Salut à toi 🙌🏻 J’espère que je te retrouve en pleine forme. Je te partage aujourd’hui une situation que tu connais peut-être déjà : Ton client arrive en session avec les yeux bouffis. Il ne dort quasiment plus depuis trois semaines et il te dit qu’il ne se reconnaît plus dans le miroir. Qu’il ne ressent plus rien… Toi, tu veux l’aider. Et c’est normal, quelque part ça fait partie de ton ADN de professionnel de la relation d’aide. C’est quand même un peu pour ça que tu as choisi ton métier. Mais est-ce que tu es encore dans du coaching si tu succombes à cette tentation ? Et si tu n’es plus dans du coaching, du coup, tu fais quoi exactement ? C’est la question que personne ose vraiment se poser dans les formations. Pourtant en 2026, c’est une des plus urgentes. Parce que les clients qu’on reçoit aujourd’hui ne ressemblent pas à ceux qu’on imaginait quand on a passé notre certification. On n’est pas très loin des sables mouvants Le coaching a littéralement explosé ces dernières années. Les pratiques aussi : TCC, PNL, sophrologie, hypnose… Les outils que t’utilises chaque semaine ressemblent de plus en plus à ce qu’on utilise en cabinet clinique. Et les clients, eux, arrivent de plus en plus fragilisés et confus. * Stress chronique. * Surcharge informationnelle. * Crise de sens post-pandémique qui n’en finit pas. Les gens viennent en coaching dans un état que le coaching de 2010 n’avait pas vraiment anticipé. Et ça a fait en sorte que la ligne entre “j’accompagne quelqu’un vers ses objectifs” et “je soutiens quelqu’un en souffrance psychologique” s’est pas mal brouillée. Le coaching a beau avoir une définition claire (normalement), l’humain lui, déborde toujours en dehors des catégories. Et toi tu es là, dans cette zone grise, avec tes outils, ton envie d’aider, et personne autour pour te dire : “OK. Là, stop.” Alors aujourd’hui on parle de ça. Ce que dit la réglementation selon où tu te trouves Là où ça se complique, c’est que selon que tu exerces au Québec, en France, en Belgique, en Suisse ou encore dans un autre pays, le cadre légal est différent. Par contre l’éthique, elle, est la même partout. Au Québec par exemple, nous avons la Loi 21. C’est probablement celle qui est la plus explicite. La psychothérapie est un acte réservé, c’est un traitement psychologique pour un trouble mental, pour une souffrance ou une détresse psychologique. Médecins, psychologues, détenteurs d’un permis de psychothérapeute et personne d’autre ne peut faire cette prise en charge. Et le coaching, lui, est défini noir sur blanc comme visant l’actualisation du potentiel “avec des personnes qui ne sont ni en détresse, ni en souffrance.” C’est une frontière légale. Dépasser cette frontière, ce n’est pas juste une question d’éthique car c’est une vraie question juridique. En France. C’est différent. L’article 52 de la loi du 9 août 2004 réglemente l’usage du titre de psychothérapeute mais pas l’acte en lui-même. En théorie, ça veut dire qu’un coach peut utiliser des techniques qui ressemblent à de la psychothérapie sans appeler ça psychothérapie. Mais attention, le “je peux techniquement” et “c’est éthiquement acceptable” sont deux visions qui ne veulent pas dire la même chose. La responsabilité civile et pénale, elle, ne fait pas de distinction aussi fine. En Belgique et en Suisse. Les lois sur les professions de santé mentale encadrent elles aussi qui peut prétendre pratiquer la psychologie clinique ou la psychothérapie. Les nuances varient selon les cantons, selon les régions mais le fond est identique : Accompagner quelqu’un en souffrance psychologique sans formation clinique adéquate, c’est exposer cette personne à des risques. Alors pourquoi je te dis tout ça ? Parce que peu importe où tu es toi dans ta pratique et ton parcours professionnelle, la question n’est pas “est-ce que la loi me l’interdit ?” mais plutôt “est-ce que cet outil, dans ce contexte, avec ce client-là, c’est encore du coaching ?” Et c’est ici que ce point que je t’amène devient utile : Coaching : * Client autonome et fonctionnel * Orienté vers le futur et les objectifs * Développement de potentiel * Pas de diagnostic Psychothérapie : * Client en souffrance ou détresse psychologique * Orienté vers le traitement d’un trouble * Changements cognitifs et émotionnels profonds * Évaluation clinique réservée Ce comparatif rapide semble simple. Il l’est, du moins jusqu’au moment où ton client te dit qu’il n’arrive plus à se lever le matin. Les 5 signaux qui doivent t’arrêter La compétence différenciante d’un coach en 2026, ce n’est pas son outil. C’est sa capacité à reconnaître quand il sort de son terrain. Parce qu’un bon coach qui sort de son terrain sans s’en rendre compte, ce n’est pas un bon coach. C’est un risque pour son client. * La fatigue qui répond plus au repos : Ton client est épuisé depuis des semaines. Il a pris des vacances. Il a dormi. Ça ne change rien. C’est l’un des critères majeurs du burnout selon la CIM-11, un état qui ne se soigne pas par du repos. Si ça s’accompagne de cynisme, de détachement, de perte d’efficacité alors là tu n’es plus en coaching. Tu peux faire de l’accompagnement de bienveillance. Mais le coaching orienté objectif n’est pas ce dont cette personne a besoin maintenant. * Il ne se reconnaît plus : Anesthésie émotionnelle. Apathie. “Je ne ressens plus rien.” “Je suis plus moi-même.” Quand quelqu’un n’arrive plus à ressentir de plaisir pour ce qui l’animait avant c’est un indicateur fort d’un point de vue clinique. Ça requiert un regard professionnel de santé mentale. Pas une séance de coaching avec un exercice de visualisation. * Les pensées envahissent tout : Les ruminations, l’anxiété qui déborde sur le sommeil, la concentration, les relations, les décisions. Dès que les pensées interfèrent avec le quotidien de façon persistante, on peut dire que la frontière est franchie. Tu peux naviguer avec l’anxiété situationnelle, la pression d’un lancement, d’une transition professionnelle. Mais pas avec l’anxiété pathologique qui tourne en boucle à 3h du matin depuis des mois. * La souffrance est antérieure à l’objectif : Tu as creusé l’enjeu de coaching avec ton client. Et là tu réalises que la difficulté remonte à des événements douloureux non résolus. Un trauma non traité. Des blessures d’attachement. La source du problème n’est pas dans le présent ou dans les habitudes mais elle est enfouie, ancienne, et elle précède le projet. Tu n’es plus dans l’espace solution. Tu touches à quelque chose qui dépasse ton rôle. Et ton client, lui, a besoin de quelqu’un de formé pour aller là. * Il ne peut plus passer à l’action : C’est le critère de base du coaching → Un client autonome, fonctionnel, capable de se mettre en mouvement entre les séances et de montrer des signes de changement après les premières rencontres. Si ce critère n’est plus là, si chaque semaine c’est “je n’ai rien pu faire”, si chaque séance repart du même endroit sans avancer c’est que tu es arrivé à un point où le coaching n’est pas le bon outil. Même si ton client le demande. Même s’il insiste. Même si tu veux vraiment l’aider. Un nouveau code de l’ICF depuis 2025 Depuis le 1er avril 2025, le nouveau code de déontologie de l’ICF est en vigueur. Et il ne laisse plus de zone grise sur ta responsabilité. Et c’est une excellente chose, car nous enseignons ces clés à l’Institut Merlin et c’est super de voir qu’autres structures se décident enfin à mettre plus en lumière ce sujet. Le principe directeur, ce n’est plus “éviter de nuire” mais “faire le bien de façon proactive.” Ça veut dire quoi concrètement ? Que reconnaître tes limites et te retirer si nécessaire. C’est maintenant une compétence inscrite dans ton code de pratique : * Que mettre en pause un mandat de coaching, ce n’est pas un aveu d’échec mais un acte professionnel. * Que gérer les déséquilibres de pouvoir avec un client vulnérable, ce n’est pas une option. Un client en souffrance est un client vulnérable et cette vulnérabilité crée un déséquilibre que tu dois nommer, et non pas ignorer ou contourner. Note aussi que la maturité éthique, ça se développe en continu par la supervision, par la formation, par l’auto-réflexion et pas seulement lors d’une certification passée il y a cinq ans en arrière. L’article 20 de l’ICF disait déjà que tu suggères à tes clients de chercher d’autres professionnels quand c’est pertinent. Depuis 2025, cette suggestion est devenue une responsabilité structurelle de ta pratique. Merci à eux de porter ce même message qu’on rabâche à nos étudiants depuis des années. Retiens ça : C’est une O-BLI-GA-TION ! Ta posture en 3 temps simples Tu es ni thérapeute, ni médecin. Mais tu n’es pas un observateur passif non plus. Tu es un professionnel avec un rôle précis, des limites précises, et une responsabilité réelle envers la personne en face de toi. Nommer ce que tu observes sans pour autant diagnostiquer : La nuance est importante car tu n’évalues pas, tu n’étiquettes pas non plus. Tu observes ce qui se passe dans la relation, et tu le nommes avec bienveillance. “Je remarque que depuis quelques semaines, tu me parles d’une fatigue persistante qui ne semble pas se lever. Tu as pu en parler avec quelqu’un d’autre ?” C’est tout. Tu n’es pas en train de dire “je pense que t’as un épisode dépressif.” Tu ouvres une perspective et ça, c’est pleinement dans ton rôle. Clarifier le cadre et le contrat : La Loi 21, l’article 52, le code de l’ICF, les règ