L’esprit critique

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 6d ago

    PARTIE 1 -EP175, autour d'"Une hirondelle ne fait pas le printemps", d'Annette Messager, au Musée de la Chasse et de la Nature

    Le musée de la Chasse et de la Nature à Paris s’est fait une spécialité d’inviter des artistes contemporains à investir ses espaces pour dialoguer avec ses collections si particulières, faites d’animaux empaillés, de trophées et massacres, de fusils de toutes époques et de toute dimension, de crottes d’animaux divers, de peintures et de tentures. Celle qui est proposée depuis le 14 avril et jusqu’au 15 septembre par la plasticienne Annette Messager semble relever de l’évidence tant le motif de l’animal traverse l’ensemble de l’œuvre de la plasticienne née en 1943 à Berck-sur-Mer, connue pour un travail fait aussi bien de broderies, de sculptures, de dessins de photographies que d’installations composées à partir d’objets du quotidien, qui a été exposée dans les plus grandes institutions muséales de la planète, du Moma de New York au Centre Pompidou de Paris et a été lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005 Araignées en bronze ou en assemblage de soutien-gorge, peluches de lapins et d’oursons, mais aussi dessins « d’escargot-cocotte » ou petite sculpture noire de « cheval-chaussure » : le bestiaire d’Annette Messager est vaste et oscille entre le chimérique et l’onirique, entre le sexuel et le sensuel, entre l’humour et le tragique. Le commissariat de cette exposition intitulée « Une Hirondelle ne fait pas le printemps » est signée Colin Lemoire, historien d’art et écrivain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    12 min
  2. 6d ago

    PARTIE 3 -EP 175, autour de la nouvelle saison du Palais de Tokyo, "Normes Corps"

    La nouvelle saison du Palais de Tokyo, pour citer son directeur Guillaume Désanges « interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues », et entend bousculer le validisme « ce système qui établit, par des critères physiques et psychologiques une hiérarchie entre les corps, entre ceux dits “normaux“ et ceux jugés “anormaux“ afin de restituer la « puissance subversive du handicap ». Pour cela, le Palais de Tokyo présente six expositions monographiques d’artistes qui explorent la fragilité, le handicap ou la différence regroupés sous le titre générique « Normes Corps ». Parmi ces derniers, on trouve les artistes français Pauline Curnier-Jardin et Benoît Piéron et les Britanniques Jesse Darling et Cathy de Monchaux, ainsi que deux sections plus petites consacrées l’une au travail sur les rampes d’accès de l’artiste américain Joseph Grigely, l’autre à celui de Cheryl Marie Wade, morte en 2013, figure tutélaire d’une scène d’artistes handicapés développée à Berkeley, en Californie, à la fin des années 1970, qui revient sur l’invention même du terme « crip », réappropriation positive du terme péjoratif « cripple », pour estropié. « Normes Corps » a ouvert au début du mois d’avril et demeure visible jusqu’au milieu du mois de septembre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    14 min
  3. May 24

    INTEGRALE -EP174. Le Cabaret, entre renouveau et institutionnalisation

    On ne se rendra pas au Lido ni aux Folies Bergère dans « L’esprit critique » de ce jour consacré au cabaret, mais dans plusieurs lieux qui cherchent à renouveler ce genre séculaire. Que ce soit, parmi d’autres, le Truc, un ancien garage du XXe arrondissement de Paris qui a proposé début mai le « Jardin Rouge Festival » ; le théâtre de l’Atelier qui a accueilli récemment « La Bouche Cabaret » pour un spectacle qui part maintenant en tournée dans plusieurs villes de France, ou encore le Théâtre du Rond-Point qui propose en ce moment, sous la houlette de Pierre Maillet, de faire renaître, dans un club fantomatique nommé Reno Sweeney un « cabaret vertigineux, nostalgique et flamboyant. » Le cabaret connaît en effet aujourd’hui une véritable vogue, qui en démultiplie les espaces et les formes, aussi bien dans des marges que dans des lieux institutionnels qui pourraient paraître a priori décalés, voire contradictoires, avec les spectacles qu’ils présentent. En janvier dernier, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati a même annoncé un plan Cabaret prévoyant notamment une Saison Cabaret qui va se dérouler du 16 septembre au 15 novembre 2026 dans toute la France, afin de renforcer la visibilité des artistes et la connaissance du cabaret qui, pour citer l’ancienne ministre, « appartient à notre patrimoine et est un art bien vivant. » A la fois ancien et contemporain, le genre du cabaret semble aujourd’hui osciller entre subversion et institutionnalisation, entre rentabilité commerciale et inclusivité politique. « La Bouche Cabaret » figure de la scène queer, proposait récemment au théâtre de l’Atelier son Gala de printemps et revient prochainement les prochaines semaines dans plusieurs lieux parisiens ainsi qu’à Marseille, Orléans, Lyon ou Grenoble et même Berlin. Le spectacle de Pierre Maillet « Edith Beale au Reno Sweenay » est, quant à lui, visible au théâtre du Rond-Point jusqu’au 31 mai prochain. Avec : - Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».- Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.- Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    41 min
  4. May 17

    PAETIE 3 -EP173, autour du roman d'Ocean Vuong, "L'empereur de la joie" (Gallimard)

    Un personnage nommé Sony d’après la marque japonaise du même nom ; un autre dont le prénom, Hai, se prononce comme on dit « salut » aux Etats-Unis ; une veuve âgée d’origine lituanienne prénommée Grazina ; mais aussi un Russe, une catcheuse gérante de restaurant ou encore Maureen qui finira à tricoter des écharpes dans son fauteuil roulant dans la ville de Defiance, dans l’Ohio… C’est un melting pot très américain, réuni dans une petite ville marginalisée et paupérisée de Nouvelle Angleterre, que nous donne à lire Ocean Vuong, marketé comme le nouveau prodige des lettres américaines dans son nouveau roman intitulé L’Empereur de la Joie et traduit par Hélène Cohen aux éditions Gallimard. Petite ville où règnent la malbouffe et les cachets permettant la défonce, et à propos de laquelle le narrateur écrit : « Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (…) Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos tarins et de vos monospaces, de vos bus greyhound, nos visages déformés par le vent comme les parias des toiles de Munch. » Tout comme Hai le personnage principal de son histoire, Ocean Vuong, né au Vietnam à la fin des années 1980, est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de deux ans. Tout comme lui, il a voulu écrire, rencontrant le succès avec un premier roman intitulé Un bref instant de splendeur, ainsi qu’un recueil de poésie titré Le temps est une mère. L’Empereur de la Joie débute un soir d’été, au moment où Hai, 19 ans, addict à différents cachets, sans perspectives et presque sans famille, se retrouve sur un pont et sous une pluie battante, prêt à sauter en contrebas, avant d’en être dissuadé par Grazina, et de former avec elle un improbable duo jouant à la guerre et à la famille, pour le plus grand déplaisir du fils de Grazina... Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    17 min
  5. May 17

    PARTIE 1 -EP173, autour du roman d'Agathe Charnet, "Peut-être le hasard" (Les corps conducteurs)

    Peut-être le hasard est le titre du premier roman de la dramaturge et metteuse en scène Agathe Charnet, autrice de plusieurs pièces de théâtre. Il est publié aux Corps conducteurs, jeune maison d’édition au nom inspiré d’un ouvrage de Claude Simon qui entend publier des livres qui « électrisent ». Dans ce texte largement autobiographique, l’autrice retrace une catastrophe à la fois commune et extraordinaire : la démence précoce qui touche sa mère, enseignante de philosophie, alors qu’elle vient seulement d’atteindre la cinquantaine. Tout à la fois portrait croisé de deux femmes de deux générations différentes, journal de maladie, réflexion sur la fin de vie et expression rageuse de la difficulté à aider les proches souffrants, Peut-être le hasard se présente sous forme de successions d’hypothèses plus ou moins sérieuses et de tranches de vie flirtant avec la mort. Chaque chapitre est ainsi introduit par un titre formulé en des termes comme : « C’est peut-être Balthazar » ; « C’est peut-être la protéine précurseur amyloïde » ; « C’est peut-être le divorce » ; « C’est peut-être le chat roux »… Agathe Charnet aborde ainsi le « deuil blanc », c’est-à-dire le deuil d’avant le deuil, le deuil d’une personne qui disparaît dans la démence avant de mourir vraiment et qui lui fait écrire en s’adressant directement à sa mère : « Tu ne pleureras pas de joie à l’annonce de ma grossesse et n’activeras pas, malgré mes interdictions, le tam-tam familial pour que chacun soit au courant. Tu ne tiendras pas mon nouveau-né dans tes bras, ne débarqueras pas en catastrophe pour m’aider quand il sera malade, ne feras jamais de réflexion délicieusement crispante sur ma façon de l’élever, ne le garderas jamais pour les vacances scolaires en te plaignant d’être un peu épuisée à la fin. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    14 min

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