Biodiversité et écosystèmes (2025-2026) - Sandra Lavorel

La chaire annuelle Biodiversité et écosystèmes bénéficie du soutien de la Fondation Jean-François de Clermont-Tonnerre. L'écologie fonctionnelle pour comprendre la dynamique des écosystèmes dans un monde changeant L'écologie fonctionnelle a pour objectif de mettre en lumière les liens entre structure des organismes et leurs fonctions, de l'échelle de l'individu jusqu'à l'écosystème et à la planète Terre. L'objectif de cet enseignement est de présenter les principales facettes et les étapes de l'écologie fonctionnelle, permettant d'établir des liens mécanistes entre les changements de l'environnement, géographiques ou par les changements globaux, la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Ces liens sont permis par les traits fonctionnels, les caractéristiques morphologiques, physiologiques, biochimiques ou reproductives des individus déterminant leur réponse aux variables environnementales et leurs effets sur le fonctionnement des écosystèmes, comme le recyclage des nutriments ou les interactions trophiques. Ils permettent également d'établir et de quantifier des relations entre changements de la biodiversité et bien-être humain via les effets des communautés écologiques sur les fonctions de production, de régulation et même les composantes de la biodiversité ayant une valeur culturelle. La session se terminera par un éclairage sur les contributions de la biodiversité à l'adaptation des sociétés au changement climatique, et sur les implications pour la gestion de la structure des paysages. Biographie Directrice de recherche au CNRS, Sandra Lavorel est une figure majeure de l'écologie scientifique. Membre de l'Académie des sciences et de la National Academy of Sciences (États-Unis), elle travaille au Laboratoire d'écologie alpine à Grenoble. Pionnière de l'approche par les traits fonctionnels des plantes, ses recherches portent sur les effets du changement climatique et des usages des sols sur la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et les services qu'ils rendent à la société. Après une thèse à Montpellier et un postdoctorat en Australie, elle a publié des concepts et méthodes fondateurs de l'écologie fonctionnelle et cofondé des réseaux internationaux majeurs de cette discipline. Elle applique ces approches à la quantification des services écosystémiques et à l'adaptation au changement climatique. Avec ses travaux interdisciplinaires et transdisciplinaires, elle figure parmi les leaders mondiaux de l'analyse des trajectoires d'adaptation fondée sur la nature. Très impliquée dans le dialogue science-politique, elle a contribué aux évaluations internationales (IPBES, GIEC) et nationales (Évaluation française des écosystème et des services écosystémiques). Elle est lauréate de nombreuses distinctions, dont la médaille d'or du CNRS (2023), le prix Frontiers of Knowledge de la Fondation BBVA (2021) et le grand prix de la Société française d'écologie et d'évolution (2021).

  1. May 27

    Colloque - Gianluca Filippa : Keeping an Eye on Green: Detecting Mountain Grasslands Responses to Climate and Land Use Changes from Imagery

    Sandra Lavorel Biodiversité et écosystèmes Collège de France 2025-2026 Vers une écologie fonctionnelle du paysage pour un futur résilient et durable Colloque - Gianluca Filippa : Keeping an Eye on Green: Detecting Mountain Grasslands Responses to Climate and Land Use Changes from Imagery Gianluca Filippa Researcher, Regional Agency for Environment – Valle d'Aosta, Italy Résumé Recent satellite imagery has achieved the capability to accurately characterize vegetated surfaces at high temporal and spatial resolution, but standard satellite products often fail to capture the complex, fragmented, and heterogeneous spatial patterns of mountain environments. Using tailored satellite-derived products, we quantify the spatial distribution of grasslands and meadows and assess their year-to-year dynamics in response to processes such as pasture abandonment, shrub encroachment, and glacier retreat. In addition, we are developing dedicated algorithms to detect subtle changes in vegetation structure and biomass, including those caused by mowing and grazing. Together, these efforts enable a more accurate quantification of the impacts of climate and land-use change on mountain grassland resources. Gianluca Filippa My work is focused on the impact of climate change on mountain ecosystems and includes (1) phenology: remote sensing, proximal sensing, field observation (2) snow & water: snow water equivalent measurement and modelling, hydrological modelling (3) Climate data, climate change scenarios, indices of climate change impact (4) R coding: I'm interested in anything can be done with R, i.e. almost anything.

    23 min
  2. May 27

    Colloque - Lluís Brotons : Rethinking the Role of Landscape Disturbance Dynamics in a Changing World

    Sandra Lavorel Biodiversité et écosystèmes Collège de France 2025-2026 Vers une écologie fonctionnelle du paysage pour un futur résilient et durable Colloque - Lluís Brotons : Rethinking the Role of Landscape Disturbance Dynamics in a Changing World Lluís Brotons Biodiversity and Landscape Ecology Lab, Solsona, Spain Résumé Disturbance regimes such as fire are key drivers of biodiversity, structuring habitats and shaping species assemblages. Fire regimes are rapidly changing due to climate warming, land-use shifts, and long-term suppression policies. Altered fire frequency, size, and severity are reshaping landscape mosaics and affecting biodiversity, including bird community composition and functional diversity. This talk examines how changes in disturbance dynamics influence ecological resilience and explores the potential for the rewilding of disturbance regimes to better align biodiversity conservation with the realities of global change. Lluís Brotons Dr. Lluís Brotons is a research professor at CREAF (Centre for Ecological Research and Forestry Applications) and at the Spanish National Research Council (CSIC), specialising in biodiversity conservation under global change. His research focuses on understanding how land-use change, climate change and disturbance regimes—particularly wildfires—affect biodiversity patterns and ecosystem functioning across landscapes. He combines large-scale biodiversity monitoring, ecological modelling and scenario analysis to support evidence-based conservation and environmental policy. Dr. Brotons plays an active role in several European research initiatives linking science and policy, including biodiversity observation networks and international assessment processes. He has coordinated and participated in numerous European and national research projects and contributes to international scientific advisory and monitoring networks on biodiversity conservation.

    24 min
  3. May 27

    Colloque - Jonathan Lenoir : The Interplay of Climate Change and Microclimate Variation as Drivers of Species Range Shifts

    Sandra Lavorel Biodiversité et écosystèmes Collège de France 2025-2026 Vers une écologie fonctionnelle du paysage pour un futur résilient et durable Colloque - Jonathan Lenoir : The Interplay of Climate Change and Microclimate Variation as Drivers of Species Range Shifts Jonathan Lenoir Chargé de recherche au CNRS, UMR 7058 EDYSAN, université de Picardie Jules Verne Résumé Species distribution changes associated with human-mediated climate change have important consequences on ecosystems and human well-being. Despite mounting evidence, our knowledge of biodiversity redistribution is still incomplete with only 0.6% of the known species for which distribution changes have been documented. Contrary to former meta-analyses on biodiversity redistribution, I will show the extreme variability in the magnitude and direction at which species' range positions (e.g., the cold/leading edge, the centroid of the range or the warm/trailing edge) are shifting over time. Scientists often use niche models based on where species lived historically to forecast changes in species distributions, but it remains unclear how well these forecasts align with observed changes. By comparing predictions from niche-based models to actual observations of over 9,500 reports of species distribution changes across land and sea, I will show that while niche models tend to get the direction right, especially for marine species, they often fail to predict the pace of species redistribution. One potential reason behind these discrepancies involves the lack of consideration for microclimatic processes when training niche models. Focusing on forest ecosystems, I will finally demonstrate that niche models trained on microclimates can outperform traditional niche models trained solely on macroclimatic grids. Jonathan Lenoir Écologue au laboratoire Écologie et dynamique des systèmes anthropisés (EDYSAN), spécialisé en sciences forestières et dans l'étude des impacts des changements climatiques sur la distribution des espèces. Le changement climatique entraîne une redistribution massive du vivant. Dans ce cadre, Jonathan Lenoir quantifie la vitesse de migration des espèces induite par le réchauffement global. Le chercheur a notamment démontré qu'il existe une dynamique bien plus complexe qu'un simple déplacement des espèces vers les pôles et les sommets, car les vitesses de migrations sont conditionnées par les activités humaines. En effet, celles-ci ralentissent le phénomène de migration sur terre, alors qu'elles l'accélèrent en milieu marin. À l'échelle locale, le chercheur a aussi mis en avant l'existence de microrefuges impliquant des processus microclimatiques – en forêt notamment – permettant à des espèces de se maintenir dans des régions où le macroclimat n'est plus favorable. Au-delà de la théorie, les travaux de Jonathan Lenoir apportent des connaissances essentielles à la gestion des espèces forestières dans le contexte des dérèglements climatiques.

    22 min
  4. May 27

    Colloque - Jean-Louis Martin : The Underappreciated Consequences of Predator Absence on Ecological Interactions : Lessons from the Islands and Beyond

    Sandra Lavorel Biodiversité et écosystèmes Collège de France 2025-2026 Vers une écologie fonctionnelle du paysage pour un futur résilient et durable Colloque - Jean-Louis Martin : The Underappreciated Consequences of Predator Absence on Ecological Interactions : Lessons from the Islands and Beyond Jean-Louis Martin Directeur de recherche émérite au CNRS, Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive, Montpellier Résumé Humans strove for generations to create a world without large predators. By doing so they changed the rule of the evolutionary game played for over 400 million years. Can this be without consequences on ecological networks and on the fabric of life? This presentation addresses this question via the lessons from a long-term study centered on islands. Jean-Louis Martin Directeur de recherche émérite au CNRS, rattaché au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) à Montpellier. Mes centres d'intérêt sont l'écologie des communautés et l'écologie des paysages dans ses aspects fondamentaux (cascades trophiques, dynamique de la biodiversité) et en lien avec les sciences de la conservation (agriculture et biodiversité, conséquences des changements dans l'utilisation des terres, introductions d'espèces, et modification des faunes). Ces dernières années, je me suis également investi dans des travaux à l'interface entre écologie et science de la société (respect des limites de la biosphère, croissance économique et biodiversité).

    26 min

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La chaire annuelle Biodiversité et écosystèmes bénéficie du soutien de la Fondation Jean-François de Clermont-Tonnerre. L'écologie fonctionnelle pour comprendre la dynamique des écosystèmes dans un monde changeant L'écologie fonctionnelle a pour objectif de mettre en lumière les liens entre structure des organismes et leurs fonctions, de l'échelle de l'individu jusqu'à l'écosystème et à la planète Terre. L'objectif de cet enseignement est de présenter les principales facettes et les étapes de l'écologie fonctionnelle, permettant d'établir des liens mécanistes entre les changements de l'environnement, géographiques ou par les changements globaux, la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Ces liens sont permis par les traits fonctionnels, les caractéristiques morphologiques, physiologiques, biochimiques ou reproductives des individus déterminant leur réponse aux variables environnementales et leurs effets sur le fonctionnement des écosystèmes, comme le recyclage des nutriments ou les interactions trophiques. Ils permettent également d'établir et de quantifier des relations entre changements de la biodiversité et bien-être humain via les effets des communautés écologiques sur les fonctions de production, de régulation et même les composantes de la biodiversité ayant une valeur culturelle. La session se terminera par un éclairage sur les contributions de la biodiversité à l'adaptation des sociétés au changement climatique, et sur les implications pour la gestion de la structure des paysages. Biographie Directrice de recherche au CNRS, Sandra Lavorel est une figure majeure de l'écologie scientifique. Membre de l'Académie des sciences et de la National Academy of Sciences (États-Unis), elle travaille au Laboratoire d'écologie alpine à Grenoble. Pionnière de l'approche par les traits fonctionnels des plantes, ses recherches portent sur les effets du changement climatique et des usages des sols sur la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et les services qu'ils rendent à la société. Après une thèse à Montpellier et un postdoctorat en Australie, elle a publié des concepts et méthodes fondateurs de l'écologie fonctionnelle et cofondé des réseaux internationaux majeurs de cette discipline. Elle applique ces approches à la quantification des services écosystémiques et à l'adaptation au changement climatique. Avec ses travaux interdisciplinaires et transdisciplinaires, elle figure parmi les leaders mondiaux de l'analyse des trajectoires d'adaptation fondée sur la nature. Très impliquée dans le dialogue science-politique, elle a contribué aux évaluations internationales (IPBES, GIEC) et nationales (Évaluation française des écosystème et des services écosystémiques). Elle est lauréate de nombreuses distinctions, dont la médaille d'or du CNRS (2023), le prix Frontiers of Knowledge de la Fondation BBVA (2021) et le grand prix de la Société française d'écologie et d'évolution (2021).

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