Planisphère géopolitique et stratégique

Diploweb

L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RCF Notre Dame, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Dr Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère. Bonne écoute !

  1. 2d ago

    Le corps comme champ de bataille ? Avec A. - M. Ciftcisoy

    Dans les conflits armés, les violences sexuelles sont des armes souvent passées sous silence, malgré leur caractère systémique. Comment mieux appréhender le corps comme un champ de bataille et élaborer une géopolitique de ces crimes en période de conflit armé ? Planisphère pose la question à Alizéa-Maïwenn Ciftcisoy, docteure en droit, chef analyste documentaliste à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine au sein de la Gendarmerie nationale et chercheuse associée au CUREJ. Elle s’exprime en son nom propre. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone. Cette émission a été enregistrée le 21/09/2026, et radiodiffusée la première fois sur RCF Notre Dame le 12/10/2026. Extrait de la synthèse rédigée: "Alizéa-Maïwenn Ciftcisoy souligne qu’un courant doctrinal en sciences sociales, porté par des auteurs comme MacKinnon, Cockburn ou Baaz, remet en question l’idée que les violences sexuelles en conflit armé seraient des crimes exceptionnels, déconnectés du temps de paix. Au contraire, ces violences constituent un prolongement, un « continuum » de violences fondées sur le genre, le sexe, l’humiliation, la domination et le pouvoir, déjà existantes avant le conflit. La guerre entraîne une exacerbation extrême de ces pratiques, mais ne les crée pas ex nihilo. Le contexte de guerre transforme profondément les modalités et l’intensité de ces violences. Elles engendrent des dommages spécifiques, au-delà des impacts psychologiques (dépression, stress post-traumatique, anxiété) : infections, maladies, désordres gynécologiques, troubles intestinaux et mutilations. (...) La guerre lève les barrières sociales, morales et légales, désorganise les institutions, et favorise une impunité de fait qui libère des comportements habituellement contenus. Le corps devient alors un instrument symbolique, visant à humilier l’adversaire en affirmant une puissance totale, le montrant incapable de protéger ses civils. (...) Le ciblage des victimes repose sur des critères liés au genre, à la domination, à l’humiliation et au pouvoir, avec des modes opératoires spécifiques. Les hommes sont souvent victimes dans des contextes publics (lieux de détention), subissant des tortures sur les organes génitaux, des pénétrations ou étant forcés à perpétrer des actes sur des membres de leur famille ou des personnes du même sexe, dans une logique d’humiliation, de “féminisation” et “d’homosexualisation”. Les femmes peuvent être attaquées dans des contextes privés ou publics, avec un ciblage massif, souvent sous les yeux de leur famille, et des mutilations (marquage au fer rouge, ablation de membres) visant à rendre le viol impossible à cacher. Ces violences s’attaquent aussi aux symboles de pouvoir, comme le montrent les cas de l’ancienne Première ministre rwandaise Agathe Uwilingiyimana ou de l’homme d’affaires tutsi Assiel Kabanda, dont les corps ont été profanés et exposés. (...) La grossesse forcée illustre explicitement cette dimension stratégique. Son élément moral, tel que défini par la CPI, exige l’intention de modifier la composition ethnique d’une population. En ex-Yougoslavie, des « camps du viol » retenaient prisonnières des femmes musulmanes bosniaques, violées et gardées jusqu’à terme pour modifier l’héritage « musulman et bosnien » par une « fécondation patrilinéaire ». Qualifier le viol d’« arme de guerre » rend compte de son usage guerrier, de sa systématicité et de sa dimension stratégique. Cependant, Alizéa-Maïwenn Ciftcisoy nuance cette approche : si le viol peut relever d’une politique délibérée, il procède aussi de l’effondrement de l’ordre social en temps de guerre et de la levée des contraintes morales, étant une pratique peu coûteuse, hautement destructrice et parfois perçue comme une récompense pour les soldats. (...)" Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone. ⁠

  2. 6d ago

    De la brigade des stupéfiants au pôle financier : 40 ans au cœur des affaires. Avec Roger Le Loire

    Les criminels sont aussi des acteurs géopolitiques. Les narco-mafias, comme les terroristes, cherchent à prendre le contrôle des territoires et des esprits. Mais comment connaître ces réalités au plus près du terrain, et quelle est l’ampleur de leur évolution ? Planisphère a le privilège de recevoir Roger Le Loire, dont les quarante ans de carrière, d’inspecteur de police à juge d’instruction offrent un éclairage unique sur ces phénomènes de l’ombre. Roger Le Loire est un homme à la carrière atypique. Il a été acteur dans de grandes affaires dont certaines ont ébranlé la République. Il a publié avec le journaliste Rémi Bellon, « Zonard, flic et juge », aux éd. Michel Lafon. En 2026, le Cercle K2 l’a honoré du prix Giovanni Falcone. Cette émission a été enregistrée le 14/09/2026 et radiodiffusée la première fois le 5/10/2026 sur RCF Notre Dame. Extrait de la synthèse rédigée dont la version complète est sur Diploweb.com "Roger Le Loire a débuté sa carrière à la brigade des stupéfiants en 1975, une époque où ce trafic était marginal en France, notamment après l’éradication de la « French Connection ». Les affaires portaient alors sur de petites quantités, comme 10 grammes de drogue. Cependant, le phénomène a depuis connu une transformation radicale. Après une période marquée par l’héroïne venue du Triangle d’Or d’Asie, le trafic actuel s’apparente à un « narco-banditisme de type horizontal », disséminé sur tout le territoire, avec des groupes se réclamant de labels comme la DZ Mafia. Les chiffres attestent de cette escalade : en 2024, 49 tonnes de cocaïne ont été saisies en France, dont 14 tonnes au Havre. La même année, 49 narco-homicides, 133 tentatives et 14 victimes collatérales ont été recensés. Le chiffre d’affaires des stupéfiants en France a atteint 7,5 milliards d’euros en 2023, des dimensions comparables, selon Roger Le Loire, à celles du cartel de Cali qu’il a eu l’occasion d’étudier. De 1990 à 1994, Roger Le Loire a exercé en tant que juge antiterroriste, traitant des dossiers sensibles et variés. Il a notamment enquêté sur l’attentat de Djibouti, l’organisation indépendantiste basque armée ETA (qu’il décrit comme « purement révolutionnaire » et opposée au trafic de drogue), le groupe Action Directe (impliqué dans l’assassinat de l’ingénieur général Audran), le Front de Libération Nationale Corse (FLNC), ainsi que les premières affaires du radicalisme islamiste (groupes islamistes armés). Le point commun de ces groupes, souligne Roger Le Loire, est leur volonté de « semer la terreur » pour affirmer leurs idées. Certains, à l’exception notable de l’ETA, fonctionnaient également sur un mode mafieux, s’appropriant des biens par le racket. Ce métier s’est avéré particulièrement exigeant sur le plan personnel : le juge Le Loire était constamment sous la protection de gardes du corps (trois ou quatre policiers tournants), son domicile était relié par un système d’alerte à un commissariat, et ses déplacements étaient encadrés, limitant sa liberté. Il a également mené des enquêtes à l’étranger, notamment aux États-Unis, (...). Sa carrière l’a aussi confronté aux ramifications internationales de la justice. En effet, il existe une compétence du juge d’instruction français à l’étranger via les demandes d’entraide pénale et les commissions rogatoires internationales. Un exemple marquant est l’affaire Pinochet, où, face au refus de la Cour suprême chilienne, il a contourné l’obstacle par une « rencontre de juge à juge » avec le juge Guzman, obtenant ainsi les pièces nécessaires. Au pôle financier, en tant que doyen des juges d’instruction, il a traité l’affaire Karachi, concernant des ventes françaises de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite, où des intermédiaires étaient soupçonnés d’avoir versé des « rétrocommissions » à des partis politiques français. (...)" Voir la synthèse rédigée complète est sur Diploweb.com ⁠premier site géopolitique francophone

  3. Sep 29

    Comment comprendre la Russie de Vladimir Poutine ? Avec C. Fauconnier

    Avec 17 millions de kilomètres carrés, la Russie reste le pays le plus étendu du monde. Mais c’est aussi devenu une forme d’immense trou noir. Difficile pour les journalistes d’y travailler, quasi impossible pour un doctorant étranger d’y conduire une recherche universitaire. Alors, comment comprendre la Russie de Vladimir Poutine ?   Pour répondre à cette question, Planisphère a la joie de recevoir à son micro Clémentine Fauconnier, politiste, Maitresse de conférence à l’Université de Haute-Alsace. Clémentine Fauconnier vient de publier « La Russie de Poutine : du tournant autoritaire à la guerre », aux éditions Le Cavalier Bleu.  Cette émission a été enregistrée le 14/09/2026 et radiodiffusée la première fois sur RCF Notre Dame le 28/09/2026. Extrait de la synthèse rédigée complète disponible sur Diploweb.com "Clémentine Fauconnier met en garde contre l’usage du terme « populiste » pour qualifier Vladimir Poutine. Bien que le dirigeant russe présente certains traits associés au populisme : revendiquer une conception verticale du pouvoir, un culte du chef, et une vision simpliste du monde – l’expression est jugée réductrice et trompeuse. L’invitée lui préfère les notions d’« autoritarisme » et d’« autoritarisme conservateur », qu’elle estime plus appropriées. Elle souligne que ce conservatisme d’État est récent, marquant un « tournant conservateur » en 2012. Auparavant, dans les années 2000, Vladimir Poutine et son entourage se définissaient comme pragmatiques et centristes, rejetant les questions idéologiques au profit de la restauration de la grandeur du pays et de l’amélioration des conditions de vie. Ce n’est qu’à partir de 2012 que les dirigeants russes ont revendiqué un programme idéologique clair, s’appuyant sur les valeurs dites traditionnelles. Contrairement à l’idée d’une Russie isolée ou d’un « État paria », Clémentine Fauconnier nuance son positionnement international. Elle rappelle la doctrine Primakov, élaborée avant Poutine, qui visait à faire de la Russie une puissance de premier plan dans un monde multipolaire, intégrée (via le G8, le G20 et l’OMC) mais souveraine. Après la guerre d’agression russe contre l’Ukraine en 2022, la rupture avec l’Occident devient quasi consommée, mais la Russie a redistribué ses forces et ses échanges vers l’Asie de l’Est (notamment la Chine) et le Sud global. La Russie de Vladimir Poutine aspire à être une grande puissance, capable de dialoguer d’égal à égal avec les États-Unis et la Chine, et de participer à l’architecture de sécurité européenne. Cependant, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022 a révélé une ambivalence majeure entre ces ambitions démultipliées et des moyens qui ne suivent pas forcément. Avant 2022, la stratégie russe privilégiait les stratégies hybrides (subversion politique, cyberespace) pour contourner une lutte armée à grande échelle, consciente de ses limites militaires. L’armée russe, malgré une communication axée sur les armes sophistiquées, s’est montrée « très pauvre, mal équipée », confrontée à des problèmes stratégiques et un nombre d’hommes insuffisant. Le groupe Wagner, fondé en 2014 par Evgeny Prigojine, a illustré cette dépendance de l’État russe. Il a permis de sous-traiter des activités militaires et subversives en Afrique, en Syrie et en Ukraine, et a connu un essor important en 2022 grâce à sa capacité de recrutement, y compris dans les prisons. La « marche sur Moscou » de juin 2023, suivie de la mort mystérieuse de Prigojine, a cependant montré que toute tentative de contestation du pouvoir était vouée à l’échec, renforçant finalement l’État russe. Clémentine Fauconnier est aussi cofondatrice du collectif de recherche sur la Russie contemporaine pour l’analyse de ses nouvelles trajectoires, Coruscant, créé en 2023. " Voir  le site du collectif de recherche Coruscant Voir la ⁠synthèse rédigée complète disponible sur Diploweb.com⁠ premier site géopolitique francophone.

  4. Sep 23

    Existe-t-il une guerre juste ? Avec J-V Holeindre

    L’expression « guerre juste » peut sembler paradoxale tant les conflits armés sont intrinsèquement porteurs d’injustices. Pourtant, cette notion, loin de promouvoir la violence, vise historiquement à la circonscrire et à l’encadrer. Comment cette doctrine s’est-elle construite à travers les millénaires, quels sont ses principes fondamentaux et conserve-t-elle une pertinence face aux défis contemporains ? Planisphère pose ces questions à Jean-Vincent Holeindre, Professeur de science politique à l’université Panthéon-Assas. Emission enregistrée le 7/09/2026, radiodiffusée la première fois le 21/09/2026 sur RCF Notre Dame. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Extrait de la synthèse Jean-Vincent Holeindre corrige d’abord une idée reçue : la doctrine de la guerre juste n’est pas née avec le christianisme, malgré l’apport de penseurs comme saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin. Ses véritables origines remontent à la Rome antique, au IIe siècle avant notre ère. Les Romains, à la fois grands guerriers et inventeurs du droit, ont été les premiers à élaborer l’idée qu’il convenait de justifier la guerre, tant dans la manière d’y entrer (« Jus ad bellum ») que de la conduire (« Jus in bello »), afin de limiter les injustices. Cette conception est particulièrement visible lors des guerres puniques, notamment la deuxième (218 à 202 avant J-C), relatée par Polybe, où les Romains invoquaient la légitime défense face à Hannibal, bien que leur propre posture fût également offensive. Jean-Vincent Holeindre souligne que la théorie de la guerre juste n’est pas belliciste. Son objectif fondamental est de limiter la guerre : restreindre les conditions d’entrée en conflit et en modérer les effets sur les êtres humains. Elle ne relève pas du pacifisme absolu, ni du réalisme, mais cherche à encadrer l’usage de la force pour éviter l’escalade et les conséquences incontrôlables. (...) Le XXe siècle des « guerres totales » a d’abord éclipsé la doctrine de la guerre juste, estompant la distinction entre combattants et non-combattants. C’est dans les années 1970 qu’elle connaît une renaissance, notamment sous l’impulsion du philosophe américain Michael Walzer (né en 1935), militant contre la guerre du Vietnam. Walzer, issu de la gauche américaine et de la revue « Dissent », a actualisé la théorie en soulignant des critères comme la légitime défense, le dernier recours et l’autorité légitime (les États). Il a ainsi critiqué les « guerres de choix » menées par les États-Unis, comme celle en Irak en 2003 sous George W. Bush, qu’il ne considérait pas comme justes car non défensives et préventives. La doctrine a été mobilisée par les néo-conservateurs américains, précédemment sous Ronald Reagan (1981-1989), qui ont injecté une dimension morale dans la lutte contre l’« Empire du Mal » soviétique. Après le 11 septembre 2001, cette approche a conduit G. W. Bush (2001 – 2009) à un interventionnisme offensif, combinant croisade morale et exportation de la démocratie par la force. Jean-Vincent Holeindre y voit une « mésinterprétation » dangereuse, éloignant la politique américaine des principes de prudence et de limitation de la force inhérents à la guerre juste. (...) L’analyse de Jean-Vincent Holeindre révèle la profondeur historique de la doctrine de la guerre juste et sa nature fondamentale : un cadre éthique visant à limiter l’usage de la violence. (...) Face aux tentations interventionnistes du XXe et XXIe siècles et aux défis posés par les nouvelles technologies comme les drones, cette doctrine demeure un guide essentiel. Elle invite à la prudence et à la proportionnalité, rappelant que la force doit être un dernier recours, mobilisé pour défendre l’intégrité d’un État plutôt que pour imposer des valeurs. Même, et surtout, en temps de guerre, les limites morales et juridiques doivent être respectées. Podcast et ⁠synthèse rédigée complète sur Diploweb.com⁠

  5. Sep 11

    Qu’apporte un roman à la perception des décisions stratégiques ? Avec Ivan Sand

    Vous le savez, la France a été une puissance en Afrique et plus d’une fois impliquée dans des crises politiques. Au point d’avoir significativement réduit son nombre d’implantations et d’accords de défense. Mais avez-vous idée de ce qui se passe au sein de l’état-major particulier du président de la République française lorsqu’une crise survient ? Et d’ailleurs, comment pourrions-nous en avoir une idée ? Le roman offre une voie d’exploration unique. Pour répondre au micro de Planisphère, nous avons la joie de recevoir Ivan Sand, auteur du roman « Un État-major particulier » aux éditions Novice. Il s’exprime en son nom propre. Cette émission a été enregistrée le 22/06/2026 et radiodiffusée la première fois sur RCF Notre Dame le 7/09/2026 Podcast et synthèse rédigée complète ⁠sur Diploweb.com , le premier site géopolitique francophone⁠.  Extrait de la synthèse rédigée " L’état-major particulier (EMP) du président de la République française, bien que peu connu, n’est pas une unité secrète. Composé d’un général cinq étoiles et de quatre conseillers représentant chaque armée et le commissariat des armées, il concentre un pouvoir et une influence considérables, ayant un accès quotidien au chef des armées, le Président de la République. Ivan Sand souligne que la gestion de crise y est d’une complexité rarement perçue : une crise n’arrive jamais seule, se mêlant à des enjeux de politique intérieure ou des catastrophes naturelles. Les décideurs disposent de peu de temps, d’informations parcellaires, et doivent composer avec la « tyrannie des distances » et le « chaos des échelles ». L’EMP apporte alors sang-froid et une évaluation des risques militaires pour aider le président à trancher.Ivan Sand met en lumière la faiblesse relative des exécutifs sur certains plans (la communication notamment), même d’une grande ou moyenne puissance. Dans son roman, un pays militairement plus faible peut mettre en difficulté la France, confrontant le président à un sentiment d’impuissance malgré son budget militaire conséquent. Les conseillers militaires jouent alors un rôle crucial pour apporter sérénité et éviter des décisions extrêmes.  Ivan Sand, docteur en géopolitique, explique que la fiction apporte une dimension unique à l’analyse géopolitique. Contrairement aux travaux universitaires ou journalistiques, elle permet de se « mettre dans la peau des personnages », d’explorer leurs failles, leurs ambitions et leurs rivalités interpersonnelles. Ces facteurs humains, souvent déterminants dans les prises de décision, sont difficilement saisissables autrement. Cette approche est d’ailleurs utilisée par les armées elles-mêmes, notamment via les « Red Teams » ou les « serious games », où des professionnels de la fiction imaginent des scénarios d’anticipation (attaques de drones inédites, nouvelles alliances géopolitiques) pour tester les réactions des décideurs politiques et militaires. La fiction, si elle est bien documentée et parvient à saisir les « réflexes humains », peut ainsi offrir ⁠une compréhension très réaliste des dynamiques en jeu⁠. (...) Le thème de la trahison est aussi abordé à travers un officier qui maintient le contact avec le putschiste nigérien, son ancien camarade d’école de guerre. Ivan Sand dépeint un personnage complexe, initialement pétri de bonnes intentions, pensant pouvoir résoudre la crise, mais qui se laisse entraîner dans un « engrenage » et finit par commettre une faute. Cette figure met en lumière la dimension profondément humaine des crises, même au plus haut niveau de l’État. (...)" Podcast et synthèse rédigée complète ⁠⁠sur Diploweb.com , le premier site géopolitique francophone⁠⁠.

  6. Sep 11

    L’Indo-Pacifique existe-t-il encore ? Avec Marianne Péron-Doise

    Depuis une vingtaine d’années, la puissance mobilisatrice du concept d’Indo-Pacifique a imposé une nouvelle image de l’Asie, intégrant la dimension « Indo » (Inde et Océan Indien) au côté du Pacifique. Cette reconfiguration, initialement économique, est devenue un enjeu stratégique majeur, reflétant les dynamiques de puissance et la maritimisation du monde. Cependant, après deux décennies d’évolution, le concept conserve-t-il sa capacité d’entraînement face aux crises ? Planisphère pose la question à Marianne Péron-Doise. Marianne Péron-Doise, Directrice de recherche à l’IRIS où elle est co-responsable du Programme Asie pacifique et dirige l’Observatoire Géopolitique de l’Indo-Pacifique. Elle vient de publier une "Géopolitique des mers et des océans", éd. Cavalier Bleu. Cette émission a été enregistrée le 22/06/2026 et radiodiffusée sur RCF Notre Dame le 31/08/2026. ⁠Podcast et synthèse rédigée et validée sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone⁠.  Extrait de la synthèse "Le concept d’Indo-Pacifique qui a émergé il y a deux décennies, a supplanté la dénomination traditionnelle d’Asie-Pacifique, jugée trop centrée sur l’Asie Orientale (Chine, Japon, Corée du Sud, ASEAN) et l’Australie. Marianne Péron-Doise explique que cette nouvelle construction est intrinsèquement maritime, intégrant l’océan Indien et, plus précisément, l’Inde, un pays de 1,4 milliard d’habitants. L’objectif initial était de parier sur l’émergence de l’Inde pour équilibrer un Pacifique dominé par les États-Unis mais où la Chine montait en puissance. D’une vision économique, tirée par le développement des « dragons » et des « tigres » asiatiques, le concept a évolué vers une dimension plus stratégique, liée à la maritimisation du monde, aux flux commerciaux et au développement des marines, notamment après la mobilisation internationale contre la piraterie somalienne dans les années 2000.  Le concept d’Indo-Pacifique porte un sous-texte anti-chinois, reflétant les interrogations sur l’orientation de la puissance de Pékin. Marianne Péron-Doise souligne la réalité physique de la Chine comme puissance commerciale et économique majeure, visible dans la hiérarchie des ports mondiaux. Le port de Shanghai, avec environ 50 millions d’équivalent vingt pieds (EVP), surpasse largement le premier port européen, Rotterdam, qui en traite 11 millions. Cette « extraordinaire puissance logistique » fait de la Chine l’« usine du monde », avec une activité intense sur sa façade maritime. Cette puissance civile marchande s’accompagne d’un développement militaire rapide et « Mahanien ». La marine chinoise, qui se mesure à la marine américaine, compte déjà quatre porte-avions (deux acquis, un construit, un en construction) et de nombreux sous-marins. Ces capacités navales appuient ⁠des revendications maritimes agressives en Mer de Chine méridionale⁠ (illustrées par ⁠la « carte en neuf traits » revendiquant les trois quarts de la zone, rognant sur les archipels des Spratleys et Paracels⁠) et sur ⁠les îles Senkaku⁠ administrées par le Japon. La Chine remet en cause le droit de la mer par la création et la militarisation d’îlots artificiels pour étendre sa zone économique exclusive (ZEE) en dépit de l’opposition des Philippines et du Vietnam qui n’ont de cesse de rappeler leurs droits souverains . (...)  Bien que normalisé, le concept d’Indo-Pacifique a été mis à l’épreuve par des crises récentes, nécessitant sa réactivation. Marianne Péron-Doise note que l’Indo-Pacifique est désormais « familier, introduit, avalisé, normalisé » par de nombreux acteurs, y compris l’Union européenne qui a publié sa stratégie en 2021 suivie par l’ASEAN elle-même. Cependant, en septembre 2021, l’annulation du contrat de sous-marins français par l’Australie au profit d’une alliance avec les États-Unis et le Royaume-Uni (AUKUS), a porté un coup au multilatéralisme affiché. (...) ⁠⁠Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone⁠⁠.

  7. Sep 7

    Pourquoi lire les revues Carto et Moyen-Orient ? Avec G. Fourmont

    Comment éclairer de façon cartographique l’actualité internationale ? Comment mettre en perspective l’actualité d’une région aussi complexe et conflictuelle que le Moyen-Orient ? Pour le savoir, Planisphère a le privilège de recevoir Guillaume Fourmont, rédacteur en chef de Carto et Moyen-Orient deux revues publiées par Aréion, disponibles en kiosque. Podcast et synthèse rédigée disponible sur le premier site géopolitique francophone Diploweb. Cette émission a été enregistrée le 19/05/2026 et radiodiffusée le 30/06/2026 sur RCF Notre Dame. Extrait de la synthèse rédigée. Lors de cette émission de Planisphère, Guillaume Fourmont, rédacteur en chef des revues Carto et Moyen-Orient, revient sur l’importance de l’analyse géopolitique et de la cartographie dans la compréhension des relations internationales contemporaines. À l’heure des réseaux sociaux, de l’instantanéité de l’information et de la multiplication des commentaires, il défend une approche fondée sur le recul, la pédagogie et l’expertise. À travers la présentation des deux revues publiées par le groupe Areion et disponibles en kiosque, il montre comment les cartes, les analyses universitaires et le temps long permettent d’éclairer des sujets complexes souvent réduits à des visions simplifiées ou sensationnalistes. Guillaume Fourmont souligne d’abord les limites du traitement actuel de l’information. Selon lui, les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue favorisent une consommation rapide et superficielle de l’actualité, laissant peu de place à l’analyse approfondie. Il insiste sur la différence entre commenter un événement et l’expliquer réellement. Les réseaux sociaux peuvent constituer des vecteurs de diffusion, mais ils ne permettent pas de comprendre les dynamiques historiques, politiques ou territoriales d’un conflit. Dans ce contexte, les cartes apparaissent comme un outil essentiel de compréhension. Elles permettent de spatialiser les enjeux, de représenter des dynamiques géopolitiques et de rendre accessibles des situations complexes. La cartographie devient alors un support pédagogique capable d’aider aussi bien les étudiants que les diplomates, les enseignants ou les chefs d’entreprise. (...) Guillaume Fourmont souligne d’abord les limites du traitement actuel de l’information. Selon lui, les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue favorisent une consommation rapide et superficielle de l’actualité, laissant peu de place à l’analyse approfondie. Il insiste sur la différence entre commenter un événement et l’expliquer réellement. Les réseaux sociaux peuvent constituer des vecteurs de diffusion, mais ils ne permettent pas de comprendre les dynamiques historiques, politiques ou territoriales d’un conflit. Dans ce contexte, les cartes apparaissent comme un outil essentiel de compréhension. Elles permettent de spatialiser les enjeux, de représenter des dynamiques géopolitiques et de rendre accessibles des situations complexes. La cartographie devient alors un support pédagogique capable d’aider aussi bien les étudiants que les diplomates, les enseignants ou les chefs d’entreprise. L’intervenant insiste sur l’importance de l’expertise académique dans l’analyse des crises internationales. Il évoque notamment l’exemple de l’Irak et critique le manque de prise en compte des spécialistes lors de certaines interventions militaires occidentales. Selon lui, ignorer les connaissances historiques et géopolitiques peut conduire à des erreurs stratégiques majeures. (...) Plus. Voir la synthèse rédigée complète disponible sur le premier site géopolitique francophone Diploweb⁠.

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