Colloques du Collège de France - Collège de France

Colloques interdisciplinaires du Collège de France Événements de la vie scientifique de l'établissement, les colloques, dont le programme comprend à la fois des professeurs du Collège de France et des conférenciers invités, traite de thèmes aux nombreuses ramifications, dont les enjeux contemporains gagnent à être analysés au prisme des disciplines et des champs du savoir.

  1. Oct 15

    Colloque - L'animal - La place de l'humain en biologie par rapport aux animaux : un animal comme les autres ou à l'origine de la pire crise de la biodiversité ?

    Colloque de rentrée - L'animal Collège de France Année 2026-2027 La place de l'humain en biologie par rapport aux animaux : un animal comme les autres ou à l'origine de la pire crise de la biodiversité ? Session 2 : Cohabiter avec l'animal Virginie Courtier-Orgogozo Directrice de recherche au CNRS et responsable de l'équipe « Évolution et Génétique » à l'Institut Jacques-Monod, professeure invitée du Collège de France Résumé Chaque nouvelle découverte en biologie nous invite à repenser notre vision du monde vivant et la place qu'y occupent les êtres humains. Dans le sillage des travaux de Charles Darwin et d'Alfred Russel Wallace, de nombreuses observations ont progressivement renforcé l'idée que l'être humain est un animal parmi d'autres, issu, comme toutes les espèces, d'une longue histoire évolutive. À l'échelle de l'arbre enchevêtré du vivant, notre espèce n'en représente qu'une petite branche. Mais cette vision se heurte à un autre constat, issu de l'écologie contemporaine : les activités humaines transforment aujourd'hui profondément les écosystèmes et sont à l'origine d'une crise majeure de la biodiversité, qui affecte de nombreuses espèces animales et végétales. L'être humain est donc à la fois un animal parmi les autres et une espèce capable de modifier, à une échelle sans précédent, les conditions d'existence de l'ensemble du vivant. Comment concilier ces deux visions ? Que nous apprend la biologie sur ce paradoxe apparent ? Notre appartenance au monde animal peut-elle nous aider à mieux comprendre notre responsabilité particulière vis-à-vis du monde vivant et de notre planète ? Virginie Courtier-Orgogozo Virginie Courtier est biologiste, directrice de recherche au CNRS et professeure associée à l'École polytechnique. Avec son équipe de recherche à l'Institut Jacques-Monod à Paris, elle analyse l'évolution des espèces de mouches drosophiles, afin de mieux comprendre nos origines et l'avenir des êtres vivants. Elle s'intéresse également à diverses questions mêlant biologie et société telles que l'origine du coronavirus SARS-CoV-2, les risques associés aux biotechnologies ou l'expérimentation animale. Elle a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2014 et a été élue membre de l'EMBO en 2022. Elle est membre du conseil scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) depuis 2020 et membre du comité d'éthique du CNRS (COMETS) depuis 2021. Elle a été professeure au Collège de France en 2023.

  2. Oct 15

    Colloque - L'animal - Les études précliniques et cliniques en recherche translationnelle

    Colloque de rentrée - L'animal Collège de France Année 2026-2027 Les études précliniques et cliniques en recherche translationnelle Session 2 : Cohabiter avec l'animal Erwan Bézard DRCE Inserm, Institut des maladies neurodégénératives, Bordeaux Résumé La recherche translationnelle vise à combler le fossé entre les découvertes fondamentales et leur application au bénéfice des patients. Dans les maladies neurodégénératives, et particulièrement la maladie de Parkinson, ce continuum repose sur l'articulation rigoureuse entre les modèles précliniques et les essais cliniques. Cette intervention examinera les conditions de validité de cette translation, en interrogeant la pertinence des modèles animaux – des organismes modèles au primate non humain – pour reproduire la physiopathologie humaine et prédire l'efficacité thérapeutique. Nous aborderons les causes fréquentes d'échec de translation : modèles incomplets, biais méthodologiques, surestimation des effets précliniques et défaut de reproductibilité. Une attention particulière sera portée aux standards de qualité (randomisation, insu, puissance statistique) qui conditionnent la robustesse des résultats précliniques et leur capacité à orienter les décisions cliniques. À travers des exemples tirés du développement de stratégies symptomatiques et neuroprotectrices, nous illustrerons les allers-retours féconds entre le laboratoire et la clinique. Enfin, nous discuterons des leviers permettant de renforcer la prédictivité des études précliniques et d'optimiser la conception des essais cliniques, dans une démarche translationnelle véritablement bidirectionnelle. Erwan Bézard Erwan Bézard est directeur de recherche de classe exceptionnelle à l'Inserm et figure parmi les neuroscientifiques les plus cités au monde (indice H = 107). Auteur de plus de trois cent soixante-dix publications, il porte principalement ses travaux sur la maladie de Parkinson et les synucléinopathies apparentées. Il est reconnu pour ses recherches sur les mécanismes compensatoires masquant la progression de la maladie de Parkinson, la physiopathologie des dyskinésies induites par la L-DOPA, les mécanismes de mort cellulaire dans la maladie de Parkinson et l'atrophie multisystématisée, ainsi que la modélisation de ces pathologies et le développement de stratégies thérapeutiques. Fondateur et directeur (2010-2020) de l'Institut des maladies neurodégénératives (CNRS UMR 5293, université de Bordeaux), il a siégé aux conseils d'organisations internationales telles que la Michael J. Fox Foundation et Parkinson's UK. Il est rédacteur en chef de Neurobiology of Disease et membre de plusieurs comités éditoriaux. Il est par ailleurs CEO/CSO de Motac Neuroscience et cofondateur de Treefrog Therapeutics, SE Therapeutics et QABY Biotech.

  3. Oct 15

    Colloque - L'animal - Les maladies des animaux sont-elles des vengeances contre les humains ?

    Colloque de rentrée - L'animal Collège de France Année 2026-2027 Les maladies des animaux sont-elles des vengeances contre les humains ? Session 2 : Cohabiter avec l'animal Frédéric Keck CNRS, laboratoire d'anthropologie sociale Résumé Les mouvements de protestation contre les politiques des gouvernements concernant l'agriculture et l'environnement mobilisent souvent la figure d'un animal qui se venge contre les mauvais traitements que lui imposent les humains. J'analyserai l'émergence de cette figure à travers les zoonoses des cinquante dernières années et les épizooties des deux siècles derniers. Puis, j'interrogerai la pertinence d'utiliser des termes de ce que Philippe Descola appelle « animisme » pour traiter des questions écologiques. Je développerai enfin les conséquences d'une enquête menée sur les « sentinelles des pandémies » dans le contexte « analogiste » de la Chine contemporaine, et ce que cette figure de la sentinelle rend possible dans les mobilisations contemporaines. Frédéric Keck Après des études de philosophie à l'École normale supérieure de Paris et d'anthropologie à l'université de Berkeley, il a fait des recherches sur l'histoire de l'anthropologie et sur les questions biopolitiques contemporaines posées par la grippe aviaire. Il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2012 et dirigé le département de la Recherche du musée du Quai Branly entre 2014 et 2018.

  4. Oct 15

    Colloque - L'animal - Le cheval d'avant et après notre histoire commune

    Colloque de rentrée - L'animal Collège de France Année 2026-2027 Le cheval d'avant et après notre histoire commune Session 2 : Cohabiter avec l'animal Ludovic Orlando Directeur de recherche CNRS, université de Toulouse Résumé Dans les pays occidentaux aujourd'hui, le cheval est avant tout considéré comme un animal de loisir. Pourtant, il y a encore peu de temps, il jouait un rôle central dans nos sociétés. Rapide comme l'éclair, le cheval nous a portés aux quatre coins du globe, accélérant la diffusion des cultures, des langues et des microbes, tout en révolutionnant l'art de la guerre. Dès l'instant où les chevaux sauvages ont été domestiqués, leur histoire s'est entrelacée avec la nôtre, évoluant au rythme des sociétés humaines jusqu'à l'avènement des moteurs à combustion. Jusqu'à très récemment, cependant, l'histoire complète des chevaux – de leur domestication à la sélection des champions de course – restait en grande partie méconnue. Mais ces dernières années, le décryptage de séries temporelles du génome du cheval a permis d'éclairer les étapes clés qui ont façonné ce que Buffon appelait un jour « la plus noble » des conquêtes de l'homme, levant enfin le voile sur les mystères de ce partenariat exceptionnel. Cette conférence décrira comment les recherches sur l'ADN ancien ont répondu aux questions essentielles : quelle était la diversité des chevaux avant que nous le domestiquions ? Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Mais aussi : où, quand, pourquoi et comment les chevaux ont été domestiqués pour la première fois. En apportant des réponses à ces questions, cette conférence illustrera à quel point les activités humaines ont transformé la biologie des chevaux, et plus largement, celle des espèces avec lesquelles nous interagissons, et comment ces changements ont, en retour, influencé notre propre histoire. Ludovic Orlando Ludovic Orlando est un archéologue moléculaire qui explore les sociétés du passé à partir des traces d'ADN conservées dans les vestiges archéologiques et l'environnement. Biologiste de formation, il combine sciences quantitatives, humanités et savoirs autochtones pour renouveler notre compréhension de l'histoire et de l'évolution. Ses travaux ont contribué à repousser les limites de la génomique au-delà du million d'années, donnant une profondeur temporelle inédite à l'étude des mécanismes d'évolution moléculaire. Ils ont ouvert la voie au déchiffrage des épigénomes anciens, et ont permis de mesurer l'impact des grands changements climatiques sur les populations de grands mammifères. Ils ont enfin montré comment la domestication du cheval a façonné l'histoire des sociétés humaines. Il a notamment reçu le prix Pégase et la médaille d'argent du CNRS en 2023, ainsi que le AAAS Newcomb Cleveland Prize et le prix Charles-Léopold Meyer en 2024. Ses recherches, à la croisée de l'innovation technologique et de l'interdisciplinarité, redéfinissent les liens entre la génétique, l'archéologie et l'histoire, et interrogent la place des humains dans le vivant.

  5. Oct 15

    Colloque - L'animal - Arches zoopoétiques : littérature et déluges contemporains

    Colloque de rentrée - L'animal Collège de France Année 2026-2027 Arches zoopoétiques : littérature et déluges contemporains Session 1 : Penser l'animal Anne Simon Directrice de recherche, CNRS ; professeure, École normale supérieure – université Paris Sciences et Lettres Résumé Aux temps des récits mésopotamiens et bibliques, l'arche de survie était associée à l'anéantissement diluvien de la quasi-totalité des vivants, suivi d'une régénération vitale et éthique. Voguant au fil des millénaires dans nos imaginaires et nos mémoires, l'arche est aujourd'hui investie de valeurs nouvelles, et remobilisée par des procédés poétiques hétérogènes. De la matrice fragile au tombeau, en passant par le musée d'Histoire naturelle, le navire mercantiliste, la biobanque, le vaisseau intersidéral ou la bibliothèque, le statut des animaux ne cesse de se déplacer, entre mélancolie, comique et colère : quel rapport entre un brin d'ADN destiné à peupler une hypothétique planète, la reconstitution d'un dodo disparu, des taureaux traversant les mers entre deux rangées de conteneurs, et une litanie de souffles exténués ? On examinera ces différents motifs, en cherchant comment les œuvres donnent voix, lieu ou mémoire à des bêtes dont l'ultime et fragile refuge pourrait bien être un poème. Anne Simon Anne Simon est directrice de recherche au CNRS et professeure à l'École normale supérieure – université Paris Sciences et Lettres. Membre de la République des savoirs, elle y est responsable de Philo-FR (Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine), et des carnets Pôle Proust et Animots. Elle est l'autrice de quatre essais sur Proust, d'un ouvrage avec C. Détrez sur les représentations des corps féminins, et d'Une bête entre les lignes. Essai de zoopoétique (2021 ; réédition Gallimard, « Folio Essais », 2027). Anne Simon a publié une centaine d'articles sur la zoopoétique, et copiloté le Congrès international « Humain-Animal » des 20th and 21st-Century French and Francophone Studies (San Francisco, 2011) ainsi que la Biennale du Vivant (Paris, 2023 et 2025). Elle a aussi dirigé six numéros spéciaux : « Face aux bêtes », « L'Esprit créateur » (2011) ; « Humain-Animal », Contemporary French and Francophone Studies (2012) ; « Écopoétiques », Fixxion (2015) ; « Zoopoétique », Revue des sciences humaines (2017) ; « Une décennie de zoopoétique », Cahiers de l'association internationale des études françaises (2025) ; « Littérature et zoomorphie satirique », Colloques Fabula (2025). Elle rédige actuellement un essai sur les revitalisations littéraires de l'arche et du déluge.

  6. Oct 15

    Colloque - L'animal - L'orang-outan dans l'anthropologie des Lumières

    Colloque de rentrée - L'animal Collège de France Année 2026-2027 L'orang-outan dans l'anthropologie des Lumières Session 1 : Penser l'animal Silvia Sebastiani Directrice d'études à l'EHESS Résumé L'« orang-outan », ou « homme des bois », fait son entrée dans l'Europe du XVIIe siècle à travers les premiers traités de casuistique médicale, parmi d'autres cas cliniques. Sa proximité avec l'être humain jette le trouble sur la frontière entre humanité et animalité, au cœur de la science de l'homme des Lumières. La quête de cet être singulier conduit sur les routes du commerce triangulaire, qui approvisionne les métropoles européennes en spécimens, soulevant la question des « degrés » d'humanité. Des navires de la traite aux spectacles publics, puis aux vitrines des musées, l'orang-outan devient ainsi un acteur central des controverses anthropologiques qui, en cherchant à déterminer les frontières de l'humain, contribuent à définir et à hiérarchiser celles de la race et du genre. Silvia Sebastiani Silvia Sebastiani est directrice d'études à l'EHESS. Spécialiste des Lumières, en particulier écossaises, elle travaille sur les questions de race, de genre et d'écriture de l'histoire. Elle est l'autrice de The Scottish Enlightenment: Race, Progress, and the Limits of Progress (2013 ; éd. italienne, 2008) et la coautrice, avec Jean-Frédéric Schaub, de Race et histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècle) (2021). Elle achève actuellement un ouvrage consacré aux frontières de l'humanité au XVIIIe siècle, qui examine le rôle des grands singes dans la formation des sciences humaines et sociales.

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