Soixante et un cents. C'est ce que valait l'action Getty Images un jeudi soir de juin, après avoir fondu de plus de la moitié depuis janvier. Le lundi suivant, le 22 juin 2026, elle s'envolait de près de deux cents pour cent. Entre les deux, un seul communiqué : Getty, l'entreprise qui poursuivait l'intelligence artificielle en justice, venait de signer avec OpenAI pour faire apparaître ses photos sous licence à l'intérieur de ChatGPT. Le procureur devenait fournisseur, et le marché applaudissait. Sauf qu'on ignore toujours le prix payé, et surtout si OpenAI a le droit d'entraîner ses modèles sur ces images. Alors, ce jour-là, Getty a-t-elle gagné la guerre, ou capitulé en beauté ? Cet épisode déplie ce que le communiqué a soigneusement tu : la différence décisive entre afficher une image et apprendre d'elle, et ce qu'elle change pour quiconque possède du contenu. Pour y voir clair, on convoque l'industrie qui a déjà parcouru tout le chemin, du pillage aux procès puis à la paix des licences : la musique, de Napster à Spotify, du sampling jugé en 1991 à Taylor Swift contrainte de ré-enregistrer ses propres albums. La leçon est sans pitié : la licence enrichit souvent le propriétaire du droit, rarement celui qui a créé l'œuvre. Une lecture économique pour éditeurs, photographes, créateurs et investisseurs, qui distingue le grand pacte de la braderie à travers trois questions simples — le périmètre, la durée, le partage — et se termine sur la vraie question de l'ère de l'IA : quand l'œuvre devient le carburant de la machine, peut-on encore être payé pour ce qu'on crée, ou seulement, une dernière fois, pour ce qu'on cède ? #business