Gestionnaires en action Podcast

Les Affaires

Le balado Gestionnaires en action traite de l'actualité boursière avec différents gestionnaires de portefeuille.

  1. May 22

    Le problème de 380 G$US de Berkshire Hathaway

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Berkshire Hathaway a vendu ses actions d’une dizaine de sociétés durant le premier trimestre, le premier complet sous la direction de Greg Abel, mais la société fait face à un problème de taille, estime François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. D’abord, ce dernier soutient que la décision de l’entreprise de vendre complètement ses participations dans une dizaine d’entreprises, dont Visa (V, 331,12$US), Mastercard (MA, 499,62$US), Amazon.com (AMZN, 268,46$US) et l’assureur Aon (324,22$US) n’est pas si surprenante. «Je pense que c'est très clair. En décembre dernier, Todd Combs a quitté Berkshire Hathaway (BRK.B, 479,98$US) pour aller travailler chez J.P. Morgan (JPM, 303,00$US). Il était, à part Warren Buffett, un des deux autres principaux gestionnaires (avec Ted Weschler) qui gérait un portefeuille d'une quinzaine de milliards de dollars. Ce sont clairement les titres Todd Combs qui ont été vendus», explique-t-il. Berkshire Hathaway a aussi réduit considérablement ses participations dans quelques entreprises durant le premier trimestre, dont la pétrolière Chevron (CVX, 191,01$US), le producteur de boissons alcoolisées Constellation Brands (STZ, 150,83$US) et aussi l'aciériste Nucor (NUE, 226,44$US). En tant qu’actionnaire de longue date de la société autrefois dirigée par Warren Buffett, il dit comprendre la décision de vendre des titres de ces trois sociétés, «dans lesquelles il n’investirait pas».   Investissements dans Macy’s, Delta Air Lines et Alphabet À l’inverse, Berkshire a initié des participations dans le détaillant d’articles de mode Macy’s (M, 20,62$US) et dans le transporteur aérien Delta Air Lines (DAL, 75,65$US), des décisions qui peuvent paraître surprenantes, surtout pour Macy’s qui traverse une période de réorganisation majeure. «Todd Combs a quitté la société, mais Ted Weschler est toujours présent. Ce dernier a une approche un peu différente. Il a tendance à porter son attention sur des titres plus sous-évalués ou en situation de revirement. Mon impression, c'est que ces deux sociétés sont des achats de Ted», raconte François Rochon. L'entreprise qui a aussi bonifié sa participation dans Alphabet (GOOGL, 387,66$US). «Je sais que Warren Buffett a toujours été un grand admirateur d’Alphabet. Assez rapidement, il a réalisé qu’elle avait des avantages compétitifs très importants», explique le dirigeant de Giverny Capital, qui possède aussi des actions de la société derrière l’agent conversationnel Gemini et le moteur de recherche Google. «Au début, quand ChatGPT est arrivé, il y avait des inquiétudes valides que ça pouvait constituer une menace pour le modèle d'affaires d’Alphabet. Toutefois, et je dirais même de façon extraordinaire, à mon avis, la société a réussi à combler son retard et Gemini est peut-être même en ce moment meilleur que ChatGPT», dit-il, ajoutant que l’entreprise peut aussi dorénavant compter sur une division d’unités de traitement de tenseur (mieux connue sous l’appellation anglophone Tensor processing unit, ou TPU), qui sont un peu différents des processeurs graphiques (GPU) fabriqués entre autres par Nvidia (NVDA, 219,51$US) et seraient même un peu plus efficaces.   Le problème des liquidités qui totalisent 380G$US L’éléphant dans la pièce chez Berkshire Hathaway reste que la société possède des liquidités d'environ 380 milliards de dollars américains (G$US). Selon François Rochon, il sera très difficile pour la société de générer de bons rendements boursiers avec une somme aussi importante qui rapporte à peine plus de 3% si elle est investie dans des bons du Trésor. «Ça doit approcher 40 % de tous les actifs de Berkshire Hathaway. C'est donc beaucoup demandé à tous les autres actifs de l’entreprise pour pouvoir, disons, maintenir un rendement annuel sur l’ensemble du capital de 10% à 12 %. C'est un problème», juge-t-il. Selon lui, la société pourrait profiter de périodes de reculs boursiers pour déployer son capital. D’autres options pourraient inclure le versement d’un dividende spécial ou des rachats d’actions. «Éventuellement, il va falloir que ce capital soit mis au travail», affirme-t-il. Il reconnaît que Warren Buffett a toujours été allergique aux dividendes, mais que ce sera au nouveau PDG, Greg Abel, de trancher. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  2. May 15

    Bourse: à quoi s’attendre du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Jerome Powell cède son siège de président de la Réserve fédérale américaine à Kevin Warsh. À quoi peut-on s’attendre du nouveau dirigeant? D’entrée de jeu, on peut d’abord rappeler que la présidence de Jerome Powell, amorcée en 2018, a été marquée par la pandémie et par la poussée inflationniste qui a suivi. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100 estime que Jerome Powell a plutôt bien géré la crise de la pandémie de COVID-19. «La première partie, au niveau de la gestion de la crise de la COVID-19, est généralement perçue positivement. La Réserve fédérale (Fed) a agi rapidement dans l'incertitude. Je pense qu'on ne remet pas ça en question», dit-il. Toutefois, selon lui, la réaction de la Fed à la crise inflationniste qui a suivi la pandémie laisse place à plus de critiques. «La Réserve fédérale, à l'époque, prétendait que l'inflation allait être transitoire. Aujourd'hui, on voit que ce n'était pas le cas. Elle a tardé à réagir à la montée de l’inflation de l'inflation à la fin de la pandémie», juge-t-il. Marc L’Écuyer voit d’un bon œil le fait que Jerome Powell continue de siéger au conseil des gouverneurs de la Fed, ce qui assurera une certaine stabilité à la banque centrale américaine jusqu’à la fin de son mandat en 2028.   Le début de l’ère Kevin Warsh Selon le gestionnaire de portefeuille, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a quand même beaucoup d’expérience, puisqu’il était présent au sein de la banque centrale lors de la crise financière de 2008-2009. «À l’époque, il avait été très critique de la stratégie d'assouplissement quantitatif de la Fed, estimant que la banque centrale allait alors trop loin dans son implication sur les marchés financiers. Il aurait préféré que la Réserve fédérale s’en tienne à la gestion de la politique monétaire», raconte-t-il. Selon lui, on peut donc s’attendre à ce que la Fed réduise son rôle dans l’économie au cours des prochaines années. Le pion de Donald Trump? Marc L’Écuyer soutient que l’un des faits marquants de Kevin Warsh est qu’il a toujours défendu l'indépendance de la Réserve fédérale. «Bien que Donald Trump tente d’influencer les décisions de la Fed, on peut être positif quand on regarde ce qui a été dit par le nouveau dirigeant dans le passé», estime-t-il. Selon lui, les investisseurs devraient toutefois porter une attention particulière au changement de garde à la Fed, puisque la banque centrale américaine n’a pas réussi, depuis 2021, à ramener l’inflation à la cible de 2%, ce qui a pu miner sa crédibilité. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  3. May 8

    Obligations : Alphabet fracasse un record au Canada

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Il n’y a pas qu’en Bourse qu’Alphabet (GOOGL, 397,99$US) retient l’attention. La société mère de Google a aussi procédé à une émission record d’«obligations feuille d’érable» qui a suscité un grand intérêt au Canada. On donne en effet ce surnom aux émissions d’obligations de sociétés étrangères émises en dollars canadiens. Alphabet a procédé à une émission record totalisant 8,5 milliards de dollars (G$), mais elle aurait pu obtenir beaucoup plus, note Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. «L’émission d’obligations d’Alphabet signifie que la construction de centres de données à grande échelle, qu'on appelle en anglais les ‘hyperscalers’, coûte très cher et que la société avait besoin de devises locales pour pouvoir réaliser des investissements au pays», dit-il, ajoutant que l’entreprise souhaitait au départ obtenir entre 3G$ et 5G$, mais qu’elle a augmenté la taille de l’émission après avoir constaté que les investisseurs canadiens souhaitaient en acheter pour environ 20G$. «Ça démontre que dans le marché des obligations de sociétés au Canada, la demande est beaucoup plus forte que l'offre. C'est-à-dire qu'il y a plus d'argent qui cherche à être investi que d'émetteurs qui cherchent à emprunter de l'argent», explique Vincent Fournier. Selon lui, les investisseurs qui achètent ces titres obligataires peuvent être à la recherche de rendements stables durant des périodes données, qui peuvent être de 5, 10, 20 ou 30 ans, afin d’appareiller des entrées de fonds avec des déboursés. C’est notamment le cas d’investisseurs institutionnels qui doivent gérer des fonds pour des groupes de retraités. Il souligne que, par exemple, la tranche d’obligations à échéance de 30 ans portera un taux d’intérêt de 110 points de base au-dessus de celui des obligations du gouvernement du Canada de même durée. «En ce moment, les obligations gouvernementales se portent un taux d’intérêt de 3,88%, alors si on y ajoute 110 points de base, on arrive à un taux complet sur les coupons de 4,98%», raconte-t-il. Vincent Fournier soutient que n’importe quel investisseur de détail peut acheter ces titres. Toutefois, il précise que ces derniers devront passer par le pupitre de négociation obligataire de leur maison de courtage. Il estime également que, dans un contexte de course aux investissements en intelligence artificielle, d’autres géants des technologies pourraient être tentés d’imiter Alphabet et d’émettre des titres obligataires en devise canadienne pour faciliter leurs investissements au pays. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  4. May 1

    Bourse : pourquoi les taux d'intérêt des obligations 30 ans inquiètent

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les taux d’intérêt des bons du Trésor américains à échéance de 30 ans s’approchent de la barre psychologique de 5%, ce qui fait craindre un repli des marchés boursiers. Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD, soutient que plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. «À 5%, les obligations deviennent une vraie alternative aux actions. Donc, à ce niveau, certains investisseurs vont vouloir réduire leur risque. Ça crée donc un déplacement des capitaux, car ils vendent des actions pour s'en aller vers les obligations», dit-elle. Un autre point plus technique fait aussi craindre un repli des marchés boursiers, puisque si le seuil psychologique des 5% est franchi, cela pourrait déclencher des rééquilibrages automatiques des portefeuilles et provoquer une certaine volatilité à court terme. «Ça a aussi un effet négatif sur les valorisations des entreprises. Une action, c'est la valeur en dollars d’aujourd'hui des profits futurs d'une entreprise. Quand les taux montent, ces profits sont actualisés à un taux plus élevé et valent donc moins cher en dollars d’aujourd’hui. Résultat, les investisseurs sont moins enclins à payer des ratios élevés pour se procurer des actions», raconte-t-elle. Elle précise également que la hausse des taux d’intérêt rend aussi les emprunts plus coûteux, ce qui peut limiter les investissements et la croissance des bénéfices.   Des craintes justifiées? Selon Julie Hurtubise, les craintes des marchés financiers reflètent un environnement où l'inflation demeure un peu plus persistante, notamment avec la récente remontée du prix du pétrole, ce qui repousse les attentes des baisses de taux d’intérêt des banques centrales. «Quand on se retrouve avec des taux plus élevés plus longtemps, les marchés n'aiment pas ça», dit-elle. Toutefois, elle estime que la situation actuelle n’est pas un signal de crise, puisque les entreprises continuent de générer des profits.  «Les entreprises continuent de générer des profits, et tant que la croissance économique se maintient, les entreprises peuvent absorber les taux plus élevés. Les craintes sont donc réelles, mais peut-être un peu amplifiées», raconte-t-elle. La conseillère en placements explique que les investisseurs boursiers ont divers moyens de protéger leur portefeuille lorsque les taux des obligations à long terme sont élevés. «Ils peuvent augmenter leur exposition aux obligations, puisque celles-ci offrent des rendements intéressants avec moins de volatilité. Pour ce qui est des actions, on peut se retourner vers des entreprises un peu plus stables avec des flux de trésorerie solides ou vers celles qui versent des dividendes», dit-elle.   La Banque du Canada garde ses options ouvertes Cette semaine, la Banque du Canada qui a gardé son taux directeur à 2,25%. Selon Julie Hurtubise, l’important pour les investisseurs est de retenir que le gouverneur Tiff Macklem préfère jouer de prudence, étant donné le conflit qui perdure au Moyen-Orient. «L'inflation fondamentale (excluant les composantes plus volatiles, comme l’alimentation et l’énergie) s'est stabilisée légèrement au-dessus de la cible de 2%, ce qui est encourageant. Toutefois, l'inflation globale a récemment remonté, en grande partie à cause des prix de l'énergie, ce qui crée de l’incertitude. C'est exactement pour ça que la Banque du Canada a choisi de ne pas bouger ses taux pour l'instant», dit-elle.   Du jamais vu depuis 1992 à la Réserve fédérale américaine De son côté, pour la dernière décision du président Jerome Powell, la Réserve fédérale américaine a aussi choisi de garder son taux directeur stable entre 3,5% et 3,75%. Il y a toutefois eu quatre dissensions après la publication de la décision, ce qui constitue une première depuis 1992. «C'est très révélateur. Ça démontre qu'il y a un peu plus d'incertitude quant à la direction future des taux et que le consensus au sein de la Fed est beaucoup plus fragile», soutient Julie Hurtubise. Selon elle, les dissensions sont le résultat de données économiques qui envoient des signaux mixtes. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  5. Apr 24

    La Bourse fait un pied de nez au conflit en Iran

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les marchés boursiers sont revenus à des sommets historiques la semaine dernière, malgré le fait que le conflit en Iran soit encore loin d’être réglé. Si de nombreux investisseurs peuvent s’étonner d’une telle résilience des marchés boursiers, Sébastien Mc Mahon, stratège en chef et économiste sénior à iA Gestion mondiale d’actifs, n’est pas de ceux-là. «On ne parle pas seulement des marchés boursiers américains. Tous les marchés à travers le monde ont rebondi de façon assez importante. Comment on explique ça? C'est qu'on a un vent de dos macroéconomique assez fort qui souffle depuis 2025, porté par les banques centrales qui ont baissé leur taux directeur de façon synchronisée et assez forte», explique-t-il, précisant que la Banque du Canada a été au-devant de cette parade. «Quand on regarde les indicateurs économiques avancés, on voit encore des pistes d'accélération économique en 2026, malgré tout le bruit qu'on a qui vient du président Donald Trump, des politiques commerciales et du choc pétrolier qu'on a avec la situation en Iran», dit-il. Sébastien Mc Mahon soutient que la résilience des marchés boursiers est aussi portée par la capacité des entreprises à faire croître leurs bénéfices. Donc, c'est la résilience économique et la capacité des entreprises Que dit l’histoire? Si on remonte dans le temps, l’histoire montre, selon le stratège en chef, que la Bourse a été peu affectée par les grands conflits armés qui ont eu un aspect pétrolier. «Quand on recule jusqu'à la guerre du Golfe au début des années 1990, ce qu'on constate est que le choc pétrolier est de très courte durée. Même si la guerre s'éternise et est assez sévère, le prix du pétrole fait un bond avant de rapidement revenir à la normale lorsque le conflit prend fin», raconte-t-il. Il ajoute que le pire recul du S&P 500 lors de chacun des conflits depuis ce temps a été de 15%, mais qu’en moyenne, la baisse s’arrête entre 9% et 10%. «C'est ce qu'on a vécu depuis le début du conflit en Iran», dit-il. Selon lui, l'histoire indique que généralement, ces conflits internationaux sont de courte durée et génèrent des occasions d'achat en Bourse. «Les leçons à retenir de la résilience des marchés boursiers ces deux derniers mois, ce n’est rien de nouveau. Les investisseurs doivent conserver une stratégie à long terme et ne pas surréagir aux événements qui se produisent sur une base quotidienne», dit-il. Le stratège en chef répète que les bénéfices des entreprises ont une plus grande influence sur les tendances boursières que les conflits armés, tout comme l’évolution des politiques monétaires des banques centrales et la capacité des gouvernements à rembourser leur dette. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  6. Apr 17

    Bourse : vers un scénario de stagflation aux États-Unis?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le président de la réserve fédérale de Chicago, Austan Goolsbee, a dévoilé cette semaine qu'il anticipait un scénario de stagflation aux États-Unis. Selon un tel scénario, l’inflation repartirait à la hausse et serait couplée avec un ralentissement économique. Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital, estime lui aussi que le scénario est probable, considérant que le conflit en Iran a fait bondir le prix du baril de pétrole. «D'un côté, on voit l'inflation incluant l'énergie monter quand même de manière significative. Toutefois, de l’autre côté, avoir un baril à 95 $US le baril fait progresser considérablement le prix à la pompe. Aux États-Unis, au lieu de faire le plein à 3$US le gallon, ils sont rendus à 5$US le gallon. Ça a un effet direct sur les dépenses discrétionnaires des ménages», explique-t-il. Selon lui, le scénario de stagflation peut encore être évité si les banquiers évaluent le risque d'inflation et celui d’un ralentissement économique dans leurs décisions. «Les banquiers centraux vont devoir regarder du côté de l’inflation en excluant l’énergie», dit-il. Quand on exclut le prix du baril du pétrole, de l'inflation, ça va vraiment être de ce côté-là que les banquiers centraux vont devoir regarder.   Aplatissement de la courbe des taux Nicolas Vaugeois constate un aplatissement de la courbe des taux obligataires depuis le début de l’invasion israélo-américaine en Iran. Ce phénomène se produit lorsque l’écart se rétrécit entre les taux d’intérêt des obligations à court terme et celles dont les échéances sont à plus long terme. «Depuis la fin février, les taux d’intérêt des obligations à court terme ont grimpé davantage que pour celles à long terme. On l'a vu aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et aussi et en Europe», affirme-t-il.   Les différences entre 2022 et 2026 Nicolas Vaugeois constate aussi de grandes différences entre la situation qui prévaut depuis le début de la guerre en Iran et celle qui sévit depuis 2022 depuis que la Russie a envahi l’Ukraine. «Ce qui est différent, c'est qu'en 2022, le monde sortait de la pandémie de COVID-19. À ce moment, il y avait beaucoup d'épargne excédentaire qui avait été accumulée. Après trois années de confinement, les ménages se sont donc mis à dépenser», raconte-t-il. Or, la situation est bien différente aujourd’hui, alors que les niveaux d’épargne sont revenus à des niveaux plus normaux et que le taux de chômage a recommencé à augmenter à travers le monde. «Aujourd’hui, on s'attend à ce que le prix de l'énergie ait un effet plus négatif sur la croissance économique qu’en 2022 quand le monde a recommencé, à vouloir revivre», dit-il.   Pendant ce temps, au Canada Selon Nicolas Vaugeois, les anticipations au Canada pointent vers une pause prolongée des baisses de taux de la part de la Banque du Canada, puisque cette dernière a été plus agressive à ce chapitre que la Réserve fédérale américaine. «Ce qu'on observe, c'est que les investisseurs recherchent une certaine diversification. Les investisseurs canadiens l'ont déjà fait à travers leur allocation en actions. Maintenant, ils sont en train de le faire à travers leur allocation en revenus fixes», estime-t-il. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  7. Apr 10

    Bourse : la croissance des bénéfices avant un cessez-le-feu!

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran a retenu l’attention en Bourse cette semaine, mais les investisseurs devraient plutôt se concentrer sur la saison des résultats financiers du premier trimestre qui s’amorce, estime Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard, Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. «Le point important qu’il faut comprendre, c'est que les marchés boursiers n'aiment pas l'incertitude, mais qu’ils ont appris à vivre avec elle. Lorsqu'un cessez-le-feu est annoncé, ce n'est pas tant la bonne nouvelle en soi qui fait bouger les marchés, mais c'est surtout la réduction du risque d'un scénario extrême», dit-il. Selon lui, depuis les années 1940, les marchés boursiers ont réagi aux crises géopolitiques en reculant en moyenne de 5% à 8%. Dans la grande majorité des cas, les marchés ont récupéré leurs pertes en quelques mois. En pratique, ce type d'événement ne modifie généralement pas une stratégie d'investissement à long terme qui a été bien construite», estime Luc Girard. Cela n’empêche pas les marchés de réagir aux conflits, puisque ceux-ci peuvent avoir des effets sur l’inflation, sur la croissance économique, sur les taux d'intérêt et, surtout, sur les bénéfices des entreprises. Début de la saison des résultats financiers du premier trimestre Luc Girard soutient en effet que les bénéfices des entreprises ont beaucoup plus de poids sur la valorisation des marchés boursiers que les nouvelles géopolitiques. «À long terme, environ 85% à 90% du rendement des marchés boursiers provient de la croissance des bénéfices et des dividendes. Pour 2026, les analystes anticipent une croissance des bénéfices d’entre 8% et 15 % pour les marchés américains et de 6% à 8 % au Canada. Il est aussi important de rappeler que les 10 plus grandes entreprises américaines, ça représente environ le tiers de la capitalisation du S&P 500. Vous comprendrez que les résultats ont un effet déterminant sur la direction globale des marchés», estime-t-il. Selon lui, les investisseurs ne devraient donc pas modifier leur stratégie d’investissement en raison de l’invasion américano-israélienne en Iran. Il précise qu’un investisseur qui rate les 10 meilleures journées en Bourse sur une période de 20 ans peut ainsi réduire le rendement de son portefeuille de près de… 50%! «Plusieurs de ces meilleures journées-là surviennent durant les périodes de forte incertitude. Donc, les investisseurs doivent demeurer investis, disciplinés et surtout diversifiés», dit-il. Il ajoute que depuis 1950, les marchés boursiers ont traversé plus de 15 récessions, plusieurs crises financières, des périodes d'inflation élevée, de nombreux conflits internationaux. Malgré tous ces événements, la Bourse a généré un rendement annuel moyen d’entre 9% et 10%. Un portefeuille doit être construit, à la base, pour traverser tout type de scénario. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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  8. Apr 2

    Bourse: le plus difficile, c'est de savoir quand vendre

    GESTIONNAIRES EN ACTION. À la Bourse, le plus difficile, c’est de savoir quand vient le bon moment de se départir d’un titre, estime François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. «La décision de vendre un titre, je dirais que ça dépend beaucoup de notre philosophie d'investissement au départ. Il faut un peu que la philosophie de vente soit en ligne avec la philosophie d'achat», estime-t-il. Il dit regarder divers critères au moment d’ajouter une entreprise en portefeuille, tentant de dénicher celles qui possèdent une valeur intrinsèque supérieure à la moyenne, bénéficient d’avantages concurrentiels durables, d’une bonne équipe de direction et d’un bon bilan tout en ayant de bonnes perspectives de croissance. «Tant que ça, c'est intact, on va vouloir garder le titre en portefeuille. Je dirais qu'il y a deux choses qui peuvent se produire qui nous inciteraient à vendre. La première, c'est que les belles qualités qu'on admirait dans l'entreprise peuvent changer», explique-t-il. La seconde chose qu’il aime moins, c’est si une entreprise augmente beaucoup son endettement, soit avec une acquisition ou pour toute autre raison. «Si je deviens moins confortable avec le niveau de la dette, même si les résultats sont bons, je vais parfois préférer vendre. C'est vraiment du cas par cas», explique-t-il. François Rochon soutient que d’autres éléments peuvent l’inciter à se départir d’un titre est l’émergence d’un concurrent qui possède de meilleures perspectives de croissance. Dans ces circonstances, il peut être avantageux selon lui de vendre le titre avec le moins de potentiel et d’allouer le capital à l’idée la plus prometteuse.   Quand garder un titre : Constellation Software Quelques titres du portefeuille de Giverny Capital ont connu une année difficile en 2025 et l’éditeur de logiciels Constellation Software (CSU, 2441,27$) est l’un de ceux-là, lui qui valait 5300$ au printemps dernier avant d’amorcer un important repli. «Je pense que Constellation Software, c'est une très, très bonne entreprise. Il y a deux, trois facteurs qui expliquent la baisse du titre. Une des raisons, ça a été le départ pour des raisons de santé du président Mark Leonard. Toutefois, la raison principale de la baisse du titre, c'est que toutes les sociétés de logiciels ont beaucoup baissé en Bourse par crainte que l'intelligence artificielle vienne affecter durement leur modèle d'affaires», affirme-t-il. Le titre de Constellation, ces dernières années, se négociait à 30 fois les profits prévus, alors que ce ratio a chuté à 15 fois. «Pourtant, les résultats de 2025 ont été très bons. Le bénéfice par action ajusté a progressé d'à peu près 20%. Il n'y a donc pas de raison de croire, que les fondamentaux de l’entreprise ont changé», juge-t-il, estimant que le recul du titre est exagéré.   Quand garder un titre : Five Below Un autre titre que Giverny Capital a choisi de garder en portefeuille malgré une période tumultueuse est celui du détaillant d'articles à 5 $ et moins Five Below (235,39$US). Le titre a chuté jusqu'à un peu moins de 55 $US avant de rebondir fortement pour dépasser 230$US. Dans ce cas, la patience des actionnaires a été récompensée. La patience a été récompensée dans ce cas. «On a acheté le titre la première fois durant la pandémie, donc en mars 2020. Je pense qu'on avait payé 70$US à l'époque. Les années 2020, 2021 et 2022 ont bien été, sauf que 2024 a été très difficile. Les profits ont baissé et le titre a beaucoup reculé», rappelle-t-il. Le creux de moins de 55$US a été atteint dans la foulée des tarifs du président Donald Trump. Les investisseurs craignaient alors que ces tarifs viennent rogner les marges bénéficiaires de l’entreprise, qui s’approvisionne beaucoup en Asie. «À ce moment-là, le titre était vraiment déprimé, mais je croyais beaucoup dans le modèle d'affaires de la société. Puis bon, le bilan était encore très solide. Ils ont changé de PDG (en embauchant Winnie Park en décembre 2024) et finalement, les résultats de 2025 ont été très bons, ce qui a fait rebondir le titre», dit François Rochon. Cinq ans après l’achat du titre, Giverny Capital était en territoire négatif avec cet investissement, mais selon l’investisseur, c’est la qualité du bilan qui a fait toute la différence. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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