Le métier de technicien en remédiation de risques biologiques et de scènes de crime, exercé pendant deux ans, couvre le nettoyage de lieux variés tels que les suicides, les résidences de thésauriseurs (hoarders), les fumeries de drogue (drug dens), et les campements de sans-abri. Ce travail, essentiel mais physiquement et mentalement éprouvant, est défini par des défis techniques et des protocoles stricts visant l'assainissement complet des zones contaminées. Le principal défi technique réside dans l'incapacité d'assainir à 100 % certains matériaux poreux. Le coulis (grout), le béton, le placo-plâtre nu et le bois sont considérés comme absolument impossibles à nettoyer complètement, car le sang et la matière biologique s'y imprègnent. Dans ces cas, le succès de la remédiation passe par la démolition complète des matériaux contaminés, nécessitant parfois l'utilisation d'un marteau-piqueur sur des sols résistants comme le granit. Si la démolition n'est pas réalisable, les clients doivent signer une décharge reconnaissant que l'assainissement total n'a pu être garanti. La complexité de la contamination est illustrée par l'étendue des dégâts, comme lors de suicides par arme à feu où le cerveau et les viscères peuvent couvrir l'intégralité d'une pièce, y compris le plafond et l'intérieur de boîtes fermées. Dans les scènes de décomposition prolongée (sur plusieurs semaines), la matière organique liquéfiée crée un "anneau invisible de graisse" dix fois plus grand que l'anneau de sang visible, laissant le sol essentiellement "beurré". Des contaminants spécifiques exigent des procédures précises. Les fumeries de drogue, par exemple, nécessitent l'utilisation de kits de fentanyl pour le dépistage, suivie de l'application d'un agent stérilisant spécialisé qui doit reposer pendant quinze minutes avant d'être retiré et les zones retestées. Pour le nettoyage courant, des produits comme le dégraisseur (pour les cuisines et carrelages), le nettoyant à vitres (efficace contre le goudron de fumeur), et l'eau oxygénée (hydrogen peroxide) pour le sang et les matières fécales, sont utilisés, nécessitant frottage et exposition au soleil pour les taches. Sur le plan physique, l'exposition aux dangers est gérée par l'équipement de Protection Individuelle (EPI). Les techniciens doivent porter des respirateurs faciaux complets et des combinaisons pour matières dangereuses (hazmat suits) pour les scènes de décomposition ou de drogues. Les respirateurs, s'ils sont correctement ajustés, sont cruciaux car ils éliminent 99 % des odeurs. L'odeur la plus insupportable rencontrée était le mélange de décomposition avec la fumée de cigarette rance. Le travail est intense et physiquement éprouvant (décrit comme du "travail acharné"), avec des journées pouvant atteindre douze heures sur une seule scène et jusqu'à 70 heures par semaine, étant donné la nature du travail sur appel. Le stress physique, aggravé par le rythme cardiaque élevé et les odeurs, peut provoquer des nausées nécessitant de courtes pauses de cinq à dix minutes. La capacité à faire preuve à la fois d'une grande compassion et à se détacher mentalement des situations est essentielle pour réussir dans ce domaine.