L'Endroit Et l'Envers

Camille Boulet

Basculez avec moi dans ce podcast politique et féministe sur l’envers des pratiques textiles : tricot politique, crochet féministe, broderie engagée, mais aussi dentelle, tissage, laines, fibres, textiles…. À travers chaque épisode de ce podcast, j’explore les pratiques textiles et leur évolution sociale, politique et culturelle. Car rien n’est anodin : derrière une maille, un point ou un tissage se cachent souvent des siècles de luttes, d’injustices, d’émancipations et de résistances. À chaque épisode, j’analyse ces cultures textiles sous un prisme historique mais aussi profondément politique : la manière dont la société a contrôlé, réduit ou magnifié les savoir-faire textiles en dit long sur la place accordée aux minorités. Les pratiques textiles ont été un terrain d’expression mais aussi un instrument social, un outil de militantisme, un langage silencieux à travers lequel se sont écrites des pages entières de politique, d’art du fil féministe et de création collective. Ici, je mêle récit personnel, recherche, analyse féministe et exploration sensible. Car les arts du fil, c'est aussi politique. Je ne vous propose donc pas un podcast purement neutre, mais plutôt un espace de réflexion, une voix féministe engagée et un pont entre l’endroit et l’envers des pratiques textiles. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Episodes

  1. Sep 23

    Coudre à l'école : pourquoi on a arrêté ? Magazines, consummérisme et cours de techno

    (ERRATUM : J'ai fait une erreur en ce qui concerne le mur de Berlin ! Il a été construit et non pas abattu dans les années 1960). Coudre à l'école, pendant un moment, c’est allé de pair avec l’éducation féminine. Suffisamment longtemps pour que les femmes de ma famille me racontent leurs souvenirs à l’école, leurs leçons de couture, les broderies qu’elles faisaient et…. Que ça me rende jalouse. Parce que moi, je pouvais pas coudre à l'école. Moi, j’avais des cours de techno. Et quand on adore les arts du fil avoir des cours de techno, c’est pas ouf. Disons-le, c’est même carrément ennuyeux. Mais avec le recul, j’ai commencé à me poser des questions. Est-ce que ce serait si bien que ça de coudre à l'école ? Parce que si ce n’est réservé qu’aux femmes dans une société sexiste, c’est probablement qu’il y a une douille. Et si ces mêmes leçons ont fini par disparaitre au profit des cours de techno, c’est sûrement qu’il y a une bonne raison. En effet, vouloir éduquer les femmes avec les travaux d’aiguilles, c’est bien. Les prendre au sérieux via cette même éducation, c’est mieux. Le problème… C’est que ce n’est pas arrivé. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Malgré l’ouverture aux études supérieures pour les jeunes filles, elles n’ont pas été prises au sérieux. Malgré le désir de certaines d’entre elles d’entrer dans les milieux scientifiques via les travaux manuels, elles n’ont pas été prises au sérieux. Pourquoi ? Parce que leur éducation n’avait pas la même teneur que leurs homologues masculins. Et le truc avec les leçons de couture, c’est que c’est aussi un apprentissage de la féminité (https://smartlink.ausha.co/l-endroit-et-l-envers/les-lecons-de-travaux-d-aiguilles-servaient-a-dresser-les-femmes-ecole-pour-filles-femmes-au-foyer-et-nature). Sauf que la féminité, elle ne disparait pas quand on sort de l’école : elle continue à la maison. Heureusement, les petites filles pourront avoir accès dès le début du XXem siècle à un type de littérature bien particulier pour poursuivre leur apprentissage. Ce truc, ce sont les magazines pour fillettes type Bernadette ou La Semaine de Suzette. Ces magazines se font le relais de l’école à la maison et proposent tout pleins de travaux manuels pour que les petites progressent en couture. Mais le hic, c’est que les années 1960 arrivent à grand pas et avec elles, c’est un raz-de-marée d’innovations et de changements qui vont arriver en France. L’un des changements qui nous intéresse, c’est la mixité scolaire. L’autre, c’est le consumérisme. Et à votre avis, il arrive quoi aux leçons de travaux d’aiguilles quand on introduit des garçons dans les classes ? Encore une fois, à travers les magazines pour fillettes, on verra le changement qui s’est opéré dans ce qu’on demande aux futures femmes. L’arrivée de garçons dans un espace autrefois féminin a modifié ce qu’on attendait niveau comportement de genre. L’arrivée du consumérisme a modifié ce qu’on demandait aux futures jeunes femmes. Là où avant, elles devaient savoir repriser et tricoter, elles devront désormais savoir acheter et se comporter correctement dans un espace autrefois non mixte. L’Endroit et l’Envers, c’est un podcast féministe avant d’être un podcast d’histoire. C’est donc avec un angle féministe que je vous propose cette analyse historique de l’histoire des femmes. Inllustration : Maudame Mixe : Antho Merci à eux de rendre ce podcast vivant ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Coudre à l'école : pourquoi on a arrêté ? Magazines, consummérisme et cours de techno
  2. Jun 17

    Les leçons de travaux d'aiguilles servaient à dresser les femmes ? Ecole pour filles, femmes au foyer et "nature féminine"

    Les leçons de travaux d’aiguilles, pendant un moment, c’est allé de pair avec l’éducation féminine. Suffisamment longtemps pour que les femmes de ma famille me racontent leurs souvenirs à l’école, leurs leçons de couture, les broderies qu’elles faisaient et…. Que ça me rende jalouse. Parce que moi, à l’école, j’avais pas de leçons de travaux d’aiguilles. Moi, j’avais des cours de techno. Et quand on adore les arts du fil avoir des cours de techno, c’est pas ouf. Disons-le, c’est même carrément ennuyeux. Mais avec le recul, j’ai commencé à me poser des questions. Est-ce que ce serait si bien que ça d’avoir des leçons de travaux d’aiguilles ? Parce que si ce n’est réservé qu’aux femmes dans une société sexiste, c’est probablement qu’il y a une douille. Et si ces mêmes leçons ont fini par disparaitre au profit des cours de techno, c’est sûrement qu’il y a une bonne raison. En effet, vouloir éduquer les femmes avec les travaux d’aiguilles, c’est bien. Les prendre au sérieux via cette même éducation, c’est mieux. Le problème… C’est que ce n’est pas arrivé. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Malgré l’ouverture aux études supérieures pour les jeunes filles, elles n’ont pas été prises au sérieux. Malgré le désir de certaines d’entre elles d’entrer dans les milieux scientifiques via les travaux manuels, elles n’ont pas été prises au sérieux. Pourquoi ? Parce que leur éducation n’avait pas la même teneur que leurs homologues masculins. Et le truc avec les leçons de couture, c’est que c’est aussi un apprentissage de la féminité (on l’a vu dans l’épisode précédent). Sauf que la féminité, elle ne disparait pas quand on sort de l’école pour filles : elle continue à la maison. Heureusement, les petites filles pourront avoir accès dès le début du XXe siècle à un type de littérature bien particulier pour poursuivre leur apprentissage. Ce truc, ce sont les magazines pour fillettes type Bernadette ou La Semaine de Suzette. Ces magazines se font le relais de l’école à la maison et proposent tout plein de travaux manuels pour que les petites progressent en couture. Mais le hic, c’est que les années 1960 arrivent à grand pas et avec elles, c’est un raz-de-marée d’innovations et de changements qui vont arriver en France. L’un des changements qui nous intéresse, c’est la mixité scolaire. L’autre, c’est le consumérisme. Et à votre avis, il arrive quoi aux leçons de travaux d’aiguilles quand on introduit des garçons dans les classes ? Encore une fois, à travers les magazines pour fillettes, on verra le changement qui s’est opéré dans ce qu’on demande aux futures femmes. L’arrivée de garçons dans un espace autrefois féminin a modifié ce qu’on attendait niveau comportement de genre. L’arrivée du consumérisme a modifié ce qu’on demandait aux futures jeunes femmes. Là où avant, elles devaient savoir repriser et tricoter, elles devront désormais savoir acheter et se comporter correctement dans un espace autrefois non mixte. L’Endroit et l’Envers, c’est un podcast féministe avant d’être un podcast d’histoire. C’est donc avec un angle féministe que je vous propose cette analyse historique de l’histoire des femmes. Inllustration : Maudame Montage : Antho Merci à eux de rendre ce podcast vivant ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Les leçons de travaux d'aiguilles servaient à dresser les femmes ? Ecole pour filles, femmes au foyer et "nature féminine"
  3. Feb 9

    Tricot féministe et rebelle : comment le tricot est redevenu populaire

    Comment et pourquoi le tricot est-il redevenu populaire ? Personnellement, j’ai eu honte d’assumer mon tricot en publique pendant des années, jusqu’au jour où j’ai compris que cet artisanat textile était revenu à la mode. Comment ? Tout simplement quand j’ai vu des gens dehors avec le leur ! Dans le premier épisode de l’Endroit et l’Envers, on s’est attaché à comprendre les raisons du désamour des arts du fil. Là on va faire le contraire : on va essayer d’analyser pourquoi le tricot et les autres arts du fil ont pu revenir en force. Ca a été un travail de longue haleine, mais le tricot a fini par être adopté de nouveau, et les années 1990-2000 ont bien aidé. En présentant cet art du fil comme rebelle, la popularité du tricot est remontée en flèche. Parce que quand on montre des filles cools tricoter dans les magazines, c’est que le tricot, ça doit être cool ! Cette pratique va donc être associée à une certaine contre culture de la lenteur dans un monde qui bouge de plus en vite. Les féministes dites de la Troisième Vague vont également se réapproprier le tricot: parce que l'histoire des femmes passe par le textile, elles vont articuler leurs luttes autour d'un tricot féministe, militant et engagé. Mais du coup, pourquoi le tricot a perduré jusqu’à aujourd’hui ? Parce que d’accord, on l’a fait revenir, mais est-ce que ça suffit pour qu’il reste ? Il s’avère qu’en redécouvrant cet art du fil, sa force cachée a pu s’exprimer : il nous aide à tisser un lien social fort avec nos copaines tricoteureuses. Là où ce craft était autrefois nécessaire à notre survie, il peut aujourd'hui exprimer son plein potentiel. En effet, en devenant inutile, le tricot s'est émancipé de l'aspect survie : on n'a plus besoin de savoir tricoter pour passer l'hiver, alors quand on choisit de se faire un pull ou une paire de chaussettes, on est à 100% dans le plaisir. Entre nostalgie et redécouverte féministe, le tricot a plus d’un tour dans son sac, et il nous le prouve encore aujourd’hui ! Alors, toujours ringard, le tricot ? Retrouvez-moi sur Instagram Illustration : Maudame Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    Tricot féministe et rebelle : comment le tricot est redevenu populaire

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Basculez avec moi dans ce podcast politique et féministe sur l’envers des pratiques textiles : tricot politique, crochet féministe, broderie engagée, mais aussi dentelle, tissage, laines, fibres, textiles…. À travers chaque épisode de ce podcast, j’explore les pratiques textiles et leur évolution sociale, politique et culturelle. Car rien n’est anodin : derrière une maille, un point ou un tissage se cachent souvent des siècles de luttes, d’injustices, d’émancipations et de résistances. À chaque épisode, j’analyse ces cultures textiles sous un prisme historique mais aussi profondément politique : la manière dont la société a contrôlé, réduit ou magnifié les savoir-faire textiles en dit long sur la place accordée aux minorités. Les pratiques textiles ont été un terrain d’expression mais aussi un instrument social, un outil de militantisme, un langage silencieux à travers lequel se sont écrites des pages entières de politique, d’art du fil féministe et de création collective. Ici, je mêle récit personnel, recherche, analyse féministe et exploration sensible. Car les arts du fil, c'est aussi politique. Je ne vous propose donc pas un podcast purement neutre, mais plutôt un espace de réflexion, une voix féministe engagée et un pont entre l’endroit et l’envers des pratiques textiles. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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