Bonjour, ici Marie. Si vous vous êtes déjà dit : « je suis trop sensible pour ce métier ». Cette édition est pour vous. “Le collège est, dans l’immense majorité des cas, le pire endroit pour un enseignant hautement sensible.” C’est Saverio Tomasella qui me l’a dit sans détour, dans cette interview. Fondateur de l’Observatoire de la sensibilité et docteur en psychologie clinique, Saverio Tomasella étudie ce tempérament depuis plus de 20 ans. Il est aussi l’auteur d’« Hypersensibles », d’« À fleur de peau » (plus de 110 000 exemplaires vendus chacun) et de « Lettre ouverte aux âmes sensibles qui veulent le rester ». D’abord, un point de vocabulaire qui change tout : on parle souvent d’« hypersensibilité », mais c’est une mauvaise traduction. Le préfixe « hyper » évoque un excès, presque une pathologie — c’est d’ailleurs le terme des notices de médicaments, sous « sauf hypersensibilité à l’un des composants ». Dr Tomasella préfère parler de « haute sensibilité » ou d’« ultrasensibilité » : une sensibilité supérieure à la moyenne, pas un trouble à corriger. Ce tempérament concernerait 20 à 30 % de la population — et, dans chaque classe, environ un élève sur trois. Il repose sur 5 caractéristiques repérables : * un traitement de l’information très approfondi (d’où ce sentiment de « n’avoir aucun filtre »), * une saturation plus rapide face aux stimulations — bruit, lumière, agitation —, * des émotions plus intenses et plus durables, * une attention fine à tout ce qui est non-verbal, * et la plus intéressante : une sensibilité à l’environnement. Concrètement, pour la classe : surtout ne pas chercher à s’endurcir. « C’est le programme qui va droit à l’échec », dit Tomasella — burn-out, parfois dépression, à la clé. À la place : des micro-pauses de respiration entre deux cours, un bouchon d’oreille les jours de bruit constant, une heure de sommeil en plus que la moyenne, moins d’excitants (café, sucre), et, quand c’est possible, choisir le niveau et l’établissement qui conviennent : le collège, en 4e-3e, est statistiquement le plus éprouvant pour les hautement sensibles. Le primaire et le lycée le sont moins (selon les conditions). Pour le reste, je vous laisse découvrir la perspective du Dr Tomasella dans l’épisode… J’ai accompagné une enseignante qui ouvrait chaque échange par la même phrase : « je crois que je ne suis juste pas faite pour ce métier. » Vingt-deux ans de collège, toujours les niveaux les plus difficiles, jamais choisis. En creusant, ce n’était pas l’enseignement qu’elle voulait quitter — c’était cet environnement précis, qu’elle n’avait jamais eu le droit d’interroger. C’est souvent là que ça bloque : comment savoir si c’est le poste qu’il faut changer, l’établissement, le niveau — ou le métier lui-même ? Tant qu’on n’a pas fait ce tri, on hésite entre tout garder en serrant les dents et tout quitter d’un coup. C’est exactement ce que ReBoot vous aide à démêler, en 3 phases : Reset, Redéfinition, Relance. Pour ne pas partir à l’aveuglette. Marie Décole · Fondatrice — Le Lab Pédagogique lelabpedagogique.com Vous voulez estimer votre propre degré de sensibilité ? Le test est disponible sur lasensibilite.com. Et pour bien profiter de vos vacances, j’ai créé un support à emporter, à annoter, pour trancher pendant que vous avez encore le temps de le faire calmement. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit reconversionenseignante.substack.com