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Cuntesta accompagne l’élan d’une société qui se cultive, s’interroge et se réinvente. Loin des sentiers battus, nous prenons le temps de l’essentiel. En croisant le regard de nos aînés et l’énergie des nouvelles générations, nous célébrons celles et ceux qui font vivre notre identité au présent. Découvrez des portraits sincères, des projets porteurs de sens, et l’inspiration d’un territoire qui s’épanouit de l’intérieur. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. Sep 27

    Anne-Sophie Canto | Mafia : beaucoup de morale, très peu de politique

    Il n'y a pas de film antimafia. Il y a des films qui essaient de l'être.« Tout film sur la guerre finit par être un film pour la guerre. »Quand Truffaut dit ça, en 1973, il aurait pu parler de la mafia.Parce qu'à force de filmer ses codes, ses hommes, sa violence, même pour les condamner, on finit presque toujours par produire de la fascination.Mais le problème est-il vraiment là ?Cinquante ans de représentations plus tard, il faut sortir de l'écran et regarder ce qu'elles recouvrent.Le réel, d'abord, est violent.En Corse, le taux d'homicides atteint 3,7 pour 100 000 habitants en 2023. Près de six fois celui de la Sicile.Mais ce réel n'est pas seulement criminel. Il est aussi social et économique.La Corse est la région la plus pauvre de l'Hexagone : 18,1 % de ses habitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2021.Et pourtant, le mot reste en suspens.Le 28 février 2025, l'Assemblée de Corse vote à l'unanimité un rapport sur les « dérives mafieuses ».Un amendement proposait de parler de « fait mafieux ».Il n'est pas retenu.L'adjectif, pas le nom.La rue, elle, dit le nom.Le 8 mars puis le 15 novembre 2025, on défile contre la mafia.À quoi sert de célébrer la parole antimafia d'un film, d'une série ou d'un livre, quand le politique lui-même hésite encore sur le mot ?Est-il sain, et même utile, de faire le procès des œuvres une par une, quand les structures, elles, bougent si peu ?Pendant qu'on juge les représentations, le foncier, les marchés publics et les circuits de blanchiment continuent d'exister hors de l'écran.Anton Jäger appelle cela l'hyperpolitique : une politisation intense, mais sans organisation ni relais institutionnels.On s'indigne beaucoup. Et la morale, à la fin, tient lieu de politique.Docteure en études italiennes, Anne-Sophie Canto a consacré sa thèse à la littérature italienne de l'antimafia. Elle produit le podcast Réversible et publie Le véritable récit de la mafia. Quand la littérature fait surgir le réel, aux éditions L'Harmattan. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Anne-Sophie Canto | Mafia : beaucoup de morale, très peu de politique
  2. Sep 20

    Jean-Louis Fabiani | Riacquistu : que reste-t-il de la révolution culturelle ?

    Le mouvement nationaliste corse a muté. Des conférences de presse clandestines du FLNC, dans le maquis, sous les lumières bleutées des lampes à gaz, aux sièges capitonnés de la Collectivité de Corse, de l'Assemblée nationale, et même du Sénat. Aux dernières territoriales, 68 % des suffrages. Cette hégémonie électorale n'est pas tombée du ciel. C'est le résultat d'un long processus de politisation. D'un côté, les actions de terrain. De l'autre, la culture. Des associations, des militants, des acteurs culturels, rassemblés derrière un mouvement : le Riacquistu. Les années 70. La langue qu'on réapprend, les chants qu'on remet debout, un imaginaire, des codes, une manière de se tenir. Cinquante ans plus tard, leur vocabulaire est devenu celui de tout le monde. Décentralisation, corsophonie, protection du foncier. On en tire une formule facile : tout le monde est nationaliste, donc plus personne. La formule sonne juste. Elle est fausse. Le vocabulaire s'est diffusé, pas le projet politique. Dans les 68 %, la conscience nationale au sens politique reste probablement minoritaire. Premier revers de l'hégémonie : gagner, c'est se fondre. Second revers : ce vocabulaire devient récupérable. L'extrême droite française, longtemps centralisatrice et hostile à tout régionalisme, s'y est mise. Elle parle identité, enracinement, préférence. En juin, à l'Assemblée, le Rassemblement national a combattu la clause d'égalité inscrite dans le texte d'autonomie, au motif qu'elle interdisait la préférence régionale. Défendre une identité régionale peut servir de marchepied à un projet qui n'a rien à voir avec elle. Pour en parler, Jean-Louis Fabiani, sociologue, directeur d'études à l'EHESS, ancien directeur régional des affaires culturelles de Corse de 1988 à 1991, auteur de plusieurs ouvrages sur la société corse. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Jean-Louis Fabiani | Riacquistu : que reste-t-il de la révolution culturelle ?
  3. Aug 9

    Jean-Louis Rossi | Les Canadairs ne suffisent plus

    L'été 2026 n'est pas terminé. Près de 68 000 hectares ont déjà brûlé en France au 27 juillet. Le record annuel datait de 2022, 66 300 hectares sur douze mois. Il est tombé avant le mois d'août. Quatre sapeurs-pompiers sont morts depuis le début de la saison. En Corse, la Restonica a brûlé quinze jours. Un millier d'hectares sur un relief où les engins n'entrent pas, où il a fallu ouvrir des pistes pour amener les hommes. Des bergers évacués avec leurs bêtes. Le paysage mettra des années à revenir. Tout le temps médiatique est allé à la question des moyens. Combien de pompiers, combien de largages, et surtout où sont les Canadairs. De la Gironde à la Corse, les feux sont fixés pour l'instant. Ils laissent derrière eux des zones de désolation, des habitants qui ont tout perdu, des assureurs qui calculent ce qu'ils couvriront et ce qu'ils cesseront de couvrir. Dans ce paysage, des voix répètent le même constat depuis des décennies. Le réchauffement déplace le problème. Le risque est installé. La priorité n'est plus la lutte, elle est la prévention. Jean-Louis Rossi est enseignant chercheur à l'université de Corse, physicien, spécialiste de la modélisation de la propagation des incendies. Il a porté le projet Goliath, premier programme au monde à avoir mené des feux expérimentaux de forte puissance en montagne, et premier à avoir associé sciences dures et sciences humaines sur le risque incendie. Il a cosigné en 2020 le rapport du bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe sur l'évolution du risque incendie en Europe. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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