La Relève

La Relève c'est 30 minutes d'interview avec de jeunes talents, un lundi sur deux à 18 heures.

  1. Jun 15

    Leopold Prudon Aliocha disparu (Monsieur toussaint louverture)

    Aujourd'hui on recevait le bédéaste Leopold Prudon pour sa bande dessinée Aliocha disparu aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Où il a été question de familles, de deuil, de jeunesse, des images, des couleurs, de la ville, des révoltes, des enfants souffre-douleur, de polar dessiné, d'un frère et d'une soeur, des chiens et des chats (mais pas de Michel Drucker), des comics américains des années 50 60 mais aussi où on a évoqué Shanghaï et Tintin. Et où on aurait même pu parler du  Salinger (Franny et Zooey qui raconte si bien de l'intérieur ce qu'est une famille).    Léopold Prudon sera à Munster le 24 juin et à Strasbourg le 27 juin. En septembre, il sera le 24 septembre à la Cité de la BD d'Angoulème, le 25 à la librairie ombres Blanches de Toulouse et le 26 à bordeaux (Crazy cat). Plus d'informations sur  son compte insta. L'émission était réalisée par Pablo La chronique de début d'émission était consacrée à Adieux de Sébastian Haffner (Ed Robert Laffont) traduit de l'allemand par Olivier Mannoni Mais avant de commencer, comment vivez-vous les adieux ?  C’est ce qui arrive au personnage principal du roman dont je vais vous parler maintenant. De passage à Paris pour quinze jours, Adieux avec un X  - c’est le titre du roman - raconte les 24 dernières heures du narrateur qui est venu pour retrouver une jeune femme. Pendant ces 24 heures, on découvrira que le jeune couple s’est fâché, qu’il se séparera peut être définitivement et rencontrera quelques amis. Frantz, l’un de ses amis se fait fait voler son pantalon pendant la nuit. Puis tout ensemble, ils iront déjeuner au restaurant chinois.  À deux ils visiteront en une dernière après midi le musée du Louvre (au programme la vénus, le Greco et Manet petit indice) la Tour Eiffel mais rateront les brasseries de Montparnasse faute de temps.  Bon, je dois dire l’essentiel, le roman se passe au début des années 30 et le narrateur s’appelle Raimund. il est - lui et ses amis - allemand. La première guerre mondiale est finie depuis une grosse dizaine d’années. Il y a quelque chose de saisissant dans ce roman largement autobiographique, qui semble par certains côtés très moderne : son écriture, ses dialogues et même ses personnages. le travail du traducteur y est sûrement pour quelque chose (mais je ne pourrais pas être formel n’ayant pas lu la VO). Moderne, cette bande de jeunes venues vivre la bohème l’est assurément.  Mais ce qui est peut être le plus fantastique dans ce roman, c’est qu’il a été écrit à cette époque et jamais publié. Retrouvé par le fils du romancier, ce livre a été publié en 2025 en Allemagne et depuis quelques mois en France. C’est très étonnant d’ouvrir ce livre en sachant ce qui attend les personnages de retrouver leur amours contrariés, les jalousies ou encore leur difficulté à trouver une place dans la vie, à gagner un peu d’argent. A part quelques remarques ou mots, leur histoire ne croise pas (encore) l’Histoire. Quand on referme le livre, c’est terriblement bouleversant, car c’est, apprend on une histoire vraie. Pendant l'émission on a écouté Claude La pression

  2. Apr 20

    Cléo et Kokopello Le ministère des affaires complexes Ed. les arènes BD

    Réalisation de l'émission Pablo  Ce soir nous recevions  Cléo et Kokopello (@kokopello_bd sur Insta) co-auteurices de Le ministère des affaires complexes, une bande dessinée parue chez Les arènes BD La chronique de début d'émission était consacrée à Vera dans son monde de Gary Shteyngart paru aux éditions de l'Olivier dans une traduction de Stéphane Roques Mais avant de commencer, avez vous un journal des choses que vous ne connaissez pas encore ?  Tel est le cas de Vera, 10 ans, une petite fille vivant à New York dans un futur proche (avec un gouvernement anti démocratique ou des IA omniprésentes…) ressemble furieusement à notre présent. Dans ce journal, elle note tous les mots et expressions qu’elle ne comprend pas vraiment.  La mère biologique de Véra est une américano coréenne dont elle sait peu de choses. Elle grandit avec son père Igor, un émigré russe qui s’est remis en couple avec Anne. Vera a un petit frère Dylan avec qui elle ne s’entend pas très bien.  Elle va à dans une école pour haut, très haut, potentiel, où elle corrige ses professeurs quand ils font des erreurs ou s’inquiète auprès du directeur du respect des normes de sécurité qu’elle semble mieux connaître que lui. Elle essaie d’avoir des amis mais ne fait pas partie des élèves populaires et ne réussit qu’à récupérer le surnom peu amical de “l’experte”. Alors elle joue aux échecs avec son IA Kaspie quand elle rentre à la maison. Et heureusement il y a tante cécile, une amie de sa mère qui essaie de lui apprendre à se débrouiller au milieu de l’école. Et puis il y a ce concours de rhétorique qu’elle doit préparer autour d’un projet de loi constitutionnelle et grâce auquel elle va se rapprocher de Yumi, une fille de diplomates nippons et se lancer dans une quête de sa mère américano coréenne.  J’ai lu il y a très longtemps les premiers romans de Shteyngart et j’en avais gardé un souvenir de trop, trop de blagues.  Avec Vera dans son monde, il trouve un équilibre parfait et si j’osais je dirais que l’auteur qui est lui même un émigré russe écrit son grand roman américain - comme on dit - en se plaçant à la hauteur d’une petite fille qui observe, comprend partiellement ce qui se passe autour d’elle mais reste fondamentalement -heureusement une petite fille. C’est un roman généreux qui donne une chance à tous les personnages même au gosse de riche insupportable de l’école qui aura un rôle clé. la construction est remarquable, tous s’emboitant au final dans un éloge de ce melting potes (et je l’écris à dessein P O T E S) que sont les Etats-Unis Pendant l'émission, on a écouté La nuit de  Vonfelt feat Lescop

  3. Apr 6

    Benoît Coquil Pas perdu (édition Rivages)

    L'émission était réalisée par Gustave. (merci) // Illustration : détail du bandeau @Gabriel Maffeïs (c) Reproduction interdite Aujourd'hui, nous recevions Benoît Coquil pour son roman Pas perdu, aux éditions Rivages. Son précédent livre s'appelait Petites choses (Rivages Poche) Où il a été question de campagne, de labyrtinthe, de masculinité, de coming-out, de maïs, d'écologie, d'agricultures, de paysages, de Rimbaud, de mythologie, d'applications de rencontres, de Borges, du Poitou, de l'Amérique du Sud.... et d'une conférence de l'auteur  intitulée « Rêver dans les archives ». Le roman graphique évoqué s'appelle Voleur de feu (Editions Futuropolis). Il a été réalisé par Damien Cuvillier. La chronique de début était consacrée à Les explorateurs de Iegor Gran aux éditions POL  Mais avant de commencer, quels souvenirs gardez-vous de vos années lycée  ?  C’est la question que se pose l’écrivain Iegor Gran dans son dernier roman. Retour vers le passé et les années 80, où une bande de garçons fait face à l’ennui d’une scolarité suivant des rails établis. Alors pour mettre un peu de fantaisie, ils vont imaginer que les profs viennent d’une autre planète ou du moins sont contrôlés par des puissances extraterrestres supérieures. Et le jour où leur professeur de mathématiques évoquera la planète Zugul… ils seront sûrs d’avoir vu juste. C’est le début de leur enquête où ils noteront tout ce qui confirme leur théorie. et c’est bien connu, quand on cherche des preuves, on en trouve.  Derrière cette anecdote, Iegor Gran saisit l’occasion pour faire revivre son adolescence, quand l’arrivée du premier walkman est un évémenent (je me demande en disant ce mot walkman si ça évoque quelque chose chez l’auditeur vingtenaire.. pour faire simple c’est l’ancêtre du stream musical), mais aussi où dans une classe de lycée, il pouvait y avoir des élèves soutiens de l’URSS (la Russie soviétéique) et des enfants d’exilés, le père de l’auteur étnat un prisonnier politique ayant passé plusieurs années au sinistrement célèbre goulag Mais c’est bien connu on n’est pas sérieux quand on a 14 ans.. ou disons qu’on est sérieux pour d’autres raisons que plus tard. À 14 ans, les vraies questions sont tout : les copains, les filles (pour cette bande de garçons hétéros). La vraie  vie est alors au lycée.  Ce qui est très réussi dans ce roman, c’est qu’il n’est pas du tout nostalgique.. L’écrivain sexagénaire n’a pas du tout l’air d’avoir envie de retourner dans ce temps d’avant, quand, d’après certains c’était mieux, forcément mieux. Mais il semble y trouver une confirmation de ce qui fait la trame de son oeuvre : la preuve que nous vivons dans un monde décidément étrange et que sans humour ni fiction, nous ne nous sauverons pas.    ça s’appelle Les explorateurs de Iegor Gran et c’est disponible chez POL. Pendant l'émission, on a écouté  Kids returen Teenage dreams

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