Planisphère géopolitique et stratégique

Diploweb

L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RCF Notre Dame, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste. Bonne écoute !

  1. 2d ago

    Face aux attaques informationnelles, vers une riposte réaliste ? Avec Anaïs Meunier

    Avec les importants moyens d’aujourd’hui, est-il possible de détecter une campagne de manipulation de l’information dès qu’elle commence ? Quel est le véritable but d’une telle opération, parfois pensée plusieurs mois à l’avance, ou improvisée de manière opportuniste ? Comment les experts font-ils pour analyser concrètement une manipulation sans tomber eux-mêmes dans la spéculation ? Pour répondre au micro de Planisphère, nous avons la joie de recevoir Anaïs Meunier. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com le premier site géopolitique francophone. Anaïs Meunier parle en son nom propre. Elle a été analyste en Ingérences numériques étrangères chez Viginum, au SGDSN. Elle travaille maintenant sur l’usage des outils et méthodes pour anticiper les attaques informationnelles et lutter contre les manipulations de l’information. Anaïs Meunier est responsable de projet Recherche et Développement chez Storyzy et auteure du podcast Signal sur bruit. Cette émission a été enregistrée le 14/04/2026 et diffusée le 16/06/2026 sur RCF Notre Dame. Extrait de la synthèse rédigée. "Anaïs Meunier met en lumière la complexité croissante des opérations de manipulation de l’information dans les sociétés contemporaines. À travers une approche inspirée de la cybersécurité, elle explique comment les experts analysent ces phénomènes sans tomber dans la spéculation, quels sont les véritables objectifs poursuivis par les acteurs malveillants et pourquoi il est souvent difficile de détecter une opération dès son lancement. L’échange insiste également sur la nécessité d’adopter une vision de long terme fondée sur la résilience narrative, la compréhension des mécanismes psychologiques et une approche méthodique des observables numériques. Anaïs Meunier remet d’abord en question l’expression couramment utilisée de « campagne de manipulation de l’information ». Selon elle, ce terme est problématique car il suppose une vision globale que seuls les attaquants possèdent réellement. Les observateurs extérieurs, qu’ils soient analystes, journalistes ou citoyens, ne voient en réalité que des fragments dispersés : des contenus, des comportements suspects ou des publications isolées. Par conséquent, parler de « campagne » revient inconsciemment à adopter le point de vue de l’attaquant. Elle préfère donc une approche fondée sur l’observation progressive d’indices et de corrélations permettant, avec le temps, de reconstruire une cohérence globale. Elle critique également l’usage du terme « signal faible », qu’elle juge inadapté. Pour elle, un signal est soit observable soit inexistant ; la difficulté réside davantage dans la capacité à recouper plusieurs informations afin de donner du sens à des événements apparemment isolés. Cette logique d’accumulation d’indices constitue le cœur du travail analytique en manipulation de l’information. (...) Contrairement à une idée largement répandue, Anaïs Meunier explique que les manipulations de l’information ne cherchent pas nécessairement à faire changer brutalement d’opinion. Elle s’appuie sur les travaux de l’historienne Bénédicte Chéron pour souligner que la propagande agit principalement comme un amplificateur d’idées déjà présentes dans les sociétés. Les opérations informationnelles exploitent des peurs, des divisions ou des croyances préexistantes afin de les renforcer. Elle distingue alors deux grands types d’opérations :. Les opérations stratégiques, menées sur le long terme, visant à ancrer des divisions sociales ou à banaliser certaines idées extrêmes. . Les opérations tactiques, plus courtes et ciblées, destinées à provoquer une action immédiate ou une réaction spécifique. (...) certaines cherchent à modifier progressivement l’environnement idéologique d’une société, tandis que d’autres visent simplement à influencer un comportement ponctuel. (...)" La suite sur le lien suivant : ⁠Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com⁠

    26 min
  2. Jun 10

    Pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Avec Amélie Zima

    Vous le savez, 23 des 27 pays membres de l’Union européenne sont aussi des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Cette OTAN qui compte par ailleurs 32 membres – dont les Etats-Unis – est de plus en plus mise sous pression par Donald Trump. Se pose alors avec une forte acuité la question suivante : pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Pour répondre à cette question, Planisphère a la joie de recevoir à son micro Amélie Zima. Cette émission a été enregistrée le : 05/05/2026 et diffusée le 09/05/2026 sur RCF Notre Dame. Un document précieux pour comprendre les ressorts de l’actualité. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Extrait de la synthèse rédigée "Dans Selon Amélie Zima, la crise actuelle est inédite parce qu’elle provient directement du membre le plus puissant de l’Alliance : les États-Unis. Sous l’influence de Donald Trump et des réseaux politiques qui l’entourent, Washington remet en cause plusieurs principes fondamentaux inscrits dans le traité de Washington de 1949 [2], notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Les tensions autour du Groenland ou les discours et les actions visant le Canada illustrent cette remise en question de principes considérés jusqu’ici comme intangibles dans l’espace transatlantique. Selon Amélie Zima, la crise actuelle est inédite parce qu’elle provient directement du membre le plus puissant de l’Alliance : les États-Unis. Sous l’influence de Donald Trump et des réseaux politiques qui l’entourent, Washington remet en cause plusieurs principes fondamentaux inscrits dans le traité de Washington de 1949, notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Les tensions autour du Groenland ou les discours et les actions visant le Canada illustrent cette remise en question de principes considérés jusqu’ici comme intangibles dans l’espace transatlantique. Cette situation fragilise profondément l’identité même de l’OTAN, traditionnellement définie comme une « communauté de sécurité », c’est-à-dire un ensemble d’États entre lesquels le recours à la coercition ou à la force est exclu. Désormais, certains Européens envisagent même des mécanismes de protection face aux États-Unis eux-mêmes, notamment via l’article 42.7 du traité de Lisbonne sur la défense collective européenne. La crise ne porte donc plus uniquement sur le partage du fardeau militaire ou les dépenses de défense, mais sur la confiance politique au sein de l’Alliance. (...) L’interview revient ensuite sur les conséquences de la fin de la Guerre froide. Après la disparition de l’URSS et du Pacte de Varsovie en 1991, les États européens auraient pu développer une autonomie stratégique plus importante. Pourtant, ils ont largement réduit leurs investissements militaires durant la période dite des « dividendes de la paix ». Cette baisse des dépenses de défense a progressivement créé une dépendance structurelle envers les États-Unis, notamment dans des domaines clés comme le renseignement, la logistique, le transport stratégique ou les capacités de commandement. Même si plusieurs États européens ont récemment engagé des efforts de réarmement importants, des « trous capacitaires » subsistent encore. A. Zima rappelle également que les États-Unis demandent aux Européens, depuis les années 1990, d’assumer davantage leur propre sécurité. Cependant, ce discours américain est resté paradoxal : Washington encourage les Européens à se renforcer tout en conservant le contrôle des principales structures de commandement de l’OTAN. (...) Le discours américain est resté paradoxal : Washington encourage les Européens à se renforcer tout en conservant le contrôle des principales structures de commandement de l’OTAN. (...)" Podcast et ⁠synthèse rédigée complète sur Diploweb.com⁠

    25 min
  3. Jun 3

    L’influence et la guerre informationnelle sont-elles au cœur des démocraties ? Avec Ludivine Relano

    Nous pensons être informés… mais influence et guerre informationnelle sont plus que jamais à l’œuvre dans nos démocraties. Dans un moment de post-vérité, les mises en récit sont devenues plus puissantes que les faits. Comment comprendre … et investir ce nouvel espace de conflictualité ? Pour en parler, nous avons la joie de recevoir Ludivine Relano. Issue du recrutement universitaire, la capitaine Ludivine Relano est lauréate du concours de l’Ecole de guerre – Gendarmerie, en 2024. Ludivine Relano s’exprime en son nom propre. Cette émission a été enregistrée le 07/04/2026 et diffusée sur RCF Notre Dame le 02/06/2026. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone. Extrait de la synthèse rédigée. "Dans un contexte marqué par la surabondance d’informations et la montée des stratégies d’influence, la question de la maîtrise de l’espace informationnel devient centrale pour les démocraties. À travers cet échange, Ludivine Relano éclaire les mécanismes contemporains de la désinformation et de la guerre informationnelle. Elle met en évidence les transformations profondes du rapport à l’information, où les récits, les émotions et les algorithmes redéfinissent la manière dont les individus perçoivent la réalité et prennent position. Contrairement à une idée largement répandue, l’accès massif à l’information ne signifie pas que les individus sont mieux informés. Ludivine Relano souligne que nous vivons aujourd’hui dans une « illusion de la connaissance » (expression utilisée par le sociologue Gérald Bronner), caractérisée par une exposition permanente à un flux d’informations que notre cerveau peine à traiter. Cette saturation informationnelle, souvent qualifiée d’« infobésité », empêche la hiérarchisation et l’analyse critique des contenus. Face à cette surcharge, les individus ont tendance à privilégier l’instantanéité et la simplicité, au détriment du temps long, de la complexité et de la réflexion. L’émotion devient alors un facteur déterminant dans le traitement de l’information, reléguant les faits au second plan. L’un des points essentiels développé par l’intervenante réaffirme ce constat : personne n’est à l’abri de la désinformation. Contrairement à certaines idées reçues, le niveau d’éducation ou d’intelligence ne protège pas contre ces phénomènes. Cette vulnérabilité s’explique par la nature humaine elle-même, notamment par les biais cognitifs qui influencent notre perception du réel. Les individus sont naturellement enclins à croire des informations qui confirment leurs opinions. À cela s’ajoute le rôle croissant des intelligences artificielles génératives et des deepfakes, qui rendent les contenus trompeurs de plus en plus crédibles et difficiles à détecter. (...) Cette bataille s’exprime dans tous les espaces : médias, réseaux sociaux, sphère politique. Les contenus les plus émotionnels et polarisants bénéficient d’une plus grande visibilité, notamment en raison du fonctionnement des algorithmes. La réalité devient alors secondaire face à la perception construite par ces récits, ce qui fragilise la capacité collective à établir des vérités partagées. La désinformation s’inscrit désormais dans une logique de guerre informationnelle. Elle constitue une arme utilisée par certains acteurs, notamment étatiques ou non étatiques (proxy), pour déstabiliser les démocratiessans recourir à la force militaire ( Harmful informations / sharp power) Ces stratégies visent à semer le doute, à créer de la confusion et à fragmenter la cohésion sociale. La diffusion de fausses informations est particulièrement efficace, car elles circulent plus rapidement et plus largement que les informations vérifiées et cela prend beaucoup de temps pour les débunker. (...)" Plus. Lire la ⁠synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone⁠.

    26 min
  4. May 31

    Les Baltes face à la menace russe. Avec Céline Bayou

    Quels sont les trois pays ex-soviétiques qui partagent aujourd’hui près de 800 kilomètres de frontières avec la Russie et se trouvent au cœur du dispositif sécuritaire de l’Alliance atlantique ? Oui, ce sont les trois États baltes : Estonie, Lettonie et Lituanie. Ont-ils quelque chose à nous apprendre au sujet de la Russie ? Planisphère pose la question à Céline Bayou. Céline Bayou est spécialiste de la région baltique et chargée de mission au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle est également Docteure de l’Inalco et rédactrice en chef de la revue en ligne Regard sur l’Est. Céline Bayou publie « Les pays Baltes. Face à la menace russe », aux éditions Tallandier. Céline Bayou s’exprime en son nom propre. Cette émission a été enregistrée le 14/04/2026 et diffusée le 26/05/2026 sur RCF Notre Dame. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone. Extrait de la synthèse rédigée "Les Etats baltes - Estonie, Lettonie et Lituanie — occupent aujourd’hui une position stratégique centrale dans la compréhension des dynamiques de sécurité en Europe face à la Russie. Frontaliers de cette dernière, ils constituent à la fois une zone d’exposition privilégiée aux menaces hybrides et un laboratoire de réponses innovantes en matière de résilience. À travers l’analyse de Céline Bayou, spécialiste de la région, il est possible de comprendre comment ces États anticipent, subissent et contrent les stratégies russes, tout en jouant un rôle croissant au sein de l’Union européenne et de l’OTAN. Depuis la cyberattaque massive contre l’Estonie en 2007, les États baltes sont devenus un terrain d’expérimentation des stratégies hybrides russes. Ces attaques se caractérisent par leur diversité et leur intensité croissante : cyberattaques, désinformation, manipulation des minorités russophones, brouillage GPS, violations aériennes ou encore sabotage d’infrastructures. Ces actions restent volontairement sous le seuil de la guerre conventionnelle afin d’éviter une réaction militaire directe, tout en créant instabilité et pression constante. L’objectif est double : fragiliser les institutions et diviser les sociétés. Cette multiplicité de menaces impose aux États baltes une vigilance permanente face à des formes de conflictualité évolutives. Face à ces menaces, les États baltes ont développé une réponse structurée et non-escalatoire. Leur approche repose sur le concept de « défense totale », mobilisant non seulement les institutions mais aussi les citoyens. L’objectif est de maintenir la cohésion sociale tout en rendant chaque individu acteur de la sécurité nationale. Cette logique se traduit concrètement par des dispositifs de sensibilisation, comme par exemple le livret distribué il y a quelques années déjà en Lituanie expliquant comment réagir en cas de crise ou d’attaque. Elle s’appuie également sur une mémoire historique forte, notamment celle de la résistance des « frères de la forêt » face à l’occupation soviétique. Cette culture de la résilience renforce la capacité des sociétés baltes à absorber les chocs et à limiter les effets des attaques informationnelles. (...) Longtemps perçus comme alarmistes concernant la nature du projet russe, les États baltes ont vu leurs analyses pleinement validées en février 2022. Ils occupent désormais une place centrale dans les débats stratégiques européens et au sein de l’OTAN. Leur expérience leur confère une légitimité croissante, illustrée par la nomination de personnalités baltes à des postes clés au niveau européen. Ils sont aujourd’hui force de proposition, notamment sur le soutien à l’Ukraine ou les politiques de défense. Cette évolution marque un basculement : d’États périphériques, ils deviennent des acteurs influents dans la définition de la sécurité européenne. (...) Podcast et ⁠synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le premier site géopolitique francophone⁠.

    26 min
  5. May 21

    La Chine deux décennies avant son objectif de première puissance. Avec S. Balme

    La Chine est aujourd’hui au cœur des équilibres géopolitiques mondiaux, mais elle reste souvent mal comprise, enfermée dans des visions simplistes oscillant entre fascination et inquiétude. Comment analyser réellement sa montée en puissance ? Quels sont les ressorts de sa stratégie militaire, économique et technologique ? Et que révèlent ses évolutions internes à propos de la stabilité du régime ?Pour en parler, nous avons l’honneur de recevoir Stéphanie Balme, professeure-chercheuse à Sciences Po Paris et directrice élue de son Centre d’études internationales (CERI) - (CNRS). Cette émission a été enregistrée le 07/04/2026 et diffusée le 19/05/2026 sur RCF Notre Dame. Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le 1er site géopolitique francophone Extrait de la synthèse "Stéphanie Balme, directrice du Centre de recherches internationales (CERI) à Sciences Po, propose une analyse approfondie de la Chine contemporaine. Elle invite à dépasser les visions simplistes pour mieux comprendre la complexité d’un pays en pleine transformation. Son intervention aborde à la fois les dimensions politiques, économiques, militaires et technologiques de la puissance chinoise, tout en soulignant les biais fréquents dans les perceptions occidentales. Stéphanie Balme insiste d’abord sur la difficulté à penser la Chine en dehors d’une logique binaire. Dans les discours publics, elle est souvent perçue soit comme une menace globale, soit comme une solution miracle aux défis occidentaux. Or, cette opposition est réductrice et empêche une compréhension réelle de ses dynamiques. Selon Stéphanie Balme,  la Chine est un objet d’étude complexe qui exige un travail de recherche approfondi. L’abondance de données disponibles ne garantit pas leur fiabilité, car elles sont majoritairement issues de sources officielles. Le travail du chercheur consiste alors à analyser l’écart entre les discours institutionnels et la réalité observée sur le terrain. Elle souligne également que les représentations occidentales de la Chine reflètent souvent davantage les inquiétudes et projections propres à ces sociétés que la réalité chinoise elle-même. Sur le plan militaire, la Chine s’impose comme la deuxième puissance mondiale. Cette montée en puissance ne résulte pas d’un changement brutal, mais d’un effort constant et progressif. Le budget militaire augmente régulièrement, traduisant une stratégie de long terme cohérente. Cette dynamique s’inscrit dans des priorités clairement identifiées : la question de Taïwan, les tensions en mer de Chine méridionale, ainsi que la modernisation technologique de l’armée. L’accent est particulièrement mis sur les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, le cyber ou encore le spatial. Cette évolution s’accompagne également d’une intégration croissante entre les secteurs civil et militaire, illustrant une approche globale de la puissance. (...) Après une période de relative stabilité institutionnelle entre les années 1990 et 2010, caractérisée par une organisation des successions politiques, ce modèle a été profondément modifié sous Xi Jinping. La suppression des limites de mandat et la concentration du pouvoir ont renforcé l’autorité du dirigeant actuel, mais ont aussi ravivé des tensions internes. Les purges politiques, qui touchent les plus hauts niveaux de l’État, témoignent de luttes de pouvoir importantes et d’une certaine imprévisibilité du système. (...) L’intervention de Stéphanie Balme met en lumière une Chine profondément complexe, à la fois puissante, ambitieuse et traversée de tensions internes. Elle invite à dépasser les analyses simplistes pour adopter une approche nuancée, fondée sur la recherche et la compréhension des dynamiques de long terme. La Chine apparaît ainsi comme un acteur incontournable du système international, dont l’évolution aura des conséquences majeures pour les décennies à venir. (...)" ⁠Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, le 1er site géopolitique francophone⁠

    26 min
  6. May 20

    Comment les Européens gèrent-ils Trump ? Avec M. Lefebvre

    Les dirigeants mondiaux sont régulièrement désarçonnés et leurs nerfs mis à rude épreuve par le président des Etats-Unis, Donald Trump. Beaucoup ont fait les frais de ses moqueries et de ses foucades. Les Européens, supposés alliés ont été plus d’une fois bousculés voire humiliés sinon menacés. Alors, comment les Européens gèrent-ils Trump ? Pour répondre au micro de Planisphère, nous avons l’honneur de recevoir Maxime Lefebvre, ancien ambassadeur et professeur de relations internationales à l’ESCP. Directeur, avec Vanessa Strauss-Kahn, de l’Institut géopolitique de l’ESCP. ⁠Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com⁠ Extrait de la synthèse rédigée pour Diploweb.com "Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 a profondément rebattu les cartes des relations internationales. Son style politique, jugé imprévisible et transgressif, déstabilise aussi bien ses adversaires que ses alliés, notamment européens. Dans ce contexte, Maxime Lefebvre, ancien ambassadeur et spécialiste des relations internationales, propose une analyse nuancée du personnage, de sa méthode et des stratégies adoptées pour interagir avec lui. Cette réflexion permet de mieux comprendre les logiques à l’œuvre dans la diplomatie contemporaine.Donald Trump apparaît comme un leader excessif, provocateur et souvent déroutant. Ses déclarations et initiatives peuvent sembler incohérentes, voire chaotiques, notamment dans des dossiers complexes comme l’Iran. Cependant, Maxime Lefebvre insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un dirigeant irrationnel : derrière ses excès se cache une forme de logique, difficile à décrypter mais bien réelle. Son mode d’action repose sur une communication erratique et des objectifs multiples, parfois contradictoires. Cette absence apparente de stratégie structurée rend sa politique difficile à anticiper, notamment pour les Européens, qui doivent en subir les conséquences tout en s’adaptant rapidement. (...) Maxime Lefebvre identifie une méthode efficace pour interagir avec Trump, fondée sur trois principes essentiels :. Garder son sang-froid : ne pas réagir aux provocations ni entrer dans l’escalade verbale. . Maintenir le dialogue : privilégier la négociation et rechercher des compromis. . Fixer des limites : poser des lignes rouges claires lorsque les intérêts fondamentaux sont en jeu. Certains dirigeants, comme ceux du Japon ou du Mexique, ont su appliquer cette méthode avec succès, combinant fermeté et diplomatie. Contrairement à certaines perceptions, les Européens ont globalement su gérer Donald Trump de manière relativement efficace. Leur unité constitue un atout majeur dans le rapport de force. Ils ont réussi à maintenir le dialogue, à négocier des compromis économiques et à influencer certaines positions américaines, notamment sur l’Ukraine. Par ailleurs, ils ont su affirmer des lignes rouges sur des sujets clés comme la régulation numérique ou l’intégrité territoriale du Groenland. Cependant, leur position reste fragile, notamment face aux initiatives militaires américaines, comme en Iran, où ils adoptent une posture prudente pour éviter l’escalade tout en préservant leurs intérêts. L’analyse de Maxime Lefebvre met en lumière une transformation profonde des relations internationales, marquées par l’instabilité, la personnalisation du pouvoir et la montée des rapports de force. Face à ces évolutions, la compréhension des dynamiques géopolitiques devient essentielle, y compris pour les acteurs économiques. (...)" Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com

    26 min
  7. May 8

    Que nous apprend la géopolitique des espaces maritimes ? Avec S. Domergue

    Vous le savez, la mer représente 71% de la superficie de la planète Terre. Et la plupart des produits que nous utilisons sont venus à nous… dans des conteneurs transportés par la mer. Et pourtant, nous ignorons beaucoup des réalités de ces espaces dont nous dépendons chaque jour davantage. La géopolitique des mers et des océans s’affirme comme un champ essentiel pour appréhender les transformations du monde contemporain et anticiper les conflits et coopérations de demain. Alors, que nous apprend la géopolitique des espaces maritimes ? Pour répondre à cette question, Planisphère à la joie de recevoir Sylvain Domergue. Podcast et synthèse rédigée complète sur le 1er site géopolitique francophone Diploweb.com Cette émission a été enregistrée le 01/04/2026 et diffusée le 05/05/2026 sur RCF Notre Dame. Extrait de la synthèse rédigée Sylvain Domergue, Agrégé et docteur en géographie, enseignant à Sciences Po Bordeaux, auteur de « Géopolitique des espaces maritimes » (Armand Colin) et de « Géographie des mers et des océans » (Documentation Photographique – CNRS Éditions). " Les espaces maritimes occupent une place centrale dans la mondialisation contemporaine, tant pour les échanges économiques que pour les enjeux stratégiques et sécuritaires. Pourtant, ils restent largement méconnus du grand public, malgré leur importance cruciale. À travers son analyse, Sylvain Domergue met en évidence la montée en puissance de la mer comme espace de dépendance, de rivalités et d’innovations géopolitiques. Il propose ainsi de repenser la géopolitique à partir du fait maritime, en insistant sur la diversité des acteurs, des menaces et des transformations en cours. (...) Les espaces maritimes sont aussi le théâtre d’une transformation des équilibres de puissance. Si certaines puissances traditionnelles comme les États-Unis ou la France conservent une capacité d’action globale, de nouveaux acteurs émergent. La Chine s’impose aujourd’hui comme une puissance navale majeure, avec un développement très rapide de ses capacités militaires. D’autres États comme l’Inde ou la Turquie renforcent également leur présence maritime. Par ailleurs, des puissances comme la Russie ou le Japon connaissent un regain d’activité navale après des périodes de relative mise en retrait. Cette évolution traduit une transformation de la « grammaire de la puissance » : maîtriser les espaces maritimes devient un levier essentiel pour affirmer son influence et garantir son autonomie stratégique. Les espaces maritimes sont marqués par une diversification des formes de violence. Sylvain Domergue souligne que la conflictualité ne se limite plus aux affrontements militaires classiques, mais s’étend à des actions indirectes, souvent difficiles à attribuer. Les attaques contre des infrastructures stratégiques, comme les gazoducs ou les câbles sous-marins, illustrent cette évolution. Ces actions permettent de fragiliser un adversaire tout en restant sous le seuil de la guerre ouverte. Par ailleurs, la dronisation des conflits navals constitue une rupture majeure. L’exemple de la guerre en Ukraine montre qu’un acteur disposant de moyens limités peut neutraliser une puissance navale importante grâce à des drones ou des dispositifs télécommandés. Cette évolution remet en cause les équilibres traditionnels et redéfinit les capacités militaires en mer. (...) L’analyse de Sylvain Domergue met en évidence le rôle central des espaces maritimes dans les dynamiques contemporaines de puissance, de sécurité et de développement. La mer apparaît à la fois comme un espace de dépendance, de compétition et d’innovation stratégique. (...)" . Sylvain Domergue, « Géopolitique des espaces maritimes » (Armand Colin) et de « Géographie des mers et des océans » (Documentation Photographique – CNRS Éditions)..  Florian Manet, « Thalassopolitique du narcotrafic, la face cachée de la mondialisation ? » Plus, voir la ⁠synthèse rédigée complète sur le 1er site géopolitique francophone Diploweb.com ⁠

    26 min
  8. May 1

    Avons-nous pris la mesure de ce qu’est la criminalité organisée ? Avec C. Champeyrache

    Qui n’a pas entendu parler de la DZ mafia ? Qui ignore encore que les arrière-pays des ports français comme Marseille, Le Havre ou même… Morlaix (Finistère) sont tenus par des narco-trafiquants ? Et pourtant, avons-nous vraiment pris la mesure de ce qu’est la criminalité organisée ? Comment cet acteur géopolitique le plus souvent silencieux qu’est la criminalité organisé s’empare-t-il des territoires ? Pour répondre à ces questions, Planisphère a le privilège de recevoir Clotilde Champeyrache, Économiste spécialiste de la criminalité et directrice du Pôle Sécurité - Défense – Renseignement – Criminologie – Crises – Cybermenaces au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Cette émission a été enregistrée le 31/03/2026 et diffusée le 28/04/2026 sur RCF Notre Dame. Bonus: Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, 1er site géopolitique francophone. Extrait de la synthèse rédigée. "La criminalité organisée occupe aujourd’hui une place centrale dans les dynamiques économiques et géopolitiques contemporaines, mais elle reste souvent mal comprise, notamment en France. À travers son analyse, Clotilde Champeyrache met en lumière les limites des représentations classiques du crime, souvent réduites au narcotrafic ou à la violence visible. Elle propose au contraire une lecture plus globale, en montrant que les organisations criminelles sont des acteurs structurés, rapidement adaptatifs et profondément imbriqués dans les sociétés et les économies légales. Clotilde Champeyrache souligne d’abord une spécificité française : l’absence de reconnaissance académique forte de la criminologie. Contrairement aux pays anglo-saxons ou à certains voisins européens, la France ne dispose pas d’une discipline structurée permettant d’analyser globalement les phénomènes criminels.Cette lacune favorise une illusion de connaissance, alimentée par les médias, les représentations culturelles ou encore les discours politiques souvent centrés sur l’émotion. En conséquence, la perception du crime est fragmentée et réactive, ce qui empêche une compréhension approfondie et stratégique du phénomène. (...) L’un des apports majeurs de l’analyse réside dans la notion de conditionnement territorial. Les organisations criminelles ne se contentent pas d’exploiter un territoire : elles cherchent à structurer les relations socialesau sein de celui-ci. Cela passe par la fourniture de services à la population (aide logistique, soutien matériel, organisation d’événements), qui contribuent à créer une forme de légitimité. Progressivement, ces pratiques instaurent un climat de tolérance, voire de complicité, entre les habitants et les réseaux criminels. À terme, ce contrôle peut aller jusqu’à influencer des comportements politiques, notamment à travers des consignes de vote, illustrant l’imbrication entre criminalité, société et institutions. (...) Clotilde Champeyrache insiste sur un point fondamental : la frontière entre économie légale et illégale est largement artificielle. Les organisations criminelles s’appuient sur des infrastructures légales (ports, entreprises, services) et bénéficient parfois de complicités au sein même des institutions.La corruption joue ici un rôle central, définie comme une atteinte au bien commun. Elle n’est pas marginale ni propre à certains pays, mais constitue un risque structurel présent dans toutes les sociétés. Cette imbrication rend la lutte contre le crime particulièrement complexe, car elle nécessite de dépasser une vision simpliste opposant légal et illégal. (...)" Bonus: ⁠Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com, 1er site géopolitique francophone⁠. Avec des références pour aller plus loin.

    26 min

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