Faites entrer l'écriture

Anne Savelli

25 minutes chaque 25 du mois pour "parler écriture" à partir de mon expérience d'écrivaine publiée depuis quinze ans et d'animatrice d'ateliers d'écriture. Les épisodes sont créés, au départ, pour mes abonnés Patreon (https://www.patreon.com/AnneSavelli). Ils passent en public au bout de trois mois.

  1. Jul 31

    Après la parution

    Une fois que le livre est paru, quelle place prend-t-il ? Peut-il se transformer en autre chose, lectures sur scène, nouveaux projets, ou ce qu'on y a mis est-il voué à se refermer d'un coup sec, à se détacher totalement de soi ? Lorsque j'ai pensé à cet épisode, j'ai cru que je parlerais des semaines qui ont suivi la parution de Bruits. Or, non. J'ai eu besoin de revenir en arrière, au tout début, au moment où chaque invitation, chaque rencontre est vécue avec intensité parce que ce sont des premières fois. Peut-être parlerais-je des suites de Bruits un peu plus tard. En attendant, pour cette fois j'ai utilisé, côté lectures, deux livres : La Folie en tête, de Violette Leduc, le deuxième volume de son autobiographie, paru en 1970. Dans l'extrait, elle évoque le moment où, après avoir travaillé dans l'édition, elle devient autrice, signe son premier livre, L'Affamée - et ce qui en résulte. Ce qui passe, passe : voix de Georges Perec de Sereine Berlottier, paru aux éditions L'Oeil ébloui dans la collection Perec 53 en ce début d'année. J'ai également utilisé une présentation de La Vie mode d'emploi de Georges Perec un peu hésitante, des bruitages de la Sonothèque et des extraits musicaux que Jean-Marc Montera m'a offerts il y a longtemps et que je conserve précieusement. Pour accompagner l'épisode, une photo d'une lecture que nous avions faites ensemble. Ce n'est pas celle dont je parle dans l'épisode, mais elle a également eu lieu à Marseille. Je me demande si ce n'était pas au théâtre Les Bancs publics, lors des Rencontres à l'échelle. Si c'est le cas, elle a été prise lors de la soirée où j'ai fait la connaissance de Delphine Bretesché.) Bonne écoute.

    Après la parution
  2. Jun 29

    A l'autre bout du monde (au Japon)

    Bonjour à toutes et à tous, A mon retour du Japon, je n'ai rien trouvé de plus urgent que de transformer mon court séjour fin février début mars (une douzaine de jours, voyages inclus, entre Tokyo, Kyoto et Osaka) en un épisode de podcast. Pourquoi ? Pour fixer quelque chose de ce qui, fugace, s'enfuit ? Sûrement, mais pas seulement. Peut-être s'agit-il aussi, par l'écoute puis la sélection des fichiers, leur montage, le bricolage auquel j'ai dû m'adonner suite à des problèmes techniques, de donner une forme à ce qui, au présent, restait épars -- d'autant que je suis une drôle de voyageuse, je ne lis pas les guides, ne prévois presque rien, laisse les autres choisir ce qu'il est bon de voir, bref, je fais le contraire de ce qui, à Paris, structure mon activité. Pour réaliser cet épisode, j'ai utilisé la chanson d'Emilie Loizeau L'Autre bout du monde et mes deux carnets, rouge (journal) et orange (notes). J'ai également lu un extrait de Liberté conditionnelle d'Akira Yoshimura, édité chez Babel et traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle. On peut entendre, de plus, l'extrait d'un entretien entre Serge Daney et Wim Wenders à propos de Tokyo-Ga (documentaire que vous pouvez voir intégralement ici) et des films de Yasujirō Ozu. Je fais également référence à l'épisode (L'image) de l'écrivain.e en vacances réalisé au début de cette série de podcasts. Le générique est, comme toujours, de Jean-Marc Montera et les bruitages, de mes proches, de moi et de la Sonothèque.

    A l'autre bout du monde (au Japon)
  3. May 26

    Créer des liens entre les publics et les oeuvres - entretien avec Armelle Stepien, de la Maison de la poésie

    Merci, tout d'abord, de continuer à me soutenir sur Patreon ! Je vous propose aujourd'hui de rencontrer Armelle Stepien, responsable, à la Maison de la poésie, à Paris, du développement et de la médiation culturelle. Que recouvrent ces mots, qui peuvent paraître, de l'extérieur, un peu abstraits ? En quoi consiste exactement son métier et comment en est-elle arrivée à l'exercer ? Elle parle, d'abord et avant tout, vous l'entendrez, de son rôle de "passeuse". Elle accompagne les écrivains en atelier et intervient au quotidien auprès de personnes qui se trouvent dans des situations extrêmement précaires, vous l'entendrez aussi. Armelle, je la croise depuis longtemps sans la connaître beaucoup. C'est elle qui m'a permis de travailler avec Séverine Daucourt et Anne Mulpas, que vous avez pu écouter dans l'épisode Corps et mouvement de l'écriture. Faire découvrir des métiers dont on entend rarement parler, qui ne sont pas toujours considérés à leur juste valeur (elle évoque également cette question), voilà une des raisons qui me poussent à continuer ce podcast, aussi. Une précision avant de continuer : je prononce à un moment le terme de programmation. Je n'ai pas pu garder ce qu'Armelle en dit (je suis très souvent obligée de ne pas tout garder, au montage), mais sachez que, si ce n'est pas elle qui s'en occupe, si ce n'est pas son rôle, il lui arrive cependant de proposer des restitutions d'atelier d'écriture qui se font sur scène. Pour réaliser cet épisode, j'ai utilisé : Le témoignage d'un élève expliquant en quoi a consisté l'atelier d'écriture qu'il suit avec l'écrivain François Beaune L'extrait d'un entretien avec Olivier Chaudenson, le directeur de la Maison de la poésie, alors qu'il reprenait la maison, en 2013 Le prologue instrumental d'une chanson d'Arthur H, Tokyo kiss, enregistrée à la Maison de la poésie pour le festival Paris en toutes lettres Quelques mots du comédien Rufus à propos de Samuel Beckett Une lecture que j'ai faite de L'Ombre de la rue, texte écrit par Armelle Stepien pour la revue Rien de précis, numéro 2, sur le thème de la rue. Le générique est de Jean-Marc Montera, les bruitages de moi et de la Sonothèque.

    Créer des liens entre les publics et les oeuvres - entretien avec Armelle Stepien, de la Maison de la poésie
  4. Apr 26

    Les débuts

    Il est, comme son titre l'indique, question de débuter dans cet épisode, de démarrer, de commencer, que ce soit l'écriture d'un texte ou son entrée dans le monde de la littérature : je n'ai pu m'empêcher d'osciller entre les deux, vous l'entendrez. A la réécoute, j'ai pensé que j'avais peut-être déjà dit certaines choses ailleurs, sur l'enfance en particulier. Si c'est le cas, que celles et ceux d'entre vous qui suivent ce podcast depuis le début me pardonneront. J'espère que vous aussi, vous aviez oublié ce que je raconte ! Où il est donc question : En fil rouge, des débuts de Colette, l'une des seules figures d'écrivaines que je connaissais quand j'étais petite (la photo ci-dessus est celle de son pot à crayons, découvert à la BNF lors de la récente exposition qui lui a été consacrée) De mon livre, Saint-Germain-en-Laye, paru aux éditions de l'Attente en 2019, et de mon institutrice de CE1 et CE2, madame Perelli De Paul Auster interrogé en l'an 2000 sur le fait d'entamer un nouveau manuscrit de France Inter (on entend fugacement quelques notes du générique du Pop club de José Artur) De Jean Genet, à la fin de sa vie, interrogé par Bertrand Poireau-Delpech, parlant de la première phrase de son premier livre, Notre-Dame-des-fleurs dans un documentaire produit par Danièle Delorme de la chanson Jean Genie de David Bowie (qui évoque croit-on Jean Genet, mais plus sûrement Iggy Pop) De Violette Leduc revenant sur ses premiers métiers, avant l'écriture Du livre Comment torpiller l'écriture des femmes, de Joanna Russ, paru initialement en 1983, enfin traduit, sorti chez Zones et d'une certaine stratégie destinée à pouvoir exister De plusieurs écrivaines anglophones s'étant construit un "avatar", un personnage visuellement marquant, dont Edith Sitwell De plusieurs écrivaines contemporaines françaises ayant fait de même, dont Amélie Nothomb, interrogée dans les années 1990 par Thierry Ardisson (J'ajoute ici que je ne porte aucun jugement sur ce choix. Je l'avais dit dans l'épisode mais je l'ai coupé au montage, par manque de place.) de Valérie Rouzeau, lisant un sonnet tiré de Vrouz Le générique est toujours de Jean-Marc Montera et les bruitages de la Sonothèque. Bonne écoute !

    Les débuts
  5. Mar 26

    Et l'IA, là dedans ? Entretiens avec Joachim Séné et Jean-Marc Montera

    A force d'entendre parler d'Intelligence Artificielle du matin au soir, j'ai endossé le rôle de candide et suis allée interroger deux artistes-auteurs qui s'y intéressent, chacun à sa façon : d'un côté, l'écrivain et informaticien Joachim Séné ; de l'autre, le guitariste improvisateur Jean-Marc Montera -- à qui ce podcast, tout comme le second que j'ai animé, Lire le bruit, doivent leur générique. (Joachim et Jean-Marc qui, au passage, m'ont aidée à créer le site Bruits, lors d'une résidence effectuée à La Marelle, à Marseille, en 2021.) Alors, l'IA, qu'en faire, quand on crée, et comment la considérer ? Comme un·e rival·e, un ersatz, un·e artiste à part entière ? Si cet épisode ne fait pas le tour de la question (forcément, elle est vaste), il m'a permis d'en apprendre plus sur son histoire et son fonctionnement, grâce à Joachim, et de découvrir l'expérience que mène actuellement Jean-Marc en utilisant le logiciel de L'IRCAM, Somax. Grand, grand merci à mes invités, avec lesquels j'espère bien continuer à créer et à travailler ! Quelques liens Pour réaliser cet épisode, j'ai utilisé : la bande-annonce du film d'Alain Resnais L'Année dernière à Marienbad datant de 1961, ainsi qu'un extrait à retrouver ici. la voix, créée par l'IA, qui traduit automatiquement cette vidéo de présentation d'un ordinateur créé par Charles Babbage, tournée au Computer History Museum de Mountain View, en Californie (États-Unis), vidéo mise en ligne il y a 15 ans. Quelques secondes de l'émission Virago consacrée à la mathématicienne et poétesse Ada Lovelace. Virago est une série Youtube de portraits de femmes (artistes, scientifiques, sportives...) invisibilisées, présentée par Aude Gogny-Goubert. Un dossier du quotidien Libération, L'IA a pris leur travail. Par ailleurs, la page de l'IRCAM concernant le concert auquel Jean-Marc Montera a participé se trouve à cet endroit. Voici également la chaîne Youtube de l'IRCAM. Le concert n'était pas encore en ligne au moment de la publication de cet épisode, mais je vous conseille d'aller voir. N'hésitez pas, non plus, à consulter la page consacrée aux conférences de Joachim Séné. Pour aller plus loin : à découvrir, également, les expérimentations "IA fictions" sur la chaîne Youtube de François Bon. Crédits photo : portrait de Joachim Séné par Pierre Ménard. Portrait de Jean-Marc Montera par Ph Lenglet pour Banlieues bleues. Bruitages : La Sonothèque. Générique : Jean-Marc Montera, bien sûr !

    Et l'IA, là dedans ? Entretiens avec Joachim Séné et Jean-Marc Montera
  6. Jan 29

    Chez Actes Sud, à Arles

    Je vous convie ce mois-ci à un voyage express à Arles, où je me suis rendue pour rencontrer les représentants d'Actes Sud, chargés de faire connaître les livres de la prochaine rentrée littéraire du groupe auprès des libraires. Après le voyage en train, le premier jour a été consacré à la visite d'une exposition et à la soirée réunissant, au sein de la maison d'édition, les auteurs, éditeurs et "représ" ; le second, à la présentation que j'ai faite de Bruits, le matin, et à la visite d'une seconde expo, avant le retour à Paris (et un concert d'anthologie). Je suis partie sans savoir ce que je rapporterai pour ce podcast. Je n'étais sûre que d'une chose : ce que j'espérais faire à l'origine (un épisode sur le métier de représentant) n'aurait pas lieu, du moins pour le moment. J'ai eu la chance, par contre, d'arriver en plein festival de la photographie. Ces 48 heures ont donc oscillé entre mise en scène de soi (portrait photo, présentation de son livre) et rencontres. Pour cet épisode, j'ai utilisé des extraits d'un reportage de France 3 Provence Alpes Côte d'Azur sur la 56e édition du festival et d'une rencontre avec les galeristes Marion et Philippe Jacquier, dont j'ai visité l'exposition Eloge de la photographie anonyme. J'ai également "volé" quelques paroles de visiteurs adressées à moi (qu'ils me pardonnent s'ils m'écoutent un jour) et emprunté un peu d'un concert de Kyoto Jazz Massive, le groupe vu au New morning. Le texte que je lis, Coeur de cible, de Cécile Portier, fait partie d'une série appelée Dans le viseur que vous pouvez retrouver sur son site. Enfin, le générique est toujours de Jean-Marc Montera et les bruitages, soit de moi, soit de la Sonothèque. Et tiens, pour finir, un peu de ma collection de photos anonymes, que je viens à peine de retrouver ! (J'aurais presque envie de la reprendre...)

    Chez Actes Sud, à Arles
  7. 12/27/2025

    Les épreuves

    Après avoir réalisé durant deux ans le podcast Lire le bruit, qui racontait, chaque mois, l'avancée de mon roman à paraître, Bruits ; après lui avoir consacré également plusieurs épisodes ici-même (#9, Le syndrome de la page pourrie, #15 et #20, Des journées entières à écrire, #22 Envoyer son manuscrit en lecture), voici venu le temps de parler de la relecture des épreuves corrigées. Qu'est-ce qui se produit, en soi, quand un ou une inconnu.e vous fait soudain des dizaines de remarques, vous pose des questions parfois inattendues, ne comprend pas telle ou telle expression ? Les épreuves corrigées, ce n'est pas seulement une version "décoquillée" de son texte, oh non, ce serait trop simple. C'est un espace nouveau, un dialogue à instaurer avec quelqu'un dont on ne sait pas s'il aime ou non ce qu'on a écrit mais qui, en professionnel, est là pour vous aider à l'améliorer. Dans cet épisode, je parle également de la réception du manuscrit par Claro, mon éditeur chez Inculte, parce que nous en étions restés, il y a quelques mois, à ce questionnement : le manuscrit allait-il être accepté ? (Bon, a posteriori, le suspense n'est pas insoutenable, mais enfin, ce fut aventureux !) Une précision : les éditions Inculte ont été rachetées par Actes Sud en 2015 sous le nom exact de Inculte / Dernière marge. L'écrivain et traducteur Claro en est le directeur éditorial. Le reste (contrat, maquette, corrections, couverture, diffusion, distribution...) est pris en charge par les éditions Actes Sud, raison pour laquelle je cite souvent ce groupe dans mon épisode. Lectures Extraits de Les Artistes ont-ils vraiment le droit de manger ?, Collectif, éditions Monstrograph, en téléchargement gratuit ici, tout comme les autres livres de la maison. Extrait de la lecture audio intégrale du Chef d'oeuvre inconnu, d'Honoré de Balzac, par François Bon, que vous pouvez retrouver ici par exemple. Musiques La musique du générique, tout comme celle qui ponctue mes instants de panique et de tergiversation, est de Jean-Marc Montera, guitariste bruitiste qui a contribué au site Bruits. L'extrait de la Chanson d'un jour d'été est tiré du film Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy (Je ne l'avais pas encore cité en deux ans de podcast, incroyable !) Et c'est Demy qu'on entend lancer le tournage d'une scène. Bruitages Toujours issus de la Sonothèque et la BBC, que je remercie. La photo a été prise par mes soins au Centre Georges Pompidou peu de temps avant sa fermeture, au niveau de l'ancienne BPI.

    Les épreuves

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25 minutes chaque 25 du mois pour "parler écriture" à partir de mon expérience d'écrivaine publiée depuis quinze ans et d'animatrice d'ateliers d'écriture. Les épisodes sont créés, au départ, pour mes abonnés Patreon (https://www.patreon.com/AnneSavelli). Ils passent en public au bout de trois mois.

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