A la Une de la presse, ce lundi 23 février, le quatrième anniversaire, demain, du début de l’invasion russe en Ukraine. Une guerre sans vainqueur ni vaincu, à ce jour, mais aux victimes innombrables, en Ukraine comme en Russie. Les suites de l’affaire Epstein. La fin des JO d’hiver. Et le sort des rats de New York par temps (très) froid. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, le quatrième anniversaire, demain, du début de l’invasion russe en Ukraine. Quatre ans après, "où est la victoire ?". "Les négociations s’éternisent, des milliers de soldats meurent et la situation des civils est catastrophique", écrivait hier le journal italien Il Manifesto, avec la photo saisissante d’une victime sous les décombres, dont la montre s’est arrêtée. "La guerre éternelle de Poutine" : pour le magazine britannique The Economist, si ce conflit dure toujours, c’est parce que Vladimir Poutine "ne peut ni le gagner ni l’arrêter sans fragiliser son pouvoir". Quatre ans plus tard, le Kyiv Post martèle que l’Ukraine "ne sera pas brisé ", et demande à ses partisans de "déployer des efforts concertés plus importants" pour lui venir en aide. "L’art de pas savoir négocier" Le journal russe Vedomosti cite, lui, l’agence Tass, selon laquelle "une nouvelle série de pourparlers entre la Russie, les États-Unis et l'Ukraine pourrait avoir lieu à Genève le 26 février". Mais qui croit encore en la volonté de Poutine de négocier ? Pas le site d’opposition russe Meduza, qui vilipende "l’art de pas savoir négocier" de l’Administration Trump, et de ses envoyés spéciaux Jared Kushner et Steve Witkoff. Une critique partagée par L’Opinion, qui déplore "un an de vaine agitation" diplomatique, symbolisée par un dessin de Kak montrant Trump et Poutine parlant pour ne rien dire, sous le regard impuissant de Zelensky. Quatre ans de guerre, et des milliers de vies brisées. Le Parisien/Aujourd’hui en France consacre une série de reportages aux "gueules cassées" de cette guerre. Parmi eux, Roman Oleksiv, touché par un missile russe en juillet 2022 qui a brûlé plus de la moitié de son corps. Cet Ukrainien de 11 ans a témoigné en décembre dernier devant le parlement européen et est devenu, depuis, l’un des visages de ce conflit. Côté ukrainien, la guerre aurait fait 55 000 morts, selon Volodymyr Zelensky, dont l’évaluation est toutefois jugée "sous-estimée" selon le Parisien/Aujourd’hui en France. Le journal raconte aussi un pays où les carrés militaires "débordent", ce qui a conduit à l’ouverture d’un site au sud de la capitale, Kiev, où jusqu’à 136 000 soldats pourront être inhumés. "Chair à canon" Côté russe, le nombre de morts est un secret d’Etat, mais The Times, le journal britannique fait état d’un chiffre effroyable à Stepnohirsk, le dernier bastion ukrainien protégeant la ville de Zaporijia, où l’espérance de vie des soldats russes serait en moyenne de 12 minutes, selon un officier ukrainien. D’après le commandant en chef des forces ukrainiennes, 31 700 soldats russes auraient été tués au cours du seul mois dernier, sur l'ensemble de la ligne de front. Interrogée par Libération, la spécialiste de la Russie Anna Colin Lebedev évoque ces dizaines de milliers d’hommes envoyés au front comme "chair à canon", et un pays croyant dur comme fer au discours sur l’hostilité supposée de l’Ouest à son égard - une croyance que l’Ouest aurait lui-même nourrie en créant "une image simpliste de la Russie". La Russie, que les alliés européens de l’Ukraine accusent d’être à l’origine d’opérations de sabotage à travers le continent. D’après The New York Times, plusieurs attaques, dont un incendie en 2024 près de Varsovie, en Pologne, qui a détruit un millier d’entreprises, auraient été menées "par un réseau criminel pour le compte des services de renseignement russes". Mais selon le quotidien américain, l’un des personnages clé de ces attaques ne serait pas un agent du FSB, mais un ancien chauffeur de taxi, Aleksei Vladimirovich Kolosovsky, 42 ans, lié à des groupes criminels impliqués notamment dans le piratage informatique et la vente de faux papiers. Présenté comme un acteur "incontournable " de cette guerre hybride, il aurait "supervisé la planification et l'exécution d’attaques en Pologne, en Lituanie, au Royaume-Uni, et en Allemagne" - une sorte de sous-traitant, de prestataire de services, dans une guerre de l’ombre "de plus en plus violente". Affaire Epstein et Etat de droit La presse internationale revient aussi ce matin sur les suites de l’affaire Epstein. En France, Libération a eu accès au rapport de perquisition de l’appartement parisien du pédocriminel - un document qui révélait, "dès 2019, l’étendue de son système criminel et la centralité de la France dans son réseau mondial", selon Libé. Au Royaume-Uni, l’ex-prince Andrew a été interpellé la semaine dernière et est accusé, notamment, d’avoir ouvert les portes d’une base de la RAF, près de Londres au jet du pédocriminel. "L’Europe promet de rendre (enfin) des comptes" sur l’affaire Epstein et The Washington Post rapporte que de hauts responsables démocrates comparent "les actions judiciaires d'envergure lancées ici, à la réaction muette aux États-Unis". "Alors que l'administration Trump a dépeint l'Europe comme étant en déclin, certains observateurs voient dans la réaction européenne la preuve de la relative robustesse de (son) État de droit, comparée à la concentration du pouvoir dans l'Amérique de Trump". "Tour de magie" à Milan-Cortina Un mot, pour terminer, de la fin, hier, des JO d’hiver de Milan-Cortina. Soulagement et satisfaction de la mission accomplie: La Stampa évoque des Jeux qui "resteront longtemps dans les mémoires", un "tour de magie" car le fiasco annoncé n’a pas eu lieu. Satisfaction aussi en France, où se dérouleront les prochains Jeux d’hiver. 23 médailles au total, un record, dont 13 pour le biathlon, à l’honneur du Parisien/Aujourd’hui en France. La neige et le froid, bons pour les biathlètes, mais pas pour les rats. D’après El Pais, les New-Yorkais espèrent que le très rude hiver qu’ils subissent depuis des semaines entraînera une forte diminution du nombre de rongeurs. Estimées à quelque 3 millions en 2024, ces bestioles redoutent le froid autant que le reste de la population, mais les experts et les autorités mettent déjà en garde : les New-Yorkais ne doivent pas s’attendre à leur éradication, seulement à une légère réduction de leur nombre. Qualifiés d’"ennemis publics numéro 1" par un ancien maire de New-York, les rats, rappelle le journal, ont la peau dure, au point que la "tsarine des rats" nommée en 2023 avait fini par jeter l’éponge. "Patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage", dit la fable de La Fontaine sur le lion et le rat… Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.