Les épisodes se suivent… Encore un hommage cette semaine, cette fois au guitariste DAVE MASON qui est s'est allé vers un ailleurs… L'anglais né en 1946 allait donc avoir 80 ans en mai prochain. On lui doit le groupe TRAFFIC en 1967, alors qu'il vient de faire la rencontre avec Steve Winwood, multiinstrumentiste au sein du Spencer Davis Group pour lequel Dave officie en tant que roadie. Avec Jim Capaldi à la batterie (que Dave Mason rencontra auparavant dans une autre formation commune) et Chris Wood au saxo, ce quatuor psychédélique teinté de jazz et de blues va influencer le rock progressif en devenir, à commencer par un certain Roger Hodgson de Supertramp. Mais le "Traffic" ne sera pas fluide, la mésentente cordiale et Dave va alors mener une carrière solo et jouer dans les sessions d'enregistrement ou en live aux côtés de plus grands. Citons par exemple à son tableau de chasse son pote Jimi Hendrix, les Stones, Graham Nash, Paul McCartney, George Harrison etc... Il intégrera (certes très brièvement et pour un unique album, "Time" en 1995) le Fleetwood Mac. Je ne pouvais donc pas démarrer ce numéro sans rendre hommage à ce musicien qui tellement compté pour le rock progressif et le rock tout simplement. D'abord avec un extrait de l'album éponyme de Traffic en 1968 puis dans de sa discographie solo avec un passage de "Let It Flow" en 1977... Du côté américain, un groupe né en 1972 va marquer son temps (la passionnante décennie des 70's) : PAVLOV'S DOG. Retiré du marché jusque dans les années 90, le groupe co-fondé par David Kamp est depuis plus que jamais actif, pour preuve de vie, l'excellentissime album de 2025 "Wonderlust" que je ne me lasse pas de partager avec vous ! Plus récents et plus au nord, chez nos cousins québécois, un duo dont on pourrait faire le parallèle avec les Daft Punk fait le buzz depuis un moment sur les réseaux. Mais la comparaison avec le duo de pop électronique s'arrête là, à sa forme et à son relatif anonymat. Musicalement, rien à voir, au contraire, ANGINE DE POITRINE (même leur nom est tellement étrange), donne plutôt dans l'anti électronique et même dans l'artisanat puisque le guitariste utilise un instrument qu'il a lui-même conceptualisé : une guitare à frettes séparées d' 1/4 de ton (contrairement au 1/2 ton que connaissent les instruments conformistes). Alors si vous tenez à les comparer à une autre formation française, visez plutôt Magma, jusque dans le langage inventé, même si le plus souvent instrumentale, leur musique se veut expérimentale. En France ils se sont fait connaître aux Transmusicales de Rennes en décembre dernier. Mais la notoriété soudaine et internationale d'Angine de Poitrine est surprenante (tellement loin de la Star' Ac !) et soudaine ! Ils sont en tournées partout et pour ce qui concerne la France et plus précisément la région de votre radio préférée, deux dates à retenir : le 18 mai de nouveau à Rennes et le 19 mai ce sera au Mans. J'avoue y être allé en trempant le bout de mes cages à miel.. On a la quelque chose de tout à fait inhabituel, mais audacieux et rafraichissant dans l'industrie musicale de plus en plus lissée. Après c'est une histoire de goûts, ça ne peut pas plaire à tut le monde. Mais ce qui est certain c'est qu'il vous faudra plusieurs écoutes pour les adopter… ou pas. Alors pour vous faire une idée, extrait de leur 2ème album "Vol. II" dans ce numéro. Voilà une artiste qui ne manquait pas non plus d'audace au début des 80's quant elle décidait après seulement trois albums, son jeune âge et une époque qui n'était pas encore celle des home studios, de produire elle-même cet ovni de la culture pop à tendance rock prog : "The Dreaming". KATE BUSH a dur faire peur à sa maison de disque qui s'était rempli les tiroirs caisse, notamment avec le dernier gros tube "Babooshka" et qui ne voyait dans la nouvelle galette de son artiste bankable aucun "hit" en devenir. Faut dire que Kate s'est épuisée pendant un an à triturer les sons, à expérimenter les claviers les plus innovants, à jouer sur tous les registres possibles de sa voix, collaborant avec plusieurs cadors des consoles. Résultat, un album moins commercial que les précédents mais aujourd'hui considéré comme un véritable chef d'œuvre, parfois même supérieur à son successeur "Hounds of love" son apogée. Ainsi Steven Wilson le considère comme son meilleur album, un disque qui selon lui n'aurait jamais du fonctionner et qui miraculeusement et grâce à la vision qu'en avait Kate Bush, à l'esthétique qu'elle lui a donné est devenu un indispensable de sa discographie ! Attention cet album se révèle après plusieurs écoutes et comme l'indiquait son autrice sur la pochette : à écouter "très fort" ! Après avoir évoqué en début d'émission l'influence du groupe Traffic sur le tout jeune Roger Hodgson, revenons sur l'album incroyable de SUPERTRAMP : "Crime Of The Century" en 1974. Incroyable car le gap dans les compositions, la profondeur des textes, la production est juste extraordinaire en comparaison des deux premiers disques du groupe (pas mauvais et même sous-estimé mais clairement pas du même niveau). Aujourd'hui on se poserait la question de l'IA pour opérer une telle transformation. Mais non, nous sommes encore à l'époque bénie ou la musique était artisanale et fabriquée par des Musiciens doués. Sans doute la pression de la maison disque qui leur offrait une dernière chance avant de les virer a fait son effet, en plus des moyens apportés par un mécène enthousiasmé par le talent qu'il avait décelé chez Rick Davies car il a du en falloir des ressources de production pour obtenir un tel son ! Ajoutez à cela le line-up emblématique du groupe marqué alors par l'arrivée de Helliwell, Thomson et Sienbenberg autour des fondaturs Davies et Hodgson et vous avez là tous les ingrédients qui ont amené à cette réussite totale du groupe qui va pulvériser les charts sous cette forme jusqu'au début des 80's. Retour sur cet icône des 70's... Mais revenons à aujourd'hui parce qu'on ne manque pas de talents et pour belle preuve NINE SKIES ! Le groupe né en France du côté de Nice vient d'officialiser l'intégration d'un nouveau chanteur. Après avoir annoncé un temps Charlie Bramald, lequel a connu quelques ennuis de santé, c'est donc RICCARDO ROMANO qui devient le nouveau membre du groupe. Membre "officiel" car finalement pas si nouveau que ça puisque Ricardo a déjà été invité sur deux albums. Faut dire que ce multi-instrumentiste au service de la formation italienne RanestRane, du Steve Rothery Band ou encore chez Davis Foster a prouvé ses capacités vocales incroyables. Et quand vous écoutez ses deux contributions en tant que "guest" pour Nine Skies, vous ne pouvez que vous réjouir de cette nouvelle ! Alors qu'en est-il de l'album original "Vega" prévu cette année? Aucune idée, j'imagine que les projets du groupe ont été quelque peu bouleversés ces derniers temps mais en attendant, pour les nouvelles oreilles (appartenant forcément à de futurs fans), une compilation vient d'être publier sous le titre de "Horizons". On y retrouve les deux titres de collaborations avec Ricardo dont un à l'antenne dans ce numéro. Une excellente compil pour entrer dans l'univers de Nine Skies, c'est un fan qui vous le dit ! Ils ont un peu plus de bouteille (enfin d'ancienneté !!), les SOFT MACHINE, dignes représentants de l'école de Canterbury. Sauf qu'en 2026 et à l'instar de Yes avec Steve Howe, le membre le plus "légitime" n'en est pas le fondateur car il n'en reste aucun. Toutefois son arrivée dans la machine psychédélique en 1973 confère à Roy Babbington son statut de Capitaine. A la différence près que Babbington avait quitté le groupe pendant une période bien plus importante que Howe chez Yes. Mais peu importe, pour les nostalgiques de la grande époque et même pour les nouveaux adeptes l'esprit des pères fondateurs est présent et rendu somme toute plus accessible. nouvel extrait dans ce numéro. L'émission de ce soir démontre bien que le rock progressif peut recouvrir des influences, des couleurs bien différentes y compris dans un même pays. Pour preuve l'Allemagne avec d'abord les KRAFTWERK, groupe précurseur de ce que sera ensuite la musique électronique. Ici en 1977 pour un extrait de "Trans-Europe Express" . De l'autre côté du spectre, avec des mélodies plus marquées et un son plus symphonique : ELOY, icône germanique du "Space Rock" pour un extrait de "Time To Turn", un album qui devait être la 2ème partie d'un double avec le précédent "Planets", mais dont le concept de double album avait été refusé par la maison de disque. Vive les Artistes indépendants ! Thierry Joigny AMAROK, chaque jeudi, à 20h