La dame du CDI

Nathanael

Le gamberge pro max arrive enfin avec un podcast ! Le scroll ne suffisait plus. Ici, on décortique les sujets queer, psycho et socio avec nuance et intensité. Pensées longues, émotions vraies, et questions qui dérangent. Overthinkers et débats bienvenus.

  1. 15h ago

    HALLOWEEN, LE NOËL QUEER & LA DAME DU CDI - La Dame du CDI

    Pourquoi Halloween est-il le Noël queer ? 🎃Pourquoi les personnes queer entretiennent-elles une relation aussi particulière avec Halloween ? Pourquoi cette fête est-elle devenue un rendez-vous incontournable pour la communauté LGBTQ+ ? Et comment une soirée consacrée aux monstres et aux déguisements a-t-elle pu devenir un symbole de liberté et d’émancipation ?Dans cet épisode, je reviens sur cette histoire pour comprendre les liens entre Halloween, les cultures drag et ballroom, la naissance des Houses et la place des femmes trans noires et latinas dans la construction de ces espaces. Je parle également du Code Hays, de la censure des représentations homosexuelles à Hollywood, du queer coding et de ces personnages monstrueux dans lesquels les personnes marginalisées ont parfois appris à se reconnaître.Et si Halloween n’était finalement pas une fête où l’on cherche à devenir quelqu’un d’autre, mais une soirée où l’on peut enfin devenir qui l’on veut ?📚 RéférencesHistoire queer d’Halloween et des bals costumés• Them — The Long History of How Halloween Became a Sacred Queer Holiday : histoire de la tradition du Gay Christmas et des célébrations queer américaines.• Tristan Cabello — Queer Bronzeville: A Short History of Black Queer Chicago and AIDS Activism, 1920–1985 (AIDS Foundation of Chicago).• Tristan Cabello — Queer Bronzeville, 1900–1985, notamment les chapitres consacrés aux drag balls et à Alfred Finnie (OutHistory).• Marc Stein — City of Sisterly and Brotherly Loves: Lesbian and Gay Philadelphia, 1945–1972 (2000).• Philadelphia LGBT History Project — témoignages oraux de Mark Kendall et Joseph McGrory, recueillis par Marc Stein.Drag, ballroom culture et dolls• Oliver Stabbe — « Queens and Queers: The Rise of Drag Ball Culture in the 1920s », Smithsonian National Museum of American History (2016).• Jennie Livingston — Paris Is Burning (1990), documentaire sur les cultures ballroom new-yorkaises, les Houses et les familles choisies.• Abigail Romano — Doll Tomorrow’s Parties: The Origin of Transsexual Glamour in Balls and Fashion and the Adoption of the Doll (2024), mémoire de recherche, University of Victoria.• Google Arts & Culture — The Founding House Mothers.Cinéma, Code Hays et queer coding• Motion Picture Production Code (1930), appliqué de manière renforcée à partir de 1934 et abandonné au profit du système de classification en 1968.• Rhona J. Berenstein — « Adaptation, Censorship, and Audiences of Questionable Type: Lesbian Sightings in Rebecca (1940) and The Uninvited (1944) », Cinema Journal, vol. 37, n° 3 (1998).• David A. Gerstner (dir.) — Routledge International Encyclopedia of Queer Culture (2006), notamment les travaux sur le queer coding et la censure hollywoodienne.Culture camp et représentations queer• Susan Sontag — « Notes on “Camp” », Partisan Review (1964).• The Rocky Horror Picture Show, réalisé par Jim Sharman (1975).• John Waters — Pink Flamingos (1972).• Anne Rice — Interview with the Vampire (1976).Halloween et espace public• Village Halloween Parade — archives historiques et histoire officielle de la parade new-yorkaise, fondée en 1973 par Ralph Lee.• City of West Hollywood — archives du Halloween Carnaval, créé en 1987.• National Fire Protection Association — rapport sur l’incendie criminel de l’UpStairs Lounge à La Nouvelle-Orléans, le 24 juin 1973.Ces références permettent de replacer Halloween dans une histoire plus large : celle des personnes qui ont transformé le déguisement en espace de liberté, la performance en moyen d’expression et la fête en lieu de construction communautaire.🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes.📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  2. 15h ago

    POLITIQUEMENT GAY : urgence ou entrave ? - La Dame du CDI

    Peut-on défendre les droits des homosexuels tout en votant pour des partis qui ont historiquement combattu certaines de nos avancées ? Peut-on dénoncer l’homophobie dans certains milieux musulmans sans tomber dans l’islamophobie ? Et pourquoi est-il parfois si difficile de critiquer un parti politique lorsqu’on partage pourtant une partie de ses combats ?Dans cet épisode, je pars de ces questions pour parler de notre rapport à la politique, de l’histoire des luttes homosexuelles et de cette idée parfois dérangeante : notre existence intime n’est jamais complètement séparée du monde politique dans lequel elle s’inscrit.Au fond, il ne s’agit pas de savoir pour qui un homme gay devrait voter, ni de prétendre que tous les homosexuels devraient partager les mêmes convictions politiques.Il s’agit plutôt de comprendre ce que nous faisons de nos libertés, d’où elles viennent et ce que nous sommes prêts à accepter pour les préserver.Parce que la question n’est peut-être pas seulement :« Est-ce que je peux vivre librement aujourd’hui ? »Mais aussi :« Est-ce que je me préoccupe de la liberté des autres, même lorsqu’ils ne me ressemblent pas ? »📚 RéférencesSociologie, homosexualité et stigmate• Didier Eribon — Réflexions sur la question gay (1999).• Erving Goffman — Stigmate. Les usages sociaux des handicaps (1963).Histoire des droits LGBT+ en France• Loi du 4 août 1982 — suppression des dernières dispositions pénales spécifiques visant les relations homosexuelles.• Loi du 17 mai 2013 — ouverture du mariage aux couples de même sexe.• Act Up-Paris — archives et histoire des mobilisations contre le sida à partir de 1989.Politique et droits LGBT+• La France insoumise — programme et propositions de lutte contre les LGBTphobies.• Rassemblement national — historique des positions et des votes concernant plusieurs avancées des droits LGBT+.Ces références permettent de distinguer les textes, les décisions et les positions documentées des interprétations politiques que nous pouvons en tirer.Et parce que défendre nos droits ne devrait jamais nous obliger à fermer les yeux sur les discriminations subies par les autres.🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes.📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  3. 15h ago

    JE VAIS ÊTRE PAPA : l’homoparentalité - La Dame du CDI

    Enfin… j'aimerais. Et c'est peut-être l'une des décisions les plus contradictoires auxquelles je suis confronté.Parce que je suis jeune, homosexuel, profondément attaché à ma liberté et que j'ai encore mille choses que j'aimerais accomplir. Mais malgré tout, je me surprends à imaginer une vie dans laquelle je serais père.Dans cet épisode, je parle de ce désir de paternité, de ce qu'il représente quand on est un homme gay et des différentes manières de construire une famille : l'adoption, la monoparentalité choisie ou encore la coparentalité avec sa meilleure amie.On parlera aussi de cette peur de perdre sa liberté, de l'égoïsme qu'on peut ressentir à l'idée de faire passer quelqu'un d'autre avant soi, et de cette question qui me travaille : est-ce qu'on peut vraiment être prêt à devenir parent ?On abordera également les difficultés de l'adoption en France, les représentations de la famille traditionnelle, les nouvelles formes de parentalité et les incertitudes économiques dans lesquelles ma génération tente de construire son avenir.Parce qu'au fond, je crois qu'il y a une contradiction assez fascinante dans le fait de vouloir donner la vie : on peut avoir profondément envie de construire une famille tout en ayant peur de ce que cela implique.Et si devenir père ne signifiait pas renoncer à sa liberté, mais apprendre à la redéfinir ?📚 RéférencesIdentité, intimité & construction de soi• Baptiste Beaulieu — Tous les silences ne font pas le même bruit (L'Iconoclaste, 2024).Un récit autobiographique qui interroge notamment les silences, les normes sociales, l'identité et la manière dont nos expériences façonnent notre rapport aux autres.Familles & parentalité• Laponie — pièce de théâtre de Samuel Benchetrit et Olivier Marchal.Une comédie qui met en scène les relations familiales, les traditions et les tensions autour de l'éducation des enfants, et qui invite à questionner nos représentations de la famille et de la parentalité.Adoption & homoparentalité• Observatoire national de la protection de l'enfance (ONPE) — La situation des pupilles de l'État au 31 décembre 2023.Une enquête permettant de comprendre les réalités de l'adoption en France, les parcours des enfants pupilles de l'État et les enjeux de leur prise en charge.• Service-Public — Demande d'agrément pour l'adoption.Les conditions et les démarches administratives pour les personnes souhaitant adopter en France.Économie & société• INSEE — Données sur les finances publiques françaises et européennes (2025).Pour comprendre la situation de la dette et du déficit publics français et la comparer à celle d'autres pays européens, notamment la Grèce.Parce qu'on peut avoir envie de devenir parent sans être certain d'en avoir les moyens, sans savoir à quoi ressemblera le monde de demain et sans vouloir renoncer à la personne qu'on est aujourd'hui.Peut-être que le véritable enjeu n'est pas de savoir si l'on est prêt à devenir parent, mais de comprendre ce que l'on est prêt à construire, à partager et parfois à abandonner.🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes.📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  4. 15h ago

    ACTIF OU PASSIF : simple préférence ou masculinité mal placée ? - La Dame du CDI

    Une question qui paraît simple. Presque banale.Mais pourquoi est-ce qu’on pense parfois pouvoir deviner la réponse en regardant quelqu’un ?Sa taille, ses muscles, sa voix, sa barbe, sa façon de s’habiller, sa manière de parler…Comme si un corps pouvait nous révéler la sexualité de quelqu’un.Et surtout : pourquoi associe-t-on encore autant le fait d’être actif à la masculinité, et le fait d’être passif à la féminité, à la soumission ou à une certaine manière d’être un homme ?Dans cet épisode, je pars de cette question très présente sur les applications et dans les rencontres entre hommes gays pour parler de masculinité, d’identité sexuelle et des fameux « scripts sexuels » qui nous apprennent, parfois sans qu’on s’en rende compte, ce qu’un homme est censé aimer, désirer ou représenter.On parlera aussi de porno, de premières expériences sexuelles, de corps, de voix, de musculature, de masculinité et de cette distinction essentielle :être passif ne signifie pas être soumis.Être actif ne signifie pas être dominant.On verra également comment ces représentations peuvent être racialisées, et comment elles apparaissent ou sont déconstruites dans la culture populaire, de Sex Education à Heartstopper.Parce qu’au fond, la question n’est peut-être pas :« T’es actif ou passif ? »Mais plutôt :Quand est-ce que tu as appris que ton rôle sexuel devait dire quelque chose de ta masculinité ?📚 RéférencesMasculinité & rôles sexuels• James P. Ravenhill & Richard O. de Visser — “Perceptions of gay men’s masculinity are associated with their sexual self-label, voice quality and physique” (Psychology & Sexuality, 2017).• James P. Ravenhill & Richard O. de Visser — “‘It Takes a Man to Put Me on the Bottom’: Gay Men’s Experiences of Masculinity and Anal Intercourse” (The Journal of Sex Research, 2018).Scripts sexuels & identité• Trevor Hoppe — “Circuits of power, circuits of pleasure: Sexual scripting in gay men’s bottom narratives” (Sexualities, 2011).Ce travail s’intéresse notamment aux récits de 18 hommes gays et à la manière dont les représentations du rôle de « bottom » peuvent être associées à des scripts de plaisir, de soumission et de masculinité.Pornographie & représentations• Newton et al. — “Performer Roles and Behaviors in Dyadic Sexually Explicit Media Featuring Men Who Have Sex With Men” (Archives of Sexual Behavior, 2022).Une étude portant sur 220 vidéos pornographiques populaires mettant en scène des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, notamment sur la représentation des rôles top, bottom et versatile.Race, masculinité & sexualité• Tân Hoàng Nguyen — A View from the Bottom: Asian American Masculinity and Sexual Representation (Duke University Press, 2014).Un ouvrage consacré notamment à la manière dont la position sexuelle, la masculinité, la race, la nationalité et les rapports de pouvoir se croisent dans les représentations des hommes asiatiques, du cinéma à la pornographie gay.Culture populaire• Sex Education — série créée par Laurie Nunn (Netflix, 2019–2023).• Heartstopper — série créée par Alice Oseman (Netflix, 2022–2024).Et parce que nos préférences sexuelles ne naissent jamais complètement dans le vide : elles sont aussi influencées par les représentations auxquelles nous sommes exposés, les expériences que nous vivons et les normes que nous apprenons.Peut-être que le problème n’est donc pas d’avoir une préférence.Mais de croire qu’une préférence sexuelle devrait nous dire quel genre d’homme quelqu’un est.🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes.📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  5. 15h ago

    GRINDR : LIBERTÉ OU PRISON ? Ce que Grindr a fait de nous - La Dame du CDI

    Mais est-ce qu’il a aussi changé notre façon de désirer, de nous regarder, de nous comparer… et même de nous aimer ?Depuis 2009, l’application a transformé le désir en interface : une photo, un corps, un âge, une distance, quelques mots, puis un message, un rendez-vous… ou un silence.Grindr n’a évidemment pas inventé le sexe entre hommes, la solitude, les normes corporelles ou les discriminations. Mais il leur a peut-être donné une nouvelle vitesse, une nouvelle visibilité et une nouvelle mécanique.Dans cet épisode, je parle de mon propre rapport à Grindr, de la logique de catalogue, du ghosting, de la comparaison permanente, de la recherche de validation et de ce paradoxe étrange : être entouré de dizaines de personnes tout en pouvant se sentir profondément seul.On parlera aussi de communauté, de désir, de corps, de santé sexuelle et de ce que les applications ont changé dans nos façons de nous rencontrer.Avec notamment Thibault Lambert, Ce que Grindr a fait de nous, mais aussi Sébastien Lifshitz, Josh Silver, Baptiste Beaulieu et de nombreux travaux en sociologie, psychologie, études queer et santé sexuelle.Parce que la vraie question n’est peut-être pas :« Est-ce que Grindr est bon ou mauvais pour nous ? »Mais plutôt :Qu’est-ce que Grindr a fait de nous ?📚 RéférencesGrindr, sexualité & société• Thibault Lambert — Ce que Grindr a fait de nous : Amours et sexualité à l’ère des applications de rencontre (JC Lattès, 2025).• Sébastien Lifshitz — Un jeune homme de bonne famille (2025).• Josh Silver — Fruit Fly (2026).• Baptiste Beaulieu — Tous les silences ne font pas le même bruit (L’Iconoclaste, 2024).Psychologie, corps & identité• Rusi Jaspal — “Gay Men’s Construction and Management of Identity on Grindr” (2017).• Filice et al. — recherches sur les applications de rencontre, l’image corporelle et l’objectification (Body Image, 2019).• Austen, Bonell & Griffiths — recherches qualitatives sur masculinité, corps et désirabilité chez les hommes appartenant aux minorités sexuelles (Body Image, 2022).• Hammack et al. — recherches sur applications de rencontre, communauté et stigmatisation intracommunautaire (2022).Communauté & santé sexuelle• Recherches sur les applications géosociales de rencontre, la sexualité, le dépistage, la PrEP et la prévention du VIH/IST.• Recherches sur les usages communautaires de Grindr : rencontre, exploration identitaire, sociabilité et création de relations durables.Au fond, Grindr n’a peut-être pas inventé notre façon de désirer.Il a simplement rendu le désir visible, comparable, géolocalisé et disponible en permanence.🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes.📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  6. Sep 23

    SEPTEMBRE JAUNE : Je pensais ne JAMAIS dépasser cet âge

    Septembre est le mois de la prévention du su1c1de. 🟡 Et pourtant, j’ai énormément hésité à faire cet épisode. Depuis quelque temps, on voit circuler une tendance où l’on affiche son âge actuel en expliquant qu’on est heureux de ne pas être « resté·e à 13 ans ». Une manière de parler de pensées suicidaires passées, mais qui m’a aussi beaucoup questionné : où se situe la frontière entre témoigner de sa souffrance et la transformer en esthétique ? J’ai moi-même longtemps pensé que ces pensées ne disparaîtraient jamais. J’ai fait beaucoup de thérapie, traversé des périodes très sombres, et aujourd’hui je suis profondément heureux d’être encore là. Dans cet épisode, je parle donc de suicide, de santé mentale, de ce sentiment de ne jamais pouvoir sortir de sa souffrance, mais aussi de la manière dont les personnes LGBTQIA+ sont davantage exposées aux pensées suicidaires, notamment à cause des discriminations, du rejet et des violences. Et surtout, j’essaie de comprendre une chose : comment raconter le suicide sans le romantiser, tout en laissant une place à l’espoir ? 📚 Références Ilan H. Meyer — Prejudice, Social Stress, and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations (2003) Santé publique France — données sur la santé mentale et le risque suicidaire des minorités sexuelles Josh Silver — Fruit Fly Hanya Yanagihara — A Little Life David Foenkinos — Vers la beauté Si vous avez des pensées suicidaires ou si vous vous inquiétez pour quelqu’un : 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24h/24 et 7j/7. Et surtout : ne confondez pas ce que vous ressentez aujourd’hui avec ce que vous ressentirez toute votre vie. Moi, je pensais que ça ne partirait jamais. Et pourtant, c’est parti. 🫂

  7. Sep 18

    PREMIÈRE FOIS : QUI DÉCIDE DE CE QUI COMPTE ? Virginité, sexe et construction sociale

    On parle de « perdre sa virginité » comme s’il s’agissait d’un événement biologique. Comme si notre corps pouvait nous dire précisément : avant, tu étais vierge. Après, tu ne l’es plus. Mais… qui a décidé de cette frontière ? Parce que la virginité n’est pas un état médical. L’OMS rappelle qu’il n’existe aucun examen permettant de prouver qu’une personne a eu ou non un rapport sexuel, et que l’apparence de l’hymen ne permet pas de le déterminer. La virginité est avant tout une construction sociale, culturelle et religieuse. (Organisation mondiale de la santé⁠) Alors pourquoi cette idée a-t-elle pris autant d’importance ? Pourquoi la virginité féminine a-t-elle été associée au mariage, à la réputation, à l’honneur familial ou à la filiation ? Et pourquoi la « première fois » est-elle devenue un moment censé marquer notre passage à l’âge adulte ? Je parlerai notamment de Michel Bozon, sociologue à l’INED, qui montre comment le premier rapport sexuel est un « passage attendu », dont la signification évolue avec les normes sociales et la transformation du mariage. (INED⁠) On verra aussi la théorie des « scripts sexuels » de John Gagnon et William Simon : l’idée que nous n’apprenons pas seulement à avoir des relations sexuelles, mais aussi ce qu’une « vraie » première fois est censée être. Et surtout, je parlerai de Laura Carpenter, sociologue américaine qui a interrogé des jeunes adultes sur leur première expérience sexuelle. Elle montre que la virginité peut être vécue comme un cadeau, un stigmate, ou simplement une étape de la vie. Mais alors, que se passe-t-il quand notre sexualité ne correspond pas au scénario traditionnel ? Que signifie « perdre sa virginité » lorsqu’on est gay, lesbienne, bi ou queer ? Et pourquoi peut-on parfois avoir plusieurs « premières fois » : première relation, première expérience avec une personne du même sexe, première fois où l’on se sent réellement désiré·e… On parlera donc de virginité, de normes de genre, de sexualité, de pression sociale et de construction du désir. Parce qu’au fond, une question traverse tout l’épisode : Est-ce que ma première fois a réellement changé quelque chose en moi… ou est-ce que j’ai appris que je devais considérer qu’elle avait changé quelque chose ? 📚 Références Sociologie & sexualité • Michel Bozon — « Premier rapport sexuel, première relation : des passages attendus » (2008) ; travaux de l’INED sur l’entrée dans la sexualité. (INED⁠) • John H. Gagnon & William Simon — Sexual Conduct (1973) et « Sexual Scripts: Permanence and Change » (1986) : théorie des scripts sexuels. • Laura M. Carpenter — Virginity Lost: An Intimate Portrait of First Sexual Experiences (2005) : virginité comme cadeau, stigmate ou processus. Virginité & médecine • Organisation mondiale de la Santé — Eliminating virginity testing (2018) : absence de fondement scientifique des « tests de virginité ». (Organisation mondiale de la santé⁠) • Loi française n°2021-1109 du 24 août 2021 : interdiction des certificats de virginité par les professionnels de santé. (Légifrance⁠) 🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

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