XY Magazine

Régis BAUDOUIN

Le podcast de la génération X et Y. On traite de sujets touchant à la tech, innovation, cyber, souveraineté, sobriété, enjeux sociétaux

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    Ces vêtements conçus pour rendre invisible face aux IA de surveillance

    La mode adversariale pour se cacher de quoi ? Par Régis BAUDOUIN « Vous n’êtes plus un humain. Pour l’œil électronique qui vous regarde, vous êtes un zèbre, une girafe ou un simple pixel vide. » En ce mois de mai 2026, alors que la Vidéosurveillance Algorithmique (VSA) s’installe définitivement dans nos espaces publics après des années d’expérimentations, une contre-attaque insolite est née dans les ateliers de la Fashion Tech. C’est l’émergence de la mode adversariale. Des designers de mode et des chercheurs en sécurité informatique s’allient pour créer des collections de vêtements d’un nouveau genre : la mode adversariale ou mode furtive. Leur but ? Saturation, confusion et invisibilité face aux caméras intelligentes de l’État. XY Magazine décrypte la tech qui se cache derrière ces textiles rebelles. Qu’est-ce qu’une attaque adversariale ? Pour comprendre comment un simple sweat-shirt peut paralyser une IA de surveillance à plusieurs millions d’euros, il faut plonger dans le moteur de la vision par ordinateur. Les caméras intelligentes actuelles utilisent des réseaux de neurones convolutifs (comme les célèbres modèles YOLO — You Only Look Once). Contrairement à l’œil humain qui appréhende une forme dans sa globalité, une IA segmente une image en milliers de couches mathématiques. Elle cherche des motifs géométriques spécifiques, des contrastes et des textures pour en déduire, avec un certain pourcentage de confiance : « Ceci est une silhouette humaine. ». L’intelligence artificielle ne reconnait pas elle se base sur un modèle statistique de probabilité. C’est ici qu’intervient l’attaque adversariale via la mode furtive. En imprimant sur le tissu des motifs graphiques hyper-spécifiques — générés par des algorithmes miroirs —, les designers exploitent les failles mathématiques des réseaux de neurones. Ces motifs, baptisés “patches adversariaux”, saturent les capacités d’analyse de l’IA. C’est l’équivalent d’une attaque par déni de service (DDoS) mais appliquée à la reconnaissance visuelle. Concrètement, le motif envoie une information contradictoire si violente à l’algorithme que celui-ci “bugge” : soit il ne détecte plus du tout la silhouette (qui devient invisible pour le système), soit il la catégorise à tort comme un animal ou un objet inanimé. Le cadre vert de détection automatique de la caméra se déplace sur le motif texturé, laissant le porteur du vêtement totalement hors du radar. Source https://www.capable.design/collections/all Avec ce motif de Capable design, à 82% la caméra vous identifie comme une pomme. L’omniprésence vertigineuse de l’œil algorithmique Le déploiement de la surveillance automatisée depuis les jeux Olympique de Paris. On a atteint une échelle qui défie l’entendement sociologique. En 2026, l’œil algorithmique est partout, avec plus d’un milliard de caméras IA actives sur le globe. La France s’est transformée en un véritable panoptique numérique : on y dénombre 100 000 caméras publiques et près de 2 millions de capteurs privés surveillant commerces et transports. Cette numérisation de la place publique transforme nos déplacements physiques en flux de données constants. Le marché de la vidéosurveillance, estimé à 6,8 milliards de dollars en 2025, devrait d’ailleurs exploser pour atteindre les 11 milliards d’ici 2030. Face à cette marchandisation de la silhouette humaine, le vêtement cesse d’être une surface passive pour devenir un bouclier de protection visuelle. C’est le point de vue des militants pour une mode furtive. Déjouer le tracking des citoyens, pouvoir sortir sans être reconnu au départ c’est l’objectif des scientifiques qui travaillent sur ces images de brouillage. Mais aussi cela fait le jeu de ceux qui doivent se cacher par nécessité. Le vêtement comme “bruit mathématique” et bug sémantique Pour contrer cette détection, des designers collaborent avec des data-scientists pour exploiter les failles des réseaux neuronaux via l’usage d’images “adversariales” (adversarial noise). Le principe est fascinant : l’IA ne “voit” pas un humain, elle calcule des contrastes et des probabilités. En injectant un bruit visuel spécifique dans la trame du tissu, on force la machine à commettre une erreur de classification. Il existe ici une distinction technique cruciale que les marques de pointe commencent à maîtriser. Là où des projets comme AdvHat ciblent spécifiquement les modèles biométriques pour empêcher l’identification d’un individu précis, des collectifs comme Cap_able s’attaquent à la détection d’objets. Ci-dessous un simple sticker sur un bonnet et la caméra ne sait plus ce qu’elle filme. Source https://ailb-web.ing.unimore.it/icpr/media/slides/10934.pdf Les vêtements utilisent des configurations visuelles capables de semer le doute dans un algorithme pour qu’il ne reconnaisse plus la catégorie “personne”. En portant ces motifs, vous perturbez des modèles standards comme YOLOv8 ou OpenFace. Pour l’œil humain, vous êtes élégamment vêtu ; pour le serveur, vous n’êtes qu’une erreur de segmentation ou un amas de pixels sans signification biologique. Votre vie privée est protégée. Mais les algorithmes s’adaptent. Pour un humain, vous portez des vêtements de mauvais gout et étranges. Pour l’IA vous êtes une erreur. Résister par le design paramétrique : le paradoxe du leurre Cette nouvelle esthétique de la résistance s’appuie sur le design paramétrique, utilisant des variables mathématiques pour définir des textures optimisées. Des marques comme Cap_able ou le projet HyperFace d’Adam Harvey créent des motifs qui ne se contentent pas de masquer le porteur, mais saturent les capacités de calcul des caméras. Source https://adam.harvey.studio/hyperface/ La stratégie la plus efficace consiste à multiplier les “faux visages” sur un seul vêtement pour créer une sur-saturation algorithmique. En obligeant le système à détecter des dizaines d’humains là où il n’y en a qu’un, on crée une confusion systémique. C’est le paradoxe ultime de notre ère : utiliser les outils de conception informatique les plus sophistiqués pour saboter les systèmes de surveillance de pointe. Le textile arme politique L’essor de cette mode anti-IA n’est pas qu’une prouesse technique, c’est le symptôme d’un climat politique de plus en plus coercitif. Aux États-Unis, le retour d’une administration Trump et le durcissement des politiques migratoires ont agi comme un catalyseur. L’utilisation par l’ICE (police de l’immigration) d’outils mobiles de reconnaissance faciale a transformé le besoin d’anonymat en une urgence de sécurité personnelle. Depuis cette bascule politique, les ventes de vêtements “furtifs” ont doublé chez les principaux revendeurs spécialisés. Même si le marché reste marginal. La peur de l’identification automatisée n’est plus l’apanage des activistes de la vie privée. Elle devient une préoccupation citoyenne générale pour ceux qui refusent que leur visage devienne un identifiant à distance, consultable en temps réel par les autorités. Entre friction et réalité technique : les limites de l’invisibilité Soyons lucides : ces textiles ne sont pas des capes d’invisibilité totales, mais des outils de “friction” visant à réduire la probabilité de détection. L’efficacité varie selon l’angle de vue, la densité de la foule et la sophistication des logiciels propriétaires. Cependant, la panoplie du citoyen furtif s’est considérablement diversifiée : L’identification biométrique : La collection « Faception » d’Urban Privacy utilise des mailles noir et blanc pour briser la symétrie faciale calculée par les algorithmes. T shirt qui trompe les caméras La surveillance nocturne : La ligne « Urbanghost » propose des matériaux spécifiques conçus pour éblouir ou tromper les caméras à infrarouges. source https://urban-privacy.com/products/anti-paparazzi-triangle-scarf-bio-premium-unisex-trianglescarf-for-protection-against-unwanted-photos-more-privacy L’analyse de la démarche (gait analysis) : L’usage de coupes amples (baggy cuts) permet de masquer les estimateurs biomécaniques des articulations, empêchant l’IA de reconnaître un individu à sa démarche. Les leurres lumineux : Des accessoires LED intégrés dégradent la qualité des capteurs dans les zones à faible luminosité. La résistance s’organise. La puissance de calcul des algorithmes et les contres mesures parviennent à déjouer ces tentatives d’invisibilité. Conclusion : Vers une esthétique de la vie privée Le vêtement redevient un espace de liberté individuelle et un rempart contre l’intrusion. Dans un futur saturé de capteurs, l’innovation textile nous permet de négocier notre visibilité face au pouvoir froid des serveurs. La question n’est plus de savoir si nous serons vus, mais si nous serons lisibles. Dans ce monde de surveillance totale, le “bon goût” de demain ne sera peut-être plus défini par notre capacité à nous montrer, mais par notre élégance à rester obstinément indéchiffrables pour les machines. La mode furtive ou adversariale va se développer. The post Ces vêtements conçus pour rendre invisible face aux IA de surveillance first appeared on XY Magazine.

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  2. 9 MAY ·  VIDEO

    Votre prochain recruteur sera peut-être une IA avec MIIKAA

    La startup MIIKAA propose une nouvelle approche de l’interaction recruteur candidat Nous allons découvrir MIIKAA, une start-up qui permet aux entreprises et recruter, former, tester, simuler en utilisant les capacités de l’intelligence artificielle. Avez-vous déjà ressenti ce sentiment d’injustice flagrant en sortant d’un entretien d’embauche, convaincu que votre sort était scellé avant même d’avoir pu exposer votre expertise ? Ce n’est pas une simple paranoïa : la psychologie cognitive confirme que le jugement des “trois premières secondes” — ce mélange de biais d’affinité et de stéréotypes — l’emporte souvent sur l’analyse des compétences réelles. #image_title Face à cette faillibilité humaine, Lionel Drouin, entrepreneur aguerri, propose une rupture technologique majeure avec MIIKAA. En utilisant l’IA pour simuler des interactions humaines, MIIKAA apporte une réponse à la subjectivité émotionnelle, transformant un exercice stressant en un terrain d’expression pour les talents. La fin du jugement instantané L’intelligence artificielle de MIIKAA ne s’attache ni à la fermeté d’une poignée de main, ni à l’aisance sociale de façade, ni aux codes vestimentaires. Sa mission ? Neutraliser les biais cognitifs pour se concentrer exclusivement sur les soft skills et l’adéquation technique. Là où le cerveau humain cherche inconsciemment des points de ressemblance pour valider un candidat, l’algorithme déploie une analyse rationnelle, factuelle, et neutre. Il est néanmoins essentiel de souligner que l’IA ne se substitue pas au libre arbitre. Elle prépare, structure et objective le processus de décision pour le recruteur humain, qui reste le seul maître à bord. L’outil fournit une cartographie précise des compétences sans jamais écarter arbitrairement un profil. “L’IA est neutre. On lui demande d’ailleurs de ne pas prendre de décision, de ne pas choisir… C’est l’humain derrière qui doit le faire.” Nous indique Lionel DROUIN L’égalité des chances grâce à la scalabilité Dans un marché du travail en tension, le recrutement traditionnel souffre d’un manque de scalabilité critique. Un recruteur humain, par contrainte de temps, ne peut accorder une chance qu’à une poignée de profils jugés “sûrs” sur le papier. MIIKAA brise ce plafond de verre : l’IA peut mener des centaines d’entretiens simultanément, offrant une voix à tous ceux dont le CV aurait fini dans la corbeille. Cette capacité de passage à l’échelle démocratise l’accès à l’emploi. Pour les entreprises gérant des volumes massifs de candidatures, c’est l’assurance de dénicher la perle rare qui se cache derrière une expérience atypique, là où un filtre humain trop étroit aurait manqué sa cible par simple épuisement cognitif. Parler à une machine pour mieux se confier Le concept de “confiance envers l’immatériel” constitue l’un des paradoxes les plus fascinants du futur du travail. Contrairement aux idées reçues, l’absence de regard social peut libérer la parole. On observe que les nouvelles générations Z, habituées à l’immédiateté des échanges sur des plateformes comme WhatsApp éprouvent un confort certain à interagir avec une interface numérique. L’IA devient alors un “filtre protecteur”. Pour des sujets sensibles, comme le signalement de cas de harcèlement en entreprise, la machine offre un espace de parole sans peur de la stigmatisation immédiate. Elle permet de répéter, de reformuler ou d’approfondir sans jamais manifester de lassitude. “L’IA ne sera jamais agacée… on a un confort supplémentaire pour aller un petit peu plus loin sur l’interaction que avec un humain.” La simulation dynamique et adaptative Autre fonctionnalité du service. MIIKAA enterre l’ère des quizz statiques et des QCM rigides. L’approche repose sur une discussion ouverte et adaptative, capable de dévier du script initial pour explorer les nuances de la pensée de l’utilisateur. C’est une véritable mise en situation qui permet une “scalabilité de l’empathie” et de l’évaluation. Prenez le cas de la cybersécurité : un Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) ou un DSI est physiquement incapable de mener un entretien individuel avec 200 collaborateurs pour vérifier l’acquisition des réflexes critiques. MIIKAA le permet, en simulant des attaques ou des dilemmes en temps réel. Les applications de cette technologie sont protéiformes : Recrutement : Pré-qualification objective et détection des talents. Onboarding : Accompagnement personnalisé des nouveaux collaborateurs. Formation : Simulations critiques (cybersécurité, conformité). Prospection commerciale : Entraînement dynamique face à des avatars de clients “difficiles”. Accompagnement managérial : Entrainement aux échanges complexes MIKKA propose l’ensemble de ces solutions. On va donc bien au delà du recrutement et de l’entretien d’embauche. L’aventure entrepreneuriale MIIKAA Le développement de MIIKAA illustre également une vision moderne de l’entrepreneuriat : celle de l’association par les compétences. Pour porter cette innovation, Lionel Drouin s’est entouré de profils spécialisés. Stéphane PETROT assure la direction technique, tandis que Pascaline LAROSE apporte son expertise en business développement. Cette structure tripartite permet de piloter un modèle économique hautement scalable. Avec une traction commerciale soutenue, la start-up prépare une levée de fonds pour le dernier trimestre de l’année, visant à asseoir sa position d’acteur incontournable du secteur. Vers une collaboration homme-machine apaisée Loin de l’image de la machine remplaçant l’homme, l’intelligence artificielle proposée par MIIKAA se positionne comme un agent IA de haute précision. En délégant les phases chronophages et en neutralisant les réflexes archaïques du jugement instantané, elle permet aux professionnels des RH de reprendre leur véritable place : celle de décideurs éclairés, concentrés sur la dimension stratégique et humaine du recrutement. Seriez-vous prêt à confier votre prochaine session d’entraînement ou votre premier entretien à une IA pour garantir votre entière objectivité ? La réponse pourrait bien définir la qualité de votre future collaboration professionnelle. Par Régis BAUDOUIN The post Votre prochain recruteur sera peut-être une IA avec MIIKAA first appeared on XY Magazine.

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  3. 2 MAY ·  VIDEO

    L'euro numérique arrive dans votre smartphone

    Euro Numérique : Pourquoi le vote du 4 mai 2026 est si important Par Régis BAUDOUIN Le 4 mai 2026 restera sans doute dans les livres d’histoire comme le jour où l’Europe a enfin pris les commandes de son destin monétaire à l’ère du numérique. Ce jour-là, la Commission Européenne validera le cadre technique et législatif de l’Euro Numérique. Loin des discours alarmistes ou des fantasmes de surveillance, ce projet ambitieux est une mise à jour digitale indispensable de notre économie. Il s’agit de transformer nos smartphones en véritables coffres-forts souverains, capables de transporter du “cash dématérialisé” avec la même simplicité que la monnaie physique. Cette capacité s’ajoute aux solutions de paiement actuelles, ce n’est pas une restriction, c’est une émancipation. Tout le monde ne partage pas cette vison moderniste de la monnaie. L’Euro digitale ne tue pas le monnaie physique. C’est une nouvelle solution de paiement. Actuellement déjà les paiements en monnaie physique sont limités (1500 € entre particuliers et 1000 € entre professionnels) pour limiter le travail dissimulé et les blanchiment. Cela ne va pas changer. Le Cash numérique L’Euro Numérique n’est pas une énième application bancaire, c’est une révolution de l’infrastructure même des transactions numériques. Pour la première fois, la Banque Centrale Européenne (BCE) met à disposition des citoyens une monnaie numérique qui possède les mêmes propriétés que les espèces : elle est gratuite, universelle, et surtout, elle ne dépend pas de la santé financière d’une banque privée. Ce n’est pas non plus une crypto monnaire. Les Piliers Techniques de l’Euro Numérique Comment la BCE créée de la monnaie numérique ? Le Niveau 1 (BCE) : La Banque Centrale gère le “Grand Livre” (Ledger). Elle émet la monnaie et assure l’intégrité globale du système. Contrairement au Bitcoin, ce n’est pas une blockchain publique mais un registre centralisé ultra-sécurisé capable de traiter des dizaines de milliers de transactions par seconde. Le Niveau 2 (Intermédiaires) : Ce sont les banques commerciales et les établissements de paiement qui gèrent la relation client, ouvrent les portefeuilles (wallets) et assurent la vérification d’identité (KYC). Mais la véritable innovation technologique réside dans le paiement “offline”. Grâce à l’interopérabilité des puces NFC et au protocole CPACE, vous pouvez désormais régler vos achats de téléphone à téléphone, sans aucune connexion internet. Une résilience technologique majeure qui garantit que, même en cas de panne réseau ou de cyberattaque massive, l’économie européenne continue de respirer. Dans la limite des montants autorisés en numérique. La puce sécurisée est caractéristique la plus attendue de 2026. Elle utilise l’élément sécurisé (Secure Element) des smartphones et des cartes à puce. La transaction se fait via NFC (Near Field Communication) ou Bluetooth Low Energy. Les fonds sont transférés directement d’une puce à l’autre sans passer par le réseau. Cette puce est déjà présente dans vos smatphones, le problème était jusqu’ici son accessibilité. Chez Apple : Jusqu’à récemment, la puce NFC et le Secure Element étaient “fermés” (réservés exclusivement à Apple Pay). Sous la pression de la Commission Européenne (via le Digital Markets Act ou DMA), Apple a dû ouvrir l’accès au NFC à des tiers en Europe. L’Euro Numérique en profite : Grâce à cette ouverture forcée, l’application officielle de votre banque (ou celle de l’Eurosystème) pourra utiliser la puce sécurisée de votre iPhone pour payer en Euros Numériques, sans passer par Apple Pay. Pour ceux qui n’ont pas de smartphone récent ? La BCE a prévu deux alternatives pour ne laisser personne de côté : La Smart Card (Carte à puce) : Une carte physique ressemblant à une carte bancaire, mais dotée d’une puce spécifique capable de stocker une valeur “offline”. On pourra “charger” cette carte avec son téléphone ou à un distributeur. Le SIM-based Secure Element : Pour certains téléphones plus anciens, la sécurisation pourrait passer par la carte SIM (si elle est de type “GlobalPlatform”), bien que cette solution soit moins privilégiée que le SE intégré au téléphone. Comme aucune donnée ne remonte au serveur central au moment de l’achat, la confidentialité est totale pour les petits montants du quotidien ( ces montants sont plafonnés pour éviter le blanchiment). Pour éviter que l’Euro Numérique ne soit trop complexe à gérer, la BCE a inventé ces mécanismes de vase communicant entre le Wallet de votre compte bancaire classique: Waterfall (Cascade) : Si vous recevez 100€ en Euro Numérique mais que votre portefeuille est déjà au plafond (fixé dans le projet autour de 3 000€ pour éviter la fuite des dépôts bancaires), le surplus est automatiquement transféré sur votre compte bancaire classique. Reverse Waterfall : Si vous achetez un objet à 50€ mais que vous n’avez que 20€ sur votre wallet Euro Numérique, le système “pioche” automatiquement les 30€ manquants sur votre compte bancaire lié pour valider l’achat instantanément. Attention, la BCE refuse le terme de “monnaie programmable” (qui pourrait expirer), mais elle autorise les paiements conditionnels. Exemple fonctionnel : Vous pouvez programmer le déblocage d’un paiement Euro Numérique uniquement lors de la livraison d’un colis (Smart Contracts simplifiés). Usages B2B : Paiements automatiques lors de la validation d’une étape de production en usine (Industrie 4.0). Se libérer de la dépendance Visa / Mastercard Pourquoi un tel investissement ? L’euro numérique est un enjeux de souveraineté. Aujourd’hui, plus de 70 % des transactions par carte, en Europe, transitent par des réseaux privés américains. Cette dépendance est une faille stratégique. En cas de tensions géopolitiques extrêmes, un simple “clic” outre-atlantique pourrait paralyser nos terminaux de paiement. L’Euro Numérique est notre bouclier de souveraineté. En bâtissant une infrastructure 100 % européenne, nous garantissons que nos flux financiers restent sous notre juridiction. Pour les commerçants, c’est aussi la promesse de frais de transaction réduits, brisant le duopole actuel pour offrir une alternative publique et performante. Vie privée : Le rempart du règlement de 2026 C’est ici que le débat devient passionnant. Contrairement aux idées reçues, l’Euro Numérique est conçu pour offrir plus de confidentialité que nos cartes bancaires actuelles. Le règlement voté ce 4 mai impose une “ségrégation stricte des données”. Pour les petits paiements du quotidien (mode offline), la BCE ne voit jamais qui achète quoi. Le niveau d’anonymat est équivalent à celui d’un billet de banque. Pour les transactions en ligne, si votre banque connaît votre identité pour des raisons de lutte contre la fraude, la BCE, elle, ne voit qu’un flux financier anonymisé. Contrairement aux modèles des GAFAM, l’Euro Numérique n’a pas pour vocation de monétiser votre comportement d’achat, mais de sécuriser votre liberté de payer. Il faut rappeler ici que toutes vos transactions Apple pay, Google pay… sont utilisées pour tracer vos dépenses, vous habitudes et vos comportement. Ces données sont vendues et échangées entre grands acteurs de l’économie. L’Europe se dote enfin d’une moyen de paiement souverain publique. L’Euro Numérique ne signe pas la fin du cash physique — qui reste un droit — mais il offre une alternative moderne, sécurisée et surtout libre de toute influence étrangère. En 2026, posséder des Euros Numériques, c’est posséder un morceau de souveraineté européenne dans sa poche. Une étape de plus vers une société numérisée et dématérialisée. Sources Banque Centrale Européenne (BCE) : Rapport d’étape de mars 2026 sur la phase de préparation et les partenariats avec les organismes de normalisation (ECPC, Berlin Group). Source : ECB – Progress on the digital euro project (2026) Commission Européenne : Proposition de règlement du 28 juin 2023 (base légale pour le vote de mai 2026) définissant le statut de cours légal. Source : Commission Européenne – Digital Euro Package Banque de France / CNIL : Avis sur le respect de la vie privée et les tests de paiement “offline”. Source : CNIL – Euro numérique et protection des données Premiers pas avec les cryto monnaies Article XY Magazine The post L’euro numérique arrive dans votre smartphone first appeared on XY Magazine.

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  4. 25 APR ·  VIDEO

    Jade ROUBY entrepreneuse de 23 ans qui créée FEROCE AI

    Jade, d’un besoin personnel à une application universelle FEROCE AI Par Régis BAUDOUIN Le paradoxe de la santé invisible À 23 ans, Jade incarne l’image de la vitalité : sportive, nutrition contrôlée, hygiène de vie irréprochable. Pourtant, le verdict d’un bilan sanguin est sans appel : elle est pré-diabétique. Ce diagnostic n’est pas le fruit d’une fatalité génétique, mais de l’épigénétique — cette traduction biologique de nos modes de vie, où le stress et l’environnement dictent l’expression de nos gènes. Pour suivre ses données de santé, Jade a l’idée de se lancer dans la création d’une application dopée à l’Intelligence artificielle en utilisant comme interface Whatsapp. Ce sera FEROCE AI. Avant ce projet elle avait déjà lancé un projet d’entreprise assez différent mais là pour le coup elle a totalement stoppé ses étude pour se consacrer 100% au projet FEROCE AI. Jade a quitté Paris pour San Francisco afin de confronter au marché américain mais surtout multiplier les contacts pour valider sa vision. Plus qu’une application, c’est un agent de santé dopé à l’IA conçu pour transformer la donnée passive en une stratégie de longévité proactive. Portrait d’une “solo founder” qui bouscule la Health Tech. L’entrepreneuriat : un vecteur de croissance personnelle Pour Jade, le déclic ne s’est pas produit dans une salle de conférence, mais lors d’un voyage en Asie. À son retour, elle refuse le destin tracé de l’étudiante en école de commerce : celui d’une carrière linéaire dans une “grande tour à la Défense” à aligner des tableaux Excel. À 22 ans, elle investit son prêt étudiant pour ouvrir un studio de podcast à Paris. Aujourd’hui, c’est avec les fonds propres issus de cette première entreprise qu’elle finance feroce AI. Ce choix de l’autofinancement initial est stratégique : rester “solo founder” lui permet de protéger sa vision et de maintenir un rapport de force favorable face aux investisseurs, en évitant une dilution précoce. « Je me suis rendu compte que l’entrepreneuriat n’était pas juste créer une boîte, mais que c’était un vrai outil de développement personnel. C’était un moyen de grandir, d’apprendre à se débrouiller, de dépasser ses peurs. » FEROCE AI puise ces données dans toutes les applications de santé du marché Le marché des “wearables” est aujourd’hui une tour de Babel : entre les bagues Oura, les montres Garmin et les bracelets Whoop, la donnée est fragmentée, isolée dans des silos propriétaires. La thèse de Jade repose sur l’agnosticisme matériel. feroce AI ne cherche pas à remplacer ces outils, mais à s’ériger en agrégateur universel. En centralisant sommeil, nutrition, biomarqueurs et calendrier, l’IA offre une vision holistique. Jade compare ce modèle à celui d’Amazon : une plateforme unique où la complexité de l’offre est effacée par la simplicité de l’accès. L’enjeu n’est plus de collecter la donnée, mais de la rendre intelligible et actionnable pour l’utilisateur final. WhatsApp comme outil conversationnel de bien être Le secteur de la santé connectée fait face à un chiffre brutal : seulement 3 % de rétention utilisateur après 30 jours pour les applications classiques. Pour contrer cette volatilité, Jade a choisi WhatsApp comme interface principale. En s’insérant dans le canal de communication le plus utilisé, feroce devient un compagnon proactif plutôt qu’une notification de plus. L’intelligence réside dans la présence au moment de la vulnérabilité : que ce soit pour un résumé matinal basé sur la qualité du sommeil ou pour répondre à une interrogation anxieuse lors d’une insomnie à 4 heures du matin. Là où les apps traditionnelles demandent un effort, l’IA de Jade s’invite dans la routine habituelle de l’utilisateur. Coté expérience utilisateur, vous parlez à whatsapp, vous lui posez des questions. En retour, il vous prodigue des conseils et vous fait un bilan régulier. Un marketing personnel et d’offre Adepte du “Build in Public”, Jade documente sans filtre les coulisses de son installation californienne sur LinkedIn et Instagram. Elle y expose la réalité brute de l’entrepreneuriat : les doutes, les difficultés techniques et les retours clients. Sa stratégie de lancement se résume en une phrase : « Si tu sors un produit et que t’es fier de lui, c’est que tu l’as sorti trop tard. » Plutôt que d’attendre la perfection marketing, elle a lancé un produit volontairement “en beta” pour forcer le dialogue avec ses early adopteurs. Cette confrontation immédiate avec le marché permet d’affiner l’algorithme en temps réel, garantissant que le produit final réponde à un besoin vital plutôt qu’à une intuition théorique. Le modèle B2B2C : combler le vide du “Post-Test Gap” Si feroce AI cible les individus, sa stratégie de croissance passe par les entreprises. Ce pivot B2B2C offre une crédibilité immédiate et un accès massif à une clientèle déjà sensibilisée à l’optimisation des performances. Dans un paysage concurrentiel dominé par des géants comme OpenAI ou Perplexity AI, la startup de Jade se positionne sur une niche délaissée : le suivi post-analyse. Aujourd’hui, un patient reçoit ses résultats de laboratoire mais se retrouve seul pour les interpréter et les intégrer à son quotidien. feroce AI comble ce vide, agissant comme le pont entre la donnée médicale froide et l’action quotidienne de prévention. Conclusion : vers un futur proactif L’aventure de Jade, entre Paris et San Francisco, témoigne de la vitesse d’exécution de la nouvelle génération de la tech. En arrivant dans la “Silicone Valley”, elle illustre une ambition, portée par une mentalité de “Plan A, B et C” où l’échec n’est qu’une donnée d’entrée pour l’itération suivante. Alors que les maladies chroniques liées au mode de vie deviennent la première cause de mortalité mondiale, la technologie de Jade pose une question fondamentale aux entrepreneurs et aux décideurs : sommes-nous prêts à confier notre routine biologique à un copilote numérique pour garantir notre longévité ? Pour suivre l’aventure de Jade sur linkedin, sur Instagram et sur le site de l’application feroce.ai Retour sur les outils connectées The post Jade ROUBY entrepreneuse qui créée FEROCE AI first appeared on XY Magazine.

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  5. 18 APR ·  VIDEO

    Recontre avec Alix ROY cofondateur de MEETABLE

    L’avenir du networking par le fondateur de Meetable Par régis BAUDOUIN À l’heure du numérique triomphant, nous assistons à un étrange paradoxe : jamais nous n’avons été aussi « connectés », et pourtant, jamais l’intimité professionnelle n’a semblé aussi diluée. que vous apporte Meetable ? Entre les requêtes LinkedIn impersonnelles et la vacuité des afterwork de réseautage où l’on collectionne des cartes de visite comme des trophées sans lendemain, le lien humain s’essouffle. C’est dans cette faille — ce besoin vital de retrouver le tangible — qu’Alix Roy, étudiant entrepreneur de 20 ans, a imaginé Meetable. Accompagné de son associé Karim Ben MESSAOUD, ingénieur de formation, Alix Roy ne se contente pas d’organiser des dîners. Il propose une architecture sociale moderne, une réponse chirurgicale à la solitude du créateur et du décideur. L’Alchimie du diner entre personnes compatibles: Le format Meetable repose sur un algorithme de matching selon les centre d’inérets. Ni plus, ni moins. Cette approche est une véritable démocratisation de l’accès au cercle restreint. Alix, croit profondément aux réseaux interpersonnels et a dû bâtir son propre réseau à partir de zéro. Il voit dans ce format une machine à briser les barrières. En facilitant la rencontre entre mentors, associés potentiels et pairs autour d’une table, Meetable transforme le dîner en un levier d’enrichissement personnel. « Ça va permettre aux gens de vraiment pouvoir créer des relations beaucoup plus profondes, pas juste en surface, mais vraiment prendre le temps de connaître les gens. » — Alix Roy L’Éthique du « Why » : Pourquoi le profit est une conséquence, non une boussole Dans la jungle des startups, l’appât du gain est souvent le moteur le plus bruyant, mais aussi le plus fragile. Pour Alix Roy, l’entrepreneuriat motivé exclusivement par l’argent est une impasse stratégique. « C’est l’un des pires domaines pour faire de l’argent facile », souligne-t-il, rappelant que la résilience face aux tempêtes exige des racines bien plus profondes qu’un simple compte en banque. L’argent ne doit pas être la finalité, mais la conséquence d’une vision et d’une authenticité sans faille. Cette authenticité est précisément ce qui nourrit la stratégie de Meetable : le projet naît d’un vécu personnel, celui d’un jeune homme ayant compris que le réseau est la clé de l’inespéré. C’est ce « Why » émotionnel qui permet de tenir quand les résultats tardent, là où les opportunistes abandonnent au premier pivot. Le Marketing prime sur le service Nous vivons un basculement de l’intelligence artificielle : la barrière technique s’est effondrée. Avec une augmentation de 84 % des soumissions d’applications sur l’App Store en seulement un an, la capacité de coder n’est plus un avantage concurrentiel. L’IA a tout rendu reproductible. Aujourd’hui, la question fatidique des investisseurs est devenue : « Votre idée est-elle substituable par l’IA ou par un concurrent capable de la copier en une semaine ? » Si le code est substituable, la communauté, elle, ne l’est pas. Le marketing et la création de contenu (Instagram, TikTok) deviennent les seuls véritables « actifs non-reproductibles ». Alix Roy anticipe une ère où les créateurs de contenu deviendront les associés stratégiques indispensables, apportant une crédibilité et un levier de croissance immédiat que la technique seule ne peut plus offrir. Dans ce monde, savoir fédérer une audience est aussi vital que l’était le code au début des années 2000. L’Impératif de l’Action : Pourquoi le Business Plan à l’ancienne est un piège Il existe une résistance culturelle des entrepreneurs : celle de vouloir rester « dans la norme » en peaufinant des business plans exhaustifs pendant des mois. Pour l’analyste stratégique, c’est un suicide par la perfection. Alix Roy prône une culture radicalement différente, confronter immédiatement l’intuition à la rudesse du marché. Plutôt que de spéculer sur un modèle théorique, Meetable mise sur le fine tuning permanent issu du feedback réel. Chaque dîner est un test, chaque retour utilisateur est une brique supplémentaire. Cette vélocité permet d’ajuster le tir en temps réel ou de pivoter sans avoir gaspillé les six mois de vie qu’aurait coûtés une planification stérile. « Je pense que le plus important c’est de se confronter à la réalité… c’est lui qui va dicter en fait si le produit a du potentiel ou pas. » — Alix Roy Le Duo « Creator-Engineer » Le succès fulgurant de modèles comme Timeleft (générant 20 millions d’euros de chiffre d’affaires récurrent) prouve que la solitude humaine est un marché colossal. Mais pour passer du dîner artisanal à la plateforme nationale, Meetable s’appuie sur une dualité classique mais redoutable : le duo entre le Marketer/Créateur (Alix) et l’Architecte/Ingénieur (Karim). C’est Karim qui développe l’épine dorsale technologique : un algorithme de matching intelligent capable d’analyser les profils pour garantir la pertinence de chaque table. C’est cette alliance de l’intuition humaine et de la puissance algorithmique qui doit permettre à Meetable de conquérir la France d’ici un an, avant de s’attaquer à la Belgique et à la Suisse. L’IA ne remplace pas l’assiette ; elle s’assure que les bonnes personnes s’y assoient. Le réseau comme porte d’entrée vers l’inespéré Meetable dépasse la simple logistique de réservation. C’est une machine à créer des synergies imprévisibles, offrant à chacun la possibilité de forger son propre destin par la rencontre. En démocratisant l’accès à ce capital social autrefois réservé aux insiders, Alix et Karim redéfinissent les contours de la réussite. pour participer à l’aventure Meetable : Le site web meetable vous pouvez bénéficier d’avantage avec le code welcome XY Magazine n’est pas affilié, et ne fait pas de promotion commerciale pour le site Meetable. Découvrez aussi l’interview de DIV protocol The post Rencontre avec Alix ROY cofondateur de MEETABLE first appeared on XY Magazine.

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  6. 11 APR ·  VIDEO

    La vraie révolution de l'intelligence artificielle n'est plus dans le Cloud, mais dans votre poche

    La vraie révolution n’est plus dans le Cloud, mais dans votre poche Par Régis BAUDOUIN « Désolé, je n’ai pas de connexion internet. » Cette phrase, qui rendait vos assistants “intelligents” totalement inutiles en zone blanche ou dans les transports appartient désormais au passé. En ce mois d’avril 2026, la tendance s’inverse radicalement : les géants de la tech et les champions de l’Open Source ne jurent plus que par les SLM (Small Language Models). Ces modèles réduits, capables de prouesses comparables aux géants de 2024, mais tournant à 100 % localement sur votre smartphone ou votre PC, marquent la fin de la dépendance aux data centers énergivores. Bienvenue dans l’ère de l’Intelligence artificielle souveraine par défaut. En clair fini l’exigence de disposer d’un carte graphique GPU pour héberger une Intelligence artificielle, un smartphone va suffire. C’est un mouvement de fond important. Pour le décideur, cette démesure des modèles LLM s’accompagne d’une “taxe sur l’inefficacité” de plus en plus lourde : factures cloud opaques, latence incompatible avec l’expérience utilisateur et risques persistants sur la souveraineté des données. Nous assistons bien aujourd’hui à un basculement stratégique : le passage vers l’Intelligence artificielle utilitaire. Les Small Language Models (SLM) ne sont pas de simples versions “dégradées” des géants ; ils représentent une réponse agile, souveraine et économiquement viable aux besoins réels des entreprises. L’intelligence ne se mesure plus au volume de données ingurgitées, mais à l’efficacité du résultat produit. Qu’est-ce qu’un SLM ? Depuis trois ans, la course à l’Intelligence artificielle s’est résumée à une démesure de paramètres. Plus le modèle était gros (LLM – Large Language Models), plus il semblait intelligent. Mais cette approche a atteint ses limites : coût écologique désastreux, latence et surtout, une opacité totale sur le traitement des données. La rupture de 2026 s’appelle le SLM. Grâce à des techniques de “quantification” (une compression mathématique de pointe) et à l’émergence des puces NPU (Neural Processing Unit) intégrées dans nos processeurs, un modèle de 3 à 7 milliards de paramètres peut désormais raisonner aussi bien que GPT-4. La différence ? Il pèse quelques gigas et réside physiquement dans le processeur de votre appareil. L’intelligence ne voyage plus sur le réseau ; elle habite votre machine. A propos des NPU, ils sont maintenant intégrés aux derniers processeurs Intel et la rumeur veut que le prochain Windows 12 exige des NPU pour fonctionner. L’idée qu’un modèle plus petit est nécessairement moins intelligent est un mythe qui s’effondre. En se concentrant sur moins de 10 milliards de paramètres, des modèles comme Phi-3.5 Mini (3,8B), Llama 3.1 8B ou Mistral Nemo 12B rivalisent avec les mastodontes sur des tâches métier précises. La force d’un modèle comme Phi-3.5 réside notamment dans sa capacité à gérer un contexte long de 128 000 tokens, le rendant idéal pour l’analyse de documents juridiques ou techniques complexes. La véritable rupture réside dans le duo gagnant : Petit moteur + Grande bibliothèque. Grâce au RAG (Retrieval Augmented Generation) et aux bases de données vectorielles, un SLM n’a plus besoin de “tout savoir”. Il utilise sa capacité de raisonnement pour interroger en temps réel les documents internes de l’entreprise. Cette approche élimine le besoin de réentraînements coûteux, réduit drastiquement les hallucinations et garantit que l’Intelligence artificielle parle la langue de votre expertise. Le point clé est de connecter ces SML sur vos données et pas sur la totalité de du contenu d’internet. Vous être plus pertinent et les réponses sont propres à vos données passées sasn risque des les faire fuiter. Le triple dividende : Souveraineté, Écologie, Vitesse Le passage au local n’est pas qu’une prouesse technique, c’est un acte politique et stratégique pour l’utilisateur. Quels sont les bénéfice de cette évolution de modèle d’Intelligence artificielle? Souveraineté et Vie Privée : C’est l’argument massue. Puisque la donnée ne quitte jamais votre appareil, le risque d’espionnage industriel via le Cloud Act américain est fortement réduit. C’est enfin une Intelligence artificielle compatible avec le secret professionnel, le secret médical et la vie privée la plus stricte. Ca c’est sur le papier. En réalité les services sont liées à leurs fournisseurs car certains traitements nécessitent d’interroger une base distante. Sobriété Énergétique : Selon les derniers rapports de l’Arcep (2025/2026), interroger une Intelligence artificielle locale consomme jusqu’à 100 fois moins d’énergie que de solliciter un serveur à l’autre bout du monde. La relocalisation du calcul est la clé de la décarbonation du numérique. Surtout que le puissance nécessaire est moindre. Latence Zéro : Plus besoin d’attendre que le serveur de la Silicon Valley vous réponde. La traduction instantanée ou la rédaction de mails deviennent aussi fluides qu’un simple correcteur orthographique, même en mode avion. Les maîtres du jeu local : Mistral, Apple et l’Open Source Sur ces solutions SLM qui sont les plus avancées ? Mistral AI : Le fleuron français confirme sa domination sur le segment de l’efficience. Leurs modèles “Small” et “Tiny” sont devenus la référence européenne pour les administrations soucieuses de leur indépendance. J’ai eu l’occasion de le tester en autohébergèrent. C’est plutôt efficace. L’écosystème Open Source : Des plateformes comme Hugging Face (via leur Open LLM Leaderboard) ont permis une accélération sans précédent. En quelques mois, la communauté a optimisé des modèles pour qu’ils tournent sur de simples Raspberry Pi ou des smartphones de milieu de gamme. Apple et Google : Avec Apple Intelligence 2.0 et Gemini Nano, les deux géants ont dû se résoudre à suivre la marche : le smartphone de 2026 est avant tout un terminal d’Intelligence artificiellelocale. Le combat faire rage pour imposer son Intelligence artificielle locale avant que les régulateurs interviennent (comme pour internet explorer) Le passage aux SLM transforme radicalement le plan d’investissement IA. L’argument massue ? L’accessibilité matérielle. Là où les LLM exigent des GPU haute performance (cartes Nvidia H100) rares et onéreux, les SLM peuvent fonctionner sur des CPU standard (Intel ou AMD) ou du matériel standard déjà présent dans l’entreprise. La rentabilité est sans appel : Investissement initial : 12 000 à 25 000 € pour un SLM spécialisé, contre 45 000 à 80 000 € pour un LLM. Coût mensuel d’infrastructure : 400 à 800 € contre 1 200 à 2 400 € pour les modèles géants. Time-to-ROI : Atteint en 3 à 6 mois seulement, contre près d’un an pour un LLM. Infrastructure : Utilisation possible de serveurs existants sans upgrade GPU massif. C’est vraiment un game changer à une moment ou le pris de la RAM et des processeurs s’envole. Comment un modèle de quelques milliards de paramètres peut-il être aussi pertinent ? L’ingénierie utilise trois leviers principaux : La Distillation : C’est le transfert de connaissances d’un modèle “professeur” (LLM) vers un “élève” (SLM). L’élève n’apprend pas seulement les réponses, mais reproduit les schémas de raisonnement de son mentor avec une fraction de sa taille. L’Élagage (Pruning) : Cette technique consiste à supprimer les neurones et paramètres redondants. On “taille” le modèle pour ne conserver que les connexions vitales, réduisant la taille sans sacrifier la précision. La Quantification : Il s’agit de réduire la précision numérique des données. Par exemple, passer de 32 bits à 8 bits permet de diviser par quatre l’empreinte mémoire. Pour vulgariser : si vous mesurez la température, stocker 20,5234°C (32 bits) est inutile là où 20,5°C (8 bits) suffit largement à l’application. On gagne en vitesse et en espace avec une perte de pertinence négligeable. Le retour à la propriété numérique Il y a dix ans, on nous expliquait que pour être “smart”, tout devait être dans le Cloud. En 2026, la boucle est bouclée : la véritable intelligence est celle que vous possédez, celle qui ne dépend d’aucun abonnement, d’aucun câble sous-marin et d’aucune juridiction étrangère. Le passage aux SLM est plus qu’une mise à jour logicielle, c’est une reprise de pouvoir. En rapatriant l’Intelligence artificielle dans nos poches, nous reprenons les clés de notre souveraineté numérique. Cela ne veut pas dire que tout sera gratuit. Comme souvent la réalité sera hybride. Le local pour les traitement courants et répétitif, le cloud en LLM pour la recherche exploratoire et le raisonnement de haut niveau. Pour en savoir plus sur l’IA The post La vraie révolution de l’intelligence artificielle n’est plus dans le Cloud, mais dans votre poche first appeared on XY Magazine.

  7. 4 APR ·  VIDEO

    Votre banque va-t-elle limiter vos achats

    L’ère du score carbone personnel : Quand votre banquier devient votre conscience Par Régis BAUDOUIN « Transaction refusée : Quota carbone mensuel atteint. » Imaginez la scène : vous êtes à la caisse, votre solde bancaire est largement positif, mais votre paiement est bloqué. Ce n’est pas une panne réseau, ni un oubli de code. C’est l’intelligence artificielle de votre banque qui vient de juger votre empreinte écologique trop lourde pour ce mois-ci. Ce scénario, digne d’un épisode de Black Mirror, n’est plus une fiction dystopique. En ce printemps 2026, plusieurs néo-banques européennes et géants du paiement testent le “blocage vert” : une fonctionnalité qui lie votre plafond de dépenses à l’empreinte carbone de vos achats. Entre incitation vertueuse et crédit social déguisé, XY Magazine décrypte cette nouvelle frontière du contrôle numérique. BNP Paribas propose un bilan carbone individuel pour le mesurer et le réduire. Mais si vous ne le faites pas. Peut-il bloquer certaines dépenses ? exemple du reportions BNP Ce service de plafond carbone existe aussi avec Helios une néo banque française qui propose des cartes visa associées à une compteur de carbone. Le mécanisme du Plafond Carbone : De la donnée au contrôle Jusqu’à présent, vos données de transaction servaient principalement à vous profiler pour vous soumettre des offres ciblées. Aujourd’hui, la finalité change : il s’agit de piloter votre comportement. Pour limiter vos dépenses et votre consommations, les banques ont pris l’angle bilan carbone. On peut le considérer comme positif au regard de l’enjeu climatique. L’analyse automatique “Vert vs Brun” Grâce à l’IA et aux normes ISO de reporting extra-financier 2026, votre banque catégorise désormais chaque dépense. Ce traçage est facilité par l’ADEME, qui a poussé l’étiquetage environnemental sur presque tous les produits de consommation. Votre banque sait donc, en temps réel, si votre achat est “vert” ou “brun”. Le Nudging : L’incitation qui murmure à votre oreille Cela commence doucement par des notifications : « Cet achat de billet d’avion représente 40 % de votre budget annuel » C’est le Nudging. Mais une question demeure : qui définit l’étalon du “bien” et du “mal” écologique ? On le voit bien avec la SNCF qui le fait pour chaque voyage. On se dit bien que un jour on pourra agir sur cet indicateur au niveau des droit fondamentaux. La question du référentiel de ce qui est bien ou pas sera un point clé de la restriction des libertés. Cela va se faire par la loi. C’est déjà le cas avec les taxes sur les voitures pour inciter à acquérir une technologie electrique. Le Plafond Dynamique : La liberté sous conditions La nouveauté de 2026, c’est l’apparition de comptes bancaires “engagés”. L’utilisateur accepte volontairement — souvent en échange d’une réduction de frais — un blocage réel au-delà d’un certain seuil d’émissions. Helios, la néo-banque française, propose déjà des cartes Visa associées à un compteur carbone. Bilan carbone En Suède, la Carte DO de Doconomy permet de choisir un montant carbone à ne pas dépasser. Mais que se passe-t-il si ce choix, aujourd’hui individuel, devient imposé par la banque ou un organisme externe ? Pourquoi mesurer, si un jour, ce n’est pas pour réduire. Enjeux de souveraineté et dérive vers le “Crédit Social” Le rôle historique d’une banque est de sécuriser vos dépôts et d’octroyer des financements. Est-il de suivre vos habitudes alimentaires ou vos modes de chauffage ? L’outil de surveillance totale : En analysant le Carbone, la banque accède à une radiographie complète de votre mode de vie. C’est une mine d’or pour le profilage qui dépasse largement l’objet social bancaire. Le risque du score de crédit : À quand un taux de crédit immobilier indexé sur votre score carbone ? Les assureurs et banquiers y voient déjà un moyen de calculer le « risque de transition » de leurs clients. Un mauvais bilan carbone pourrait demain signifier un emprunt plus cher. On peut aussi basculer sur le crédit social comme en Chine qui donne ou retire des droits en fonction de ses actions. L’IA de confiance en question : Comment vérifier la transparence de l’algorithme qui calcule votre impact ? Un bug ou un biais dans la base de données de l’ADEME pourrait restreindre vos droits fondamentaux sans recours simple. Conclusion : Conscience ou contrainte ? Ce qui commence de manière ludique — comme l’affichage carbone de la SNCF pour chaque voyage — glisse inexorablement vers une régulation des droits individuels. Sous couvert de survie climatique, pourrons-nous demain interdire des voyages ou des dépenses essentielles ? Qui va décider comment gérer les exceptions. La CNIL veille, mais la pression de l’urgence écologique est forte. Alors que la frontière entre outil pédagogique et instrument de coercition s’estompe, une question s’impose : Préférerez-vous être bloqué par votre banquier… ou par votre conscience The post Votre banque va-t-elle limiter vos achats first appeared on XY Magazine.

    9 min
  8. 28 MAR ·  VIDEO

    Microsoft 365 sous pression

    « On ne peut pas quitter Microsoft. » Cette phrase, entendue dans toutes les DSI depuis dix ans, est en train de devenir obsolète. Entre une hausse des tarifs de 25 % à 30% en deux ans sous prétexte d’IA et une pression juridique sans précédent (commission d’enquête parlementaire de mars 2026, directive NIS2, circulaire ministérielle), l’alternative souveraine n’est plus un choix militant, c’est une stratégie de survie pour les entreprises. Pourquoi le vent tourne en 2026 Plusieurs éléments contribuent à ce changement d’attitude vis à vis de Microsoft mais aussi de tous les éditeurs qui La “Taxe IA” : Microsoft a généralisé ses hausses de prix en injectant Copilot par défaut. Pour beaucoup d’entreprises, payer pour une IA qu’elles n’utilisent qu’à 10 % devient inacceptable. D’autant que le constat est fait que d’autres modules ne sont jamais utilisés. Le piège du Cloud Act : Malgré les promesses de résidence des données en Europe, l’ambiguïté juridique demeure. La commission parlementaire présidée par Cyrielle Chatelain (mars 2026) pointe du doigt la vulnérabilité des secteurs critiques (santé, éducation). L’effet de masse : Le Health Data Hub a officiellement amorcé son retrait des services Microsoft. Quand le “paquebot” de l’État bouge, tout l’écosystème suit. A cela s’ajoute un contexte international anxiogène. Les USA jouent leur propre partition laissant leurs alliées historiques de coté. La position de la France est désormais sans ambiguïté. Le Directeur interministériel du numérique (DINUM) a acté que Microsoft 365 est “non conforme” à la doctrine “Cloud au centre”. De fait, la solution est exclue du label “Cloud de confiance“, réservé aux infrastructures protégeant les données contre les lois extraterritoriales. Qui sont les challengers ? On ne cherche plus “le Microsoft français” (qui n’existe pas en un seul bloc), mais un assemblage de briques de solution françaises ou européennes. Les caractéristiques sont les suivantes. Une offre cloud souveraine (Secnumcloud), des modules open source ou totalement libres. L’inconvénient par rapport aux solution des acteurs en place est l’effet patchwork. En réalité, les besoin sont simples : une solution collaborative, un traitement de texte, un tableur, une base de données, un messagerie, une solution de visio. Avec cela on peut travailler dans presque tous les domaines. Quand on regarde la marché présente beaucoup d’alternatives. La Suite Collaborative : Jamespot (TeamWork) et Wimi s’imposent comme les alternatives les plus matures pour la gestion de projet et la communication, mais il existe aussi des solution installées et auto hébergeables comme Nextcloud et mes amis de Div Protocol. La Bureautique : Le couple OnlyOffice ou Collabora Online intégré à des solutions comme eXo Platform ou Nextcloud offre désormais une compatibilité .docx quasi parfaite. Le Cloud de Confiance : L’arrivée de S3NS (Thales/Google) et de Bleu (Orange/Capgemini/Microsoft) qualifiés SecNumCloud crée une zone “hybride” pour ceux qui veulent la puissance des outils US sans le risque juridique. Le seul vrai hyperscaler Secnumcloud et français c’est OVHcloud. Une méconnaissance persistante laisse croire que la localisation physique des serveurs sur le sol européen suffit à garantir la protection des données. En tant qu’expert, je dois marteler cette vérité : la souveraineté n’est pas une question de géographie, mais de juridiction. Un fournisseur dont le siège social est hors de l’Union européenne demeure structurellement soumis à sa législation d’origine, créant un conflit insoluble avec le RGPD. Le CLOUD Act américain permet aux autorités d’outre-Atlantique d’exiger l’accès aux données, indépendamment de leur lieu de stockage. Ce risque n’est plus théorique : l’arrêt Schrems II de la CJUE et l’amende record de 1,2 milliard d’euros infligée à Meta en 2025 pour transferts illégaux soulignent la responsabilité financière et juridique colossale qui pèse sur les dirigeants. “Même lorsque les données sont stockées dans des centres européens, un fournisseur basé hors UE peut rester soumis à une législation étrangère (comme le Cloud Act américain).” La stratégie de la “Migration Invisible” Quitter Microsoft ne se fait pas en un week-end. Les entreprises qui réussissent en 2026 adoptent une approche hybride : Auditer la dépendance : Seuls 16 % des entreprises analysent réellement leurs flux de données (Baromètre EY/Hexatrust 2025). Auditer également des documents et process qui sont basés sur des technologies propriétaires (macro Excel, tableaux croisées et liées entre eux, workflow) Basculer par domaine: Garder Excel pour les finances, mais passer sur Tchap ou Olvid pour la messagerie sensible et Oodrive pour le stockage documentaire. On pourrait dire aussi garder un froint microsoft mais tout placer sur une architecture libre. Former au “Mieux-Vivre” numérique : Ne pas se laisse imposé des pack couteux et inutiles. Sortir de l’infobésité de Teams pour revenir à des outils plus structurés et souverains. Microsoft n’est pas complètement ignorant de ce phénomène. Il adapte sa tarification pour gêner ce mouvement en imposant certains modules et en adoptant une tarification en défaveur d’un picking de solutions dans son catalogue. Vers un “Système d’Exploitation” Souverain La bataille qui s’annonce en 2026 ne porte plus sur la simple alternative logicielle, mais sur le contrôle de l’accès. Si le grand exode hors de Microsoft 365 s’accélère, c’est parce qu’un nouvel écosystème de confiance est en train de naître en Europe. Le Portefeuille d’Identité Numérique Européen (EUDI), dont le déploiement massif est prévu pour la fin de l’année, sera la pièce manquante du puzzle. En permettant aux collaborateurs de s’authentifier de manière ultra-sécurisée et souveraine sur des clouds certifiés SecNumCloud, l’Europe ferme enfin la boucle : L’identité est gérée par l’État (via le Wallet). L’accès est protégé par des protocoles ouverts. La donnée est stockée chez des hébergeurs immunisés contre le Cloud Act. Quitter Microsoft n’est donc plus un saut dans l’inconnu, mais l’adhésion à une nouvelle norme d’infrastructure. Pour les entreprises françaises, 2026 est l’année où l’on cesse d’être des locataires précaires de la Silicon Valley pour devenir les propriétaires de notre propre destin numérique. Le choix d’une suite collaborative est devenu un acte de gouvernance pure. Ce mouvement de “géopatriation“ des données propulse le marché européen du cloud souverain vers des sommets, avec une estimation à 23,1 milliards de dollars et une croissance annuelle de 25 %. Le mot de la fin : Si Microsoft a inventé le bureau numérique, l’Europe est en train d’en construire les murs et d’en forger les clés. Il est peut-être temps de préparer vos cartons. Par Régis BAUDOUIN The post Microsoft 365 sous pression first appeared on XY Magazine.

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Le podcast de la génération X et Y. On traite de sujets touchant à la tech, innovation, cyber, souveraineté, sobriété, enjeux sociétaux