Grains de savoir

CÉROM

Grains de savoir est un balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains. Chaque épisode, l'animatrice Annie DeMelt s'entretient avec des chercheurs et des agronomes pour décoder les enjeux en protection des grandes cultures au Québec. Des maladies fongiques aux ravageurs émergents, en passant par les outils d'aide à la décision et les stratégies de lutte intégrée, découvrez la science derrière les pratiques qui façonnent l'agriculture d'ici. Que vous soyez producteur de grains, conseiller agricole ou simplement curieux de comprendre ce qui se passe dans nos champs, ce balado vous offre un accès direct à la recherche appliquée au Québec. 

Episodes

  1. Sep 12 ·  Video

    Sclérotiniose du soya : traiter ou attendre ?

    La sclérotiniose du soya peut frapper fort une année et presque disparaître la suivante. Face à cette incertitude, beaucoup de producteurs appliquent un fongicide par précaution, au même stade, année après année. Mais trois saisons de données recueillies dans près de 150 champs au Québec montrent que cette approche ne donne pas toujours les résultats espérés. Dans cet épisode, Tanya Copley (chercheuse en phytopathologie, CÉROM) explique d'où vient la maladie : des sclérotes qui survivent de 5 à 10 ans dans le sol et qui, lorsque la surface reste fraîche et humide, produisent les apothécies dont les spores infectent le soya par les fleurs. De 2023 à 2025, son équipe a suivi 149 champs et documenté 47 facteurs agronomiques. Le climat explique environ la moitié de la variation de la maladie ; parmi les pratiques, l'écartement des rangs, la matière organique, le type d'engrais et l'ancienneté du semis direct pèsent le plus. Michelle Breton (conseillère en grandes cultures, agr., Groupe ProConseil) raconte le suivi sur le terrain : des visites deux fois par semaine, une station météo dans le champ, et un test au papier buvard qui a révélé qu'un fongicide bien choisi n'atteignait tout simplement pas les fleurs. Un rappel que le produit compte, mais que la buse et la pression aussi. Les essais de fongicides chez 25 producteurs confirment que le moment de l'application fait toute la différence. En 2023, année humide, la majorité des applications ont été rentables ; en 2024 et 2025, années plus sèches, seulement une poignée de champs ont franchi le seuil économique. Traiter systématiquement quand les apothécies ne sont pas là ne protège pas la plante et ouvre la porte à la résistance, déjà observée ailleurs pour les groupes 7, 3 et 11. D'où l'outil d'aide à la décision développé par le CÉROM, inspiré d'un modèle utilisé dans le canola en Saskatchewan : chaque facteur de risque reçoit un pointage, et le total, combiné aux avis du Réseau d'avertissements phytosanitaires, indique si le champ est à risque. Tanya et Michelle abordent aussi la suite du projet, de la télédétection à l'intelligence artificielle, et ce qu'elles répondent au producteur qui se demande, cette année, s'il doit traiter ou attendre. Invités : Tanya Copley, chercheuse en phytopathologie, CÉROM Michelle Breton, conseillère en grandes cultures, agr., Groupe ProConseil Animation : Annie DeMelt

  2. Aug 27 ·  Video

    Oser l'automne : le canola comme outil de rotation

    Semer du canola à la fin de l'été pour le récolter en juillet, c'est un pari sur l'hiver. Mais pour ceux qui l'ont essayé, c'est aussi une façon de repenser toute la rotation. Guillaume Dallaire produit du canola biologique à Hébertville, au Lac-Saint-Jean, pour en tirer une huile de première pression à froid. Son défi de départ : la contamination par le pollen des champs de canola OGM voisins, qui l'oblige à s'installer à trois ou quatre kilomètres de toute parcelle conventionnelle. Le canola d'automne fleurit avant le canola de printemps, et le projet du CÉROM a confirmé qu'il n'y a aucun chevauchement de floraison. Il apporte aussi une floraison hâtive pour les abeilles et une récolte à la fin juillet, dans des conditions sèches, avec une qualité de grain exceptionnelle. Sébastien Boquel explique ce que les essais ont montré sur les ravageurs. Avec de nouveaux cultivars résistants au froid, le canola d'automne désynchronise le cycle des altises et de la cécidomyie du chou-fleur : moins de 1 % de défoliation, contre près de 25 % dans les parcelles de canola de printemps au même endroit. La survie hivernale, elle, varie selon la région, l'année et surtout le drainage du champ. Il faut aussi éviter un excès d'azote à l'automne et garder le champ propre jusqu'au stade six feuilles. Hélène Brassard fait le lien avec les décisions de gestion : un calendrier de travail décalé, la possibilité d'enchaîner avec du blé d'automne, et pour les producteurs conventionnels, une culture qui se passe d'enrobage insecticide et d'herbicide. Reste à travailler les dates de semis, l'accès à des semences non traitées et la survie à l'hiver, qui doit être homogène pour que le canola compense. En entrevue :  Guillaume Dallaire, producteur biologique, Ferme Tournevent  Hélène Brassard, agronome, conseillère en grandes cultures et agriculture durable, MAPAQ  Sébastien Boquel, chercheur en entomologie, CÉROM  Animation : Annie DeMelt Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains. Tags (Culture / Enjeu-ravageur / Approche) canola, canola d'automne, altises, cécidomyie du chou-fleur, mauvaises herbes, survie hivernale, rotation des cultures, agriculture biologique, réduction des pesticides, santé des sols

  3. Aug 9 ·  Video

    Lâcher les trichogrammes : quand les drones protègent le maïs

    Le ver‑gris occidental du haricot a été détecté au Québec en 2009, et ses populations s'accumulent d'année en année. Les larves détruisent les grains de maïs de l'intérieur et favorisent la prolifération de champignons et de mycotoxines dans les épis. Le problème, c'est qu'une fois les larves entrées dans l'épi, aucun traitement curatif n'est possible. Dans cet épisode, Julien Saguez (chercheur en entomologie, CÉROM) explique comment son équipe s'est tournée vers un ennemi naturel déjà présent dans les champs québécois. En récupérant des masses d'œufs au champ, les chercheurs ont observé des œufs noircis, puis, après élevage en laboratoire, l'émergence de minuscules guêpes parasitoïdes plutôt que de larves du ravageur. Le trichogramme, déjà utilisé contre la pyrale du maïs ailleurs dans le monde, s'attaque à l'œuf avant l'éclosion. Restait à régler la logistique. La méthode classique, les trichocartes installées à la main et renouvelées chaque semaine, devient impraticable sur des dizaines ou des centaines d'hectares. C'est là qu'intervient Gil Weis (directeur technique et cofondateur, Drone Des Champs), qui décrit les deux approches développées avec le CÉROM : la capsule biodégradable larguée à intervalles réguliers et le trichogramme en vrac. Le facteur limitant n'est ni le drone ni l'insecte, mais le calendrier. En cinq jours, l'œuf devient larve. Trop tard, et le trichogramme n'a plus la place de se développer. L'approche est donc préventive, décidée à l'avance, puisque les insectes doivent être produits avant la saison. Trois saisons d'essais, de 2023 à 2025. Julien et Gil abordent les résultats obtenus, les coûts, les cas où l'outil est le plus pertinent, notamment le maïs sucré et la production biologique où les hybrides Bt ne sont pas une option, et le travail qu'il reste à faire sur les doses, les cohortes et la pulvérisation liquide. Invités : Julien Saguez, chercheur en entomologie, CÉROM  Gil Weis, directeur technique et cofondateur, Drone Des Champs  Animation : Annie DeMelt

  4. Jul 29 ·  Video

    Chrysomèle du haricot : les connaissances qui font la différence

    Quand la chrysomèle du haricot a commencé à apparaître en nombre dans les champs de soya du Québec, vers 2018, personne ici ne savait vraiment quoi en faire. Les seuils venaient de l'Ontario et des États-Unis, où l'insecte transmet un virus qui en fait un ravageur redoutable. La question de départ était donc simple : est-ce que ce qui s'applique ailleurs s'applique ici ? La réponse est non, et c'est une bonne nouvelle. Sur une trentaine de champs échantillonnés dans les foyers connus, le virus n'a jamais été détecté. Sébastien Boquel explique aussi pourquoi le soya encaisse la défoliation beaucoup mieux qu'on pourrait le croire, et pourquoi deux traitements foliaires suivis en conditions réelles n'ont donné aucun gain, ni en rendement ni en qualité. Ce qui compte vraiment, c'est le dommage aux gousses. Le seuil validé pour le Québec se situe autour de 13 à 14 % de gousses endommagées. Geneviève Roy ramène tout ça au champ et au carnet de commandes. Selon que le grain s'en va à l'alimentation animale, à la consommation humaine ou à la semence, la même tache n'a pas du tout le même prix. Un grain sain germe à près de 100 %. Un grain taché tombe autour de 40 %. Un épisode sur ce que vaut le fait de bien connaître son ravageur avant de sortir le pulvérisateur. En entrevue :  Sébastien Boquel, chercheur en entomologie, CÉROM  Geneviève Roy, cheffe d'équipe grandes cultures, Groupe PleineTerre  Animation : Annie DeMelt Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.

  5. Jul 15 ·  Video

    Le ver-gris occidental du haricot : il hiverne au Québec

    Détecté pour la première fois au Québec en 2009, le ver-gris occidental du haricot (VGOH) était considéré comme un migrant saisonnier : les papillons arrivaient chaque été depuis le Midwest américain, causaient des dommages dans les épis de maïs, puis mouraient avec l'hiver. Du moins, c'est ce qu'on pensait. Dans cet épisode, Julien Saguez (chercheur en entomologie, CÉROM) explique comment son équipe a testé cette hypothèse. Des larves enfouies dans des bacs en sol sableux, dans trois régions du Québec, laissées tout un hiver. Au printemps : des papillons ont émergé. L'expérience a ensuite été reproduite à grande échelle avec des cages d'émergence installées dans des champs infestés la saison précédente. Résultat : la première preuve que le VGOH complète son cycle au Québec, et la survie hivernale la plus nordique jamais documentée pour cette espèce en Amérique du Nord. Cette découverte change la donne pour les producteurs de maïs. Des populations locales qui s'ajoutent aux populations migrantes signifient des émergences plus précoces, une présence prolongée dans les champs et un risque accru de dommages directs et de mycotoxines. Julien aborde aussi les méthodes de lutte disponibles, dont les hybrides Bt, leurs limites, et les travaux de sa collègue Stéphanie Gervais sur les facteurs de risque liés au ravageur. Le message : la surveillance reste la première étape. Dépister, suivre les avertissements du RAP, consulter son agronome, et planifier la saison suivante en fonction de ce qu'on observe au champ. Invité : Julien Saguez, chercheur en entomologie, CÉROM  Animation : Annie DeMelt Tags : Maïs, Ver-gris, Biosurveillance, Lutte intégrée

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