Le Mag de l'environnement

Ràdio Lengadòc Narbona

Un magazine consacré à l'environnement, coproduit par des associations/institutions audoises, qui luttent pour sa préservation : Eco-Citoyennetés, COVALDEM 11, Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditerranée, CAUE de l'Aude, Arbres et paysages 11, Nature & Progrès 11, Parc Naturel Régional Corbières Fenouillèdes, Coopérative de Transition Écologique en Haute Vallée de l'Aude. Principe de l'émission : des invités nous présentent leurs actions en lien avec la protection de l'environnement. Une coproduction RCF, Radio Ballade, Contact FM, Ràdio Lenga d Òc Narbona et Radio Marseillette

  1. Jun 25

    Le Mag de l'environnement - Le pastoralisme, notre meilleur allié pour prévenir les incendies

    Le pastoralisme, longtemps perçu comme une pratique traditionnelle parfois en recul, revient aujourd’hui au cœur des stratégies de prévention des incendies. Dans un contexte où les étés deviennent plus secs, plus longs et plus dangereux, le pâturage extensif apparaît comme une solution simple, efficace et écologique pour limiter la propagation du feu. Moutons, chèvres et brebis jouent un rôle essentiel : en broutant les herbes sèches, les broussailles et les jeunes pousses, ils réduisent naturellement la quantité de combustible disponible au sol. Là où une végétation dense et sèche peut devenir un véritable accélérateur d’incendie, le passage régulier des troupeaux crée des zones moins inflammables, plus ouvertes et plus résistantes au feu. Cette action, lente mais continue, permet d’entretenir des espaces difficiles d’accès pour les machines, comme les collines, les garrigues ou les zones forestières en friche. Contrairement au débroussaillage mécanique ou chimique, le pastoralisme n’abîme pas les sols et s’inscrit dans un cycle naturel. Il favorise également la biodiversité en maintenant des milieux ouverts où cohabitent de nombreuses espèces végétales et animales. Dans les territoires méditerranéens, notamment en Occitanie, cette pratique est de plus en plus intégrée aux plans de prévention des incendies. Elle complète les actions des pompiers et des collectivités en agissant en amont, directement sur le terrain. Derrière cette solution écologique se trouvent des éleveurs et bergers qui entretiennent des paysages entiers au quotidien. Leur travail, souvent invisible, devient pourtant un maillon essentiel de la sécurité des territoires. Soutenir le pastoralisme, c’est donc à la fois préserver une activité agricole, maintenir des paysages vivants et renforcer notre capacité collective à faire face aux incendies. Dans un monde où le risque climatique augmente, cette alliance entre nature et élevage montre qu’une solution efficace peut parfois être aussi la plus ancienne. Des animaux pour entretenir les paysagesUne prévention douce et durableUn savoir-faire à soutenir

  2. Jun 8

    Le Mag de l'environnement -L'association Explorarium avec Mylène Begon

    À travers ses actions sur le terrain, l’association Explorarium s’appuie sur une équipe salariée engagée et polyvalente, au cœur de ses missions d’éducation à l’environnement, aux sciences et à la découverte du monde vivant. Cette équipe réunit différents profils complémentaires qui permettent de faire vivre les projets de l’association tout au long de l’année : animations en milieu scolaire, sorties nature, ateliers scientifiques, interventions culturelles et actions de sensibilisation. On y retrouve des animateurs et animatrices spécialisés, qui transmettent leurs connaissances autour de la biodiversité, de l’astronomie ou encore des sciences naturelles. Leur rôle est d’accompagner petits et grands dans l’observation, la compréhension et l’expérimentation, en privilégiant une approche ludique et participative. L’équipe comprend également des médiateurs et médiatrices scientifiques, qui conçoivent et adaptent les contenus pédagogiques pour différents publics : écoles, familles, structures sociales ou événements grand public. Leur objectif est de rendre la science accessible, concrète et vivante. En soutien, des chargés de projets et coordinateurs assurent le développement des actions, l’organisation des programmes et le lien avec les partenaires locaux. Ils veillent à la cohérence des activités et à la mise en œuvre des projets sur le territoire. Enfin, des fonctions liées à l’administration et à la communication permettent de faire rayonner les actions de l’association, de gérer le suivi des projets et de valoriser les initiatives auprès du public. À travers cette organisation collective, Explorarium incarne une démarche où la science devient un outil de compréhension du monde, mais aussi de lien social et de sensibilisation à l’environnement. 👉 Une équipe de terrain, engagée, qui fait vivre chaque jour l’éducation à l’environnement et la curiosité scientifique au plus près des habitants.

  3. May 12

    Le Mag de l'environnement - La biodiversité a-t-elle survécu au méga feu des Corbières ?

    La biodiversité a-t-elle survécu au méga feu des Corbières ? La réponse est oui, mais pas au sens d’un retour à l’identique. Après un incendie de grande ampleur, ce n’est jamais une simple “remise à zéro” de la nature : c’est une recomposition. Dans les jours qui suivent le passage des flammes, le paysage semble vide, silencieux, presque stérile. Pourtant, sous les cendres, la vie n’a pas disparu. De nombreuses espèces méditerranéennes sont adaptées au feu. Certaines plantes, comme le chêne kermès, les cistes ou le pin d’Alep, possèdent des stratégies de survie remarquables : graines protégées par des enveloppes résistantes, capacité à rejeter depuis les racines, ou germination déclenchée par la chaleur. Très vite, dès les premières pluies, des pousses vertes réapparaissent sur un sol pourtant noirci. Mais la biodiversité ne se résume pas à la végétation visible. Dans le sol, une grande partie du vivant a été profondément perturbée : insectes, champignons, micro-organismes. Ces communautés invisibles sont essentielles car elles assurent la fertilité, la décomposition de la matière organique et la régénération des écosystèmes. Leur retour est plus lent, parfois sur plusieurs années. Les animaux, eux, ont généralement fui avant ou pendant le feu. Les oiseaux, les mammifères et une partie des reptiles recolonisent progressivement les zones brûlées, à mesure que la végétation revient. Les espaces non touchés par l’incendie jouent alors un rôle crucial : véritables refuges, ils servent de réservoirs de vie pour recoloniser les secteurs détruits. Dans les Corbières, la diversité des paysages — garrigues, vignes, forêts, prairies — peut favoriser cette reconstruction. Cette mosaïque permet à certaines espèces de survivre dans des zones voisines non brûlées et de revenir plus rapidement sur les terres touchées. Cependant, les incendies deviennent plus intenses et plus fréquents avec le changement climatique. Quand les feux se répètent trop vite, la nature n’a plus le temps de se régénérer complètement. Les jeunes forêts n’atteignent pas leur maturité, les sols s’appauvrissent, et certaines espèces locales reculent au profit de milieux plus ouverts et plus pauvres en diversité. Ainsi, la biodiversité des Corbières n’a pas disparu après le mégafeu : elle se transforme. Certaines espèces pionnières avancent, d’autres disparaissent localement, et un nouvel équilibre s’installe lentement. Ce que le feu détruit en surface, il redessine aussi en profondeur, rappelant que ces paysages méditerranéens sont vivants, mais fragiles face à la répétition des extrêmes.

  4. Apr 23

    Le Mag de l'environnement - Face aux engagements des entreprises

    Dans un contexte de transition écologique accélérée, les entreprises occupent désormais une place centrale dans la lutte contre le dérèglement climatique. Longtemps perçues comme une partie du problème, elles sont aujourd’hui de plus en plus attendues comme des actrices majeures de la solution. Les engagements prennent des formes variées : réduction des émissions de CO₂, diminution des déchets, recours aux énergies renouvelables, ou encore transformation des chaînes de production. Certaines grandes entreprises affichent des objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2030 ou 2050, tandis que des structures plus petites misent sur des actions locales, souvent plus concrètes et directement visibles sur leur territoire. Mais ces engagements soulèvent aussi des questions. Entre communication et réalité, la frontière est parfois floue. Le phénomène de “greenwashing” rappelle que toutes les promesses ne se traduisent pas forcément en changements profonds. Dès lors, la transparence devient un enjeu majeur : mesurer, vérifier et rendre compte des impacts réels est désormais attendu par les citoyens, les collectivités et les partenaires économiques. Dans certains territoires, les dynamiques sont encourageantes. Des entreprises s’associent à des associations, des agriculteurs ou des collectivités pour développer des projets de reforestation, de protection de la biodiversité ou de circuits courts. Ces coopérations locales montrent qu’une transition efficace ne repose pas uniquement sur des stratégies globales, mais aussi sur des initiatives ancrées dans le terrain. Cependant, la transformation reste inégale. Les contraintes économiques, la concurrence internationale ou encore le manque de réglementation harmonisée freinent parfois les ambitions écologiques. Pour beaucoup d’acteurs, le défi est de concilier performance économique et responsabilité environnementale sans déséquilibrer leur modèle. Finalement, les entreprises sont à un tournant. Leur rôle ne se limite plus à produire et consommer, mais à repenser profondément leur impact sur le vivant. L’enjeu des prochaines années sera de transformer les engagements affichés en résultats mesurables, durables et réellement bénéfiques pour les écosystèmes comme pour les sociétés humaines.

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