En tête-à-tête

FRANCE 24

Des entretiens en tête-à-tête sans concessions avec des dirigeants, des personnalités, des voix alternatives. Découvrez les figures du monde culturel, de la politique, des activistes, des PDG. Ce sont celles et ceux qui façonnent notre monde. Le vendredi à 18 h 15 avec Marc Perelman.

  1. Jul 16

    L'administration Trump, "une catastrophe" pour les droits de l'homme, selon Human Rights Watch

    Sur France 24, le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion, juge l'administration Trump "catastrophique" pour les droits de l'homme, aux États-Unis comme à l'international. Il l'accuse de vouloir "détruire l'idée même de justice internationale" et dénonce un exemple américain "corrosif" pour le reste du monde. L'administration Trump est "une catastrophe pour le mouvement des droits de l'homme", "d'un point de vue domestique aux États-Unis, mais aussi à l'international", résume Philippe Bolopion. Human Rights Watch vient de publier un rapport sur le centre de détention de Fort Bliss, au Texas, géré par ICE, l'agence chargée de l'immigration. Les migrants y "sont maltraités, vivent dans des conditions complètement insalubres, sont soumis à des passages à tabac". Une personne y est morte "dans des circonstances extrêmement suspectes", rapporte le directeur exécutif. L'organisation appelle Washington à fermer le centre. Un exemple "extrêmement corrosif pour le reste du monde" L'administration Trump — qui a arrêté le président vénézuélien Nicolas Maduro et adopté des sanctions contre la Cour pénale internationale — "se place au-dessus du droit international", estime Philippe Bolopion. Elle considère que "sa puissance justifie toutes ses actions". L'exemple américain est "extrêmement corrosif dans le reste du monde", alerte-t-il. De nombreux dirigeants "regardent ce qui se passe aux États-Unis et en tirent des leçons". En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi évoque une modification de la Constitution pour se maintenir, sans craindre désormais que Washington "vienne lui donner des leçons de démocratie", analyse le directeur exécutif de Human Rights Watch, concluant : "L'ordre mondial basé sur le droit et les principes tremble". Texte par Sophian Aubin

  2. Jun 29

    Le chef de la diplomatie rwandaise "déçu par la partialité de plus en plus criante" des États-Unis

    Dans un entretien accordé à France 24, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, se dit déçu par la "partialité de plus en plus criante"  des États-Unis. Il s'interroge sur des sanctions visant le seul Rwanda, alors que Kinshasa n'aurait - selon lui - pas davantage appliqué l'accord de paix conclu il y a un an. Le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, assure que l'accord de paix signé le 27 juin 2025 entre le Rwanda et la RD Congo reste lettre morte par la faute de Kinshasa. Il dénonce un "manque de volonté politique" et affirme que "rien, absolument rien n'a été fait pour neutraliser les FDLR", ce groupe armé que la RD Congo s'était engagée à désarmer. Il accuse même Kinshasa de renforcer militairement et politiquement les FDLR. Le ministre dénonce dès lors une "contradiction flagrante" : les États-Unis ont sanctionné le seul Rwanda, quand Marco Rubio reconnaissait lui-même que Kinshasa n'avait pas neutralisé les FDLR. "Pourquoi y a-t-il des sanctions contre seulement l'une des parties ?", interroge-t-il.     Le ministre ne s'est engagé sur aucun calendrier concernant le retrait des troupes rwandaises, réclamé par Washington. Celles-ci comptent entre 6 et 7000 hommes, selon l'ONU. Des "Congolais tutsi lynchés et brûlés" Le 26 juin, la RDC a saisi la Cour internationale de justice, accusant le Rwanda de mener une "campagne génocidaire" depuis 1996. Le ministre y voit "du pur cynisme et de la manœuvre politique". Il retourne l'accusation : c'est le président Félix Tshisekedi et son armée qui collaborent avec les FDLR et ont "encouragé les discours de haine" contre les Congolais tutsi. "Des Congolais Tutsi ont été, ont été lynchés et brûlés" (en RD Congo), accuse aussi le chef de la diplomatie rwandaise. Texte par Sophian Aubin

  3. Jun 12

    Abdelaziz Rahabi : "La mémoire, pas un frein dans les relations entre Paris et Alger"

    Dans un entretien exclusif accordé à France 24, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre algérien de la Communication, revient sur les relations qui se sont récemment tendues entre l'Algérie et la France. Pour lui, "la mémoire ne constitue pas du tout un frein aux relations". Il ajoute que l'Algérie n'a jamais demandé à la France de "se repentir sur son passé". La visite du ministre algérien de l'Intérieur, Saïd Sayoud, à Paris, premier membre du gouvernement algérien à faire le déplacement depuis deux ans, semble être un signe d'un réchauffement des relations entre la France et l'Algérie. Les distorsions n'ont pas été apaisées par les "reconnaissances occasionnelles" des crimes à l'égard de l'Algérie par Emmanuel Macron, estime Abdelaziz Rahabi. Il reproche au président français une approche "fragmentée" de la question mémorielle. Selon lui, "la confiance est rompue" entre les présidents français et algérien sur la question du Sahara occidental depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté du Maroc, en juillet 2024. L'ancien ministre algérien de la Communication affirme pour autant que "la mémoire ne constitue pas du tout un frein aux relations". Christophe Gleizes au cœur des dernières crispations ? Mais le dernier gros point d'achoppement des relations franco-algériennes est certainement l'emprisonnement du journaliste sportif Christophe Gleizes. À la veille de l'ouverture de la Coupe du monde 2026, le président de la FIFA, Gianni Infantino avait évoqué le cas du journaliste français en déplorant son absence à l'événement et en appelant à "une grâce présidentielle" du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Une déclaration que "regrette" Abdelaziz Rahabi, qui, pour lui, "ne sert pas du tout" Christophe Gleizes car il estime qu'avant cela, "nous étions dans un climat d'apaisement". Enfin, interrogé sur le fait que Bruno Retailleau ait quitté le ministère de l'Intérieur français le 12 octobre 2025, l'ancien ministre pense qu'il est "incontestable que le changement de ministre de l'Intérieur en France a aidé à apaiser un peu les relations entre l'Algérie et la France", même si ce n'est qu'un des aspects des relations et qu'il n'est pas "essentiel". Le président du parti des Républicains a mis en place, selon lui, "un rapport de défi vis-à-vis de l'Algérie" qui n'a pas aidé à la collaboration entre les deux pays.

  4. Jun 2

    "Avec Paris, le climat est au beau fixe", dit le président gabonais Oligui Nguema

    Dans un entretien exclusif accordé à France 24 à Libreville, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, affirme que les relations avec Paris sont au "beau fixe" et annonce une visite d'État en France le 20 juillet. Il exclut, par ailleurs, toute "dynastie Nguema", affirme qu'un accord avec le FMI sera signé, assure avoir refusé des migrants expulsés par Washington. S'exprimant depuis la Cité de la démocratie à Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme qu'une visite d'État en France est prévue le 20 juillet. "Avec Paris, le climat est au beau fixe", assure-t-il. "C'est la France elle-même qui a demandé de se retirer du camp de Gaulle. Nous ne les avons pas chassés comme ailleurs", dit-il. Depuis 2022, la France a été priée de retirer ses troupes du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et du Sénégal. Sur le plan économique, Oligui Nguema balaie les doutes sur la conclusion d'un accord avec le Fonds monétaire international. "Il y aura un accord avec le FMI et nous sommes prêts à signer un programme avec le FMI", affirme-t-il. Il explique avoir demandé un audit préalable de la dette gabonaise, repoussant la signature de quelques mois. Interrogé sur la suspension des réseaux sociaux depuis le mois de février, le président gabonais impute la décision à la Haute Autorité de la communication, invoque la prolifération de la calomnie sur des plateformes, et assure que la mesure est temporaire : "Après que le Parlement se soit prononcé, nous allons ouvrir les réseaux sociaux". "Pas de dynastie Nguema" Le président Trump est quelqu'un "que j'aime beaucoup", confie aussi Oligui Nguema, mais sur la question des migrants expulsés des États-Unis, les deux hommes ne sont "pas tombés d'accord". "Le Gabon n'est pas prêt à signer cet accord qui ne nous arrange pas", affirme-t-il. À voir aussiExclusif : "Mon fils et moi avons été torturés", dit Sylvia Bongo, ex-Première dame du Gabon Accusé de torture par Sylvia Bongo, l'épouse de l'ancien président, Oligui Nguema réfute catégoriquement. "Je n'ai vu aucune preuve", dit-il, ajoutant : "quelqu'un qui a fait un coup d'État sans effusion de sang, qui n'a tué personne, ne va pas se mettre à torturer les gens." Enfin, sur la question des successions, le président gabonais est catégorique : "Il n'y aura pas de dynastie Nguema."  Il précise avoir fait inscrire dans la Constitution une clause "intangible" limitant le nombre de mandats présidentiels et interdisant à un fils de succéder directement à son père.   Texte par Sophian Aubin

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