Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG, estime que Moody’s pourrait réduire le rating de la France, actuellement fixé à Aa3 avec une outlook négative. Selon lui, un passage à A1, équivalent à A+ chez Fitch et S&P, apparaît « très plausible ». En octobre 2025, l’agence avait indiqué qu’un recul prolongé des institutions législatives, des difficultés continues pour réduire le déficit ou un arrêt longue durée des réformes sur les retraites risquaient de provoquer une dégradation. Le 10 avril, toutefois, elle a confirmé sa notation, considérant que le déficit enregistré en 2025, s’élevant à 5,1 % du PIB, restait inférieur à ses attentes. Depuis, la situation économique et budgétaire s’est dégradée : le déficit public pourrait se situer à 5,4 % du PIB cette année, alors que l’Insee a révisé à la baisse son estimation de croissance annuelle, qui est désormais fixée à 0,4 %. Le niveau de la dette devrait atteindre 121,7 % du PIB en 2027. Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes, a exprimé des inquiétudes quant à un danger d’« asphyxie financière ». L’année prochaine, la France devra acquitter 91 milliards d’euros d’intérêts. Jeudi, le taux de rendement de sa dette sur dix ans s’est fixé à 5,07 %, ce qui représente un écart de 1,74 point par rapport à celui de l’Allemagne. Nicolas Laine, de l’Institut Montaigne, estime également plausible une descente à A1, avec une outlook stable, voire négatif dans un cas plus pessimiste. https://thesansasyonel.com/fr/notation-de-la-france-un-maintien-de-la-note-par-moodys-juge-peu-probable-28643