Dans un entretien exclusif accordé à France 24 à Libreville, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, affirme que les relations avec Paris sont au "beau fixe" et annonce une visite d'État en France le 20 juillet. Il exclut, par ailleurs, toute "dynastie Nguema", affirme qu'un accord avec le FMI sera signé, assure avoir refusé des migrants expulsés par Washington. S'exprimant depuis la Cité de la démocratie à Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme qu'une visite d'État en France est prévue le 20 juillet. "Avec Paris, le climat est au beau fixe", assure-t-il. "C'est la France elle-même qui a demandé de se retirer du camp de Gaulle. Nous ne les avons pas chassés comme ailleurs", dit-il. Depuis 2022, la France a été priée de retirer ses troupes du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et du Sénégal. Sur le plan économique, Oligui Nguema balaie les doutes sur la conclusion d'un accord avec le Fonds monétaire international. "Il y aura un accord avec le FMI et nous sommes prêts à signer un programme avec le FMI", affirme-t-il. Il explique avoir demandé un audit préalable de la dette gabonaise, repoussant la signature de quelques mois. Interrogé sur la suspension des réseaux sociaux depuis le mois de février, le président gabonais impute la décision à la Haute Autorité de la communication, invoque la prolifération de la calomnie sur des plateformes, et assure que la mesure est temporaire : "Après que le Parlement se soit prononcé, nous allons ouvrir les réseaux sociaux". "Pas de dynastie Nguema" Le président Trump est quelqu'un "que j'aime beaucoup", confie aussi Oligui Nguema, mais sur la question des migrants expulsés des États-Unis, les deux hommes ne sont "pas tombés d'accord". "Le Gabon n'est pas prêt à signer cet accord qui ne nous arrange pas", affirme-t-il. À voir aussiExclusif : "Mon fils et moi avons été torturés", dit Sylvia Bongo, ex-Première dame du Gabon Accusé de torture par Sylvia Bongo, l'épouse de l'ancien président, Oligui Nguema réfute catégoriquement. "Je n'ai vu aucune preuve", dit-il, ajoutant : "quelqu'un qui a fait un coup d'État sans effusion de sang, qui n'a tué personne, ne va pas se mettre à torturer les gens." Enfin, sur la question des successions, le président gabonais est catégorique : "Il n'y aura pas de dynastie Nguema." Il précise avoir fait inscrire dans la Constitution une clause "intangible" limitant le nombre de mandats présidentiels et interdisant à un fils de succéder directement à son père. Texte par Sophian Aubin