Un matin bouquin

Un matin bouquin

Bienvenue dans ma bibliothèque ! Je m'appelle Laurence et je partage ici ma passion pour les livres, toutes littératures confondues. Pour moi, peu importent les étiquettes ou les genres : seule la force du récit compte. Du classique absolu au roman détente qui fait du bien, de la littérature française aux rivages anglo-saxons et européens, sans oublier quelques précieux détours par la littérature mondiale, je marche au coup de cœur. Et j'aime explorer tous azimuts : polars haletants, romans historiques immersifs, escapades dans la science-fiction ou le fantastique, recueils de nouvelles ou essais percutants. Au menu ? Mes chroniques spontanées, mes chocs de lecture et mes impressions sur le monde des lettres, au fil de l’eau et des envies. Parce que la lecture est avant tout une fête, je vous propose de la célébrer ensemble. Bonne écoute à tous ! 😄 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  1. 3d ago

    Format court, suite et fin !

    Tigre, Janis Jonevs, éditions de l'Argonaute J'ai été attirée par la magnifique couverture du livre, mettant en image un magnifique chat noir au-dessus du titre, Tigre. C'était assez intrigant pour que j''y aille, en plus de la quatrième de couverture : Des bureaux de Riga à la jungle brésilienne, en passant par le milieu de l’océan, les protagonistes de ce roman en douze nouvelles font face à un monde saugrenu où tout est possible, où rien n’est jamais acquis. Compositeurs, enquêteurs, voyageurs et rêveurs y suivent leur intuition, manquent toutes les opportunités et échappent – avec un peu de chance – à un désastre planétaire. Imprégnées du comique absurdiste d’un Boulgakov et de quelques alcools forts, ces histoires aux mille rebondissements, venant d’une Lettonie prise par la fièvre de la liberté, évoquent les vacillations de l’âme balte. Surtout, elles nous parlent du désir très universel d’être tigre quand on n’est, en réalité, que chat domestique. Cela se confirme, le comique absurde n'est pas fait pour moi, j'ai par exemple relu deux fois la première nouvelle, et je ne l'ai toujours pas comprise ! Je suis quand même allée au bout intriguée, et ayant beaucoup apprécié certaines nouvelles que pour le coup j'ai comprises. J'imagine que l'auteur doit considérer que le monde marche sur la tête, et qu'il a écrit les nouvelles en conséquence. Il place ses personnages dans un monde qu'ils ne comprennent pas, et cela génère de l'angoisse, et on est en totale empathie avec eux, pour le coup, moi-même ne maîtrisant rien en tant que lectrice ! Mais c'est la cocasserie qui l'emporte, dans cette quête existentielle farfelue. Qu'en disent les critiques ? "Le monde créé dans les histoires de Janis Jonevs est un théâtre de l'absurde aux couleurs vives et d'une ironie poignante." Mexico Médée, Dahlia de la Cerda, Ed. du sous-sol C'est un recueil de 6 nouvelles, que l'on peut choisir de voir comme un roman choral, puisque certains personnages réapparaissent au fil des nouvelles. Mais c'est Médée la figure tutélaire de ce roman. L'autrice se réapproprie ce mythe de façon formidable : à l'origine, elle est la mère matricide, celle qui tue ses propres enfant pour se venger d'un homme. Ici elle est trentenaire, porte des rastas, est tatouée de serpents, et débarque dans une voiture de sport verte, pour accompagner des femmes dans des moments charnières, en lien avec la maternité : elle les aide à avorter, accoucher, faire leur deuil, et sa seule présence change tout. Il y a bien sûr un humour noir à choisir Médée comme figure de proue de ce roman, dans ce Mexique hyper-machiste dans lequel tout le monde est perdant, surtout les femmes, mais y compris les hommes, chez qui on encourage une virilité débridée, et qui n'ont d'autres choix que soit de devenir des narcotrafiquants, soit d'embrasser une carrière dans l'armée. C'est un roman traversé par une énergie remarquable, qui parle de violence, mais pas que ! Elle la dépasse avec brio, dans une langue crue, épatante de vitalité, nous sommes face à des monologues de personnes qui tentent de s'en sortir, c'est traversé de mythologie, de références pop, de musique, tout du long. Un recueil que je recommande. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Format court, suite et fin !
  2. Sep 30

    Pile à lire d'automne 3

    Point sur la rentrée littéraire (à l'issue de l'écoute de la dernière émission littéraire de Frédéric Beibeder le dimanche soir sur RTL à 20H) Beigbeder dénonce la surproduction de romans à l'oeuvre pendant la rentrée littéraire, qu'il nomme jeu de massacre : 461 livres publiés quasi le même jour, alors que les critiques (au maximum de leur capacité), ne peuvent en lire qu'une quarantaine ! Ne surnagent que plusieurs dizaines de titres, toujours les mêmes, qui eux profitent à fond de cette dynamique, et c'est sans doute le seul point positif (en plus du folklore assez sympathique et spécifiquement français, nous permettant de nous rengorger d'être une grand nation littéraire : de fait le livre s'installe dans l'actualité). Sinon, restent près de 400 auteurs laissés sur le carreau, promis au pilon. Beigbeber et ses chroniqueurs soulignent aussi la difficulté dans laquelle se trouvent le marché du livre, préoccupante : il est en baisse de 10%, il y a désormais plus de librairies qui ferment que de librairies qui ouvrent (depuis cette année), la lecture baisse chez les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. Un livre sur 5 finit au pilon, et la durée d'un livre en librairie est de 40 jours. Cette surproduction de livres à cette période obéit à une logique économique : les éditeurs font de la trésorerie, car les libraires sont obligés d'acheter tous les titres de la rentrés littéraire (ils peuvent bien entendu retourner ensuite les invendus mais ce retour a un coût). En gros, publier autant de titres permet de payer l'attaché de presse, ou le standardiste. C'est un système économique pervers. Titres de poésie intégrés à ma Pile à lire d'automne : Fureur et mystère, René CharPoèmes saturniens, Paul VerlainePoèmes, Emily DickinsonLes pleurs, Marceline Desbordes-Valmore Livres lus (donc sortis de ma PAL) mais pas encore présentés Sirtir de la maison hantée, Pauline Chanu Tigre, Janis JonevsMexico Médée, Dahlia de la CerdaHamish Mcbeth tome 1 : Qui prend la mouche, M.C. Beaton Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Pile à lire d'automne 3
  3. Sep 24

    Bilan de mes lectures 3

    Je termine le bilan de mes lectures par mes coups de coeur. Notés 18/20 Bonjour Jeeves, P. G. Wodehouse : Wodehouse continue de mes charmer avec les aventures de Bertram Wooster, cette fois-ci missionné par sa tante qui lui demande de récupérer coûte que coûte un pot à crème qu'elle a repéré, sans quoi elle cessera de l'inviter à sa table, ce qui est un drame pour Bertie qui adore son cuisinier. De mauvais gré, il accepte la mission, pour notre plus grand bonheur !Les grues volent vers le Sud, Lisa Ridzen : malgré la thématique difficile, c'est un livre qui fait du bien et dont on ressort apaisé. Bo a 89 ans et va bientôt mourir, on entre de plain-pied dans sa fin de vie, avec ses proches, l'équipe de soignants autour de lui, qui parfois l'infantilisent, même s'ils sont pétris de bonnes intentions. Le cahier des transmissions est une jolie trouvaille, qui apporte un point de vue différent de celui de Bo. Un roman simple, émouvant, qui a remporté un beau succès mérité en Suède et ailleurs.Notés 19/20 Le calamity club, Kathryn Stockett : On est en compagnie de deux héroïnes solaires et attachantes, dont on suit les pas avec bonheur. L'arrière-plan historique aussi est intéressant, l'Amérique de la Grande Dépression. Enfin, l'autrice sait très bien parler de sororité, mise en scène de façon réjouissante. Patria, Fernando Aramburu : l'auteur nous fait comprendre ce que l'ETA a fait aux familles, aux villages, à la société toute entière. Il fait parler alternativement tous les membres de deux familles, autrefois proches, et que l'ETA a divisées. Un beau roman très intelligent et empathique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  4. Sep 23

    Bilan de mes lectures 2

    Je continue dans cet épisode le bilan des lectures présentées dans le cadre de ce podcast. Notés 16/20 La saga des Florio, de Stefania Auci : une bonne saga, je retrouvais les personnages et leur univers avec plaisir (Sicile du 19ème siècle, les pages se tournaient avec fluidité, de la belle ouvrageL'idiot, Fedor Dstoievski : une littérature un peu trop torrentielle à mon goût, des mots, des situations, des noms se sont déversés sur moi, me donnant l'impression d'arriver à saturation. Mais je me suis attachée au prince Mychkine, le meilleur d'entre tous, tellement gentil qu'il en devenait suspect aux yeux des autres, c'est très triste.Départ(s), Julian Barnes : il m'a manqué une trame romanesque pour apprécier, ici il y avait trop de considérations diverses et variées, sans véritable colonne vertébrale. Cependant, quand il fait ses adieux, c'est beau et émouvant.Très brève théorie de l'enfer, Jérôme Ferrari : il a indéniablement une belle écriture, et l'ouverture de son roman est brillante, mais j'ai été gênée aux entournures avec parfois l'impression qu'il se sert de son roman pour faire passer des messages, de façon totalement transparente bien sûr, à part pour lui et la personne concernée, mais quoi qu'il en soit je n'apprécie pas, sauf à l'écrire.La forme et la couleur des sons, Ben Shattuck : ce nouvelliste a un grand talent, ses descriptions ont fait naître en moi des tableaux, mais que j'ai lu/regardé de l'extérieur, un peu à distance.Vera dans son monde, Gary Shteyngart : c'est un auteur que j'aime beaucoup, mais ici il a écrit un peu en réaction à l'actualité suite à l'accession de Trump au pouvoir, aussi le roman est moins étoffé que précédemment. Vera est le point fort de ce roman, on voit le monde au travers de son regard et c'est rafraichissant.D'autres printemps, Virginie Grimaldi : un roman de détente agréable, avec des pointes d'humour bienvenue. Cependant les ficelles sont parfois un peu grosses.La librairie des chats noirs, Piergiorgio Pulixi : un cosy mystery plaisant, avec comme pour le Virginie Grimaldi des ficelles un peu grosses, mais c'est inhérent au genre.Notés 17/20 Correction automatique, Etkar Keret : des nouvelles désespérées mais surtout pas désespérantes, c'est parfois tellement noir que l'on arrive à en rire : il met ses personnages dans le situations les plus intenables possibles, pour notre plus grand bonheur, car telle est la nature humaine !Et la vague les emporta, Molly Keane : j'avais adoré Chasse au trésor, qui met en scène une gentry irlandaise désargentée du début du 20ème siècle. Ici c'est une guerre entre une belle-mère et sa belle-fille qui est racontée, et c'est réjouissant.Apprendre vite et bien, Barbara Oakley et Olav Schewe : bon livre pratique qui donne de bons conseils, et explique avec pédagogie quelques grands principes du fonctionnement du cerveau.Les orphelins, Eric Vuillard : un écrivain d'exception, tant par sa démarche que par la qualité de se plume. Il y a dans ses pages une belle colère, de celle qui fait du bien, et changer les points de vue. Dans chacun de ses livres, il nous explique brillamment ce que le capitalisme fait à l'Histoire.Silo, Hugh Howey : un très bon thriller post-apocalyptique qui se lit très bien, et on s'attache aux pas de l'héroïne avec plaisir.La bagarre, Lauren Groff : la plume est efficace et nuancée, au service d'intrigues qui marquent l'esprit. Pour l'une d'entre elles, je suis sortie les larmes aux yeux. Les enténébrés, Sarah Chiche : Petite décception par rapport à Aimer, qui vait une narration plus classique. Cependant, la qualité reste là, elle questionne les générations, elle questionne l'histoire, elle questionne la société, toujours de brillante façon. Sicario bébé, Fanny Taillandier : elle fait parler de façon soutenue deux jeunes de la cité, Djen, enceinte et Blaise, qui s'aiment d'amour tendre. Blaise va-t-il devenir un tueur à gages pour subvenir aux besoins de sa future famille ? C'est tendu et rythmé comme un polar. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Bilan de mes lectures 2
  5. Sep 22

    Bilan de mes lectures 1

    Je fais le bilan de mes lectures, en leur attribuant une note (sauf pour les livres abandonnés). Je vais crescendo, de la plus mauvaise à la meilleure note. Abandons : La Sicile, baroque et rebelle (collection L'âme des peuples), Richard Heuzé : trop de lieux, de bâtiments, de personnages inconnus, il faut déjà être très familier de la Sicile pour apprécier la lectureLe guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa : j'ai voulu prolonger mon incursion dans la Sicile du 19ème siècle via ce classique, à la sortie de la sage des Florio, de Stefania Auci, cela ne l'a pas fait, tant pis !Lettres de Madame de Sévigné : là encore, il me manquait le contexte historique pour suivre au mieux cette correspondance.Le secret des secrets : mon premier Dan Brown, avec à mon sens un peu trop de défauts pour continuer dans la lecture, à savoir trop de rebondissements, et des personnages stéréotypés.La horde du contrevent, Alain Damasio : j'ai persévéré, comme on me l'avait conseillé, et je commençais à apprécier les relations entre les personnages (ce qui fait le sel de l'histoire pour moi), par contre je ne comprenais toujours absolument rien aux stratégies mises en place pour avancer face au vent, ce qui constitue le gros de l'histoire, donc l'ai arrêté avant de trop m'énerver sur mon manque de sens pratique. C'est un roman que j'ai été très malheureuse d'abandonner, tant j'avais aimé Les furtifs.Des animaux difficiles, Rosa Montero : même remarque que pour les furtifs, c'est une autrice que j'adore, sa science fiction est généralement très psychologique, mais ici il m'a semblé que l'intrigue a pris le pas sur le reste (Bruna Husky qui interagit avec son entourage).Note 12/20 Lait et miel, Rupi Kaur : elle est d'origine indienne, et écrit depuis le Canada : sa poésie est trop simpliste à mon sens, mais je tempère mon avis du fait que j'ai lu la version française, me disant qu'il y a peut-être eu des nuances compliquées à traduire en français.Note 14/20 Voltiges, Valérie Tong Cuong : j'ai apprécié les deux tiers du roman, retrouvant avec plaisir sa plume sensible qui sait si bien faire parler ses personnages, j'ai par contre été très déçue par les rebondissements finaux que je n'ai pas trouvé plausibles du tout.Laissez-moi, Marcelle Sauvageot : j'ai compris et validé sa démarche personnelle, qui a besoin d'analyser pour prendre du recul par rapport à l'homme qui l'a quittée. Mais à mon avis son texte n'atteint pas de dimension universelle, aussi je n'ai personnellement pas perçu l'intérêt qu'il y avait à le publier. Toutefois le texte garde un caractère émouvant, Marcelle Sauvageot est morte de tuberculose un an après la publication de ce texte. Note 15/20 : Une unique lueur, Fred Vargas : j'ai apprécié de retrouver Adamsberg et sa façon très ésotérique de régler ses enquêtes, mais cette fois-ci son équipe charmante et atypique n'a pas assez été mise en valeur. Plus généralement, je n'ai pas retrouvé la magie des premiers tomes. Première amoure, Emmanuelle Richard : j'avais remarqué sa plume dans Désintégration, ici elle continue d'écrire de belle façon mais ici elle parle d'amour de façon un peu trop désincarnée à mon goût. Je m'arrête là, le meilleur de mes lectures à venir ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Bilan de mes lectures 1
  6. Sep 18

    Où il est question de criminalité (mais ce ne sont pas des romans noirs ou policiers !)

    Patria, Fernando Aramburu J'ai eu un coup de coeur pour ce pavé de plus de 600 pages (624 exactement) qui se lit très vite et très bien. Il ne faut pas le laisser intimider par le nombre de pages, la lecture est toujours rythmée, cadencée par des chapitres courts et addictifs (il y en a plus de 125). A aucun moment on n'éprouve de coup de mou, comme cela peut être le cas avec de très long romans. On a dit de lui que c'était le guerre et paix basque (je n'ai pas encore lu le Guerre et paix de Tolstoï, mais je vais y venir rapidement car il est dans ma pile à lire, je pourrai ainsi comparer). Ici nous sommes dans un petit village pas loin de San Sebastien, et Fernando Aramburu montre brillamment comment la guerre entre l'ETA et le pouvoir espagnol a fini par contaminer la société dans son ensemble (y compris l'intimité des familles). Ne vous attendez pas à un roman politique, tout va nous être raconté au travers de deux familles que nous allons suivre tout du long, façon roman choral, on passe d'un membre de la famille à un autre, aucun n'est oublié, et ils nous relatent chacun à sa façon une réalité complexe. Au tout début du roman, c'est Bittori qui débarque dans son village natal, qu'elle avait dû quitter, tandis que L'ETA annonce la fin définitive de la lutte armée (nous sommes dans les années 2010). Que cherche-elle ? On n'en dira pas plus, au lecteur de découvrir l'intrigue grâce aux nombreux flashbacks et personnages. Ca n'est jamais manichéen, il n'y a pas de bien ou de mal, tout le monde d'une façon ou d'une autre a été une victime. Les critiques eux aussi mettent en avant la dimension humaine : Fernando Ararburu ne se contente pas de raconter le conflit politique, il montre comment il détruit les amitiés, les familles, et les individus. Nous sommes en compagnie de taiseux et taiseuses pour la plupart, aussi quand l'émotion affleure, elle touche en plein coeur. Deuil, culpabilité, haine, silence, possibilité du pardon, tout cela est exprimé avec une économie de moyens très émouvante. Ce roman a été un phénomène de librairie à sa sortie en 2016 en Espagne, vendu à 700 000 exemplaires, et a fait l'objet d'une adaptation par HBO. Sicario bébé, Fany Taillandier Il est ici aussi question de criminalité, mais plutôt celle des jeunes des cités. En exergue de son premier chapitre, Fanny Taillandier retranscrit un extrait de l'Office central de lutte contre le crime organisé (datant de 2023) : "Ces deux dernières ont vu l'emploi croissant de très jeunes tueurs, inexpérimentés, et quasi inconnus auparavant des autorités. Pour la première fois aussi, toute la France est concernée, y compris les villes moyennes - voire petites - et les zones rurales, pas seulement les régions touchées traditionnellement par le trafic." Djen et Blaise s'aiment d'amour tendre, ils se connaissent depuis le collège et sont toujours amoureux fous. Djen tombe enceinte, Blaise se rêve en daron responsable, et refuse absolument que Djen se déclare mère isolée, ce qui lui permettrait de toucher une petite pension, et d'être accueillie dans un foyer. Il essaie d'abord de trouver une solution, un emploi, mais la précarité insiste. Jusqu'à ce qu'un ami lui propose un contrat : Blaise sera le conducteur, et lui l'exécuteur, 50 000 euros donc, contre la mort d'un homme... Il y a une véritable efficacité narrative, le récit est tendu, rythmé, et on veut absolument savoir s'ils vont aller au bout de leur plan foireux. Les deux sont attachants, on leur veut du bien, le récit est narré soit par elle, soit par lui. Il a été reproché à l'autrice d'utiliser une langue trop soutenue, qui ne reflète pas la réalité des quartiers. Pour ma part, cela ne m'a aucunement gênée, bien au contraire. Pour terminer, je rejoins les critiques disant que Fanny Taillandier conjugue la mécanique du thriller à la finesse d'une sociologue. Je souscris, c'est un très bon roman, socialement engagé, décrivant combien l'absence d'horizon peut pousser des adolescents vers la violence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Où il est question de criminalité (mais ce ne sont pas des romans noirs ou policiers !)

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