Les Ombres-LGBTQ+

Bueno. Art .Yuri

Art, Bueno et Yuri ont décidé de faire entendre des voix trop souvent étouffées : celles des personnes LGBTQ+ noires, au-delà des lieux d’échange comme les Spaces sur X, où se mêlent et se rejoignent parfois, discrètement, toutes ces voix qui brillent aux quatre coins du globe. Le podcast s’est imposé comme une nécessité, un espace de parole libre et politique, pensé pour visibiliser des vécus que l’on maintient trop souvent en marge. Une ombre n’est pas seulement une absence de lumière, c’est un lieu d’effacement. C’est là que l’on relègue encore des personnes homosexuelles, contraintes de vivre leurs relations, leurs vérités et leurs désirs dans l’invisibilité. Privées de droits, de reconnaissance et d’une existence pleine, elles évoluent dans des zones que la société préfère ne pas éclairer. Ce podcast existe pour éclairer ces zones, refuser l’effacement et transformer l’ombre en lieu de lutte, de mémoire et de prise de pouvoir.

  1. Faut-il faire son coming out ?

    Apr 13

    Faut-il faire son coming out ?

    Le coming out. Deux mots qui portent le poids d'une histoire, d'une lutte, et pour beaucoup d'une vie entière passée à se demander si, quand, et comment. Dans ce 5ème épisode des Ombres LGBTQ+, on plonge au cœur d'une question qui semble simple en surface, mais qui révèle en profondeur les contradictions de nos sociétés : faut-il vraiment faire son coming out ? On remonte d'abord aux origines. 1969. New York. Les émeutes de Stonewall. C'est là que naît le militantisme LGBTQ+ moderne et avec lui, l'idée de "sortir du placard" : un acte politique autant que personnel, pour dire au monde entier qu'on existe et qu'on est partout. On décortique ensuite la mécanique de la pression. Celle de la société hétéronormée qui présuppose l'hétérosexualité à la naissance et oblige les personnes LGBTQIA+ à se justifier d'être différentes. Mais aussi, et c'est plus rare d'en parler, la pression qui vient de l'intérieur même de la communauté : l'injonction à la visibilité, le coming out présenté comme un idéal, comme la preuve ultime qu'on s'accepte. On parle de ce que ça fait, psychologiquement. L'anxiété permanente. La honte. La culpabilité. L'isolement invisible. Et les conséquences les plus graves, dépression et détresse profonde, que les jeunes LGBTQIA+ connaissent de manière disproportionnée. Ces souffrances ne viennent pas de qui on est. Elles viennent du regard que la société porte sur qui on est. Et puis on va là où la conversation va rarement. L'intersectionnalité. Ce que ça signifie d'être noir·e et LGBTQIA+, dans la diaspora, mais aussi en Afrique, où dans des pays comme le Sénégal, le Cameroun ou l'Ouganda, le coming out n'est pas une question de courage personnel.C'est une question de survie. Où la religion, la culture et la famille peuvent tout faire basculer. Parce que l'expérience du coming out n'est pas universelle. Elle est profondément façonnée par qui tu es, d'où tu viens, et dans quel monde tu vis. L'Occident ne détient pas la seule vérité sur ce que doit être la liberté. Alors, faut-il faire son coming out ? La réponse est dans l'épisode. Et elle est plus nuancée, plus humaine, et plus libératrice que ce qu'on vous a dit jusqu'ici. Cet épisode est dédié à toutes les personnes qui portent ce poids en silence. Vous n'êtes pas seul·es.

    1h 22m
  2. L’homophobie intériorisée

    Mar 28

    L’homophobie intériorisée

    Homophobie internalisée ou homophobie intériorisée  On ne naît pas avec cette honte.On nous l'apprend. Dans cet épisode, on s'attaque à l'une des formes les plus silencieuses de la violence homophobe : celle qu'on retourne contre soi-même. L'homophobie internalisée, c'est absorber les préjugés de la société jusqu'à les croire.C'est se sentir illégitime à aimer, à être aimé, à exister pleinement. On revient sur les racines de cette honte : la famille, l'école et les médias qui imposent l'hétéronormativité comme seule réalité possible.La religion, la médecine et l'État qui ont historiquement pathologisé, criminalisé et condamné l'homosexualité. Le patriarcat qui hiérarchise les corps, maintient les rôles de genre et punit ceux qui en sortent à commencer par la femme lesbienne, doublement ciblée parce qu'elle refuse deux fois le système. On parle aussi de ce que ça produit concrètement : la double vie, la honte de soi, l'hypervirilité, le rejet des efféminés au sein même de la communauté.Et on élargit le regard vers l'Afrique, où l'homosexualité est devenue un sujet politique commode pendant que des enjeux fondamentaux comme les mariages forcés ou l'excision restent dans l'ombre. Un épisode dense, ancré dans la pensée de Didier Éribon, Judith Butler, Michel Foucault, Pierre Bourdieu et Édouard Louis. Parce que comprendre d'où vient la honte, c'est la première étape pour s'en libérer. Bonne écoute 💜

    53 min
  3. Fetichisation Coloniale – Partie II

    Mar 15

    Fetichisation Coloniale – Partie II

    Dans cette deuxième partie, on va plus loin et plus loin, ça veut dire aller là où ça fait parfois un peu mal.Après les mots et l’histoire, on s’attaque à des réalités concrètes : l’apparence, l’industrie pornographique, et une question qui nous concerne tous.Comment notre corps devient une projection avant même qu’on ait ouvert la bouche ? Comment ces regards qui cataloguent finissent par s’imprimer dans notre propre rapport à nous-mêmes ?Du côté du porno : si vous voulez voir comment une société fétichise, regardez comment elle catégorise ses fantasmes. On analyse comment cette industrie a structuré et normalisé des stéréotypes raciaux et corporels ,transformant des individus en archétypes, des corps en niches de marché.Et puis on s’est posé une question qui dérange un peu : et si on était tous un peu fétichistes ?On a interrogé notre propre désir, sans complaisance.Parce qu’il y a une différence importante entre le fétichisme , une attirance, une préférence et la fétichisation qui réduit l’autre à un objet, une catégorie, un fantasme.Ce n’est pas un procès du désir. C’est une invitation à regarder d’où il vient parce que désirer librement, ça commence par désirer consciemment. Et vous ? Est-ce que vous vous êtes déjà reconnus dans ces mécanismes ? Vous avez vécu quelque chose qui résonne avec ce qu’on a dit ?On veut vous lire. Vos avis, vos retours, vos expériences  ils font partie de la conversation.Partagez-les en commentaire ou en message privé, et qui sait… peut-être qu’ils nourriront un prochain épisode. Bonne écoute 💜💜💜

    45 min
  4. Fetichisation Coloniale – Partie I

    Feb 28

    Fetichisation Coloniale – Partie I

    On parle beaucoup de fétichisation… mais prend-on vraiment le temps de comprendre ce que ce mot signifie vraiment ? Dans cet épisode, on choisit de ralentir. De poser les bases. De définir les termes. De revenir à l’histoire et aux dynamiques sociales qui ont façonné certains imaginaires. Ensemble, on explore d’où viennent ces regards posés sur nos corps, notamment dans les espaces LGBTQ+ et sur les applis de rencontre et pourquoi ils ne sont jamais totalement neutres. Parce que parfois, ce que l’on considère comme un simple « compliment », une “préférence” ou une “attirance”, porte en réalité une histoire plus lourde qu’on ne l’imagine. Entre désir, projection, exotisation et réduction, la frontière est parfois fine. À quel moment le désir devient-il enfermement ? Comment reconnaître la fétichisation quand elle se cache derrière l’humour, la curiosité ou l’attirance assumée ? Pourquoi certains corps sont-ils plus sexualisés que d’autres ? Et surtout, comment commencer à déconstruire ces mécanismes sans tomber dans la culpabilité ou le jugement ? Cet épisode n’est pas là pour pointer du doigt. Il est là pour ouvrir un espace de réflexion, de nuance et d’écoute. Un espace où l’on peut questionner nos propres schémas, comprendre d’où ils viennent et imaginer d’autres façons de désirer. Une conversation honnête. Sans filtre. Sans jugement. Juste l’envie d’aller un peu plus loin. Bienvenue sur cette première partie de cet épisode sur le thème de la fetichisation coloniale. Bonne écoute.

    33 min
  5. L'Art de l'Autre :Tahnee nous parle d'humour et de diversité

    09/08/2024

    L'Art de l'Autre :Tahnee nous parle d'humour et de diversité

    Nous avons l'honneur d'accueillir Tahnee, une humoriste talentueuse et une voix incontournable du mouvement afroféministe queer. Tahnee nous partage son parcours, depuis ses débuts dans l'improvisation jusqu'à son succès sur la scène du stand-up. Elle nous explique le déclic qui l'a poussée à écrire ses propres sketches et comment son identité de femme noire et lesbienne influence profondément son travail. Tahnee aborde les défis qu'elle a rencontrés en faisant face à des critiques sur un humour "trop communautaire" ou "trop militant", et comment elle a su dépasser ces obstacles pour conquérir un public fidèle. Elle nous parle de son spectacle "L'Autre" et des thématiques cruciales qu'elle y explore, tout en intégrant le féminisme intersectionnel dans son art et sa vie quotidienne. En tant qu'humoriste queer, Tahnee partage les défis qu'elle affronte et les stratégies qu'elle utilise pour les surmonter. Son engagement contre l'homophobie et le racisme est un fil rouge dans sa carrière, reflétant son militantisme passionné. Elle nous donne également sa vision de l'évolution des droits et de la visibilité des personnes LGBTQIA+ et des personnes noires en France. Créatrice de l'espace Comédie Love, Tahnee nous raconte ce qui l'a motivée à offrir une scène pour un humour et un public queers. Elle discute de l'accueil de l'humour queer dans le milieu de la comédie aujourd'hui et de l'évolution qu'elle a pu observer. Tahnee nous parle de ses projets futurs et de ses aspirations pour la scène de stand-up queer en France, en partageant sa vision pour son évolution en tant qu'artiste et militante. Elle nous explique comment les émotions telles que la colère, la tristesse ou la joie influencent son processus créatif et comment le rire peut être à la fois une arme et un moyen de guérison. Enfin, Tahnee se livre sur son état actuel, tant professionnellement que personnellement, et offre des conseils précieux aux jeunes comédiens LGBTQIA+ et afro-féministes aspirant à se lancer dans le stand-up. Elle nous partage ses inspirations et l'importance de la représentation dans les médias et l'art pour les communautés marginalisées. Rejoignez-nous pour une discussion riche et inspirante qui explore l'intersection de l'art, de l'identité et du militantisme avec la brillante Tahnee. Contact : lesombreslgbtq@gmail.com Retrouver nos réseaux et nos autres plateformes ici : https://linktr.ee/lesombreslgbtq Si vous aimez ce podcast, abonnez-vous et activez la cloche de notification afin d’être informé des nouvelles sorties d’épisodes. Laissez-nous un maximum d'✨✨✨✨✨ et partagez autour de vous afin de faire découvrir notre travail au plus grand nombre. Bonne écoute ❤️ Hébergé par Podcastics. Visitez  https://www.podcastics.com pour plus d’informations.

    44 min

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Art, Bueno et Yuri ont décidé de faire entendre des voix trop souvent étouffées : celles des personnes LGBTQ+ noires, au-delà des lieux d’échange comme les Spaces sur X, où se mêlent et se rejoignent parfois, discrètement, toutes ces voix qui brillent aux quatre coins du globe. Le podcast s’est imposé comme une nécessité, un espace de parole libre et politique, pensé pour visibiliser des vécus que l’on maintient trop souvent en marge. Une ombre n’est pas seulement une absence de lumière, c’est un lieu d’effacement. C’est là que l’on relègue encore des personnes homosexuelles, contraintes de vivre leurs relations, leurs vérités et leurs désirs dans l’invisibilité. Privées de droits, de reconnaissance et d’une existence pleine, elles évoluent dans des zones que la société préfère ne pas éclairer. Ce podcast existe pour éclairer ces zones, refuser l’effacement et transformer l’ombre en lieu de lutte, de mémoire et de prise de pouvoir.

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