A la Une de la presse, ce jeudi 15 juin, la canicule en Europe, où les records de température tombent les uns après les autres. Et deux documents préoccupants: un rapport sénatorial, publié hier, qui alerte sur la menace masculiniste en France. Et un autre, publié aujourd’hui par Amnesty International, sur l’homophobie, en France et dans le monde. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, la vague de chaleur en Europe, où les records de température tombent les uns après les autres. La canicule, un phénomène climatique aux conséquences politiques. "Est-ce la nouvelle normalité ?"(The new normal ?) : The Guardian, le quotidien britannique s’alarme de cette vague de chaleur qui touche plus de 90 millions de personnes à-travers le continent et de ses répercussions sur l’économie, les infrastructures, l’agriculture, les écosystèmes et la santé. El Pais, le journal espagnol, relaie les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale : cette vague de chaleur va probablement se poursuivre ces deux prochaines semaines, en se déplaçant vers les Balkans. The New York Times relève que le changement climatique affecte particulièrement l’Europe, qui "se réchauffe plus vite les autres continents depuis trois décennies". Le journal cite les chiffres de Copernicus, le service de surveillance du climat de l'UE: depuis le milieu des années 90, les températures moyennes y ont augmenté de 0,56 degré, soit plus du double du réchauffement global. Les "irresponsables" du gouvernement Outre l’augmentation des températures mondiales provoquée par la hausse des émissions de CO2 dues à l'activité humaine, le continent européen subit plusieurs phénomènes locaux, à la fois sur terre et sur mer, comme le fait que le réchauffement climatique provoque la fonte de la banquise qui recouvrait autrefois d'immenses étendues de l'Arctique, ce qui amène les océans à absorber davantage l'énergie solaire, aggravant le réchauffement climatique dans l'hémisphère nord. La canicule, un phénomène climatique aux conséquences politiques. En France, le site d’info Mediapart accuse les "irresponsables" du gouvernement dont "le discours sur l’adaptation" n’est qu’une "poursuite, selon lui, du déni climatique". Le Nouvel Obs met en lumière, lui, la lourde responsabilité des gouvernements successifs", qui ont ignoré, depuis le milieu des années 90, la litanie des rapports du Giec, le groupe d’experts international sur le climat. Colère aussi en Belgique, où Le Soir estime que le gouvernement dit aux Belges "écrasés de chaleur : "débrouillez-vous". Même en Espagne, pourtant présentée comme un modèle en termes d’adaptation aux fortes chaleurs, El Pais rapporte que seules 1% des écoles sont climatisées et presse le gouvernement d’adapter le pays à la "réalité" du changement climatique "avec détermination et discernement". Au niveau de l’UE, l’hebdo allemand Die Zeit relaie l’appel de la Confédération européenne des syndicats demandant notamment la mise en place de "pauses fraîcheur" pour les travailleurs européens, "sur le modèle des pauses de la Coupe du monde de la FIFA". Menace masculiniste et "vague réac" Dans la presse, également, un rapport sénatorial, publié hier, qui alerte sur la menace masculiniste en France. Selon ce document, consulté par Le Parisien/Aujourd’hui en France, le masculinisme va bien au-delà d’un simple phénomène de mode sur les réseaux sociaux, avec ses figures, ses influenceurs, dont l’Américain Clavicular, qui s’est illustré récemment en se faisant rembarrer par des Parisiennes qu’il prétendait séduire lors de la Fête de la musique. D’après ce rapport, le masculinisme constitue désormais un vrai "mouvement social et politique visant à anéantir les droits des femmes et, in fine, à démanteler le socle démocratique". Le Monde évoque un mouvement aux "liens étroits" avec "les sphères du complotisme" et l’extrême droite, considéré comme "une menace terroriste émergente et très préoccupante", comparé par le renseignement intérieur français au djihadisme, avec des parcours de radicalisation similaires. L’essentiel des manifestations du masculinisme relève toutefois de ce que l’on pourrait appeler la violence "ordinaire", et l’une des auteures de ce rapport se dit "frappée" par "les récits de filles, de mères, de sœurs qui doivent faire face à des jeunes gens qui tentent d’exercer leur pouvoir sur elles au nom de cette idéologie". Selon cette sénatrice, un "soutien spécifique devrait être apporté aux mères célibataires de garçons". Le masculinisme et son corollaire, l’homophobie, objet d’un autre rapport, publié aujourd’hui par Amnesty International. Relayé par L’Humanité, qui dénonce une "vague réac", ce rapport documente les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBT+ en France et dans le monde - des agressions qui "s’inscrivent très souvent, selon Amnesty, dans un schéma plus large de pratiques autoritaires orchestrées par un nombre croissant de dirigeants", mais aussi d’organisations anti-genre et antiféministes "à l’agenda politique réactionnaire assumé" - des associations opposées, par exemple, en France, aux programmes d’éducation à la vie sexuelle et affective. La réalité de l’homophobie, c’est à lire aussi ce matin avec l’enquête du journal britannique The Independent sur le phénomène des attaques "kito" au Nigéria, où des membres de la communauté LGBTQ+ sont victimes d’usurpation d’identité en ligne, kidnappés, torturés et rackettés par des gangs. A lire aussi dans La Repubblica, le journal italien, à propose des meurtres, hier de Kety Andreoni, 52 ans et de son fils Mirko Moriconi, 24 ans. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur présumé serait Piero Moriconi, le mari et père de Kety et Mirko, qui avait écrit, il y a 4 ans, sur les réseaux sociaux : "C’est terrible de penser que ton père préférerait te voir mort plutôt qu’homosexuel". Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.