What DAF'ck

Widoowin Cross Asset Solutions

Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions, ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et sans détour de l’actualité :🇺🇸 États-Unis, 🇪🇺 Europe, 🇨🇳 Asie, taux d’intérêt, inflation, matières premières, géopolitique. Chaque vendredi, nous vous résumons l’actualité économique et financière mondiale.  📊 Ici, des faits, de l’analyse, du contexte. Le tout en moins de 5 minutes, pour prendre de la hauteur et anticiper ce qui vient. Que vous soyez en train de conduire, de faire votre jogging ou sur votre lieu de travail, "What DAF’ck” vous accompagne partout grâce à son format podcast.  🎧 Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, et toutes les plateformes. À écouter n’importe où : en voiture, au bureau, en marchant.  💼 Pensé pour les DAF, RAF, trésoriers, investisseurs et tous ceux qui veulent comprendre avant les autres.What DAF’ck, c’est l’économie mondiale, chaque semaine, sans filtre.Un podcast imaginé, produit et réalisé par l’équipe Widoowin Cross Asset Solutions.

  1. 6d ago

    🔥 Retour vers les 2 %

    Cette semaine, de Washington à Francfort, les banquiers centraux avancent avec prudence, entre désinflation fragile et perspectives obscurcies par le conflit. Le choc énergétique s'étend jusqu'en Asie, où la flambée des coûts de production met fin à l'une des plus longues périodes de déflation qu'ait connue la Chine.     🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, Kevin Warsh a tenu à rassurer sur l'indépendance de l'institution, devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Avec une inflation qui s'établit à 3,50% en juin en rythme annuel, il a indiqué que la priorité est de ramener les prix vers la cible des 2,00%. Il plaide par ailleurs pour une communication plus sobre, avec moins de conférences de presse, moins de projections sur les taux directeurs et un communiqué du FOMC allégé. Le nouveau patron de la Fed n'aura pas la tâche facile, entre une conjoncture incertaine et l'escalade du conflit en Iran. Parallèlement, le dernier Beige Book fait état d'une activité en progression dans onze des douze districts de la Réserve fédérale sur le mois de juin, avec un marché du travail qui reprend des couleurs. La détente des prix du carburant atténue les pressions inflationnistes, ce qui alimente les anticipations d'un statu quo lors de la prochaine réunion du FOMC fin juillet. Le pouvoir d'achat des Américains reste néanmoins suspendu à l'évolution du conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions sur les cours du pétrole.   🇪🇺 Europe  En Allemagne, l'inflation a ralenti à 2,30% en juin, après 2,60% le mois précédent. Cette dynamique fait écho à l'ensemble de la zone euro, qui affichait une croissance des prix de 2,80% en juin contre 3,20% en mai. Bien que l'on reste au-dessus de la cible des 2,00%, il s'agit d'une bonne nouvelle puisque l'inflation converge progressivement vers son objectif. Dans cette situation, la BCE devrait privilégier le statu quo lors de sa prochaine réunion, le temps d'observer l'évolution des prix, puisqu'un resserrement prématuré pourrait fragiliser durablement l'économie. Au Royaume-Uni, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, a été entendu par la commission du Trésor et s'est inquiété de la reprise des hostilités avec l'Iran, qui rend les perspectives économiques plus instables pour les mois à venir. Il rappelle que l'enjeu de long terme demeure la croissance de l'économie, faible depuis plusieurs années, tout en précisant que les répercussions sur les prix restent limitées à ce stade. Dans ce contexte, un relèvement des taux paraît peu probable compte tenu de la faiblesse de l'activité.   🇨🇳🇯🇵 Asie  En Chine, les chiffres montrent une économie à deux vitesses, avec un PIB ressorti à 4,30% au deuxième trimestre en rythme annuel, contre 5,00% attendu. La production industrielle progresse quant à elle de 5,30% en juin sur un an, portée par des exportations en hausse de 27% au deuxième trimestre, notamment dans le secteur de l'IA. Par ailleurs, les prix à la production ont progressé de 4,10% sur un an en juin, enregistrant leur rythme le plus rapide depuis 2022 et un quatrième mois consécutif de hausse. La guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d'Ormuz ont fortement fait grimper le coût des intrants, qu'il s'agisse des métaux, des combustibles ou encore de l’énergie. Ce choc énergétique met fin à l'une des plus longues périodes de déflation qu'ait connue le pays, alimentée par la crise immobilière et la faiblesse de la demande intérieure. Cette sortie de déflation reste toutefois davantage subie que choisie, et il faudra voir si elle se confirme une fois les tensions géopolitiques retombées.   🛢️ Matières premières  Du côté des matières premières, les prix du Brent sont remontés aux alentours des 80 dollars le baril, après être brièvement repassés sous leur niveau d'avant-conflit en juin. Cette hausse fait suite à la rupture du cessez-le-feu des 7 et 8 juillet au Moyen-Orient. L'AIE évoque une escalade qui obscurcit les perspectives et pourrait renverser sa prévision, puisque cette tension masque une offre structurellement excédentaire. Parallèlement, le FMI souligne que l'économie mondiale a mieux résisté au choc de la guerre, notamment grâce à la demande technologique, à cette offre abondante et aux mesures de soutien budgétaire. Il faudra donc rester attentif, puisqu'une sortie de conflit pourrait tirer les prix rapidement vers le bas. Par ailleurs, la campagne ukrainienne contre les infrastructures énergétiques russes a touché les dix plus grandes raffineries du pays. Moscou a réagi en suspendant ses exportations de diesel afin de protéger l'approvisionnement intérieur et militaire. Cette décision retire du marché mondial près de 800 000 barils par jour d'un produit déjà rare en raison des tensions dans le Golfe. Les deux chocs se superposent et font peser un risque de volatilité accrue sur l'ensemble du marché de l'énergie.

    🔥 Retour vers les 2 %
  2. Jul 10

    🎂 250, l'Odyssée américaine

    Cette semaine, alors que les États-Unis célébraient leurs 250 ans, l'escalade dans le détroit d'Ormuz a rebattu les cartes. La probabilité d'une hausse des taux de la Fed fin juillet grimpe à 78%, tandis que la BCE voit ses anticipations d'inflation repartir à la hausse.   🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, la célébration des 250 ans s'est déroulée dans un contexte particulièrement tendu. Après un mémorandum d'entente signé fin juin, les tensions sont brutalement remontées dans le détroit d'Ormuz, où l'Iran a frappé au missile trois navires commerciaux, avant que Washington ne réplique par une série de frappes. Plus le conflit se prolonge, plus les prix de l'énergie pèsent sur le pouvoir d'achat des ménages américains, freinant la consommation et donc à la croissance. Parallèlement, le dernier compte rendu de la Réserve fédérale révèle un comité divisé. Les taux ont été maintenus dans la fourchette 3,50%-3,75%, mais plusieurs membres estimaient qu'une hausse était déjà justifiée face à une inflation persistante, tandis que la majorité préfère attendre de nouvelles données avant d'agir. Deux facteurs concentrent les inquiétudes, les tensions géopolitiques d'une part, et les investissements liés à l'intelligence artificielle d'autre part. Dans ce contexte, avec le regain de tensions dans le détroit d'Ormuz et la remontée des anticipations d'inflation, la probabilité d'une hausse lors de la réunion de fin juillet ressort à 78% selon l'outil FedWatch du CME. Si la Fed veut respecter son mandat de stabilité des prix, un resserrement monétaire semble désormais difficile à éviter.   🇪🇺 Europe  En Europe, l'inflation avait amorcé un repli en juin, mais la reprise des tensions entre Washington et Téhéran est venue rebattre les cartes. Les anticipations d'inflation sont reparties à la hausse, entraînant une progression des rendements obligataires souverains en zone euro. Si la dynamique se poursuit, la BCE pourrait se retrouver contrainte de prolonger son resserrement monétaire, alors que la croissance reste fragile.  Au Royaume-Uni, la démission de Keir Starmer le 22 juin illustre une instabilité politique qui perdure depuis le Brexit, le pays s'apprêtant à connaître son sixième Premier ministre en sept ans. Andy Burnham, favori pour lui succéder, hérite ainsi d'une incertitude politique qui pèse sur la confiance des investisseurs et fragilise l'économie. Dans ce contexte, la Banque d'Angleterre devra arbitrer entre la lutte contre l'inflation et le soutien d'une croissance en net ralentissement.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, la Banque mondiale a publié son World Bank China Economic Update, qui table sur un ralentissement de la croissance chinoise à 4,40% en 2026 puis 4,30% en 2027, pénalisée par l'immobilier et une consommation faible. Malgré les mesures de soutien déjà engagées par Pékin, la demande interne peine à repartir, ce qui pourrait durablement freiner la croissance. En parallèle, l'activité manufacturière a accéléré en juin, portée par un rebond des commandes vers les États-Unis.   🛢️ Matières premières Côté matières premières, l'OPEP+ a acté un nouveau relèvement de production de 188 000 barils/jour dès août pour sept de ses membres, cinquième hausse mensuelle consécutive depuis avril. Le Brent s'établit aujourd'hui autour de 75 dollars, dans un marché dominé par les tensions entre l'Iran et les États-Unis autour du détroit d'Ormuz. Si ces tensions se prolongent, le spectre inflationniste pourrait revenir et compliquer sérieusement la conduite des politiques monétaires à travers le monde.

    🎂 250, l'Odyssée américaine
  3. Jul 3

    🫧 Inflation, l'oxygène de l'économie

    Cette semaine, la fragilité de la trêve entre les États-Unis et l'Iran maintient les marchés sous tension, ravivant les craintes inflationnistes des deux côtés de l'Atlantique et poussant les banques centrales à se préparer au pire scénario.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, les tensions avec l'Iran resurgissent malgré l'accord de paix signé le 17 juin. Depuis, les deux pays s'affrontent sur le contrôle du détroit d'Ormuz, par où transite près de 20% du pétrole mondial. Téhéran souhaite y imposer des droits de passage inédits, alors que Washington s'y oppose au nom de la libre circulation. Cette fragilité de la trêve entretient l'incertitude et pourrait de nouveau peser sur les cours du pétrole à moyen terme.En parallèle, Kevin Warsh a rappelé que l'inflation demeurait trop élevée et qu'il en faisait sa priorité, alors que la guerre en Iran a porté l'indice PCE à un plus haut de trois ans. Toutefois, les indicateurs de l'emploi publiés cette semaine offrent un tableau contrasté. Le taux de chômage a reculé de 4,30% à 4,20% en juin, mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d'emplois qu'attendu, avec seulement 57 000 postes contre un consensus proche de 115 000. Cette divergence entre un marché du travail qui se refroidit et une inflation qui reste soutenue pourrait rendre la tâche de la Réserve fédérale plus difficile dans les prochains mois.   🇪🇺 Europe De l'autre côté de l'Atlantique, l'inflation ralentit avec un IPC en rythme annuel qui ressort à 2,30% en Allemagne et à 2,80% pour l'ensemble de la zone euro. Dans ce contexte, Christine Lagarde et Joachim Nagel s'accordent sur la possibilité de relever les taux si les pressions sur les prix venaient à réapparaître. Du côté de l'emploi, le marché du travail reste solide en zone euro, avec un taux de chômage stable à 6,20%. En Allemagne, il s'établit à 6,30% et le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de façon inattendue, un signal encourageant dans un contexte macroéconomique encore fragile. Cette résilience offre à la BCE une marge de manœuvre pour relever ses taux directeurs. Au Royaume-Uni, le PIB ressort à 0,60% en rythme trimestriel pour le T1, marquant une accélération par rapport à la croissance de 0,10% enregistrée au quatrième trimestre 2025. Toutefois, cette croissance reste faible au regard de la moyenne des dernières décennies. Dans cette situation, une intensification du conflit en Iran pourrait fragiliser davantage sa situation.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, le yen s'est enfoncé à son plus bas niveau face au dollar depuis près de quarante ans. Cette chute s'explique par le rythme très lent du resserrement de la Banque du Japon, qui a relevé son taux à seulement 0,75% en juin tout en maintenant une approche prudente. Face à cette dépréciation du yen par rapport au billet vert, l'institution pourrait relever davantage ses taux afin de soutenir la devise.   🛢️ Matières premières Les États-Unis et l’Iran se sont livrés à de nouveaux échanges de frappes, s’accusant de violer le cessez-le-feu signé récemment. Donald Trump a quant à lui poursuivi les menaces de destruction de la République islamique, faisant craindre une nouvelle escalade entre les deux pays. Pour autant, le détroit d'Ormuz rouvre progressivement, ce qui tire les cours du pétrole vers le bas, les ramenant vers leurs niveaux d'avant-guerre.  Depuis son record de 5 595 dollars l'once fin janvier, l'or a corrigé de près de 20%, pénalisé par les craintes d'une inflation persistante et la perspective d'une hausse des taux. Le métal pourrait rester sous pression, pénalisé par un dollar plus fort dans un contexte où les marchés anticipent désormais un relèvement des taux de la Fed cette année.

    🫧 Inflation, l'oxygène de l'économie
  4. Jun 26

    🔥 Chaud devant

    Cette semaine, la nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz, provoquée par la reprise des frappes au Moyen-Orient, fragilise l’accord de paix et menace de prolonger les pressions inflationnistes déjà au plus haut depuis trois ans aux États-Unis.    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, l'inflation atteint son plus haut niveau depuis trois ans, avec une progression de 4,10% sur un an en mai selon l'indice PCE. Ce rythme représente plus du double de la cible de 2,00% fixée par la Réserve fédérale, chargée d'assurer la stabilité des prix. Dans ce contexte, les marchés anticipent désormais une hausse des taux directeurs dès septembre afin de juguler ces pressions inflationnistes, selon l'outil FedWatch du CME. Lors de sa dernière réunion, l'institution avait clairement signalé qu'elle faisait du retour à la stabilité des prix sa priorité absolue. Parallèlement, l'économie américaine montre peu de signes de faiblesse. Le Produit Intérieur Brut a progressé de 2,10% sur les trois premiers mois de l'année, dépassant l'estimation précédente de 1,60% ainsi que la toute première projection de 2,00%. Cette révision à la hausse confirme la solidité de l'activité économique outre-Atlantique et conforte la Réserve fédérale dans sa volonté de resserrer sa politique monétaire.    🇪🇺 Europe En Europe, Christine Lagarde dresse le bilan d'avant-guerre et rappelle que l'inflation était restée proche de l'objectif de 2,00% de la BCE pendant plus d'un an, tandis que la zone euro affichait une solide dynamique de croissance. Avec l'arrivée de la guerre au Moyen-Orient, les perspectives économiques ont été complètement remodelées, pesant à la fois sur la croissance et sur l'inflation. L'accord de paix récent constitue une avancée majeure dans le conflit, mais la situation reste fragile et l'institution se tient prête resserrer davantage sa politique monétaire si les risques inflationnistes persistent. En Angleterre, moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre Keir Starmer a annoncé sa démission après des mois de pression. Il avait pris ses fonctions en 2024, succédant à un gouvernement impopulaire, marqué par une économie au ralenti et un pays toujours divisé par le Brexit. Avec ce départ, le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième Premier ministre depuis le vote sur le Brexit il y a dix ans. Cette instabilité politique sans précédent va peser à terme sur la confiance des investisseurs, pour un pays affichant déjà les coûts d'emprunt les plus élevés du G7. Sur les marchés obligataires, le rendement de l'OAT française à 10 ans évolue autour de 3,60% et reste orienté à la baisse depuis son pic de fin mai à 3,97%. Cette détente traduit des anticipations d'inflation en repli, portées par l'apaisement du conflit au Moyen-Orient et la perspective d'une paix durable.   🇨🇳🇯🇵 Asie Au Japon, l'inflation est remontée à 1,50% en mai en rythme annuel, en raison de l'expiration des subventions publiques sur les prix de l'énergie. Dans ce contexte, la Banque du Japon indique qu'elle poursuivra le relèvement de son taux directeur et ajustera le degré d'accommodation monétaire selon l'évolution des prix. Parallèlement, l'institution surveille de près la situation au Moyen-Orient, qui pourrait peser davantage sur l'activité et l'inflation en cas de reprise des hostilités.  Par ailleurs, la Banque populaire de Chine a maintenu son taux préférentiel des prêts à un an à 3,00%, pour le treizième mois consécutif. Pour rappel, le secteur manufacturier et les exportations restent les moteurs de l'économie, tandis que la consommation des ménages et le marché immobilier marquent le pas. L'institution cherche ainsi à préserver une croissance du PIB solide, à 5,00% au premier trimestre en rythme annuel, et pourrait donc poursuivre cette orientation au cours de l'année.   🛢️ Matières premières Côté matière première, l'Iran a de nouveau fermé le détroit d'Ormuz, dans le sillage de la reprise des frappes israéliennes au Liban. Cette escalade fragilise l'accord de paix signé il y a tout juste neuf jours. Néanmoins, les attentes sur une fin prochaine du conflit se renforcent, ce qui pousse les prix du baril de pétrole Brent vers les 70 dollars. Dans ce contexte, l'inflation globale devrait s'orienter à la baisse au second semestre, à condition que le détroit d'Ormuz reste ouvert et que l'accord final se concrétise.

    🔥 Chaud devant
  5. Jun 19

    🧢 Make Ormuz Open Again

    Cette semaine, l'espoir d'un accord final entre Washington et Téhéran rebat les cartes. La signature d'un cessez-le-feu détend les marchés de l'énergie et fait reculer les rendements obligataires, alors que l'inflation continue de grimper des deux côtés de l'Atlantique et contraint les banques centrales à durcir le ton.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, la Réserve fédérale a choisi de maintenir ses taux directeurs dans la fourchette de 3,50-3,75%. Il s'agissait de la première conférence de presse de Kevin Warsh à la tête de l'institution, alors que l'inflation atteint déjà 4,20% en mai. Le nouveau président de la banque centrale est confronté à l'accélération de la hausse des prix liée au conflit au Moyen-Orient, alors que ses homologues japonais et européens ont déjà engagé un premier resserrement. Dans ce contexte, les marchés anticipent une hausse des taux au cours de l'année, qui pourrait intervenir plus rapidement que prévu si la dynamique inflationniste persiste.  Parallèlement, la Maison Blanche a signé un premier accord avec l'Iran. Celui-ci prévoit une fin permanente des hostilités et déclenche un compte à rebours de 60 jours pour aboutir à un accord final sur l'avenir du programme nucléaire iranien, même si Donald Trump a laissé la porte ouverte à une reprise des frappes. Cet accord a entraîné une baisse des rendements obligataires à long terme partout dans le monde, ainsi qu'une détente sur le marché de l'énergie. Dans ce contexte de paix en devenir et d'accord final en bonne voie, les pressions inflationnistes pourraient freiner à terme.    🇪🇺 Europe En Europe, l'inflation accélère encore d'un cran, avec l'indice des prix à la consommation passant de 3,00% à 3,20% au mois de mai en rythme annuel. Le constat est le même en France où l'inflation grimpe à 2,40% contre 2,20% auparavant. Tandis qu’en Allemagne, elle recule à 2,60% contre 2,90%, notamment grâce aux aides gouvernementales sur l'énergie. C'est un sujet à surveiller de près puisque l'accalmie sur les prix n'est pas pour tout de suite. Même si Ormuz rouvre rapidement, l'approvisionnement pétrolier mettra plusieurs semaines à revenir à la normale.  Du côté de l'Angleterre, la banque centrale a une nouvelle fois maintenu son taux directeur à 3,75%, se donnant le temps d'évaluer les répercussions sur l'inflation. Même si les prix se sont maintenus de manière inattendue à 2,80% en mai, la BoE prévoit que l’inflation pourrait dépasser les 3,25% au dernier trimestre. Pour y faire face, l'institution n'aura d'autre choix que d'adopter une politique monétaire plus restrictive.  Par ailleurs, la rencontre annuelle des dirigeants du G7 se tenait dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques. Plusieurs sujets ont été abordés, notamment la guerre en Ukraine ainsi que l'accord sur la fin du conflit au Moyen-Orient. Ce sommet a également favorisé le rapprochement entre l'Iran et les États-Unis, et il pourrait relancer la coopération entre l'ensemble des pays.    🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, les données dessinent une économie à deux vitesses. La production industrielle a progressé de 4,50% sur un an en mai, après 4,10% en avril, portée par un secteur manufacturier qui reste le moteur de l'activité. Néanmoins, les ventes au détail ont reculé de 0,60% sur un an, première contraction depuis fin 2022. Ce signal est d'autant plus notable que Pékin a multiplié ces derniers trimestres les subventions pour la consommation. La faiblesse de la demande intérieure chinoise, combinée au choc pétrolier lié à la guerre, nourrit un risque de stagflation.  En parallèle, la BOJ relève son taux à 1,00%, son plus haut niveau depuis 1995. Le vote est passé à 7 contre 1. L’objectif est de freiner la chute du yen et de calmer une inflation liée à la flambée du pétrole. Pour le Japon, dont l'endettement public est l'un des plus élevés au monde, la hausse des taux finira mécaniquement par dégrader sa situation économique et budgétaire.   🛢️ Matières premières Sur le marché des matières premières, les prix des énergies fossiles reculent à mesure que l'espoir d'un accord final se renforce. L'or suit le même mouvement et pourrait continuer à baisser, porté par l'apaisement des tensions géopolitiques et le retour progressif de l'appétit pour le risque.

    🧢 Make Ormuz Open Again
  6. Jun 12

    🌙 Objectif lune

    🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, l'inflation a accéléré à 4,20% en mai en rythme annuel, son plus haut niveau depuis 2023. Il s'agit de la troisième hausse mensuelle consécutive, le rythme ayant presque doublé depuis le mois de mars. Dans ce contexte, Kevin Warsh, réputé pour sa posture accommodante, devrait privilégier le statu quo. Toutefois, attendre pourrait être un pari risqué, puisque le pouvoir d'achat des ménages américains s'érode déjà et une intervention trop tardive rendrait l'inflation d'autant plus difficile à maîtriser.  En parallèle cette semaine, l'attention se porte sur SpaceX, qui fait son entrée en bourse ce vendredi avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars, ce qui en fait la plus grande introduction de l'histoire. Dans ce contexte, cette opération attire des capitaux du monde entier vers les marchés américains. À plus long terme, ce succès pourrait renforcer la domination technologique et financière des États-Unis, alors que la conquête spatiale devient un enjeu stratégique majeur face à la Chine.    🇪🇺 Europe De l'autre côté de l'Atlantique, la BCE a relevé ses taux directeurs à 2,25%, une première depuis septembre 2023. Face à une inflation à 3,20% au mois de mai, l'institution a choisi de prioriser la lutte contre la hausse des prix, refusant de reproduire l'erreur de 2022, lorsqu'elle avait agi trop tard. Toutefois, ce resserrement intervient alors que le PIB de la zone euro s'est contracté de 0,20% au premier trimestre, et pourrait ralentir davantage l'économie, au risque de la pousser vers la récession. Par ailleurs, Emmanuel Macron a réuni le G7 et appelé les Américains, les Chinois et les Européens à coordonner d'urgence leurs politiques économiques afin de réduire les déséquilibres commerciaux mondiaux. Il pointe la surproduction chinoise, la surconsommation américaine et le sous-investissement européen. Une telle coopération pourrait aider les économies en perte de vitesse à traverser une période particulièrement difficile, marquée par les tensions commerciales et géopolitiques.   🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, l'inflation des prix à la consommation stagne à 1,20%, tandis que les prix à la production progressent de 3,90% en mai en rythme annuel, portés par la hausse des coûts de l'énergie. Aujourd'hui, les entreprises absorbent cette hausse des coûts dans leurs marges, la consommation chinoise étant trop faible pour leur permettre de la répercuter sur les prix de vente. Mais si ces tensions persistent, le consommateur pourrait finir par en payer le prix, entraînant une remontée des prix à la consommation. Sur le plan diplomatique, Xi Jinping s'est rendu en Corée du Nord afin de resserrer les liens avec son allié. Un rapprochement qui interroge, puisqu'il pourrait à terme faciliter l'accès de la Corée du Nord à l'armement chinois et donc accroître la menace sur la région. 🛢️ Matières premières Au Moyen-Orient, la situation s'est de nouveau tendue avec des échanges de tirs entre les deux camps, alors même que des négociations étaient engagées depuis plusieurs semaines. En réaction, Téhéran a annoncé une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz. Pour rappel, la flambée des cours du pétrole ces dernières semaines pèse sur la croissance mondiale et alimente l'inflation, plaçant les banques centrales face à un exercice particulièrement délicat. D'après l'EIA, le trafic ne pourrait reprendre qu'au troisième trimestre 2026, pour une normalisation espérée début 2027.

    🌙 Objectif lune
  7. Jun 5

    ⏳ 100 DAYS LATER

    Cette semaine, cela fait bientôt 100 jours que le conflit avec l'Iran dure, sans qu'aucun accord ne se concrétise malgré les promesses répétées de Washington. En Asie, le bras de fer entre la Chine et le Japon franchit un nouveau cap autour de Taïwan, faisant planer une menace sur les chaînes d'approvisionnement régionales.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, les dernières données sont contrastées. Le rapport JOLTS fait état de 7,6 millions d'offres d'emploi en avril, soit une progression de 10% sur un seul mois, tandis que l'indice ISM manufacturier remonte à 54, son plus haut niveau depuis 2022, signe d’une activité industrielle en expansion. Dans le même temps, le dernier Beige Book de la Réserve fédérale confirme une inflation qui accélère dans l’ensemble du pays, jusqu'à atteindre 3,80% en avril. Cette situation éloigne le scénario d'un assouplissement monétaire et pourrait bien compliquer la tâche de Kevin Warsh, nommé spécifiquement par Donald Trump pour faire baisser les taux. Il fait désormais face à un marché du travail qui se porte bien et à une inflation qui s’emballe, si bien qu'il pourrait être contraint de les relever au cours de l'année 2026. Enfin, Jerome Powell s'est exprimé le week-end dernier. Désormais simple gouverneur après avoir dirigé la Fed pendant huit ans, il a fait le choix de conserver son siège plutôt que de partir comme l'ont fait tous ses prédécesseurs. Il en a profité pour mettre en garde contre les pressions exercées sur la banque centrale et a rappelé qu'une baisse des taux décidée pour des raisons politiques ferait courir un risque sérieux à l'économie américaine, alors que l'inflation accélère.   🇪🇺 Europe En Europe, l'inflation accélère encore d'un cran, avec l’indice des prix à la consommation qui passe de 3,00% à 3,20% au mois de mai en rythme annuel. En France, le PIB se contracte de 0,10% au premier trimestre, et un nouveau repli ferait entrer le pays en récession. Dans la foulée, le PMI manufacturier repasse sous les 50, ce qui traduit une contraction de l'activité industrielle. En Allemagne, les nouvelles sont plus encourageantes, avec un chômage en léger repli et une inflation qui ralentit à 2,60% en mai contre 2,90% auparavant, ce qui pourrait constituer un signal accommodant pour la BCE.  Au Royaume-Uni, lors d'un discours, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, a estimé qu'une hausse du taux directeur pourrait ne pas être nécessaire, malgré le choc inflationniste lié au conflit au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit. Selon lui, une telle hausse serait injustifiée compte tenu de la faiblesse des perspectives économiques britanniques. Parallèlement, la BOE accepte de tolérer temporairement une inflation supérieure à la cible de 2,00%. Toutefois, il faudra rester vigilant face au risque qu'une inflation persistante finisse par fragiliser durablement la croissance.     🇨🇳🇯🇵 Asie En Asie, les tensions entre la Chine et le Japon ont franchi un nouveau cap cette semaine. Lors d'un forum sur la défense à Singapour, Tokyo a accusé Pékin de manquer de transparence militaire, sur fond de désaccord autour de Taïwan, île que la Chine cherche à contrôler. Fin 2025, le Japon avait déclaré qu'il pourrait intervenir militairement en cas d'attaque chinoise contre l'île. Depuis, la Chine multiplie les sanctions économiques et le tourisme chinois vers l'archipel s'est effondré. Si le dialogue ne se rétablit pas dans les prochaines semaines, la situation pourrait fragiliser durablement les chaînes d'approvisionnement régionales.   🛢️ Matières premières Du côté du Moyen-Orient, Donald Trump assure une nouvelle fois qu'un accord avec l'Iran est imminent. Pourtant, Téhéran a suspendu l'ensemble des négociations et s'engage à maintenir la fermeture totale du détroit d'Ormuz, allant jusqu'à envisager de bloquer aussi celui de Bab el-Mandeb, autre artère du commerce pétrolier. Cela fait désormais bientôt 100 jours que l'on entend la promesse d'un accord sur le point d'aboutir, sans qu'il ne se concrétise. Dans l'intervalle, le baril oscille toujours autour des 100 dollars, ravivant la crainte d'un choc énergétique durable.

    ⏳ 100 DAYS LATER
  8. May 29

    🌡️ No country for oil men

    Cette semaine, les négociations américano-iraniennes dominent l'actualité économique entre espoirs d'accord et nouvelles frappes militaires. Les marchés pétroliers restent sous tension, tandis que des deux côtés de l'Atlantique, l'inflation s’installe.   🇺🇸 États-Unis  Aux États-Unis, les discussions entre Washington et Téhéran envoient des signaux plus constructifs, bien que Donald Trump maintienne la menace de nouvelles frappes si l'Iran ne cède pas. Cette incertitude continue de peser sur les marchés et sur les cours du pétrole. Depuis le début du conflit, l'impact inflationniste pousse progressivement les deux parties à rechercher un accord. Un échec des négociations et une reprise du conflit exposerait l'économie mondiale à un choc inflationniste sans précédent qui ferait pâlir les crises pétrolières des années 1970.  Par ailleurs, le PCE core, indicateur privilégié de la Fed, accélère à 3,20% en rythme annuel contre 3,00% le mois précédent, confirmant que les pressions inflationnistes restent bien ancrées. Dans ce contexte, la Fed devrait maintenir ses taux inchangés, ce qui pourrait contraindre Kevin Warsh, qui a un profil dovish, à écarter toute perspective de baisse de taux à moyen terme.   🇪🇺 Europe En Europe, la BCE tire la sonnette d'alarme dans sa dernière Revue de stabilité financière semestrielle. L'institution avertit que les marchés financiers pourraient subir une correction brutale et significative, les investisseurs sous-estimant des risques majeurs, notamment liés aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les prix des actifs demeurent élevés par rapport aux normes historiques, avec de nouveaux records enregistrés sur les indices à travers le monde. Dans ce contexte, les taux souverains pourraient se montrer particulièrement volatils, puisqu'une chute des indices actions ferait mécaniquement baisser leurs rendements. Pour autant, le ton de l’institution reste hawkish et les marchés s’attendent à un resserrement monétaire en juin.  Du côté de l'Allemagne, les signaux s'améliorent progressivement. Le PIB a progressé de 0,30% au premier trimestre 2026, conformément aux attentes, tandis que l'indice IFO du climat des affaires s'est établi à 84,9 points en mai, au-dessus du consensus. Parallèlement, le rendement du Bund a reculé dans le sillage d'un accord entre les États-Unis et l'Iran. Si l’accord se concrétise, il entrainera la baisse des anticipations d’inflation, et donc des rendements obligataires.    🇨🇳🇯🇵 Asie Au Japon, la BoJ a dévoilé une nouvelle mesure de l'inflation, excluant les facteurs ponctuels comme les subventions gouvernementales afin d'isoler la tendance de fond de l'inflation. Elle ressort à 2,80% en avril contre 2,50% en mars, bien au-dessus de l'IPC officiel à 1,40%, ce qui suggère que l'inflation est plus persistante que ne le laissent croire les chiffres globaux. Aujourd’hui, le Japon reste très exposé aux prix de l'énergie importée. Pour les marchés, la question est de savoir si le Japon entre dans un régime d'inflation durable après des décennies de faible croissance des prix. Pour l'instant, les données d'avril renforcent la perspective d'une politique plus restrictive pour le reste de l’année.   🛢️ Matières premières Du côté des matières premières, les marchés pétroliers fluctuent au gré des négociations entre les États-Unis et l'Iran. L’accord vise à mettre fin au conflit actuel et à rouvrir totalement le détroit d'Ormuz. L'Iran exige la mise en place d'un système de péage maritime, une condition que les États-Unis refusent. De son côté, les États-Unis demandent le retrait de l'uranium hautement enrichi du territoire iranien, ce que Téhéran rejette. La tension est remontée après de nouvelles frappes militaires américaines contre des installations iraniennes. Dans ce contexte, l’Agence internationale de l’énergie tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. L’institution craint un risque de déficit de pétrole cet été en raison du pic de la demande estivale et du manque d'offre en provenance du Moyen-Orient. L’accord tant attendu pourrait permettre de faire freiner les pressions inflationnistes.

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