Editor’s Note: Above is a clip from Tuesday’s interview with Simone Dinnerstein discussing Baroklyn’s album Hourglass, released today on Naïve Records in Paris. The clip has been translated into French for Media Room’s Francophone readers. The English language video interview may be seen in its entirety here. The English language transcript may be read here. Note de la Rédaction: Ci-dessus, un extrait de l’entrevue de mardi Simone Dinnerstein à propos de l’album Hourglass de Baroklyn, publié aujourd’hui chez Naïve Records à Paris. Cet extrait a été traduit en français pour les abonnés francophones de Media Room. L’interview complète en anglais est disponible ici. Cela fait maintenant un peu plus de dix ans que je joue la musique de Glass, et je dois dire que chaque fois que je l’interprète, l’expérience est vraiment unique, en termes de pleine conscience. Comme je l’ai dit, il y a beaucoup de répétitions, et ces répétitions sont vécues différemment car on se trouve à un autre moment de l’histoire. On joue le morceau une première fois, puis une seconde, et la sensation est différente car le chemin a déjà été parcouru, on a déjà exploré ce temps, et maintenant on le rejoue à un autre moment. On a le sentiment d’être conscient du passé et du futur en jouant, car on est conscient de ce qu’on vient de faire et de ce qu’on va faire. Mais cette sensation de présence est unique et différente de tout autre compositeur que j’ai pu écouter. Il faut être incroyablement concentré et pleinement conscient de l’instant présent lorsqu’on joue sa musique, ce qui procure une perception du temps différente de celle que l’on éprouve en interprétant, par exemple, Beethoven ou Schubert. Cependant, Bach possède également cette capacité, car sa musique comporte de nombreuses répétitions et séquences, et elle est aussi riche en strates, à l’instar de celle de Glass. Ainsi, si l’on joue Bach avec une grande attention portée à la polyphonie et au contrepoint, en interprétant cette musique avec un ensemble comme le mien, Baroklyn, chaque musicien doit être conscient de sa propre partie tout en s’harmonisant avec les autres. Il y a donc cette perception du temps qui passe, comme un voyage horizontal. Je le conçois de gauche à droite, mais il s’agit probablement d’une construction culturelle : nous avons tendance à associer le passage du passé au futur de gauche à droite. Mais il y a aussi la superposition, verticale, c’est-à-dire toutes les voix qui se produisent simultanément. Quand on écoute la plupart des musiques occidentales (pop, rock, jazz, classique) on pense beaucoup à l’harmonie, et l’harmonie est verticale : comment les notes s’agencent-elles verticalement pour former un accord. Une grande partie de la musique que nous écoutons se concentre sur un chanteur principal, soutenu par un groupe qui harmonise autour de lui et dont le rôle est moins important. Mais dans la musique hautement polyphonique, comme celle de Bach ou de Philip Glass, l’harmonie n’est pas primordiale. Ce sont toutes les voix qui se déplacent horizontalement, simultanément, et qui sont, d’une certaine manière, d’égale importance. C’est une autre façon d’envisager la musique, l’égalité, et la complexité est tout autre. Les lecteurs francophones de Media Room pourront lire ici ma entrevue avec le musicien de jazz français Franck Amsallem. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit mediaroom.substack.com/subscribe