent le pouvoir colonial autant qu’elles fascinent le public populaire. De Casablanca à Paris, des cabarets enfumés aux grandes scènes internationales, cet épisode retrace l’ascension fulgurante d’une femme qui aura transformé un genre musical longtemps méprisé en patrimoine national vivant. Une artiste qui modernise la aïta sans jamais la trahir. Qui impose une présence féminine forte dans un univers dominé par les hommes. Et qui réussit, malgré les années d’oubli et la précarité, un retour spectaculaire dans les années 2000 devant une nouvelle génération fascinée par sa liberté et son énergie. À travers un récit sonore immersif, Citiscape explore aussi l’histoire culturelle du Casablanca populaire : Derb Sultan, les cabarets mythiques comme le Coq d’Or ou le Sijilmassa, l’âge d’or de la radio marocaine, les transformations sociales du Maroc indépendant et l’évolution du regard porté sur les cheikhates et les musiques populaires. Cet épisode est autant le portrait d’une artiste que celui d’un pays entier. Un Maroc qui danse, résiste, juge, oublie… puis réhabilite ses propres voix. Et au centre de tout cela : une femme debout, un bendir à la main, face à son public.

  6. Jun 1

    [Épisode 11] Saïd Hajji : L’Indépendance par la plume

    Avant les grands discours. Avant les manifestations massives. Avant même l’idée d’Indépendance telle qu’on la connaît aujourd’hui… Il y eut des journaux. Des textes. Des idées qui circulaient discrètement dans les médinas, les écoles et les cafés du Maroc sous Protectorat. Dans cet épisode de Citiscape, CitizOn raconte l’histoire de Saïd Hajji, figure intellectuelle majeure du nationalisme marocain moderne, mort à seulement trente ans mais dont l’influence sur la conscience politique marocaine reste immense. Né à Salé en 1912, quelques semaines après la signature du traité de Fès, Saïd Hajji appartient à cette première génération qui grandit entièrement sous domination coloniale française. Très tôt, il comprend que le combat politique ne se joue pas uniquement dans la rue ou dans les armes, mais aussi dans la capacité d’un peuple à produire son propre récit, sa propre presse et sa propre vision du monde. À travers une narration cinématographique mêlant ambiances sonores, archives historiques et storytelling immersif, cet épisode suit le parcours d’un jeune intellectuel fasciné par la presse arabe du Moyen-Orient, les mouvements réformistes et les luttes anticoloniales. De Salé au Caire, des premiers journaux manuscrits aux imprimeries clandestines, Citiscape raconte comment Hajji participe à structurer une presse nationale marocaine moderne capable de fédérer étudiants, commerçants, juristes et militants autour d’une conscience collective nouvelle. L’épisode revient également sur les grands moments du nationalisme marocain des années 1930 : la mobilisation contre le Dahir berbère, le Plan de réformes marocaines de 1934, les premiers noyaux du Comité d’Action Marocaine et la naissance progressive du mouvement qui mènera plus tard au parti de l’Istiqlal. Mais Citiscape explore surtout une intuition fondamentale de Saïd Hajji : la souveraineté politique commence par la souveraineté narrative. Par le fait d’écrire soi-même son histoire. Dans un Maroc où les autorités coloniales saisissent les journaux, censurent les textes et surveillent les intellectuels, Saïd Hajji transforme la presse en outil de résistance stratégique. Une plume contre un empire. Et parfois, cela suffit à changer le destin d’un pays.

  7. May 25

    [Épisode 10] Mort ou vif : Raissouni, le chérif-brigand qui défia Roosevelt

    Un enlèvement.Deux otages.Sept navires de guerre américains face à Tanger.Et une phrase devenue légendaire :“Perdicaris alive or Raisuni dead.” Dans cet épisode de Citiscape, CitizOn vous plonge dans l’une des crises diplomatiques les plus spectaculaires du Maroc du début du XXe siècle. Au cœur de l’histoire : Ahmed Raissouni, figure insaisissable du nord marocain, à la fois chef tribal, rebelle, négociateur politique, bandit et symbole d’un Maroc où l’autorité centrale vacille face aux ambitions locales et aux puissances étrangères. Nous sommes en 1904. Depuis les collines de Tanger, Raissouni orchestre l’enlèvement d’Ion Perdicaris, riche expatrié américain installé dans la ville internationale. Ce qui aurait pu rester un simple fait divers local se transforme rapidement en affaire d’État mondiale. Le président américain Theodore Roosevelt entre dans la crise. La presse internationale s’emballe. Les chancelleries européennes s’affolent. La baie de Tanger voit apparaître des navires de guerre américains venus exercer une pression militaire sur le Maroc. Mais derrière l’image du “brigand”, Citiscape révèle une réalité plus complexe : celle d’un homme qui comprend très tôt le langage du rapport de force, de la mise en scène politique et de la négociation internationale. Qui était vraiment Raissouni ? Un criminel opportuniste ? Un chef tribal humilié par le Makhzen ? Un résistant avant l’heure ? Ou simplement le produit d’un Maroc fragmenté, à la veille du Protectorat ? À travers une narration immersive mêlant ambiance sonore, archives historiques et storytelling cinématographique, cet épisode de Citiscape explore les tensions du Maroc précolonial, les jeux de pouvoir autour de Tanger, les rivalités tribales du nord et la montée des influences étrangères qui conduiront quelques années plus tard à la conférence d’Algésiras puis au Protectorat. Un récit où les frontières entre banditisme, diplomatie et politique deviennent floues. Et où un seul homme réussit, pendant quelques semaines, à tenir tête aux grandes puissances du monde.

  8. 12/25/2025

    [Épisode 9] Mohamed Zerktouni : L'homme qui n'a pas parlé

    À Casablanca, son nom est partout. Un boulevard, un lycée, une station de tramway. On le traverse chaque jour sans forcément savoir qui il était. Mohamed Zerktouni (1927-1954) n’est pas seulement une figure de la résistance marocaine : il est l’un des visages les plus radicaux d’un engagement total, inscrit dans la ville, jusque dans ses souterrains. Dans cet épisode de Citiscape by CitizOn, il ne s’agit pas d’un récit héroïque figé. Il s’agit d’une plongée dans une ville sous pression. Casablanca des années 1950 est une métropole surveillée, quadrillée, violente. Une ville où les quartiers populaires deviennent des bases arrière, où les cafés servent de relais, où les marchés et les rues anonymes dissimulent des réseaux, des messages, des explosifs. La ville devient un outil. Un terrain de lutte. Mohamed Zerktouni n’est pas un personnage de tribune. Il agit dans l’ombre. Il organise, coordonne, prend des risques extrêmes. Son engagement est sans retour possible. Lorsqu’il est arrêté en décembre 1953, il sait ce qui l’attend. Et il fait un choix radical : ne rien dire. Mourir sans livrer les autres. Faire de son silence un acte politique. L’épisode s’attarde sur ce silence. Un silence lourd, actif, décisif. Dans une ville saturée de bruits, le silence de Zerktouni résonne comme un point de rupture. Sa mort, survenue après les tortures, provoque un choc profond. Elle radicalise les positions, accélère la prise de conscience, et contribue à faire basculer le rapport de force entre pouvoir colonial et mouvement national. Cityscape by CitizOn explore aussi la dimension urbaine de cette trajectoire. Comment une grande ville moderne peut-elle devenir un espace de résistance clandestine ? Comment l’anonymat, la densité, les circulations rapides offrent-ils à la fois protection et danger ? Zerktouni incarne cette ville double : visible et invisible, quotidienne et insurrectionnelle. Ce podcast interroge enfin la mémoire. Que reste-t-il aujourd’hui de Zerktouni ? Un nom. Des plaques. Des hommages officiels. Mais aussi une histoire souvent simplifiée, édulcorée, détachée de sa violence réelle. Cityscape by CitizOn propose de revenir à la rugosité du récit. À l’engagement sans romantisme. À la peur, à la fatigue, à la détermination. Mohamed Zerktouni apparaît ici comme une figure tragique et lucide. Un homme qui a compris que certaines luttes ne laissent aucune place au compromis. Et que, parfois, la ville n’est pas seulement un espace de vie, mais un champ de bataille discret, fait de loyautés, de silences et de sacrifices. Un épisode de Citiscape by CitizOnpour rappeler que l’histoire urbaine ne se construit pas seulement avec des bâtiments et des plans, mais aussi avec des corps, des choix irréversibles, et des vies interrompues.

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Citiscape by CitizOn est une série de podcasts consacrés aux villes marocaines et à celles et ceux qui les traversent, les filment, les habitent ou les transforment. Un personnage, un quartier, un moment, une ambiance... On y parle de cinéma, de sport, d’architecture, de mémoire populaire, de ce qui fait battre les villes du Maroc de l’intérieur. Citiscape vous propose une écoute sensible et documentée, à la croisée de l'histoire urbaine, de la culture et du récit.