A la Une de la presse, ce lundi 22 juin, le divorce entre Girogia Meloni et Donald Trump. La démission annoncée du Premier ministre britannique Keir Starmer, presque 10 ans jour jour après le référendum sur le Brexit. Et l’entrée, demain, au Panthéon, de l’historien et résistant Marc Bloch et de son épouse, Simonne Vidal. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, le divorce à l’italienne, entre Giorgia Meloni et Donald Trump, qui soutient qu’elle veut "redevenir (son) amie pour faire remonter sa cote de popularité". "Ma popularité ne vous regarde pas. Je vous suggère de vous concentrer sur la vôtre", a rétorqué la présidente du Conseil italien. Décidément il y a de l’eau dans le gaz et la rupture est actée par Domani, qui accuse le président américain de "bullizzare", de chercher à intimider Giorgia Meloni. Pour tenter de couper court aux accusations trumpiennes, celle-ci s’est offert un bain de foule dans les Alpes, ce week-end, largement relayé par Libero. Giorgia Meloni se faisant prendre en photo, Giorgia Meloni serrant des mains, Giorgia Meloni brandissant des t-shirts... Le message est limpide : "Ma popularité est plus grande que la tienne". La Repubblica se demande si Meloni "paie le prix de son refus (de laisser Washington) utiliser les bases italiennes", renvoie dos à dos Rome et Washington, en rappelant que "Bettino Craxi avait lui aussi dit non à Reagan" dans les années 80. "Mais à l'époque, écrit le journal, il y avait la politique, il y avait la diplomatie, cette entreprise complexe, pierre angulaire des États". "Aujourd'hui, nous avons (d’un côté) l'envoyé spécial Paolo Zampolli", cet homme d’affaires italo-américain, ancien "agent de mannequins" dont le nom apparaît dans le dossier Epstein, le conseiller et l’ami de Trump qui assure désormais la liaison entre la Maison Blanche et la Fifa pour le Mondial, "et (de l’autre), nous avons Antonio Tajani", le ministre des Affaires étrangères italien, issu du berlusconisme qui a annulé sa visite prévue aux Etats-Unis en signe de protestation. "Il n'y a pas grand-chose d'autre à ajouter", conclut le journal. Keir Starmer sur le départ ? Du côté de la presse britannique, il est bien sûr question de la démission annoncée de Keir Starmer, affaibli par la perte de soutien du parti travailliste. "Game over", "fin de partie : pour The Daily Mirror, comme pour l’ensemble de la presse outre-Manche, la démission du chef du gouvernement n’est qu’une question de temps. Un départ annoncé dont Keir Starmer pourrait détailler le calendrier dans la journée. "Terminé et balayé" : The Sun parle d’une possible démission dès aujourd’hui. Le tabloïd cite aussi le commentaire de Donald Trump, encore lui, qui a déjà pris acte du départ de Keir Starmer en expliquant son échec par sa politique migratoire et énergétique. D’après The Guardian, Keir Starmer devrait annoncer son départ "à l’automne prochain", "pour laisser le champ libre" à son principal rival Andy Burnham, le maire du Grand Manchester. Un calendrier un peu différent de celui du Times, qui indique qu’Andy Burnham souhaite "être couronné Premier ministre" d'ici le mois de septembre, "à temps pour le (prochain) congrès du Parti travailliste". Le terme de "couronnement" fait référence au titre de "roi du Nord" d’Andy Burnham, qui a "bâti son image autour de ses racines nordistes", selon The Financial Times, qui raconte comment le député nouvellement élu a travaillé son image d’"homme du peuple prêt à tenir tête aux élites londoniennes ". Selon un document interne révélé par The Guardian, son futur gouvernement ambitionnerait de "revenir sur 40 ans de privatisations selon les principes du "Manchesterisme"", la politique mise en œuvre par Andy Burnham à Manchester, qu’il a qualifiée lui-même de "socialisme favorable aux entreprises". Andy Burnham, s’il est désigné par le Labour, deviendrait le septième Premier ministre britannique en dix ans depuis le référendum sur le Brexit, le 23 juin 2016. Dix ans après, la presse européenne dresse un tableau assez sombre du Royaume-Uni post-Brexit. El Pais parle d’un pays devenu "ingouvernable", "où les partis d’extrême droite les plus violents descendent régulièrement dans la rue. Le journal espagnol rappelle qu’Andy Burnham "n'a jamais caché, pour sa part, son opposition au Brexit" et même exprimé l'espoir que ses petits-enfants "ramèneront le Royaume-Uni dans l'UE". Le Brexit en question Un espoir partagé par "une majorité de Britanniques", selon le journal suisse Le Temps – qui note que "la classe politique n’est pas encore prête à franchir ce pas", contrairement aux "rejoiners" qui ont manifesté à Londres, samedi. Pour The Financial Times, "la Grande-Bretagne doit reconstruire ses liens avec l'UE, mais tenter d'y adhérer à nouveau serait une diversion dans l’immédiat". Dix ans plus tard, le bilan du quotidien est amer : "La Grande-Bretagne n'est pas plus riche, mais plus pauvre qu'elle ne l'aurait été. Son influence internationale est amoindrie. Le pays est plus divisé et les déceptions engendrées par le Brexit ont contribué à la fragmentation de la vie politique et à la chute de ses gouvernements". Un mot, pour terminer, de l’entrée, demain, au Panthéon, du grand historien et résistant Marc Bloch. L’auteur de "L’étrange défaite", sur la défaite française de 1940, assassiné par la Gestapo en 1944 et son épouse Simonne Vidal, vont entrer tous les deux dans le temple de la République française, alors que la présidence Macron s’achève et que s’ouvre "la grande inconnue de la présidentielle" de l’an prochain. La perspective d’une possible victoire de l’extrême droite "angoisse" L’Humanité, qui juge que "l’obstination avec laquelle le président s’attache par les mots à rendre les honneurs mérités aux héros du passé détonne avec la complaisance des actes envers les héritiers spirituels de leurs bourreaux", l’extrême droite. Trouble, aussi, de L’Opinion. "Marc Bloch mérite que la patrie reconnaisse sa lucidité et son courage. En permettant cet hommage, le président jette la lumière sur sa propre décennie à l’Elysée et celles d’avant: des élites souvent aveugles, des politiques médiocres, des syndicats corporatistes". Mais le journal s’interroge. "Que retiendront les Français ? Un président qui regarde l’histoire en face ? Ou un président qui n’aura pas pu ou pas su en infléchir le cours ". Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.