Histoire d'Europe

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Chaque mois, dans Histoire d'Europe, Thierry Piel, maître de conférence en histoire ancienne, dresse le portrait d’éminents personnages historiques dans une émission ponctuée d’une playlist d’époque !

  1. 06/10/2024

    Quand les Romains persécutaient les Chrétiens

    Les Chrétiens font traditionnellement remonter les premières persécutions romaines à l’année 64. Cette année là l’empereur Néron à la suite d’un incendie dévastateur aurait accusé les Chrétiens d’être à l’origine du sinistre. L’historien Tacite qui rapporte ces faits précise qu’il ne s’agissait que d’un prétexte pour faire des Chrétiens des boucs-émissaires. Jusqu’au milieu du III e s. ce fut en effet le principal motif de ces flambées de violence qui venaient sporadiquement frapper les communautés chrétiennes. Parce qu’ils pratiquaient une religion monothéiste intransigeante leur interdisant de sacrifier à d’autres dieux ou à l’empereur, les Chrétiens acquirent une réputation déplorable de misanthropie voire d’ennemi du genre humain. Cette relative incompatibilité entre pratiques chrétiennes et culture gréco-romaine, vaudra à cette nouvelle religion d’être considérée par les autorités romaines comme relevant d’une superstition, c’est à dire une religion illégale dont les fidèles étaient de iure passibles de la peine de mort.  À partir du milieu du III e siècle, aux pogroms succèdent des politiques d’éradication systématique du Christianisme dont le point culminant sera atteint en 303-305 sous l’empereur Dioclétien dans un contexte de détérioration de la situation de l’empire romain mais surtout de réaction religieuse romaine de la part du pouvoir impérial. Toutefois l’inefficacité de cette politique répressive conduira l’empereur Galère à publier en 311 un édit de tolérance, un an avant que l’empereur Constantin se convertisse lui-même au Christianisme, évènement inouï qui allait ouvrir des perspectives inespérées à la communauté Chrétienne.

    25 min
  2. 05/13/2024

    Tsushima 27 mai 1905, le jour où le Japon humilia l’Empire russe

    Le désastre subi par la flotte russe dans les eaux du détroit de Corée à l’est de l’île de Tsushima les 27 et 28 mai 1905 résonna comme un coup de tonnerre dans toutes les capitales occidentales. Pour la première fois depuis longtemps un État non européen avait militairement eu raison d’un État occidental. À l’origine de cet affrontement, nous trouvons l’expression de deux impérialismes antagonistes ; tout d’abord celui d’un empire russe en quête d’un accès aux mers chaudes, un objectif devenu atteignable depuis 1858 lorsque la Chine ouvrit les portes de la Mandchourie septentrionale à son puissant voisin. De son côté le Japon, contraint en 1854 à signer un traité commercial inégal avec les U.S.A., réagit en engageant en 1868 une modernisation du pays à marche forcée incluant la création d’une armée moderne à l’européenne. Lors d’une guerre-éclair contre la Chine en 1894-1895 elle écarte cette dernière de la péninsule coréenne mais ne tarde pas à se heurter à une Russie occupée à priver le Japon des fruits de sa victoire et tout particulièrement de l’arsenal de Port-Arthur. Le tsar Nicolas II persuadé qu’il vaincra facilement les Japonais pousse ces derniers à lui déclarer la guerre. La victoire du Japon en même temps qu’il lui permet désormais de tutoyer les puissances occidentales, sera par ailleurs le cruel révélateur des fragilités d’un Empire russe qu’une autre guerre emportera douze années plus tard.

    24 min

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