Milieux Bibliques - Thomas Römer

Le titre de la chaire Milieux bibliques souligne le fait que la Bible hébraïque peut et doit être étudiée avec les mêmes méthodes et les mêmes approches que les autres corpus textuels du Proche-Orient ancien. Les études bibliques en France ne sont malheureusement pas très développées à cause d'une certaine compréhension de la laïcité. Durant les recherches des dernières années la nécessité d'une collaboration étroite entre les études philologiques, historiques et archéologiques s'est fait de plus en plus sentir, et l'équipe a renforcé les contacts avec le département d'archéologie de l'université de Tel-Aviv. La plupart des cours du titulaire de la chaire ont porté sur différents ensembles littéraires qui sont à l'origine de la Torah (du Pentateuque), et donc de la Bible hébraïque : les traditions sur Abraham, le livre de l'Exode, l'histoire de Joseph (Gn 37-50) et le livre des Nombres. Contrairement au modèle traditionnel dit documentaire (toujours en vogue dans de nombreuses universités nord-américaines), il paraît désormais plus que plausible que l'origine du Pentateuque se trouve dans la narration de l'Exode, qui à l'origine a été une tradition du Nord, et qui a été mis par écrit pour la première fois au VIIe siècle avant l'ère chrétienne, dans le royaume de Juda. Des cours récents sur l'histoire de l'Arche ont confirmé cette hypothèse qui est actuellement soumise à vérification dans un cours de synthèse s'étendant sur trois ans : Naissance de la Bible.

  1. 4D AGO

    Conférence - Markus Saur : « Rien de nouveau sous le soleil. » (Ecclésiaste 1,9). Qohélet et sa perception du monde

    Thomas Römer Milieux bibliques Collège de France Année 2025-2026 Rien de nouveau ? Quatre leçons sur le livre de Qohélet Conférence - Markus Saur : « Rien de nouveau sous le soleil. » (Ecclésiaste 1,9). Qohélet et sa perception du monde Markus Saur Université de Bonn Résumé e livre de Qohélet est un recueil de réflexions sur l'être humain et ses capacités. Mais le livre de Qohélet traite également du monde et de sa stabilité et persistance. Ainsi, Qohélet ne commence pas ses réflexions par des considérations sur l'être humain, mais par une esquisse sur la permanence du monde. Cette esquisse est précédée de la thèse principale de Qohélet : « Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité. » (Eccl 1,2). Ce qui suit n'est toutefois pas une réflexion sur la vanité du monde. Eccl 1,3–11 souligne plutôt que le monde est stable et durable. D'après Qohélet, le monde est constitué de cycles et de rythmes, comme on peut l'observer dans les phénomènes de la nature : le soleil, le vent et les fleuves suivent leur cours sans fin et font preuve d'une grande constance dans leur dynamique. Face à cette constance et permanence du monde, Qohélet oppose, dans sa réflexion au début du livre, l'image de l'être humain, dont la constance et la permanence se manifestent néanmoins dans la succession permanente des générations. Pour l'individu, cette succession des générations signifie avant tout sa propre éphémérité et vanité. Là où quelque chose de nouveau semble se produire, cela n'apparaît ainsi qu'aux yeux des personnes de la génération concernée. De la constance et de la stabilité du monde résulte en réalité qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

    49 min
  2. MAR 4

    Conférence - Markus Saur : « À multiplier les livres, il n'y a pas de limites. » (Ecclésiaste 12,12). Le livre de Qohélet dans l'histoire de la littérature

    Thomas Römer Milieux bibliques Collège de France Année 2025-2026 Rien de nouveau ? Quatre leçons sur le livre de Qohélet Conférence - Markus Saur : « À multiplier les livres, il n'y a pas de limites. » (Ecclésiaste 12,12). Le livre de Qohélet dans l'histoire de la littérature Markus Saur Université de Bonn Résumé Au début du livre de Qohélet se trouve David : le titre en Eccl 1,1 désigne Qohélet comme fils de David, roi à Jérusalem. Il s'agit d'une référence implicite à Salomon, fils de David sur le trône de Jérusalem. D'autres écrits font explicitement référence à Salomon : le livre des Proverbes, le Cantique des Cantiques, mais aussi les Psaumes de Salomon transmis en grec. Le livre de Qohélet garde ici une distance remarquable. Cette distance peut en partie s'expliquer par le fait que les auteurs du livre n'écrivent pas à l'époque de David et Salomon au Xe siècle avant notre ère, mais bien plus tard. En effet, si l'on met de côté la brève référence au fils de David en Eccl 1,1, rien dans le livre de Qohélet ne renvoie au Xe siècle avant notre ère. C'est plutôt aux époques perse et hellénistique que l'on est renvoyé. En cette période de grands bouleversements, marquée par le passage de l'Empire perse à l'hellénisme, Qohélet explore des pistes de réflexion qui, d'une part, prolongent les traditions hébraïques, mais qui, d'autre part, dépassent également ce cadre et peuvent être mises en relation aussi bien avec les traditions du Proche-Orient ancien qu'avec les textes grecs. Étudier le livre de Qohélet dans l'histoire de la littérature implique donc d'interpréter ce livre comme une œuvre de l'histoire de la littérature biblique et, en même temps, de se pencher sur ses précurseurs, ses contemporains, ainsi que sur l'histoire de sa réception.

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Le titre de la chaire Milieux bibliques souligne le fait que la Bible hébraïque peut et doit être étudiée avec les mêmes méthodes et les mêmes approches que les autres corpus textuels du Proche-Orient ancien. Les études bibliques en France ne sont malheureusement pas très développées à cause d'une certaine compréhension de la laïcité. Durant les recherches des dernières années la nécessité d'une collaboration étroite entre les études philologiques, historiques et archéologiques s'est fait de plus en plus sentir, et l'équipe a renforcé les contacts avec le département d'archéologie de l'université de Tel-Aviv. La plupart des cours du titulaire de la chaire ont porté sur différents ensembles littéraires qui sont à l'origine de la Torah (du Pentateuque), et donc de la Bible hébraïque : les traditions sur Abraham, le livre de l'Exode, l'histoire de Joseph (Gn 37-50) et le livre des Nombres. Contrairement au modèle traditionnel dit documentaire (toujours en vogue dans de nombreuses universités nord-américaines), il paraît désormais plus que plausible que l'origine du Pentateuque se trouve dans la narration de l'Exode, qui à l'origine a été une tradition du Nord, et qui a été mis par écrit pour la première fois au VIIe siècle avant l'ère chrétienne, dans le royaume de Juda. Des cours récents sur l'histoire de l'Arche ont confirmé cette hypothèse qui est actuellement soumise à vérification dans un cours de synthèse s'étendant sur trois ans : Naissance de la Bible.

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