L’esprit critique

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 6d ago

    INTEGRALE -EP185, autour des romans « Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? » de Lucie Rico ; « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel et Douglas Stuart, « John, fils de John » signé Douglas Stuart

    Une reconstitution à la fois criminelle et individuelle prenant la forme d’une tragi-comédie ; un récit à haute teneur autobiographique sur ses années d’enseignants signé par un romancier chevronné et les fils d’histoires étouffantes qui se tissent dans une île de l’archipel des Hébrides occidentales située au large de l’Ecosse. On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ouvrage de Lucie Rico intitulé Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer que publient les éditions POL ; de La solitude des professeurs est infinie que fait paraître Yannick Haenel aux éditions Gallimard et enfin de John, fils de John, le nouveau roman de Douglas Stuart qui s’était fait remarquer avec son premier texte voilà cinq ans intitulé Shuggie Bain. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Lise Wajeman, professeur de littérature qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Etienne Bottini et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  2. 6d ago

    PARTIE 1 -EP185, autour du roman de Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?" (POL)

    Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? est le titre du nouveau roman de Lucie Rico, publié chez POL, comme ses deux précédents ouvrages, Le Chant du poulet sous vide et GPS. Comme l’autrice, la narratrice, Jennifer donc, est née à Perpignan, avant d’en partir pour Paris, où elle retranscrit des comptes rendus de plans de licenciements. « Trois ans après mon renvoi, j’avais trouvé ce travail, comme si la vie me proposait une répétition générale permanente » écrit Lucie Rico, dans ce texte au ton tragi-comique. Mais il s’avère que soudainement la touche « point » de son clavier refuse de répondre, rendant non seulement son métier impossible, mais annonçant un dysfonctionnement général et la nécessité de poursuivre des phrases et des mémoires laissées en suspens. Le problème de ce clavier qui avale les lettres n’est en effet pas une panne, mais un diagnostic de ce qui ne « s’achève plus » chez la narratrice. Pour se reconstituer elle-même, et reconstituer les souvenirs de mercredis passés chez son grand-père, celle-ci décide donc, poussé par un amant avocat, de suivre une procédure habituellement réservée aux affaires criminelles : reconstituer au plus proche – meubles, papier-peint, odeur - l’appartement de son grand-père pour savoir ce qui lui est vraiment arrivée lorsqu’elle était une enfant de huit ans. Il s’agit bien pour elle « d’habiter son enfance », ainsi qu’elle l’écrit à un moment du livre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  3. 6d ago

    PARTIE 2 -EP185, autour du roman de Yannick Haenel, "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard)

    « A bout de nerfs et trempé de sueur : ainsi commença ma vie de prof » écrit Yannick Haenel dans les premières pages de son nouveau livre dans lequel il revient sur son début de carrière comme enseignant de lettres dans différents établissements de la banlieue parisienne. Ce livre s’intitule La solitude des professeurs est infinie et est publié, comme les précédents, aux éditions Gallimard et se trouve sur la dernière liste retenue par le jury Goncourt. Après la description de sa première rentrée comme stagiaire et d’une année qui s’écoule jusqu’à une fête de fin d’année virant à la catastrophe, Yannick Haenel raconte dans un roman qui est d’abord un récit autobiographique (puisqu’il dit se reconnaître « dans la matière de ce roman dont j’ai vécu chaque détail ») à la fois sa vie amoureuse et ses neuf années de prof qui composent dans la mémoire du narrateur, « une séquence unique, opaque et continuelle, dont il m’est impossible de retrouver la chronologie. » Même si Yannick Haenel écrit que la phrase qui donne son titre à son nouveau roman était un mantra qu’il se récitait déjà, tout jeune enseignant et il y a plusieurs décennies, dans le RER le menant à son collège de banlieue, elle sonne différemment à nos oreilles depuis la décapitation de Samuel Paty et l’assassinat de Dominique Bernard à l’ombre desquels ce livre de Yannick Haenel est rédigé. « Pas de vagues », écrit-il en effet. Cette phrase transperce chaque année les salles de profs des collèges et des lycées en France ; elle continuera à les transpercer tant qu’un chef d’établissement étouffera sous le poids de la hiérarchie les problèmes qui affectent notre travail qui le rendent impossible et finalement nous tuent. C’est ainsi, des dizaines d’années plus tard, que Samuel Paty est mort : personne n’a voulu réagir quand on l’a menacé. » Mélange étrange entre le Cercle des Poètes disparus et les Territoires perdus de la République ou ode au métier d’enseignant ? Parabole politique ou récit avant tout personnel ? Quoi qu’il en soit, écrit Yannick Haenel : « J’avais besoin, j’ai toujours besoin de me croire dans un roman : si l’on ne conçoit pas sa vie comme une fiction, existe-t-on vraiment ? » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  4. 6d ago

    PARTIE 3 -EP185, autour du roman de Douglas Stuart, "John, fils de John" (Globe)

    Nous avions évoqué dans un des premiers podcasts de « L’esprit critique » consacré à la littérature, en en disant beaucoup de bien, Shuggie Bain, le premier roman de Douglas Stuart, qui avait été récompensé par le Booker Prize en 2020 et prenait pour décor le Glasgow pauvre des années 1980 dans lequel se profilait l’ombre des politiques décrétées par la dame de fer, Margaret Thatcher. Douglas Stuart revient en cette rentrée avec un nouveau livre, également publié chez Globe et également traduit de l’anglais, et plus précisément de l’écossais, par Charles Bonnet, intitulé John, fils de John. Il y est, comme dans Shuggie Bain, question de la relation tumultueuse entre un parent et un enfant et d’une petite communauté où l’argent est aussi rare que les difficultés de la vie sont nombreuses. Mais le roman prend cette fois place non pas dans un quartier pauvre de Glasgow mais sur l’île de Harris, dans l’archipel des Hébrides extérieures située au nord-ouest de l’Ecosse. Une île qui ne vivait quasiment que de pêche et d’une petite activité textile avant que le tourisme et les résidences secondaires n’arrivent. Et une île où Dieu règne encore en maître, comme les hommes sur les femmes et les pères sur leurs enfants, dans le cadre d’une opposition existentielle entre les « îliens » et les « terriens ». « Elle avait les pieds violet foie de veau. Voilà ce que lui avait dit son père avant de raccrocher » : ainsi commence ce texte sur un de ces échanges entre le fils de John et son père qui, nous explique d’enbléé le narrateur « n’avait jamais été un grand bavard. Leurs coups de fil ressemblaient donc à un échange avec une hotline. » Le roman commence lorsque le fils de John, Cal, revient sur l’île après quatre ans à étudier à Édimbourg, sans un sou ni perspective d’emploi, mais en ayant la possibilité de vivre son homosexualité tenue secrète dans le milieu traditionnel dont il est issu. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  5. Oct 11

    PARTIE 1 -EP184, autour de la série "Camarades" diffusée sur Arte

    A propos de la mini-série Camarades, diffusée en cette rentrée par la chaîne franco-allemande Arte, le journal Le Monde décrit : « la résurrection de l’université de Vincennes dans toute son anarchique splendeur ». L’hebdomadaire Télérama y voit, lui, « une série pop et irrésistible sur l’utopie contestataire de l’université de Vincennes ». Ô surprise, Le Monde et Télérama sont également partenaires de la diffusion de cette série. Ces renvois d’ascenseur récurrents entre la chaîne franco-allemande et le groupe Le Monde suffisent-ils cependant à disqualifier cette série en la qualifiant de folklorique, dépolitisante voire macroniste, comme on a pu le lire ici ou là ? A force de vouloir tenir ensemble l’horizon de la déconstruction et la nécessité d’une forme de linéarité, et de chercher à mêler histoires d’amour, intrigues policières, citations philosophiques et moments politiques, la série Camarades verse-t-elle dans le gloubi-boulga ou rend elle compte adéquatement d’une réalité chaotique ? Les huit épisodes signés par les réalisateurs Benjamin Charbit et Dominique Baumard se situent pendant l’année 1969, quelques mois après l’ouverture du centre universitaire de Vincennes. Merloux nouvellement élu président de la fac, tente de répondre autant aux demandes ministérielles qu’à celles des innombrables groupes gauchistes, tandis que Claudine prostituée qui travaille dans les allées du bois, est chargée par Jacques, son amant policier, d’infiltrer la nouvelle institution Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  6. Oct 11

    PARTIE 2 -EP184, autour du film "Digger" d'Alejandro González Iñárritu,

    Le cinéaste mexico-hollywoodien Alejandro González Iñárritu, réalisateur notamment de Birdman ou The Revenant signe un nouveau film intitulé Digger, terme forgé sur le verbe « creuser » ou « excaver » et qui se trouve être le prénom de Digger Rockwell, un magnat du pétrole incarné par un Tom Cruise à contre-emploi puisqu’il est ici méconnaissable en vieillard bedonnant intéressé surtout par sa chatte moribonde, et puisqu’il détruit le monde au lieu de le sauver comme à l’accoutumée. Le film commence lorsqu’un énième forage de la compagnie Rockwell provoque, au pôle Nord, le décrochage d’une gigantesque plaque de glace qui menace de submerger l’Europe. Une cellule de crise est constituée, avec le président des Etats-Unis à sa tête et Digger Rockwell en vis-à-vis, hésitant à atomiser le glacier ou à demander à l’Europe de prendre ses responsabilités. Fable sur les effets délétères des énergies fossiles et le cynisme trumpien, ce film qui sera l’une des dernières grandes productions de la Warner avant son absorption par la Paramount, lui-même affilié au trumpisme, est pour l’instant un échec critique et commercial quasiment inégalé dans l’histoire de la société hollywoodienne et dans la carrière de la star de Mission : Impossible. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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