Cicatrisées

Emilie Davy

Cicatrisées recueille les récits de femmes ayant accouché par césarienne. Des histoires différentes, des vécus parfois doux, parfois difficiles, toujours sincères. Parce qu'une césarienne ne se résume jamais à une cicatrice. Un nouvel épisode tous les 15 jours Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Season 1

  1. Episode 1

    Chloé, césarisée à 36 semaines : "J'ai accouché psychologiquement six mois après ma césarienne code rouge"

    Chloé passe une grossesse de rêve. Elle vit en Norvège avec son mari où ils attendent sereinement l'arrivée de leur premier enfant. Jusqu'au début de la 36e semaine, où les mouvements du bébé se font plus rares. Puis cessent. Chloé et son mari partent à la maternité, où elle subit une césarienne en urgence. Entièrement endormie, elle n'assiste pas à la naissance de sa fille. "Il y a eu un avant et un après-césarienne. Mon esprit est resté à la maternité, il attendait de donner naissance à mon bébé." La jeune femme a beau rentrer chez elle avec son enfant, son cerveau ne fait pas le lien avec le bébé face à elle. "J'ai eu beaucoup de mal à me sentir maman, à me trouver. J'étais tout le temps en train de m'accrocher à cet accouchement que je n'ai pas eu. Ça m'a fait des nœuds dans le cerveau." Six mois plus tard, elle rentre en France et consulte sa sage-femme, qui lui propose un accouchement sophrologique. 45 minutes qui vont tout changer. Pour la première fois, Chloé va pouvoir vivre cette naissance qui lui a échappé et écrire le chapitre manquant de son histoire. "L'accouchement sophrologique m'a permis d'associer de la joie et de la paix à tout ce qui s'est passé. J'ai accouché deux fois : une fois physiquement et une fois psychologiquement, six mois après." C'est cette histoire que Chloé raconte dans le premier épisode de Cicatrisées, un podcast consacré aux récits de césariennes. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Chloé, césarisée à 36 semaines : "J'ai accouché psychologiquement six mois après ma césarienne code rouge"
  2. Episode 2

    Claire, césarisée il y a 5 ans : "Je n'ai jamais regardé la cicatrice de ma césarienne"

    Claire approche la quarantaine. Après plusieurs fausses couches, elle peine à croire que cette nouvelle grossesse ira jusqu'à son terme. Alors, malgré les semaines qui passent, elle reste sur ses gardes. Dans son ventre, son fils Scott, n'étant pas pressé de pointer le bout de son nez, on lui propose un déclenchement qu'elle accepte. C'est à partir de ce moment-là que Claire a le sentiment de perdre le contrôle de son accouchement. Vomissements, douleurs intenses, péridurale qui ne fait effet qu'à moitié : elle est submergée par ce qu'elle vit. Après de longues heures de travail, et alors qu'elle n'avait jamais envisagé la césarienne finit par partir au bloc. "J'étais dans le rejet total. Je n'en voulais pas." La naissance de son fils se déroule finalement par césarienne, avec l'aide d'instruments médicaux. Un souvenir qui restera profondément ancré dans sa mémoire "On est allongé sur une table, les poignets attachés, on est entravé." Car Claire rêvait d'un accouchement physiologique, au plus près de ce qu'elle imaginait être la naissance idéale. Cinq ans plus tard, un constat s'impose : elle n'a jamais regardé sa cicatrice. Et une question se pose à elle : doit elle se "confesser" à son fils, comme lui présenter des excuses pour avoir abimé son arrivée dans ce monde. C'est cette histoire que Claire raconte dans le deuxième épisode de Cicatrisées, un podcast consacré aux récits de césariennes. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Claire, césarisée il y a 5 ans : "Je n'ai jamais regardé la cicatrice de ma césarienne"
  3. Episode 3

    Mathilde, césarisée après terme : "La naissance par césarienne de ma fille a été l'un des moments les plus doux de ma vie"

    Mathilde est pédiatre. Elle travaille dans un hôpital, structure dans laquelle elle a accouché par césarienne de sa fille, entourée de son équipe. Traumatisée par la naissance physiologique de son premier enfant "j'ai été terrassée par la douleur, ma psychologue m'a expliqué plus tard que je m'étais probablement dissociée tellement c'était insupportable", Mathilde était pourtant prête à retenter l'accouchement physiologique pour son second enfant. Sauf qu'une fois le terme dépassé, la médecin a du se rendre à l'évidence : rien ne se passait. "C'est là que j'ai commencé à lire des récits de déclenchements et de césarienne sur les derniers jours de la grossesse, je me suis dit que ce bébé avait peut-être besoin de ça, qu'on ferait ce qu'il faudra. Et j'ai lâché prise sur l'objectif d'accouchement physiologique." Un début d'accouchement sous contrôle mais qui avance peu. Mathilde se rend à l'évidence et se prépare pour le bloc. "J'avais demandé un clampage tardif du cordon, un peau à peau tout de suite ... des petites choses qui ont fait que j'avais l'impression de garder la main. L'équipe a dit oui à tout." Une césarienne qui a réussi à effacer les souffrances de l'accouchement physiologique, avec une patiente préparée, qui a pu prioriser ce qui était important pour elle dans cet accouchement. "Une fois qu'elle est née, plus rien ne comptait : le bloc, la lumière, l'urgence... le fait de l'avoir contre moi, en peau à peau, pendant toute la durée de la césarienne... ça a tout effacé. J'ai le souvenir de m'être dit : je suis dans un bloc, le ventre ouvert mais ce moment, c'est un des moments les plus doux de ma vie. Ce peau à peau, ça m'a donné l'impression de reprendre le contrôle là dessus." A l'heure de l'enregistrement, Mathilde était enceinte de 8 mois. Nous donnerons de ses nouvelles dans un prochain épisode. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Mathilde, césarisée après terme : "La naissance par césarienne de ma fille a été l'un des moments les plus doux de ma vie"
  4. Episode 6

    Prescilla et Sullivane : après une césarienne en urgence, la reconstruction du corps et de l'esprit par le sport

    Des immeubles des années 60, dans une résidence du 2ᵉ arrondissement de Marseille. Un vaste palier au bout duquel Prescilla nous attend, un petit sourire au coin des lèvres. L'appartement s'ouvre sur une grande pièce à vivre baignée de lumière. Viennoiseries et jus de fruits sont de sortie. On prend place sur le canapé d'angle. Le couple, côté méridienne, moi en face. Prescilla à ma gauche, Sullivane à ma droite. Ils se regardent, comme pour se donner de la force avant de raconter l'un des épisodes les plus douloureux de leur vie. Le vol du premier peau à peau Après une première grossesse et un accouchement par voie basse, la naissance de leur deuxième enfant, Paul, est plus compliquée. Un déclenchement douloureux qui se termine par une césarienne en urgence. Au bloc, Prescilla fait une hémorragie et ne rencontre son fils que sept heures après sa naissance. "Presque une journée entière sans voir son enfant. Je n'ai pas pu faire le peau à peau avec lui, ni la tétée de bienvenue. J'ai l'impression qu'on m'a volé ce moment que je ne pourrai plus jamais vivre." Les premiers jours sont une épreuve. Prescilla ne parvient pas à porter son fils seule. Son mari l'aide à se lever, à se laver, à mettre leur bébé au sein. Conscient de la souffrance de sa femme, Sullivane demande un suivi psychologique à l'hôpital. "Entre nous, on sait ce qu'il s'est passé. On n'en reparle pas. Sur le plan émotionnel, on n'est pas complètement guéris." Le corps après la césarienne Et puis il y a cette cicatrice. "Maintenant, il y a quelque chose en plus qui est là, qui me dérange. Je n'arrive toujours pas à toucher ma cicatrice, ni même trop à la regarder." C'est Sullivane qui s'en charge : "La cicatrice, il faut la masser. C'est moi qui le faisais parce qu'elle ne se sentait pas capable de le faire." Aujourd'hui encore, Prescilla confie que son regard sur son corps reste compliqué. "La cicatrice a transformé mon corps. J'essaye de travailler mes abdos pour ne plus avoir ce bourrelet en bas du ventre. Ça, je n'y arrive pas." Transformer la colère Pour se reconstruire, ils se lancent un défi : préparer ensemble un Hyrox. Entraînements à deux, séances en famille, allaitement entre deux exercices... "C'était le début d'une grande aventure, sourit Prescilla. On souffre ensemble au sport mais ça nous fait du bien, ajoute Sullivane. Notre fille nous encourage, essaye de reproduire les mouvements de sport avec nous. C'est aussi transmettre des valeurs à nos enfants. Travailler ensemble comme ça, ça nous rapproche aussi." Le sport devient peu à peu un espace où remettre leur corps en mouvement, transformer la colère en énergie et retrouver une forme de sérénité. "Notre devise, c'était nous deux contre le reste du monde. Maintenant, c'est nous quatre." Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Prescilla et Sullivane : après une césarienne en urgence, la reconstruction du corps et de l'esprit par le sport
  5. Episode 7

    Marine, après sa césarienne : "J'ai parlé à ma cicatrice pour l'accepter, j'ai dit à mon utérus qu'il n'avait pas échoué"

    Marine, la trentaine, vit une première grossesse sans trop de complications. Son bébé "un peu petit donc plus surveillé" n'est pas pressé de sortir. Le terme dépassé, on propose à la future maman un déclenchement par gel, qu'elle accepte. "Le déclenchement, c'est le cauchemar." Pour Marine, les heures qui suivent deviennent un parcours du combattant. Douleurs intenses, pertes de sang conséquentes... elle accueille la césarienne "comme une libération, jusqu'au moment où ils m'ont dit 'On part' (au bloc, ndlr)". Pour sa première au bloc, Marine, qui n'a jamais vécu d'opération, se retrouve les bras attachés, spectatrice de ce qui se déroule sous ses yeux. Son conjoint est là, la rassure, la fait rire. Ils accueillent ensemble leur petite fille, le papa part avec elle pour le peau à peau. Une fois en chambre, Marine connaîtra la douleur post-césarienne, "la maltraitance" hospitalière, "l'échec" de l'arrêt de l'allaitement, le sentiment d'incapacité. "Une douleur atroce" De son accouchement, Marine garde le souvenir d'une césarienne en urgence "avec une douleur atroce", "les sensations les plus étranges de ma vie" : "On m'a gâché nos premiers moments. C'était trop dur de se lever, de s'occuper d'elle (dans ces conditions), de l'allaiter. Mon accouchement n'a pas été le plus beau jour de ma vie. La rencontre avec ma fille, oui. Mais l'accouchement en lui-même a été le moment le plus atroce de ma vie. Ce n'est pas juste accoucher, une césarienne. C'est une opération, lourde." L'ostéopathie pour thérapieUne fois chez elle, Marine consulte son ostéopathe pour l'aider à avancer : "J'ai fait un travail émotionnel avec elle sur ma cicatrice, un travail sur cette impression qu'on m'avait arraché ma fille et sur l'acceptation de la cicatrice elle-même. Elle m'a fait beaucoup de massages, elle m'a fait beaucoup parler à ma cicatrice. Elle a chanté pour faire résonner cette zone. Pour moi qui suis plutôt terre à terre, ça a assez bien marché, et ça a beaucoup joué dans l'acceptation, dans le rapport à mon corps. Ça m'a permis d'accepter ma cicatrice." Parler à son utérus Plus doux, comme si c'était possible, l'ostéopathe lui apprend à parler à son utérus : "Je lui ai dit qu'il n'avait pas échoué, qu'il avait fait son travail, que c'est un endroit tout aussi important de mon corps que le reste, que je l'aimais. Elle me disait : 'Tu ne te rends pas compte, pendant que tu le fais, il y a tous tes tissus qui se détendent.' Et ça m'a fait énormément de bien, plus qu'une thérapie. C'était du concret. D'ailleurs, j'avais plein de douleurs avant, que je n'ai plus aujourd'hui. Elles devaient être créées par mon cerveau. Avec le temps qui passe, ça m'a aidée à tout accepter." C'est cette expérience que Marine nous partage aujourd'hui. 🎙️ Épisode 8 - Marine, dans Cicatrisées. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Marine, après sa césarienne : "J'ai parlé à ma cicatrice pour l'accepter, j'ai dit à mon utérus qu'il n'avait pas échoué"

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