L’Orient-La Nuit - Le rendez-vous de ceux qui veillent

L’Orient-Le Jour

L’Orient-La Nuit est le premier podcast de L’Orient-Le Jour, média libanais francophone. Chaque mardi, Anthony Samrani et Stéphanie Khouri ouvrent, à Beyrouth, un espace de liberté et de réflexion face au tumulte de l’actualité. Conversations avec des invités inspirants, reportages audio, témoignages du Liban et de la diaspora, culture et coulisses du journal : un temps suspendu pour donner du sens au chaos et rassembler ceux qui croient encore en l’avenir du Liban et du Moyen-Orient. 

  1. 4d ago

    « Ce qu’il nous reste d’humanité » avec Dominique Eddé

    Gaza, le Liban, l’intelligence artificielle, le retour des nationalismes et le repli sur soi : et si tout ça racontait la même histoire, celle d’un monde qui ne sait plus quoi faire de l’autre ? Dominique Eddé compte parmi les grandes voix de la vie intellectuelle arabe et française. Son dernier essai, « La mort est en train de changer » (2025, Les Liens qui Libèrent), résonne comme le cri du cœur d’une femme prise de vertige face à la « défaite généralisée » de ce monde et la « mise à sac de la pensée ». De Gaza au Liban-Sud, écrit-elle, « vivre consiste à mourir en vie ». Au micro d’Anthony Samrani et de Stéphanie Khouri, l’écrivaine observe depuis Beyrouth les dérèglements de notre époque. À l’heure du tout-IA, nous sommes capables de fabriquer des machines toujours plus intelligentes, de produire des armes toujours plus puissantes, de connecter la planète entière. Mais nous semblons chaque jour un peu moins capables de vivre ensemble. « Le communautarisme est mon grand ennemi depuis toujours », nous confie Dominique Eddé. À Gaza, au Liban, en Israël, comme ailleurs, la peur nous enferme, les identités se raidissent, les sociétés se fragmentent. Et une question devient impossible à esquiver : que reste-t-il de notre humanité ? Pourquoi sommes-nous si prompts à déshumaniser ceux qui ne nous ressemblent pas ? Et comment continuer à penser quand les guerres nous sidèrent et que l’intelligence artificielle menace de nous voler jusqu’à notre idée de nous-mêmes ? Comment, surtout, continuer à aimer ? Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak    Jingle : Musique originale Khaled Mouzanar

    « Ce qu’il nous reste d’humanité » avec Dominique Eddé
  2. Oct 20

    « Le malheur arabe » avec Farouk Mardam-Bey et Jean Kassir

    Qu’aurait-il écrit face à l’anéantissement de Gaza ? Et face à la disparition du Liban-Sud ? Et face à la chute du régime Assad ? Qu’aurait-il dit d’Israël, du Hamas, du Hezbollah, du régime iranien et de Donald Trump ? Aurait-il trouvé les mots ? D’autres mots ? Aurait-il été la voix qui nous manque tant aujourd’hui ? Journaliste, intellectuel, historien, militant, libano-syro-palestinien, Samir Kassir était un personnage à part dans le paysage intellectuel arabe. Il se revendiquait d’une gauche démocratique, critiquait les régimes autoritaires et les groupes islamistes, dénonçait toutes les formes d’orientalisme sans jamais avoir un regard essentialiste sur l’Occident. Il a été assassiné dans un attentat à la voiture piégée, imputé au régime syrien, le 2 juin 2005. Pourquoi parler de lui, plus de vingt ans après sa mort, quinze ans après les printemps arabes, et à un moment où la région ressemble à un amas de ruines ? D’abord, parce que "le malheur arabe", qu’il évoquait dans son ouvrage phare, est toujours là. Il est même plus douloureux qu’avant. Ensuite, parce que les réponses qu’il apporte concernant les causes et la façon de sortir de cette situation sont toujours en grande partie d’actualité. « Il ne fait pas bon être arabe de nos jours », écrivait-il en 2004, dans Considérations sur le malheur arabe, avant de décrire un mal-être collectif, entre « sentiment de persécution pour les uns, haine de soi pour les autres ». « De quelque angle qu’on le considère, le tableau est sombre, et il l’est encore plus à comparer avec d’autres régions du monde. » La région est sortie de son glacis. Les printemps arabes sont passés par là. Le régime Assad a fini par tomber. Mais l’hiver reprend ses droits. Et la ruine est venue recouvrir le désespoir. Pourquoi ? Comment en est-on arrivé là ? Comment ne pas sombrer dans la fatalité ? Pour en débattre, L’Orient-La Nuit reçoit Farouk Mardam-Bey, éditeur et intellectuel franco-syrien, spécialiste du monde arabe et de sa vie politique et culturelle, ainsi que Jean Kassir, cofondateur et directeur exécutif du média en ligne indépendant Megaphone. Un épisode pour relire Samir Kassir à la lumière de notre époque, interroger les racines d’un malaise et réfléchir à ce que son héritage peut encore nous apprendre. Chanson : Ya balad, Bachar Mar Khalifé, avec l’aimable autorisation de l’artiste Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak    Jingle : Musique originale Khaled Mouzanar

    « Le malheur arabe » avec Farouk Mardam-Bey et Jean Kassir
  3. Oct 13

    « À qui appartient le corps des femmes ? » avec Manal Salamé et Gracia Bejjani

    À qui appartient le corps des femmes ? À Dieu, aux hommes, à tout le monde, à personne ? Qui décide de ce qu’une femme peut faire de son corps, de la manière dont elle doit se comporter, aimer, s’habiller ou mener sa vie ? A-t-on encore le droit d’aborder ces questions alors que le Liban continue de plier sous le poids des guerres et des crises ? Et pourquoi est-ce encore un sujet d’actualité ? Ce 18ème épisode de « L’Orient-La Nuit » est exceptionnellement enregistré en public à la Fondation Charles Corm, à l’occasion du Salon du livre de Beyrouth et du festival Beyrouth Livres, organisé par l’Institut français du Liban.  Anthony Samrani et Stéphani Khouri donnent la parole à deux écrivaines qui explorent, chacune à sa manière, les injonctions qui façonnent les corps et les trajectoires féminines : Manal Salamé, autrice de Habibi Beyrouth (La Tribu, 2026), et Gracia Bejjani, autrice de Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions, 2026). À partir de leurs expériences personnelles et de leurs univers littéraires, les deux autrices analysent le regard porté sur les femmes, la façon dont leur corps devient un espace de contrôle, de jugement et parfois de transgression. La discussion explore le rôle de l’écriture dans cette reconquête de soi : écrire, pour nommer ce qui ne peut être dit ou se réapproprier une histoire.  Enfin, le thème de l’exil traverse cet échange : Est-on nécessairement plus libre de l’autre côté de la Méditerranée ? La distance permet-elle de s’affranchir des normes ou révèle-t-elle, au contraire, leur emprise persistante ? Musique live : Fred Nevché : « L’ambre et le satin », en avant-première pour L’Orient-La Nuit, feat. Herminée Nurpétlian & Emel Mathlouthi.    Lectures : Gracia Bejjani : extrait de son livre Sobhiyé, Corps de femmes (Accro Éditions, 2026). Manal Salamé : extrait de l’ouvrage d’Etel Adnan Des livres et des femmes, lettres à Fawwaz (Gallimard, collection L’imaginaire, 2025)  Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak  Jingle : musique originale Khaled Mouzanar

    « À qui appartient le corps des femmes ? » avec Manal Salamé et Gracia Bejjani
  4. Sep 29

    « Nos secrets de famille » avec Danielle Arbid et Albert Moukheiber

    Dans les familles, il y a ce qu’on se dit, ce qu’on ne dit pas et tout ce que l’on sait sans jamais en parler. A quoi servent les secrets de famille ? Nos secrets sont-ils les mêmes que ceux de nos parents ? Les non-dits, les blessures, les tabous : que transmet-on sans même s’en rendre compte ? Et pourquoi certaines histoires familiales continuent-elles de nous habiter, parfois longtemps après avoir quitté la maison ? Que se passe-t-il quand on brise un secret ? La vérité est-elle toujours libératrice ? Pourquoi l’argent et le sexe sont-ils si souvent des affaires cachées ? Pour ce 16ème épisode de L’Orient-La Nuit, Stéphanie Khouri reçoit la cinéaste, vidéaste et photographe Danielle Arbid dont l’œuvre explore le désir, le corps, la guerre, l’exil et les liens familiaux. Avec sa série de court-métrages « Ma famille libanaise » réalisée entre 2004 et 2021, la beyrouthine, installée à Paris depuis l’âge de 17 ans, a notamment choisi de filmer au plus près les siens, faisant de sa propre famille un terrain d’exploration. À ses côtés : le psychologue clinicien et docteur en neurosciences Albert Moukheiber, spécialiste du fonctionnement du cerveau et des mécanismes qui façonnent nos pensées, nos émotions et nos comportements. Il nous aide à comprendre ce qui se joue derrière les silences familiaux, les secrets transmis de génération en génération et ces comportements que nous reproduisons parfois sans savoir pourquoi. Ensemble, ils interrogent les secrets de famille et leur place dans nos sociétés libanaises et arabes : les silences qui protègent ou qui blessent, la transmission des traumatismes, l’argent, le sexe, le corps. Musique : DAM, Emta Njawzak Yamma. Avec l’aimable autorisation des artistes.  Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak et Victor Schoucair  Jingle : Musique originale Khaled Mouzanar

    « Nos secrets de famille » avec Danielle Arbid et Albert Moukheiber
  5. Sep 22

    « L’obsession du pourquoi ? » avec Kim Ghattas

    Dans ce quinzième épisode de L’Orient-La Nuit, Anthony Samrani et Stéphanie Khouri reçoivent la journaliste et écrivaine libano-hollandaise, Kim Ghattas. Née à Beyrouth durant la guerre civile, Kim Ghattas a 13 ans lorsqu’elle décide de devenir journaliste. “Je suis née sur la ligne de front”, dit-elle. Elle en fera une vocation : du Daily Star à la BBC, en passant par le Financial Times, elle couvre les grands bouleversements du Moyen-Orient, de la guerre en Irak à la Révolution du Cèdre. D’invasion en soulèvement, elle observe le monde qui l’entoure avec une question comme fil conducteur : pourquoi ? Pourquoi la guerre, pourquoi en est-on arrivé là ?  Avant de traverser l’Atlantique pour décrypter la politique au cœur du pouvoir. En 2008, elle part à Washington comme correspondante auprès du département d’État américain, au plus près de la politique étrangère des États-Unis. Après des années passées dans l’urgence de l’actualité, elle choisit de ralentir pour écrire et remonter le fil de l’histoire. Commence alors une autre quête. Depuis quand ? Jusqu’où remonter ? A quel moment est-ce que la boussole s'est cassée ? Ce sera l’objet de son second livre, Black Wave (2020), qui retrace les évènements de l’année 1979 ayant bouleversé le visage de la région à tout jamais.  A la veille de la sortie de son prochain livre, The Best Kind of American: A True Story of Murder, War, and America's Undoing in the Middle East, l'écrivaine se confie au micro de L’Orient-La Nuit sur son rapport à l’écriture, ses souvenirs d’enfant, sa foi dans le métier de journaliste et son besoin de ne pas céder au pessimisme ambiant.  Balade sonore, de la galerie Semaan à l’Air Force Three transportant l’ancienne Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.  Chanson : - The Beautiful Losers, Yasmine Hamdan (Album I remember I forget) avec l’aimable autorisation de l’artiste Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak  Jingle : musique originale : Khaled Mouzanar

    « L’obsession du pourquoi ? » avec Kim Ghattas
  6. Sep 15

    « Enseigner quand tout vacille » avec Walid Abou Hamad et Laurence Azar

    Une nouvelle rentrée scolaire, une nouvelle année universitaire. Mais au Liban, peut-on encore parler de rentrée « normale » ? Après une année marquée par la guerre, les déplacements et une crise économique qui s’installe sur la durée, élèves, étudiants, enseignants et familles retrouvent les salles de classe. Mais dans quelles conditions ? Et surtout, que reste-t-il d’un système éducatif éprouvé par des années de crises ? Comment fait-on pour apprendre en temps de guerre ? Comment maintenir le lien avec les élèves et les étudiants quand tout autour vacille ? Et comment se prépare cette rentrée dans les régions directement touchées par les combats ? Clara Hage nous emmène dans la cité scolaire de Doueir, un village de la région de Nabatiyeh, pour recueillir le témoignage de l'équipe éducative alors que les opérations israéliennes se poursuivent aux portes de la ville. Mais le système éducatif libanais n’a pas attendu la guerre pour être en crise. Depuis plusieurs années, l’effondrement économique, le départ des enseignants, la hausse des frais de scolarité et l’affaiblissement des institutions ont transformé un secteur qui faisait jadis la gloire du pays. A cela s’ajoute le défi de l’intelligence artificielle qui menace d’emporter ce qu’il reste du système.  Alors, à quoi ressemblent nos écoles et nos universités en cette rentrée où rien n’est normal ?  Pour en parler, Anthony Samrani et Stéphanie Khouri reçoivent Walid Abou Hamad, médecin et directeur des affaires étudiantes de la Faculté de médecine de l’USJ (Université Saint Joseph de Beyrouth), et Laurence Azar, docteure en littérature française et professeure au lycée franco-libanais de Verdun à Beyrouth.  Musique :  Pamela Chrabieh : Ya Lebnan Ya Baladi (Ô Liban Mon Pays) avec l’aimable autorisation de l’artiste Poème : lecture extraite de "Gouttes de pensée", Laurence Azar, Editions Les 3 Colonnes (2026) Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak  Jingle : musique originale : Khaled Mouzanar

    « Enseigner quand tout vacille » avec Walid Abou Hamad et Laurence Azar

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L’Orient-La Nuit est le premier podcast de L’Orient-Le Jour, média libanais francophone. Chaque mardi, Anthony Samrani et Stéphanie Khouri ouvrent, à Beyrouth, un espace de liberté et de réflexion face au tumulte de l’actualité. Conversations avec des invités inspirants, reportages audio, témoignages du Liban et de la diaspora, culture et coulisses du journal : un temps suspendu pour donner du sens au chaos et rassembler ceux qui croient encore en l’avenir du Liban et du Moyen-Orient. 

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