L’esprit critique

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 2D AGO

    PARTIE 1 -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis

    Dao, comme nous l’explique un carton qui ouvre le nouveau long-métrage du réalisateur Alain Gomis ainsi titré, cela signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde ». Et c’est bien cette ambition de capter un tel mouvement qui anime le cinéaste en mettant et montant en parallèle deux cérémonies familiales reliées entre elles à travers le personnage de Gloria, personnage principal de ce film choral, qui réenterre son père et marie sa fille. La première cérémonie est un rite animiste qui se tient dans un village de Guinée Bissau un an après la mort du père. La seconde est un mariage qui se tient dans une ferme de la campagne française louée à l’occasion des noces de la fille. En donnant des rôles à des acteurs et actrices professionnels et non professionnels, y compris à sa propre famille ; en brouillant les pistes entre fiction et documentaire ; en mêlant improvisation et dialogues et scènes jouées et non jouées ; ou encore en donnant accès au making of du long-métrage au point de le débuter par son casting préparatoire, Alain Gomis semble vouloir troubler les rapports entre le vrai et le faux, mais avec néanmoins l’envie d’atteindre à une vérité de ce tout qui peut se jouer dans les rapports familiaux : émotions inattendues ou échanges convenus, gênes soudaines ou joies explosives, poids et légèreté tout à la fois de s’inscrire dans une généalogie et d’être pris dans des liens qui peuvent enfermer ou libérer… Dao, d’Alain Gomis est sorti en salles le 29 avril dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    19 min
  2. 2D AGO

    PARTIE 2 -EP172, autour de la série "Bandi" d'Eric et Capucine Rochant

    On poursuit cette émission non pas avec un film, mais avec une série proposée par le cinéaste et scénariste Éric Rochant, célèbre pour la série du Bureau des Légendes ou son film Un monde sans pitié, co-écrite et réalisée avec sa fille Capucine Rochant. Cette série s’intitule Bandi, sans t à la fin, parce qu’elle se déroule en Martinique, et alterne entre français et créole. Elle est filmée à l’opposé des clichés touristiques, dans les quartiers défavorisés de cette île des Antilles. Disponible sur Netflix en huit épisodes de 55 minutes chacun, la série suit l’évolution de la famille Lafleur, constituée de onze frères et sœurs, que l’on découvre alors que leur mère, pilier et seule source de revenus d’une cellule familiale dont le père est en détention, vient de mourir dans un accident de la route. Pour survivre et ne pas être séparés, plusieurs des frères se lancent dans le trafic de drogue, dans des styles différents, incarnés par l’opposition entre les deux frères Kylian et Kingsley, qui ont chacun leur façon de faire du business. Cette série réalisée et produite par des figures du cinéma hexagonal, mais voulant représenter des décors de palmiers, des trafics de drogue, des courses en scooters débridés et des dialogues en créole ne produit-elle que des clichés ? Autrement posé, est-elle exotique en nous montrant un univers rarement vu à l’écran ou exotisante en ne nous présentant que des images attendues voire problématiques ? Bandi, signé Éric et Capucine Rochant, est disponible sur Netflix depuis le début du mois d’avril. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    14 min
  3. APR 26

    INTEGRALE -EP171, autour des spectacles "La Maison de Bernarda Alba" signé Thibault Croisy ; "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell et "Manières d'être vivant" de Clara Hédouin

    Un classique du théâtre de l’entre-deux-guerres retraduit ; une référence à une baronne et écrivaine danoise ayant fait un pacte de création avec le diable et une tentative de mettre en et sur scène la philosophie contemporaine du vivant… On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, La maison de Bernarda Alba, mise en scène par Thibaud Croisy au Théâtre de Gennevilliers ; de Vudú (3318) Blixen, titre singulier donné à la nouvelle performance de plus de cinq heures proposée par l’espagnole Angelica Liddell qui était récemment visible au Théâtre de l’Odéon ; et enfin de la proposition de la metteuse en scène Clara Hédouin à partir de l’essai du philosophe Baptiste Morizot intitulé Manières d’être vivant, créé à l’automne à Villeurbanne et donnée récemment à la MC93 de Bobigny. Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour SceneWeb et les les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur SceneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    49 min
  4. APR 26

    PARTIE 1 -EP171, autour de "La Maison de Bernarda Alba", signé Thibaud Croisy, au T2G

    La maison de Bernarda Alba est l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, assassiné par des miliciens franquistes le 19 août 1936, deux mois seulement après avoir terminé ce texte prenant la forme d’un huis clos dans une maison andalouse dans laquelle une mère, Bernarda Alba, enferme ses cinq filles pendant des années pour respecter la tradition du deuil de son mari. Le metteur en scène Thibaud Croisy en propose une nouvelle traduction, effectuée en collaboration avec Laurey Braguier et publiée à L’Arche, et une nouvelle transposition sur scène, présentée au Théâtre de Gennevilliers, après être passée par Mulhouse et Bordeaux. Cette mise en scène perturbe la distribution habituelle de la pièce, puisque Thibaud Croisy a pris un homme pour jouer Poncia, la gouvernante et servante de la maisonnée qui commente le drame ; et qu’il a confié les rôles des cinq filles de Bernarda à des actrices aux corps et âges fort dissemblables. Ce choix de confier les rôles de la pièce non pas à des jeunes actrices qui se ressembleraient mais à des femmes d’âge mûr aux physiques différents souligne la cruauté de la situation de ces femmes célibataires dont les désirs se heurtent aux murs entre lesquels n’apparaissent que des fragments du monde extérieur. Parmi ces fragments sur lesquels fantasment les femmes enfermées, Pepe le Romano, l’un des plus bels homme de la région, que l’aînée et la plus laide des cinq sœurs, Angustias, pourrait épouser grâce à l’héritage que lui a laissé son père, mais dont est aussi tombée amoureuse la benjamine de la famille, Adela. La maison de Bernarda Alba de Thibaud Croisy, avec Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Helena de Laurens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller et Frédéric Leidgens, c’était récemment au Théâtre de Gennevilliers et ce sera bientôt visible à Bordeaux, au TCI à Paris, à Angers, Clermont-Ferrand, Béthune, Juvisy et Valenciennes. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    16 min
  5. APR 26

    PARTIE 2 -EP171, autour de "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell

    « Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire, une génération où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté ne doit pas être perdue, cette sauvagerie esthétique, cet excès ! Je suis un samouraï, je me bats jusqu’à la mort. La mort est et sera toujours au centre de ma vie », avait déclaré Angelica Liddell à l’occasion de la remise d’un prix en juin 2025 pour Dämon, el funeral de Bergman. C’est dans ce registre que s’inscrit Vudú (3318) Blixen, titre de la nouvelle proposition de l’actrice, performeuse et metteuse en scène Angelica Liddell, placé sous le signe de la baronne danoise Karen Blixen, connue sous le nom de plume d’Isak Dinesen, autrice notamment du roman La ferme africaine et qui a donné son nom à l’astéroïde 3318. La pièce fait partie de la « trilogie des funérailles » proposée par Angelica Liddel, mais a été créée en réalité avant DÄMON, El funeral de Bergman, pièce présentée en juillet 2024 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon. De Blixen, Liddell retient principalement qu’elle « avait promis son âme au diable, en retour le diable lui avait promis que tout ce qu’elle vivrait désormais deviendrait une histoire ». Et c’est aussi une forme de pacte avec le diable qu’elle veut sceller pour se venger de l’homme qui l’a quittée et laissée avec une douleur irrémédiable qu’elle cherche à exorciser par les mots et les images. Prenant la forme d’un rituel occulte ou d’une grand-messe en bleu, noir et rouge, la pièce-cérémonie de plus de 5 heures est organisée en succession de cinq actes et tableaux qui paraissent épouser les étapes parfois associées au deuil : le déni à travers une reprise de la chanson de Jacques Brel « Ne me quitte pas » sur un monceau de fleurs blanches ; avant que ne se donnent à voir la colère, la tristesse exprimée notamment par un gigantesque boulet auprès duquel Angelica Liddell s’assoit, puis une forme de résignation traduite notamment par des images de futurs qui n’ont pas existé. Mais ce cycle censé classiquement se terminer par une reconstruction ne sied pas à la colère de la performeuse qui préfère organiser un final grandiose dans lequel elle orchestre ses propres funérailles, dans un dernier tableau ou le rouge sang a pris la place du bleu des débuts et où résonnent 101 coups de canons ainsi que la musique de Ray Heredia. Le spectacle a suscité une tribune du collectif « Décolonisons les arts », publiée sur ScèneWeb, et mettant en cause l’imagerie raciale à l’œuvre dans ce spectacle fondée sur une écrivaine dont l’œuvre est fortement située dans le contexte colonial. Vudú (3318) Blixen, d’Angelica Liddell, c’était récemment visible au Théâtre de l’Odéon. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    19 min

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