Chroniques Noires

Jean-Claude (narrateur : SAM)

Bienvenue dans Chroniques Noires, le podcast où Mike Rétro, Velda Scope et leurs complices flairent la poudre des plus grands romans noirs. Chaque épisode décortique un titre culte ou méconnu : thèmes, style, anecdotes d’édition, coulisses historiques. Bande-son jazzy, humour sec, verdict sans langue de bois — de Chandler à Manchette, rien n’échappe à notre lampe de bureau.

  1. SANS ESPOIR DE RETOUR - DAVID GOODIS - 1954

    6D AGO

    SANS ESPOIR DE RETOUR - DAVID GOODIS - 1954

    Sans espoir de retour (David Goodis) — Chronique Noire Une rue sans retour. Un homme déjà effacé. Et une ville qui préfère un coupable pratique à une vérité lente. Dans cet épisode On repart dans le noir au ras du trottoir, là où la misère n’est pas un décor mais une mécanique. David Goodis signe ici un roman qui serre la gorge : un ex-chanteur brisé, Whitey / Eugene Lindell, se retrouve aspiré par une affaire où le soupçon va plus vite que les faits… et où l’institution cherche une solution avant de chercher la vérité. Ce que tu vas entendre (sans spoilers) Skid Row : le froid, la soif, l’usure quotidienne River Street et “l’Enfer” : la nuit qui mord, la ville sous tension Un geste “normal” qui devient un piège La fabrication du bouc émissaire Le motif central chez Goodis : la voix brisée, l’identité qui s’efface Pourquoi Goodis frappe fort Goodis n’écrit pas des énigmes confortables. Il écrit des étaux.Ici, le suspense ne vient pas de “qui ?”, mais de “jusqu’où la ville peut-elle aller ?”Et c’est précisément pour ça que ce roman laisse une trace : peur ordinaire, respectabilité en carton, violence froide des mécanismes. Personnages & tensions Whitey est coincé entre trois presses :la rue, l’institution, et le passé (amour, jalousie, vengeance).Trois mains, un seul cou. Repères Auteur : David Goodis Titre original : Street of No Return Genre : roman noir social & urbain Thèmes : déchéance, fatalisme, bouc émissaire, violence institutionnelle, ville-piège Épisode précédent / Prochain rendez-vous Épisode précédent : on sortait du Paris fiévreux et marécageux de Léo Malet (1955).Prochain rendez-vous (Bobards sur Bobines) : un film de 1955, un détective, et une petite boîte qui n’aurait jamais dû s’ouvrir… Bonne écoute.

    48 min
  2. FIEVRE AU MARAIS - LEO MALET -  1955

    JAN 23

    FIEVRE AU MARAIS - LEO MALET - 1955

    Chroniques Noires — Une fièvre dans le Marais Un quartier ancien. Une pluie froide. Une vérité maquillée. Après notre dernière virée du côté de l’Amérique de Jim Thompson, on rentre à Paris. Pas le Paris des cartes postales. Celui des pavés luisants, des couloirs qui sentent l’humidité, et des portes qui se referment trop vite. Dans cet épisode, un détective privé remet le nez dans une histoire qui commence comme une affaire banale… et qui tourne à l’enquête piégée. Un prêteur sur gages, un décor trop soigneusement arrangé, des objets qui parlent plus fort que les témoins, et un quartier qui transpire les secrets. Ce que vous allez trouver dans cet épisode Une ambiance “film noir” : pluie, façades impeccables, arrière-boutiques troubles. Une enquête à l’ancienne : indices matériels, fausses pistes, recoupements, silences. Le Marais comme personnage : ses pierres, ses cours, ses escaliers, sa mémoire. Une mécanique de diversion : quand l’apparence raconte une histoire “facile”… pour mieux cacher le reste. Pourquoi ce dossier est différent Ici, le mystère n’est pas seulement “qui a fait quoi”.Le vrai sujet, c’est comment on maquille une affaire, pourquoi on oriente les regards, et ce que le quartier révèle quand on gratte le vernis. Si vous aimez les enquêtes qui collent aux doigts, ne ratez pas l’ouverture du dossier. Le roman est disponible sur Amazon Mes Podcasts : CHRONIQUES NOIRESBOBARDS SUR BOBINES Le Site : Livres & Saveurs

    34 min
  3. UN MEURTRE ET RIEN D'AUTRE - JIM THOMPSON - 1949

    JAN 9

    UN MEURTRE ET RIEN D'AUTRE - JIM THOMPSON - 1949

    CN S02E01 — Un meurtre et rien d’autre (Jim Thompson) Quand le crime ressemble à un plan d’affaires Dans cet épisode de Chroniques Noires, on ouvre la saison 2 avec Jim Thompson, et pas n’importe lequel : Un meurtre et rien d’autre (Nothing More Than Murder).Un roman où la salle obscure n’est pas seulement un cinéma… mais un atelier de mensonges, un lieu où l’on fabrique des scénarios — et où certains finissent par vouloir les rejouer dans la vraie vie. Stoneville : une petite ville, un grand piège Joe Wilmot tient un cinéma. Il croit tenir sa vie. Erreur.Entre ambition sociale, mépris de classe, et convoitise, Thompson déroule une mécanique froide : un couple imagine une combine, une “disparition” rentable, une vérité qu’on maquille… et tout le reste suit. Ce que tu vas trouver dans l’épisode Une enquête littéraire au scalpel On décortique le roman comme on démonte une arme : thèmes (cupidité, manipulation, hypocrisie sociale) structure (le crime comme scénario, la peur comme carburant) style Thompson : sec, ironique, implacable Un polar sur l’Amérique… et sur ses illusions Derrière l’intrigue, Thompson raconte un pays où l’argent fait la loi, où la respectabilité est un masque, et où certaines vies valent moins cher que d’autres. Pourquoi cet épisode vaut le détour Parce que Thompson ne te laisse pas respirer Ce n’est pas un roman “à mystère”. C’est un roman à engrenages : quand ça commence à tourner, ça ne s’arrête plus. Parce que le décor compte Ici, le cinéma n’est pas un décor. C’est une idée :projeter du faux pour survivre… jusqu’au jour où le faux dévore le vrai. Écouter / s’abonner Si tu aimes les romans noirs qui grattent la peinture, abonne-toi à Chroniques Noires et retrouve l’épisode sur ta plateforme habituelle. Bonne écoute — et garde la lumière allumée en sortant de la salle.

    23 min
  4. TIREZ SUR LE PIANISTE - 1956

    12/19/2025

    TIREZ SUR LE PIANISTE - 1956

    Chroniques Noires — CN18 Tirez sur le pianiste (1956) — David Goodis Dans cet épisode de Chroniques Noires, Sam ouvre le dossier Tirez sur le pianiste**, l’un des romans les plus sombres et les plus justes de David Goodis, publié en 1956. Ici, pas de détective flamboyant ni d’enquête classique. Goodis raconte autre chose : la chute silencieuse d’un homme, ancien artiste reconnu, devenu pianiste de bar dans une Amérique qui ne regarde plus ceux qui ralentissent. 🎹 Un pianiste, un bar, la nuit Eddie joue du piano dans des bars nocturnes presque vides.Il a connu une autre vie, une autre place, une autre reconnaissance.Mais chez Goodis, le passé ne sauve personne. Dans une ambiance de pluie, de jazz feutré et de silences lourds, cet épisode explore : la figure de l’artiste déchu, la fatalité douce mais implacable, la disparition sociale sans bruit, et l’Amérique des années 1950 vue depuis le bas de l’escalier. 📖 Une chronique littéraire, pas une leçon Sam ne cherche ni à juger ni à expliquer à outrance.Il observe, il analyse, il suit la trajectoire d’un homme fatigué d’avoir espéré, dans un monde où la valeur se mesure à l’utilité immédiate. Cet épisode s’appuie sur le texte de Goodis, son style dépouillé, ses silences, et cette mélancolie continue qui fait de Tirez sur le pianiste** un grand roman noir, toujours actuel. 🎧 À écouter si vous aimez Le roman noir américain,David Goodis, Jim Thompson, Chester Himes,les histoires de destins brisés,les chroniques littéraires atmosphériques,les récits où la chute se fait sans fracas. Chroniques Noires est un podcast consacré aux romans noirs et policiers (1940–1969), racontés et analysés dans une ambiance nocturne, jazz et désabusée. Si vous voulez lire le roman, il est disponible chez AmazonN'oubliez pas de visiter le site : https://livresetsaveurs.fr vous y trouverez plein de bonnes chosesEt mon autre podcast : https://bobards-sur-bobines.lepodcast.fr/ consacré au films noirs de la grande époque.

    23 min
  5. LA NEIGE ETAIT SALE - 1948

    12/05/2025

    LA NEIGE ETAIT SALE - 1948

    CN17 – La neige était sale (1948) Simenon et la chute glaciale d’un jeune homme perdu Citation :"Il avait l’impression de laisser une trace. La neige devenait grise sous ses pas." Description :Dans cet épisode de Chroniques Noires, nous explorons l’un des romans les plus sombres de Georges Simenon : La neige était sale. Écrit en 1948 alors que Simenon vivait en exil aux États-Unis, ce texte marque l’un des sommets de ses "romans durs". La ville n’a pas de nom, la neige n’a rien de pur, et l’humanité semble avoir perdu jusqu’à la notion de lumière. Au centre du récit se tient Frank Friedmaier, dix-neuf ans, élevé dans un environnement saturé de vice et d’indifférence. Il n’est ni un héros ni un criminel de légende. Il est simplement le produit d’un monde où la guerre a brouillé les repères, où le marché noir remplace la morale, et où la violence devient un langage parmi d’autres.Le roman suit sa chute : un meurtre gratuit, une trahison sordide, un enfermement qui se transforme en prise de conscience trop tardive. Simenon y déploie une atmosphère glaciale, presque étouffante, où la neige ne recouvre rien mais révèle tout. Anecdote :En 1950, Frédéric Dard, futur créateur de San-Antonio, adapte La neige était sale pour le théâtre avec l’accord de Simenon. Daniel Gélin, qui incarne Frank, livre une interprétation si intense que plusieurs spectateurs quittent la salle en silence, comme s’ils avaient été témoins d’un procès moral plutôt que d’une pièce. Pourquoi cet épisode compte :Parce que La neige était sale n’est pas seulement un roman noir. C’est une réflexion brutale sur l’après-guerre, sur les ruines visibles et invisibles, sur la responsabilité individuelle quand tout s’effondre autour de soi. Simenon y interroge la nature du mal, la possibilité de rédemption, et cette façon qu’ont les vies brisées de continuer malgré tout.Un texte froid, dur, mais essentiel. disponible sur Amazon

    35 min
  6. CELLE QUI N'ETAIT PLUS  - BOILEAU-NARCEJAC - 1952

    11/21/2025

    CELLE QUI N'ETAIT PLUS - BOILEAU-NARCEJAC - 1952

    Celle qui n’était plus – Boileau-Narcejac (1952) Chroniques Noires — Épisode du 21/11/2025 Un réel qui se dérobe Dans cet épisode, Sam explore Celle qui n’était plus, roman où le crime n’est qu’un déclencheur. Rien de spectaculaire : un fait simple, posé, puis un détail qui ne devrait pas exister… et c’est toute la réalité qui commence à vaciller. Le protagoniste, trop ordinaire pour porter ce poids, glisse lentement sous la surface. Le noir feutré de Boileau-Narcejac Le duo signe un texte sec, précis, presque silencieux. Pas d’effets appuyés : une tension qui s’installe à bas bruit, un quotidien banal qui devient menaçant, et une focalisation interne qui enferme le lecteur dans l’esprit d’un homme qui doute de tout — surtout de lui-même. Une atmosphère simple, mais inquiétante Pavillons modestes, lampadaires essoufflés, brouillard épais : le roman fabrique une noirceur domestique, sans artifice. C’est dans cette normalité trouée que s’installe la peur : celle de ne plus distinguer ce qui est vrai de ce qui devrait l’être. Vous entendrez le principe du « suspense inversé » la précision stylistique du duo l’importance du doute et de la perception l’ancrage social du début des années 1950 le glissement intérieur du protagoniste Une plongée dans les ombres du quotidien Sam vous accompagne dans cette histoire où le danger n’est pas le crime, mais ce qu’il ouvre. Un épisode feutré, tendu, où chaque certitude se fissure.

    14 min

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