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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 17h ago

    Venezuela : le jackpot pétrolier de Donald Trump

    Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, est à Caracas pour concrétiser un accord pétrolier hors norme. Pendant cent ans, une entreprise soutenue par Washington pourra exploiter 17 champs contenant près d’un cinquième des réserves vénézuéliennes. L’accord porte sur 17 champs pétroliers situés principalement dans la ceinture de l’Orénoque, dans l’est du Venezuela, et autour du lac Maracaibo, dans l’Ouest. Ils contiendraient environ 65 milliards de barils, soit près d’un cinquième des réserves du pays, les plus importantes de la planète. Leur exploitation sera confiée pour 100 ans à North American Blue Energy Partners, ou NABEP, une société contrôlée par l’homme d’affaires vénézuélien controversé Alejandro Betancourt. Le Pentagone doit obtenir 35 % du capital de sa maison mère ainsi qu’un droit de veto sur la composition de son conseil d’administration. Les États-Unis pourront acheter 20 % du pétrole produit à prix coûtant et disposeront d’un droit de priorité sur les 80 % restants. À lire aussiVenezuela : Alejandro Betancourt, le sulfureux magnat du pétrole sur lequel Trump veut miser Un accord gagnant-gagnant, mais risqué Washington sécurise ainsi l’approvisionnement de ses raffineries et réduit l’influence chinoise et russe sur plusieurs champs stratégiques. En contrepartie, NABEP prévoit jusqu’à 100 milliards de dollars d’investissements pour moderniser une industrie pétrolière vénézuélienne profondément dégradée. Caracas espère des milliers d’emplois ainsi que près de 200 milliards de dollars de taxes et de redevances durant les 25 premières années. Chris Wright affirme que ces investissements pourraient plus que doubler une production tombée à environ 1,2 million de barils par jour, contre plus de 3 millions à la fin des années 1990. Mais la remise en état des installations prendra des années et la durée du contrat, l’absence d’appel d’offres et l’entrée du Pentagone au capital d’une entreprise privée soulèvent déjà de sérieuses interrogations juridiques.

  2. 1d ago

    Shein : début mouvementé en bourse

    Le géant de l’ultra fast-fashion a perdu jusqu'à près de 10 % lors de ses premiers échanges avant de clôturer finalement la journée à l'équilibre (-0,12 %). Déjà valorisé presque quatre fois moins qu'en 2022, Shein doit désormais convaincre qu’il peut réinventer un modèle fragilisé par la concurrence et les nouvelles réglementations. Shein a fait mardi son entrée à la bourse de Hong Kong, mais l'accueil des investisseurs s'est révélé particulièrement froid. L'action, introduite à 48,56 dollars de Hong Kong, a perdu jusqu'à près de 10 % avant de se reprendre partiellement. Le groupe reste valorisé plus de 26 milliards de dollars, contre près de 100 milliards en 2022 : le roi des prix cassés arrive donc lui-même en bourse à prix cassé. Créé en Chine en 2012, Shein a bâti son succès sur l'analyse instantanée des tendances et la production de vêtements en très petites quantités. La plateforme propose près de 4 700 nouveaux modèles par jour et a connu une croissance spectaculaire pendant le Covid-19, portée notamment par TikTok. Un modèle économique sous pression Après les échecs de ses projets de cotation à New York puis à Londres, Shein a dû se rapprocher de Pékin pour obtenir son entrée en bourse à Hong Kong. Le groupe affronte désormais la concurrence de Temu et TikTok Shop, ainsi que la multiplication des mesures sur les petits colis aux États-Unis et en Europe. En France, un nouveau malus écologique visant l'ultra fast-fashion peut désormais renchérir les produits ou réduire directement les marges de la plateforme. À voir aussiFast-fashion : au cœur de la machine Shein, en Chine Shein a réalisé près de 42 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2025, davantage que Zara mais son bénéfice net a chuté de près de 40 % sur un an. Pour rebondir, le groupe veut devenir une sorte d'Amazon de la mode, accueillant d'autres marques et leur proposant ses usines, sa technologie et son réseau mondial de distribution.

  3. 2d ago

    L’OCS, bouée de sauvetage de la Russie et de l’Iran face aux sanctions

    Réunis à Bichkek, capitale du Kirghizstan, les dirigeants de l’Organisation de coopération de Shanghai veulent renforcer un espace économique moins dépendant de l’Occident. Pour Moscou et Téhéran, le bloc offre des outils permettant d’atténuer, voire de contourner les sanctions. Née il y a vingt-cinq ans pour renforcer la sécurité en Asie centrale, l’OCS a progressivement changé de dimension. Ses dix membres, parmi lesquels la Chine, la Russie, l’Inde et l’Iran, représentent plus de 40 % de la population mondiale et autour de 30 % de l’économie de la planète. Depuis l’adhésion de l’Iran en 2023, l’organisation apparaît de plus en plus comme un refuge pour les économies sanctionnées. Avant le sommet, ses ministres des Affaires étrangères ont d’ailleurs condamné les "mesures coercitives unilatérales", autrement dit les sanctions occidentales. Grâce au poids de la Chine et de l’Inde, Moscou et Téhéran disposent de nouveaux acheteurs, fournisseurs, pays de transit et circuits financiers. Monnaies, banque et nouvelles routes Premier levier : la dédollarisation, avec davantage d’échanges en yuans, en roubles ou en monnaies nationales et le développement de systèmes de paiement alternatifs à SWIFT. La Chine pousse également à la création d’une banque de développement de l’OCS pour financer des infrastructures sans dépendre systématiquement du dollar, du FMI ou de la Banque mondiale. La Russie et l’Iran développent en parallèle le corridor Nord-Sud, long de plus de 7 000 kilomètres, tandis que leurs exportations d’énergie sont réorientées vers la Chine. Ces mécanismes leur permettent de résister, mais l’OCS reste divisée, notamment par la rivalité entre l’Inde et la Chine, et Pékin protège ses grandes banques des sanctions américaines. L’affaire de la banque Misr en montre la limite : Washington veut couper la filiale émiratie de la banque égyptienne du système financier américain, accusées d’avoir traité 1,8 milliard de dollars pour des sociétés potentiellement liées aux réseaux  iraniens.

  4. Aug 12

    Meta face à la justice américaine pour l'addiction des mineurs aux réseaux sociaux

    Meta est jugé à partir de ce mercredi en Californie dans une vaste procédure sur la protection des mineurs. Quatre États américains portent devant la justice les accusations de dizaines d'autres : le groupe aurait notamment conçu Facebook et Instagram pour retenir les jeunes le plus longtemps possible devant leurs écrans. Meta se retrouve une nouvelle fois sur le banc des accusés aux États-Unis. Devant le tribunal fédéral d'Oakland, la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey portent une procédure engagée plus largement par des dizaines d'États américains contre le groupe de Mark Zuckerberg. Meta est notamment accusé d'avoir collecté les données personnelles d'utilisateurs de moins de 13 ans sans véritable consentement parental. Mais les quatre États vont plus loin : ils estiment que Facebook et Instagram ont été délibérément conçus pour favoriser une utilisation compulsive chez les plus jeunes. Défilement infini, vidéos automatiques, notifications, recommandations personnalisées ou "likes" : ces mécanismes permettraient de retenir davantage les adolescents sur les plateformes et donc de leur montrer davantage de publicités. Meta conteste ces accusations et assure avoir renforcé la protection des mineurs. Un procès qui pourrait changer le fonctionnement d'Instagram La sanction financière théorique pourrait atteindre 1 400 milliards de dollars, même si un tel montant paraît très improbable. Le principal danger pour Meta est ailleurs : une condamnation pourrait l'obliger à mieux vérifier l'âge de ses utilisateurs et à modifier certains mécanismes destinés à prolonger le temps passé sur ses applications. L'enjeu dépasse ce seul procès. Meta fait déjà face à des milliers de plaintes de familles et de collectivités ainsi qu'à des procédures impliquant plus de 1 300 établissements scolaires. Une condamnation pourrait donc ouvrir la voie à de nouvelles décisions contre le groupe et remettre en cause une partie de son modèle économique, fondé sur la captation de l'attention.

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