Les blogues de Mon Credo

Mon Credo

Mon Credo est une plateforme accueillante et inclusive qui te permet d’explorer une foule de sujets en matière de foi et de spiritualité chrétiennes. Ici, on explore, on découvre, on discute, on échange et on fait des rencontres surprenantes… dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans nos blogues, nous abordons des enjeux contemporains depuis le point de vue de la foi et de la spiritualité. Quand les expériences de la vie suscitent la discussion et éveillent la réflexion, Mon Credo offre une perspective unique sur les choses. Découvre comment notre foi peut guider notre compréhension du monde qui nous entoure.

  1. Abraham et l’aïd el Al-Adha

    1d ago

    Abraham et l’aïd el Al-Adha

    Abraham et l’aïd el Al-Adha En 2025, la grande fête musulmane de l'aïd el-Adha débute la soirée du 5 juin. Les origines de cette célébration sont liées à la famille d’Abraham. Abraham avait deux fils La fête de l’aïd el-Adha fait maintenant partie de notre paysage religieux avec ce rituel de l'abattage de moutons qui, en ces temps de bienveillance animalière, la fait souvent sévèrement juger. Elle commémore le geste d'Abraham/Ibrahim qui accepta la demande divine de sacrifier son fils, avant qu'une offrande – un mouton – ne vienne remplacer l'enfant, Abraham/Ibrahim étant béni par Dieu pour sa foi. Cette tradition fait évidemment écho au récit biblique antérieur (Genèse 22), racontant avec plus de détails la même histoire d'Abraham avec cette fois son fils Isaac dans le rôle de la victime consentante et sauvée in extremis par un bélier envoyé par Dieu. Le Coran (Sourate 37, vv. 100-109) très elliptique ne mentionne pas le nom du fils. C'est une tradition postérieure qui l'identifie à Ismaël. Retour sur une parentalité complexe Selon la Bible, Sarah était stérile et à une époque où il n'était pas question d'être sans descendance, elle se résolut à ce que sa servante égyptienne Agar soit enceinte d'Abraham; non sans le regretter au point de la faire chasser dans le désert où Dieu la sauve et lui ordonne de revenir dans ce foyer bancal. Elle accouche alors d'Ismaël qu'Abraham élève comme son fils (Genèse 16 et 17). Une famille divisée Mais une intervention divine permet à une Sarah incrédule d'être enceinte à son tour, et Isaac - l'enfant qui rit – naît. La vindicte de l'épouse envers une servante désormais inutile la pousse à exiger d'Abraham qu'il chasse à nouveau Agar et son fils, lesquels n'échapperont à la mort dans le désert que par une autre intervention divine, montrant la constance de Dieu à protéger et à bénir toute la descendance d'Abraham, sans exception (Genèse 21, 8-21). Isaac par son père Abraham et son fils Jacob fait partie des patriarches du peuple d'Israël; Ismaël est celui des Arabes et des musulmans... Déjà ennemis? Est-ce que la Bible et le Coran témoignent d'une inimitié entre les deux fils, qui serait comme un fil originel des tensions que nous connaissons que trop? Un fil instrumentalisé pour les justifier? Aucunement. Le Coran peu porté à la narration d'entre pas dans ces détails et un verset (Genèse 21, 9) note qu'Ismaël s'amuse après la naissance d'Isaac. La version grecque de la Septante (IIIème s. av JC) et la Vulgate latine (IVème s. ap JC) précisent même que les deux enfants jouaient ensemble. C'est en fait le regard de Sarah se vengeant d'une humiliation subie et la lâcheté d'un Abraham soumis qui sont à l'origine des destins séparés de deux enfants qui ne demandaient qu'à vivre ensemble avec l'innocence de leur jeune âge. Une fraternité des Écritures Paradoxalement, le judaïsme ne souligne pas dans ses fêtes le sacrifice d'Abraham, alors que l'islam en a fait une fête majeure, basée sur le partage du mouton sacrifié et la solidarité communautaire. Les racines bibliques de l'Aïd nous rappellent alors cette extraordinaire convergence: La Bible habite le Coran, d'Abraham/Ibrahim, Moïse/Moussa, Salomon/Souleyman à Jésus/Issa, Marie/Myriam ou Yahya/Jean le Baptiste; l'islam se reconnaît redevable envers le judaïsme et le christianisme, sans que nous ayons une attitude réciproque. Et quand un prétendu musulman s'attaque aux juifs et aux chrétiens en tant qu'hérétiques, c'est une partie du l'Islam qu'il tue au nom d'une foi devenue folle. En ces temps de tragédie sanglante dans le pays d'Abraham, faire mémoire de cette parenté croyante avec ses différences, n'est-ce pas se tourner vers un esprit de paix, qui nous dit... Shalom-Salam?

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  2. Les revendications des femmes dans l’Église

    6d ago

    Les revendications des femmes dans l’Église

    Les revendications des femmes dans l’Église L’égalité entre les femmes et les hommes devrait être une évidence en ce 21e siècle. Pourtant, plusieurs femmes doivent toujours faire des revendications pour une place au sein de l’Église. Quand protestent nos sœurs catholiques “Église Unie, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour, la-la-la-la-la". Eh oui, l’Église Unie du Canada a célébré ses 100 ans le 10 juin dernier. Et nous n’avons pas eu le temps de ranger les bougies d’anniversaire que déjà se pointent à l’horizon d’autres réjouissances. En effet, on connaîtra bientôt l’identité de la personne qui occupera la fonction de modérateur ou de modératrice, poste comportant quelques vagues similitudes avec la papauté. On note toutefois une différence majeure. Si le trône de Saint-Pierre ne peut être occupé que par un homme, il en va autrement pour l’Église Unie. Sur les cinq candidatures en liste pour l’élection du 10 août, deux sont des femmes. L’une d’entre elles a même déjà publié son autobiographie. Le titre? L’évangéliste queer... De catholique à protestante, pourquoi? Hommes et femmes sur un pied d’égalité s’avérant une équation non négociable à mes yeux, j’ai immédiatement répondu “oui je le veux” à l’idée de m’unir à d’autres adeptes de Dieu.e qui, comme moi, comprenaient l’importance d’une inclusion en totalité et non pas à la carte. J’ai rapidement constaté que les épousailles seraient encore plus grandioses que je ne l’espérais. C’est que la communauté LGBTQ+ avait reçu une invitation en tout point similaire avec celle envoyée aux âmes hétéros et cisgenres qui pratiquent dans l’Église Unie. Ne sommes-nous pas à des années-lumière de la tiédasse déclaration de feu Pape François? Vous vous souvenez probablement de son controversé: “Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?” De plus, contrairement aux prêtres catholiques qui doivent s’engager au célibat, pasteurs et pasteures de l’Église Unie ont le droit de convoler. Alléluia! Revendications des femmes catholiques Un jour que je feuilletais le cahier spécial d’un quotidien montréalais consacré à la spiritualité, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’un groupe de femmes chrétiennes et féministes s’insurgeaient contre les injustices qui asphyxient l’Église catholique depuis des siècles? Instantanément s’empara de moi l’envie de devenir membresse de L’autre Parole. En 2026, cette collective québécoise, comptant une trentaine de femmes, aura 50 ans. Et la dame d’un certain âge conserve toute sa pertinence! Nos voix s’harmonisent afin d’atteindre la note suprême, soit l’abolition du patriarcat au sein du catholicisme. Comment y parvenir? En tissant des liens avec d’autres groupes de féministes qui, comme nous, ont la croix tatouée sur le cœur tandis que le mot “justice” tourne en boucle dans leur caboche. Par l’entremise de ces irréductibles, j’ai même eu le bonheur de faire la connaissance de Marie Evans Bouclin, une femme prêtre ... catholique! Pardonnez à l’avance le vilain jeu de mots, euh, mais est-ce que des audacieuses comme cette évêque émérite sont aussi rares que de la marde de pape? En 2025, pas moins de 300 femmes prêtres œuvraient sur cinq continents! Ruent notamment dans les brancards les femmes du réseau international Roman Catholic Women Priests. Depuis les toutes premières ordinations tenues sur le Danube en 2002, aussi fortes que Rosie la riveteuse, ces femmes prêtres catholiques n’ont cessé de solliciter l’attention des papes afin de leur proposer des réformes ainsi que de leur expliquer l’essence de leur vocation sacerdotale. Au moment où le premier états-unien installait son popotin sur le siège pontifical, ces femmes prêtres récidivaient afin d’exiger l’abrogation du canon 1379 "qui criminalise les femmes ordonnées au sacerdoce”. À part les publications spirituelles, peu de médias traitent des discriminations dont sont victimes les femmes catholiques. Dans ce contexte, Karine Gagnon, chroniqueuse au Journal de Montréal, ne mérite-t-elle pas un coup de chapeau? Le 9 mai dernier, elle y signait un texte sur ce sujet. Comment ne pas être d’accord avec la journaliste écrivant “qu’il est hypocrite de prétendre, comme le fait l’Église catholique, que les femmes ne sont pas inférieures aux hommes alors qu’on leur refuse d’accéder au sacerdoce et à la plus haute fonction”? Revendication d’un catholicisme au féminin Depuis 15 ans, s’active un autre groupe de féministes dans la rébellion contre le Vatican. Les vêtements féminins entravant parfois nos mouvements, est-ce pour cette raison que le Comité de la Jupe s’est débarrassé de son nom afin d’adopter celui de Magdala? En fait, la nouvelle génération de “la plus grosse association féministe catholique” aurait vu en Marie Madeleine “un catholicisme féministe, joyeux, et résolument hors des cases.” Parmi l’un des événements dans lesquels a été impliqué le fameux commando européen, on retrouve l’opération Fumée rose. En mai, même le prestigieux magazine Le Figaro avait diffusé une vidéo dans laquelle on apercevait des activistes répandant de la fumée rose près du Vatican pour dénoncer l’absence des femmes dans le conclave qui s’apprêtait à débuter. En 2024, aussi humble soit mon appui, je répondais à l’invitation de Magdala nous incitant à se faire photographier avec une pancarte “Pourquoi pas moi?”. C’est que le pape d’alors avait répondu par la négative au diaconat des femmes. Combien de refus encore essuieront-elles?

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  3. La technologie : ange, mais aussi démon

    May 30

    La technologie : ange, mais aussi démon

    La technologie : ange, mais aussi démon   La technologie est partout dans nos vies. Mais que se passe-t-il lorsqu’une personne souffre d’illectronisme ?   Le grand stress lié à la technologie J’ai rédigé cette chronique en état de stress. En effet, mon visage devait être aussi crispé que si j’étais en train de désamorcer une bombe. Pourquoi ? Appréhension face au moment où je devrais mettre cette chronique en pièce jointe. À chaque fois, je me pète la gueule ! Il me faut reprendre la manœuvre à plusieurs reprises, car entre moi et la nouvelle version d’Outlook, eh bien, guerre froide il y a. Si je vous confiais qu’il m’arrive même d’avoir un langage liturgique lorsque je m’adresse à mon ordinateur. Heureusement, j’y suis parvenue. La preuve ? Vous êtes en train de me lire ! Qu'est-ce que l’illectronisme? J’ai 60 ans. Sexagénaire, je ne suis évidemment pas née avec un cellulaire entre les menottes. Mes difficultés à dompter la technologie seraient-elles causées par mon âge ? Pas nécessairement ! Je connais des gens, comptabilisant plus de millage au compteur que moi, qui sont de véritables émules de Steve Jobs. Quant à la scolarité, peut-elle jouer un rôle au niveau de la maîtrise de la techno ? Euh, j’ai réussi deux diplômes universitaires ! Je tiens aussi à préciser que j’ai tenté de m’emmieuter en suivant quelques cours d’informatique avec l’organisme Communautique. Les résultats se sont avérés plus que modestes. On doit cependant reconnaître qu’une personne qui vit avec des lacunes au niveau de la littératie part en queue de peloton dans ce domaine puisque la majorité des sites virtuels sont constitués de mots. Augmente donc pour elle le risque de frapper un mur qui s’appelle… l’illectronisme ! Autre hypothèse. Et si la technologie, c’était un peu comme les mathématiques. Vous connaissez sûrement l’expression « avoir la bosse des maths. »  Se peut-il que certaines prédispositions naturelles nous habitent dès notre premier souffle en ce qui a trait à nos aptitudes à composer avec la techno ? Advenant le cas, il est quand même possible que la techno nous semble parfois empreinte de mystère. Permettez une anecdote. Voilà quelques années, tandis que j’assistais à un culte en mode hybride, la techno se mit à faire des caprices. Que déclara alors le célébrant sourire aux lèvres ? « Les voies de Dieu.e sont impénétrables, mais la technologie l’est encore plus… » Ça coûte cher la techno! Que se produit-il lorsqu’on désire à tout prix mettre le grappin sur la techno, mais que celle-ci se refuse à nous ? Il se peut que la dernière trouvaille techno qui nous fait les yeux doux s’avère inaccessible à notre porte-monnaie. En raison de la surconsommation, des séquelles pandémiques et de la guéguerre commerciale gracieuseté de Donald Trump, notre tirelire ne crie-t-elle pas souvent famine ? Affaibli, comment notre petit cochon peut-il courir derrière la bête technologique qui galope devant lui à un rythme d’enfer ? Demander grâce ? Cela se fait à vos risques et périls. Qui n’a pas vu ces commerciaux où l’on se moque d’une dent acérée de ces pauvres âmes qui ne jouissent pas d’une techno dernier cri. Lorsqu’on ne possède point la dernière version d’un iPhone, d’un logiciel, d’une montre intelligente, etc., n’a-t-on pas l’impression de naviguer sur un rafiot cerné par Jaws et sa bande ? Initiatives pour faciliter l’accessibilité à la technologie Par bonheur, quelques bouées de sauvetage sont parfois lancées à nos semblables victimes de cette technologie souvent sans pitié. Par exemple, alors que je léchais récemment la vitrine d’un babillard dans la Basse-Ville de la capitale, surgit cette affichette signée Techno Solidarité par laquelle on nous invitait « à profiter d’une assistance numérique offerte par des bénévoles ». Le tout ornementé d’un mot magique écrit en caractères gras… GRATUIT ! Pourquoi ne pas aussi en profiter pour saluer la pétition initiée par le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec ? Leur déclaration ? « Traversons l’écran : Pour un virage numérique humain ».   Comment ne pas être d’accord avec le RGPAQ qui déclarait que le « gouvernement oublie les gens qui ont des difficultés avec le numérique. » Entre le 8 avril 2024 et le 15 février 2025, 328 organisations et 12 476 personnes avaient signé la pétition. Puissent les bonzes de l’Assemblée nationale avoir entendu leur message. Bref, qu’on aime ou non la techno, impossible d’échapper à ses tentacules qui s’immiscent dans les moindres recoins de notre quotidien. Aujourd’hui, peut-on même gagner notre sa vie sans avoir recours à la technologie ? Par chance, l’emploi que j’occupe depuis bientôt 28 ans nécessite peu de techno. Bossant dans une salle de spectacles, je dois y avoir recours uniquement afin de valider les billets de la clientèle. Plus question de déchirer manuellement les billets comme dans l’ancien temps. On les valide avec un téléphone ! Même chose pour entrer nos heures de labeur ! Passée date la machine à pointer ! On sort notre cellulaire et on inscrit alors notre entrée et notre sortie sur une plateforme numérique. Il ne nous reste plus qu’à attendre notre paie ! Pour pénétrer sur mon lieu de travail, plus besoin de tirer sur une poignée de porte. Il suffit de sortir ma carte magnétique et voilà qu’un gentil bip-bip m’accueille ! Consolation, il est toujours possible de causer avec Dieu.e sans s’exposer aux effets néfastes de la sournoise petite lumière bleue…

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  4. Être baptisé combien de fois?

    May 26

    Être baptisé combien de fois?

    Être baptisé combien de fois?   Presque toutes les Églises chrétiennes pratiquent le sacrement du baptême. Chacun et chacune a sa liturgie et ses rites. Mais lorsque l’on change d’Église que se passe-t-il? Faut-il se faire baptiser à nouveau?   Combien de fois peut-on être baptisé? Voilà une question qui peut porter à la confusion pour les croyants qui ne sont pas bien imbus sur la question du baptême. En voici un exemple typique de Paul qui se faisait baptiser plus d’une fois, m’avait-il confié. Mais comment et pourquoi? J’avais rencontré Paul dans mon église, cela remonte à 6 ans. Il m’avait dit qu’il était né et baptisé bébé dans la religion catholique romaine. Puis, rendu à l’âge de 16 ans, il était curieux sur le sujet du baptême. Il rencontra son ami Luc, un chrétien des Saints des Derniers Jours, qu’il lui a convaincu que son baptême de bébé ne validait pas grand-chose. Alors Paul se faisait Mormon et il se faisait plonger dans les eaux du baptême. Puis à l’âge de 34 ans, il avait rencontré son âme sœur qui était dans la religion Baptiste conservatrice fondamentaliste. Le pasteur lui conseillait de se faire baptiser, pour un vrai baptême avant son mariage. Paul me disait qu’il a été bien nettoyé par les eaux du baptême et que personne ne peut lui imposer d’autre baptême maintenant. La croyance sur la question du baptême  Les traditions baptismales remontent bien avant le christianisme. Jésus lui-même fut baptisé par Jean le Baptiste, un prophète de la tradition du judaïsme, qui baptisait les gens suivant une tradition de purification, rite de passage et de nouvelle naissance, vieille de plusieurs siècles. L’eau était alors et continue d’être le symbole clé du baptême. Qu’est-ce que le baptême dans le christianisme? Le baptême est un rite par lequel nous reconnaissons le don de la vie nouvelle au moment où un bébé, un jeune ou un adulte devient une nouvelle personne en Christ. Dans le baptême, nous célébrons une vie nouvelle, non seulement dans le sens concret de l’arrivée d’une nouvelle personne parmi nous, mais aussi par l’accueil et l’intégration de cette personne dans l’ensemble de la communauté de foi; c’est l’acte d’entrée officiel dans le Corps du Christ. Du symbolisme puissant Le baptême revêt plusieurs significations essentielles : Le pardon des péchés qui signifie mourir à son ancienne vie; Une deuxième naissance (naitre à une vie nouvelle); La venue exceptionnelle du Saint-Esprit dans la vie de la personne baptisée et L’union avec le Christ et l’intégration dans l’Église. L’eau les exprime tous en elle-même. Elle nettoie, rafraichit, donne la vie, baigne tout et soutien la vie. L’eau est un symbole qui est essentiel à toute la création. Différentes écoles de pensées Cependant, au fil des siècles, il est arrivé qu’une ou plusieurs significations sur le baptême prédominent. Les théologiens, les fondateurs des Églises peuvent avoir leur opinion propre quant à leur doctrine et leur interprétation concernant le sacrement du baptême. Cependant, le sacrement du baptême d’eau au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit est le signe et le sceau de notre union au Christ et de notre participation aux bénédictions de la nouvelle alliance. Combien de fois peut-on se faire baptiser? On ne reçoit le baptême qu’une seule fois. Le baptême chrétien est généralement considéré comme un sacrement unique et irréversible. Les personnes admises au baptême sont les croyants et les petits enfants présentés par leurs parents ou leurs tuteurs dans la foi chrétienne. Dans le cas des bébés, les parents se doivent d’élever leurs enfants dans la connaissance et le respect du Seigneur et d’espérer que leurs enfants reçoivent, avec l’aide du Saint-Esprit, les bienfaits transmis par ce sacrement, conçu pour assurer une telle transmission. Quels sont les critères pour être baptisé? Pour la très grande majorité des Églises chrétiennes, seul un être humain non encore baptisé peut recevoir le baptême. Le baptême peut être reçu à tout âge. Quant à l’adulte, il doit exprimer sa foi et son désir de suivre le Christ. Cependant, il n’est pas rare de rencontrer certaines personnes qui ont été baptisées dans leur enfance, sans compréhension ni foi personnelle, qui ont ce désir de se faire rebaptiser par immersion, considéré pour beaucoup de confessions comme le "vrai baptême". Si quelqu’un souhaite renouveler son engagement, il peut faire une profession de foi ou bien une confirmation, selon les rites de son Église. Les formes du baptême Plusieurs formes de baptême ont été développé par l'Église au cours des siècle. Les principales sont: Par immersion c’est-à-dire plongé dans l’eau Par aspersion, c'est-à-dire recevoir de l’eau versée sur la tête. Pour conclure, une fois baptisé, l’on devient membre de la sainte "Église catholique" (c minuscule). Il ne s’agit pas d’une référence à une confession religieuse spécifique, mais à l’Église universelle dans son ensemble qui transcende toutes les confessions chrétiennes, tous les pays, tous les groupes ethniques et toutes les théologies - dans l’ensemble l’Église de Jésus-Christ. Ici dans ce contexte, "catholique" veut dire sainte et universelle. Le baptême, c’est bien plus qu’un rite. C’est une plongée dans l’amour de Dieu, une naissance à la vie spirituelle et une entrée dans une communauté vivante. Si vous voulez approfondir votre compréhension du baptême : lisez les Évangiles et commencez par les passages où Jésus est baptisé. Cela vous aidera à saisir le sens originel du baptême chrétien. Parlez-en à votre leader spirituel. Et voici mes versets d’or pour vous aujourd’hui tirés dans Mathieu 28 : 18-20: "Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi :  ‘Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde."

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  5. La Pentecôte et sa signification

    May 22

    La Pentecôte et sa signification

    La Pentecôte et sa signification   La fête de la Pentecôte est une fête historique importante pour les chrétiens et les chrétiennes.   La fête de la Pentecôte est une fête historique importante pour les chrétiens et les chrétiennes, symbolisant le début de la propagation de la foi chrétienne, autrement dit, l'évangélisation. Un mot, évangélisation, qui a souvent été vécu comme du prosélytisme et de la conversion « forcée » ou « sous pression ». Toutefois, n’oublions pas que le mot évangélisation peut aussi vouloir dire « faire connaître » pour permettre aux personnes d’adhérer complètement librement parce que nécessaire et utile pour leur développement et leur engagement civique et communautaire. 50 jours après Pâques La Pentecôte est célébrée cinquante jours après Pâques, et dix jours après l'Ascension, les Apôtres ont été touchés par une manifestation divine, souvent interprétée comme l'effusion du Saint-Esprit. Ce dernier, considéré comme le troisième membre de la Trinité, a ainsi inspiré les Apôtres et les disciples de Jésus, marquant ainsi le commencement de la diffusion du message de Jésus-Christ. Les symboles associés à la Pentecôte incluent la colombe, représentant souvent le Saint-Esprit, les langues de feu et le souffle du vent, évoquant la puissance et la présence divine. Origines bibliques Plusieurs textes bibliques peuvent illustrer le fondement de cette fête tels que les récits de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres (Actes 2:1-13), qui décrivent l'effusion de l'Esprit saint sur les premiers disciples, les inspirant à partager l'Évangile dans différentes langues. De plus, les enseignements de Jésus sur l'amour universel et l'inclusion (Jean 3: 16, Galates 3: 28) fournissent une base théologique pour une interprétation ouverte et universelle de la Pentecôte, mettant en avant la diversité, l'action sociale et la vie communautaire. La Pentecôte, le sens pour moi aujourd’hui La Pentecôte est donc un moment, pour plusieurs chrétiens et chrétiennes, d’honorer à la fois l'universalité du message du Christ et la mission évangélique de l'Église. Toutefois, pour moi, elle ne vise pas à souligner que la foi chrétienne est meilleure que les autres manifestations de foi. La Pentecôte souligne simplement et joyeusement que la foi chrétienne est toujours utile et pertinente pour l’humain que je suis aujourd'hui. L’inspiration divine Cette fête rappelle qu’il est possible de se développer comme personne avec l’aide de la foi en Dieu, en s’appuyant sur l’inspiration de l’Esprit saint, une inspiration créatrice d’idées positives remplies d’amour, de solidarité et de paix. Dans un monde en constante évolution, voire en ébullition, où les défis sociaux, environnementaux et spirituels sont nombreux, la Pentecôte me rappelle ainsi l’importance de prendre le temps pour ouvrir mon cœur et mon esprit à cette présence divine transformatrice, à être réceptif à son inspiration et à suivre ses propositions dans ma vie quotidienne.   Ainsi, l'Esprit saint m’aide à me projeter dans notre aujourd’hui et notre demain de façon aimante et audacieuse. Il me propose des idées, des réflexions et des actions pertinentes, voulant me guider et me transformer selon l’appel du Dieu d’amour et de paix. La fête de la diversité La Pentecôte incarne également l'idée de diversité et d'inclusivité. Elle rappelle que l'Esprit de Dieu se manifeste dans toutes les cultures, langues et expressions de foi, et que nous sommes appelés à célébrer cette diversité et à construire des ponts plutôt que des barrières. L’action sociale et communautaire Enfin, la Pentecôte est une invitation à l'action sociale et à l'engagement pour la justice. Elle nous pousse à nous engager dans la lutte contre l'injustice, l'oppression et les inégalités, à travailler pour créer un monde meilleur. Elle donne un sens à mon action bénévole, à ma participation citoyenne et à mon engagement dans ma paroisse et dans ma communauté. Bien que les célébrations festives de la Pentecôte soient moins marquées que celles de Pâques, cette fête conserve une signification religieuse pour nous, chrétiens, nous invitant à méditer sur la nature transformative de notre foi et sur notre engagement à partager l'amour et la vérité du Christ avec le monde.

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  6. Devant un climat de conflits toxiques, demeurons fidèles

    May 19

    Devant un climat de conflits toxiques, demeurons fidèles

    Devant un climat de conflits toxiques, demeurons fidèles   Comment peut-on rester engagé lorsque nous sommes confrontés à un climat toxique sur une base presque quotidienne? Face aux conflits, nous sommes appelés à demeurer fidèles.   Une époque marquée par les conflits Nous vivons une époque marquée par l’incertitude, les conflits et un chaos grandissant. Chaque jour, l’actualité nous rappelle à quel point notre monde est instable et divisé : crises économiques, tensions sociales et politiques, guerres, catastrophes naturelles... Nous semblons de moins en moins partager une vision commune du monde et des défis à relever ensemble. Un climat hargneux et toxique de confrontation s’est installé, affectant nos relations avec nos voisins, nos familles et même nos communautés religieuses. Les conflits, réels ou perçus, influencent de plus en plus nos actions, nos paroles et notre quotidien. Nous constatons la dégradation du climat sociétal et nous nous sentons souvent impuissants. Personnellement, j’éprouve parfois un profond sentiment d’incapacité à faire une vraie différence. Cette impuissance nourrit la colère, l’anxiété et le découragement, et la tentation de se détacher de tout cela devient forte. Comme si se retirer pouvait faire disparaître une réalité violente et hostile. Pourtant, au fond de moi, je sais que ce n’est pas la solution. En février dernier, alors que les tensions commerciales montaient entre les États-Unis et leurs alliés, je me retrouvais à Navasota, une petite ville près de Houston, au Texas. Mon conjoint et moi faisions escale lors d’un « road trip » au Mexique, prévu de longue date avec notre roulotte de camping et notre chienne Jannie. Ce contexte favorisait encore davantage mon envie de me déconnecter du tumulte du monde. En flânant dans une librairie de livres usagés, j’ai pris plaisir à parcourir les rayons, trouvant dans ce moment de calme un répit face au brouhaha politique omniprésent sur mon téléphone. Dans la section spiritualité, un livre a attiré mon attention : Living with Confidence in a Chaotic World (Vivre avec confiance dans un monde chaotique) du pasteur baptiste Dr David Jeremiah. En feuilletant la table des matières, j’ai découvert dix conseils : demeurer calme, compatissant, constructif, ouvert aux défis, connecté, centré, confiant, constant, engagé et convaincu. Bien que la lecture évangélique de la Bible faite par l’auteur me soit apparue souvent trop conservatrice, ces conseils ont résonné en moi. La Bible, source de notre foi commune, relate de nombreuses périodes troubles traversées par l’humanité et nous rappelle comment Dieu a été un roc de courage, d’espérance et d’action positive pour tant de générations. Ce livre m’a permis de prendre du recul et de me rappeler que ma foi ne se réduit pas à une simple consolation spirituelle : elle est une boussole, une force et une source de paix profonde. Inspiré par ces conseils et par la théologie plus libérale de l’Église Unie du Canada, voici l’état de ma réflexion personnelle enrichie d’extraits bibliques. Au cours des prochains mois, mon souhait est de mettre encore plus ces réflexions en pratique pour que ma foi demeure une force active pour traverser cette période difficile, et non pas un simple refuge spirituel. Demeurer connecté et confiant en Dieu durant les conflits L’un des plus grands dangers en période de crise est la perte de repères. Face à l’incertitude, nous pouvons être tentés de nous raccrocher à des solutions temporaires : la réussite matérielle, les distractions ou une forme de fatalisme. Mais ces appuis sont fragiles. Jésus nous invite à une stabilité différente dans Jean 15:4-5 : "Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi." Rester connecté à Dieu, c’est s’ancrer dans une source inépuisable. Lorsque tout semble s’effondrer, la prière, la méditation de la Parole et la communion avec Dieu ont le pouvoir de nous permettre de garder le cap. Comment cette connexion à Dieu transforme notre quotidien? Elle évite la dispersion et l’errance. Plutôt que d’être emportés par les peurs et les rumeurs, nous restons focalisés sur ce qui est essentiel. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas seuls : On peut sentir Dieu présent même dans les épreuves. Elle renforce notre foi en l’avenir, car nous savons que Dieu nous aime et qu’Il nous invite simplement à faire notre petite part pour construire un monde meilleur.   En pratique : Nous sommes invités à prendre chaque jour un moment pour nourrir cette connexion. Même dans le chaos, il est possible de trouver un espace de paix en Dieu. La force de la fidélité pendant les conflits Quand tout semble aller mal, il est tentant de baisser les bras. Pourtant, l’histoire de Daniel nous rappelle la puissance de la fidélité à Dieu (Daniel 6). Menacé pour sa prière, il ne cède ni à la peur ni au compromis. Dans Néhémie 4, lorsque le peuple juif reconstruit les murailles de Jérusalem face aux menaces, il ne se laisse pas distraire par l’opposition. Ils avancent avec persévérance, une main à la tâche et l’autre prête à se défendre. Cette image nous rappelle que, même dans un monde en crise, nous avons un rôle à jouer, que nous devons poursuivre nos combats pour la justice, la paix et l’amour. Pourquoi cette fidélité à Dieu est-elle cruciale en temps de conflits? Elle donne du sens à nos actions. Rester fidèle à nos engagements nous permet de ne pas nous laisser submerger par le fatalisme. Elle construit l’avenir. Même dans l’incertitude, nous semons quelque chose qui portera du fruit, même si nous ne voyons pas immédiatement les résultats. Elle nous protège du repli sur soi. L’engagement (dans la prière, l’entraide, le témoignage) nous empêche de nous enfermer dans la peur et nous pousse à être des lumières dans l’obscurité. En pratique : Nous sommes invités à rester engagés dans notre foi et nos actions, car c’est ainsi que nous bâtirons un monde meilleur. Être porteurs de paix en temps de conflits Face à l’anxiété, Jésus nous montre un autre chemin (Matthieu 8:23-27). Alors que les disciples paniquent dans la tempête, Jésus dort paisiblement, puis calme les flots. Comment appliquer cette attitude ? Ne pas se laisser submerger par la peur. Répondre par des actes constructifs et bienveillants. Pratiquer la compassion, à l’image de Jésus et de figures comme Martin Luther King.   En pratique : Nous sommes invités à rester engagés dans notre foi et nos actions, car c’est ainsi que nous bâtirons un monde meilleur. Être porteurs de paix en temps de conflits Face à l’anxiété, Jésus nous montre un autre chemin (Matthieu 8:23-27). Alors que les disciples paniquent dans la tempête, Jésus dort paisiblement, puis calme les flots. Comment appliquer cette attitude ? Ne pas se laisser submerger par la peur. Répondre par des actes constructifs et bienveillants. Pratiquer la compassion, à l’image de Jésus et de figures comme Martin Luther King. En pratique : Nous sommes invités à être des diffuseurs de paix dans nos conversations et nos actions. Dieu au cœur de notre résilience Notre foi nous offre non seulement des clés pour résister aux épreuves, pour ne pas décrocher du monde qui nous entoure. Elle nous offre une mission : être des témoins d’espérance. Prenons refuge en Dieu, avançons avec courage et détermination et rappelons-nous ce verset qui nous demande de faire confiance : "Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme pas." (Jean 14:27). Bonne route en Christ sur le chemin cahoteux de la vie !

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  7. La réconciliation

    May 16

    La réconciliation

    La réconciliation. Un blogue de Marie-Sylvenie Cherie. Qu’est-ce que la réconciliation? Va-t-elle toujours de pair avec le pardon? Et si elle était davantage une démarche pour permettre le témoignage de l’amour de Dieu qu’une simple action ponctuelle. Qu’est-ce que la réconciliation? Le mois de novembre nous appelle à la réflexion et la réconciliation surtout quand les histoires entre les membres familiaux, entre les peuples, entre les collègues ou entre les confessions religieuses refont surface et continuent de faire mal. Alors, peut-on vraiment parler de réconciliation? Est-ce que le pardon suffit? Est-ce que les deux marchent toujours ensemble ou le pardon peut-il, parfois, devenir une manière d’éviter la vérité? Je ne sais pas combien de fois ma mère m’avait obligé à m’excuser auprès de mon frère pour des mots méchants que je lui adressais, alors qu’il me taquinait. Nous nous querellions tout le temps, mais la justice était toujours de son côté, même quand j’avais raison. Tout simplement parce qu’il était mon aîné, ce qui lui donnait tous les droits sur moi. Quelle injustice! Quel abus! Ma mère me répétait sans cesse : « eh bien tu connais ton frère. » Aujourd’hui encore, quand je repense à cette période de mon adolescence, cela me tape sur les nerfs. Le pire, c’est que je ne peux pas m’en passer, car la mémoire est là. La réconciliation est un chemin de vérité et d’espérance La réconciliation n’est pas un événement ponctuel. C’est un chemin. Un processus lent, parfois douloureux, toujours sacré. Elle commence là où la vérité est nommée, là où les blessures sont reconnues, là où le pardon devient possible. Dans nos communautés, la réconciliation prend des formes multiples : entre générations, entre cultures, entre langues, entre histoires blessées et espérances partagées. Elle demande du courage, de l’écoute, et une foi profonde en la capacité de Dieu à transformer ce qui semble brisé. Réconcilier ce n’est pas oublier C’est se souvenir autrement. C’est choisir de bâtir des ponts là où il y avait des murs. C’est croire que l’Esprit peut faire naître la paix là où il y avait le conflit. Dans l’Église, la réconciliation est aussi un appel à grandir : en sagesse, en humilité, en solidarité. Elle nous pousse à revoir nos pratiques, à accueillir les voix marginalisées, à devenir une communauté qui guérit. Revenons à mon histoire familiale, parfois, mon frère et moi passons de longues heures à parler de notre enfance. Je lui dis alors tous les torts qu’il me causait et à quel point j’étais malheureuse! Nous éclatons de rire de ces moqueries. En fait, nous étions des enfants, mais cela faisait tout de même mal. Entre les peuples, les nations, cela devrait être encore plus compliqué, la réconciliation – mais possible. Je pense que la réconciliation est cette démarche relationnelle qui implique la restauration en exigeant que les deux parties s’engagent dans la reconnaissance de toute brisure, dans la réparation et la reconstruction. La réconciliation va plus loin que le pardon Le but visé de toute réconciliation est de rétablir la confiance, la communion et la paix. C’est une mission communautaire qui exige les deux partis. Tandis que le pardon est un acte intérieur, une décision personnelle de ne plus retenir le tort contre l’autre. Je peux faire le choix de pardonner même si l’autre personne ne demande pas pardon ou ne change pas. Le pardon libère le cœur de la rancune, de la colère, du désir de vengeance. Le triomphe de l’amour de Dieu Lorsque les deux vont ensemble (le pardon et la réconciliation), cela démontre que l’amour peut triompher de la haine, que la vérité peut guérir les blessures, et que la justice peut ouvrir un chemin vers la paix. Nous, les chrétiens, sommes appelés à être des agents de réconciliation vivante entre générations, cultures et langues, entre personnes blessées ou éloignées, entre notre passé et notre avenir. Elle ne signifie pas oublier ou minimiser le mal, mais plutôt travailler à la guérison, à la réparation et à la restauration de la dignité; car les deux sont bibliques et reflètent le cœur de Dieu selon la Deuxième lettre aux Corinthiens, chapitre 5, verset 20 : « Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ… Soyez réconciliés avec Dieu! » Oui, la réconciliation entre les êtres humains est essentielle. Elle est biblique. C’est un appel spirituel, une pratique communautaire et un témoignage vivant de l’amour de Dieu.

    5 min
  8. Rahab: conversion formidable ou trahison problématique?

    May 12

    Rahab: conversion formidable ou trahison problématique?

    Rahab: conversion formidable ou trahison problématique? Un blogue de Jean Loignon. La rencontre entre Rahab et deux espions Hébreux marque un tournant dans l’histoire du peuple de Dieu. Ce récit du Premier Testament nous invite à réfléchir au défi de la cohabitation de deux nations sur le même territoire. Rahab de Jéricho L’histoire commence comme un film d’espionnage de série B. Nous sommes à la veille de l’entrée des Hébreux dans la Terre promise, après 40 ans de pérégrinations dans le désert. Josué qui a succédé à Moïse se heurte à un imprévu: le pays « où coule le lait et le miel » n’est pas vide, il faut le conquérir et le premier verrou en est la ville fortifiée de Jéricho. Deux espions sont donc envoyés en reconnaissance dans la ville, mais ils sont repérés et se réfugient dans… une maison close tenue par Rahab. Sommée de les livrer, cette maîtresse femme ment aux autorités, cache les espions dans sa maison et aiguille les soldats du roi sur une fausse piste. Et là, Rahab entame une étonnante négociation avec ses protégés: elle connaît l’intention des Hébreux et sait que le sort de Jéricho est promis au massacre. Confessant son admiration pour le Dieu d’Israël qu’elle dit vouloir faire sien, elle demande la vie sauve pour elle et sa famille. Le marché est conclu, les deux espions sont exfiltrés de façon assez acrobatique et partent, non sans après prévu un signe de reconnaissance pour que le pacte soit respecté. Et effectivement, une corde rouge mettra à l’abri la maison de Rahab, lors de la prise sanglante de Jéricho. Rahab, la prostituée convertie Le livre de Josué qui relate cet étonnant épisode n’est pas un récit historique de l’entrée des Hébreux au pays de Canaan, mais une vision rétrospective née des préoccupations du peuple rentrant de l’Exil à Babylone (fin du Ve siècle av. J.-C.), trouvant leur pays habité par des populations jugées « étrangères » et se posant la question de la cohabitation avec elles. L’exemple de la conversion d’une femme de Canaan à la foi monothéiste plaidait alors contre un repli frileux et pour une ouverture possible du judaïsme. Cette vision positive s’est prolongée et c’est ainsi que Rahab, prostituée convertie, s’est retrouvée dans la généalogie du Christ qui ouvre l’évangile de Matthieu. Une histoire toujours actuelle Le théologien Karl Barth disait qu’il fallait lire la Bible et le journal à la main… Les nouvelles actuelles nous plongent dans le drame du conflit israélo-palestinien: Jéricho est aujourd’hui une ville de Palestine, tout comme sa sœur martyre Gaza. Et par un jeu d’équivalences douloureusement évidentes, Rahab devient une traîtresse pactisant avec l’État israélien, une « collabo » sacrifiant le sort de son peuple au profit du sien et de sa famille. Et j’imagine trop facilement le jugement qui lui serait appliqué dans le contexte actuel… Une cohabitation difficile, mais nécessaire Comment retrouver une lecture pacifiée de cette page biblique? D’abord, en acceptant de se laisser meurtrir par ces récits, miroirs de notre humanité de millénaire en millénaire. Puis y revenir sans cesse pour y retrouver, non pas la « preuve » d’une histoire réelle que ne confirme nullement l’archéologie, mais l’intention qui a présidé à sa rédaction. La cohabitation de deux peuples dans une même terre n’est-elle pas l’unique voie vers le rétablissement de la paix en Israël-Palestine? Un chemin qui paraît aujourd’hui tragiquement utopique, mais qui reste l’expression de la volonté de Dieu, édicté dès le premier Testament: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18). Un autre exemple de cohabitation Pour conclure, je risquerai un parallèle avec une démarche a priori tout aussi dérangeante. Au XIXe siècle, les esclaves afro-américains se sont convertis à la religion de leurs bourreaux esclavagistes. On imagine que les premiers ralliements à la foi chrétienne ont pu susciter condamnation et incompréhension chez ces opprimés. Et pourtant, c’est en s’identifiant à l’histoire des Hébreux en quête de la Terre promise que les Noirs américains ont retrouvé leur dignité et cheminé vers leur libération… * Originalement publié le 14 février 2024 dans Région Ouest, EUPDF.

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