Les blogues de Mon Credo

Mon Credo

Mon Credo est une plateforme accueillante et inclusive qui te permet d’explorer une foule de sujets en matière de foi et de spiritualité chrétiennes. Ici, on explore, on découvre, on discute, on échange et on fait des rencontres surprenantes… dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans nos blogues, nous abordons des enjeux contemporains depuis le point de vue de la foi et de la spiritualité. Quand les expériences de la vie suscitent la discussion et éveillent la réflexion, Mon Credo offre une perspective unique sur les choses. Découvre comment notre foi peut guider notre compréhension du monde qui nous entoure.

  1. Aug 12

    Une société de plus en plus laïque

    Une société de plus en plus laïque. Un blogue de Marie-Sylvenie Cheri. Notre société a délaissé le religieux pour adopter un modèle plus laïc. Comment l’Église devrait-elle réagir devant cette réalité? Est-ce qu’une société sans religion est synonyme d’échec?  Qu’est-ce que la laïcité? Elle consiste en effet en une compréhension progressive, en Occident, du retrait du divin non seulement des affaires humaines, mais aussi de la nature. Le monde a ainsi pris de plus en plus une consistance propre, consacrant, entre autres, l’autonomie du politique et de la science par rapport à Dieu. Celui-ci n’est plus le fondement de la société. La nature n’est plus soumise au divin. L’Église devant la laïcité Quelle devrait être la réaction de l’Église? Elle fait le constat. Elle reconnait ces changements. Mais cela ne veut pas dire qu’en étant conscient des faits signifie pour autant l’abandon de la transmission de la foi. Être conscient des faits en ce sens signifie que reconnaitre le déclin dans les communautés religieuses. Cependant, l’Église devrait prendre de nouvelles initiatives pour transmettre la foi aux jeunes générations sans s’en remettre à d’autres. L’Église devrait s’engager pleinement dans sa mission d’annoncer l’Évangile par le moyen de la créativité et de l’inventivité dans le domaine de la foi. L’Église doit reconnaitre cette nouvelle possibilité offerte à elle, qui est de redéfinir sa mission par des témoignages et en posant de bonnes actions à de nouvelles manières de faire. Elle doit s’ouvrir à de nouvelle voie, car il est impossible de faire marche arrière ni de regarder en arrière en reproduisant des modèles qui sont échoués et déjà connus. Témoigner dans une société laïque Nous sommes appelés, en tant que communauté chrétienne, à témoigner de la Bonne Nouvelle par nos gestes, nos paroles, notre amour du prochain tout en prenant garde à nos sens du discernement. Nous sommes l’Église, cette communauté enracinée dans la foi chrétienne et qui vit en interaction dans la société. L’une ne va pas sans l’autre. La recherche spirituelle dans notre monde laïque Ne soyez pas dans l’étonnement d’apprendre que les jeunes ont une grande soif de la quête de sens et de l’intérêt pour des questions religieuses et sur la spiritualité au sens large du terme. Transmettre la foi ne signifie pas la transmission d’une doctrine, mais elle se résume dans l’accompagnement, l’écoute et le respect de ce que les jeunes sont en train de vivre actuellement.  L’Église devrait être une Église ouverte et en dialogue avec notre société en tenant compte des préoccupations des gens, en s’engageant par des moyens concrets dans des discussions constructives, et en étant compatissant envers tout le monde sans exception. L’Église doit refléter le modèle de Jésus-Christ dans son ministère. Suivre le Christ dans un monde laïque Humilité et authenticité L’Église n’est pas là pour imposer ses points de vue, mais se concentrer par des actions concrètes et un engagement sincère. Continuer à évangéliser Répandre de la Bonne Nouvelle de façon respectueuse et inclusive en partageant le message de Jésus-Christ tout en ayant du respect pour la diversité des autres croyances et d’autres opinions. S’engager L’Église devrait réagir dans le service et la mission, c’est-à-dire s’engager à trouver des réponses et solutions aux besoins de la communauté. L’Église devrait s’adapter en explorant de nouvelles façons de se connecter avec les gens en utilisant des médias sociaux pour atteindre le monde. Quelques actions concrètes Nous pouvons contribuer au développement des programmes pouvant améliorer les compétences des personnes (jeunes, adultes et aînés) comme des programmes éducatifs, des ateliers de compétences de vie et de la santé. Nous pouvons offrir un service d’accompagnement de de soutien aux aînés, aux jeunes, aux jeunes handicapés. Nous pouvons lancer des initiatives environnementales comme un comité de nettoyage des espaces de nos institutions ou un projet d’aménagement et paysagiste. Pensez-y! Nous pouvons participer à des programmes de banques alimentaires ou autres ressources pouvant aider des personnes en précarité. Un exemple concret J’ai choisi d’aider et de visiter un enfant handicapé en lui faisant de la lecture (y compris des histoires bibliques). Ce petit ne peut pas fréquenter d’autres jeunes dans les communautés religieuses à cause de sa limitation physique. J’ai réalisé qu’en faisant cela que certains locaux de nos communautés ne sont pas adaptés pour recevoir des jeunes avec leur handicap physique. En le visitant, c’est une forme de bonne nouvelle qui va se répandre jusqu’à lui. Et toi, as-tu prévu de faire quelque chose qui contribue à la transmission de la foi chrétienne?

    Une société de plus en plus laïque
  2. Aug 5

    Accueillir l’autre comme Jésus nous accueille vraiment

    Accueillir l’autre comme Jésus nous accueille vraiment. Un blogue de Stéphane Godbout.   Pourquoi, Jésus, tant de divisions? Pourquoi avons de la difficulté à accueillir les personnes différentes?   Le monde que nous habitons est traversé par des lignes de fracture toujours plus visibles : tensions identitaires, rejet de l’étranger, suspicion envers ceux qui ne partagent pas nos croyances ou notre mode de vie. L’immigration est perçue comme une menace. La diversité religieuse ou culturelle, au lieu de susciter le dialogue, devient trop souvent le prétexte à la peur. Et même dans les Églises, on observe des crispations autour de ce qui est "orthodoxe", "vrai", "pur", au détriment de l’accueil. Dans ce climat troublé, une question nous habite : que ferait Jésus aujourd’hui ? Et surtout, que nous demande-t-il de faire, comme disciples ? Les Évangiles nous offrent des réponses profondes. Jésus, tout au long de son ministère, franchit les frontières visibles et invisibles, accueille les exclus, refuse de juger selon les apparences, et annonce un Royaume où l’unité ne naît pas de l’uniformité, mais de l’amour radical. À l’heure où l’intolérance gagne du terrain, l’ouverture n’est pas un luxe : c’est un impératif évangélique. Jésus, un homme qui franchit les frontières Jésus ne reste pas enfermé dans le confort de son groupe d’origine. Il ose aller à la rencontre de ceux que la société tient à distance. Sa rencontre avec la Samaritaine (Jean 4, 1-42) est emblématique : il parle avec une femme, étrangère, d’une autre religion, et lui révèle sa soif spirituelle. Il transgresse les barrières de genre, de religion et de morale, pour honorer en elle une personne à part entière. Il fait de même avec Zachée, un collecteur d’impôts méprisé par son peuple (Luc 19, 1-10). Jésus l’appelle par son nom et entre chez lui. Cela suffit pour que Zachée s’ouvre et change. Et quand il touche un lépreux (Matthieu 8, 1-4), Jésus choisit l’amour plutôt que la Loi qui interdit tout contact. Aujourd’hui encore, ces barrières existent : religieuses, sociales, culturelles, politiques. Et trop souvent, nous les reproduisons dans nos milieux chrétiens, même inconsciemment. Jésus nous enseigne autre chose : voir d’abord en l’autre une personne, un frère ou une sœur en humanité. Une tolérance active et incarnée La tolérance évangélique n’est pas un simple "vivre et laisser vivre". C’est un engagement du cœur, un refus de juger trop vite, une volonté de tendre la main. "Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés" (Matthieu 7, 1-5) : ce n’est pas un appel à relativiser tout, mais à regarder d’abord notre propre fragilité. Le regard de Jésus est toujours empreint de compassion. Rappelez-vous la femme adultère (Jean 8, 1-11). La foule veut la lapider. Jésus, sans nier sa faute, renvoie chacun à son propre cœur : "Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre." Et il conclut : "Moi non plus, je ne te condamne pas." Dans un monde où les jugements tombent rapidement – sur les personnes migrantes, musulmanes, queer, athées, ou simplement différentes – ce récit nous questionne. Quelle est notre première réaction : la pierre ou la parole qui relève ? L’appel de Jésus va plus loin encore : "Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent" (Matthieu 5, 44). L’amour évangélique ne s’arrête pas à nos cercles familiers. Il ose aimer ceux qui nous dérangent, nous menacent même, non pas par naïveté, mais par fidélité au Christ. Une vision du Royaume radicalement inclusive Les paraboles de Jésus dévoilent un Dieu qui bouscule nos logiques humaines. Dans celle du bon Samaritain (Luc 10, 25-37), le vrai "prochain" n’est pas le prêtre ni le religieux, mais l’étranger rejeté. Le Royaume de Dieu se manifeste là où l’amour franchit les murs. Dans la parabole des ouvriers de la dernière heure (Matthieu 20, 1-16), tous reçoivent le même salaire, quelle que soit leur heure d’arrivée. La justice divine n’est pas comptable, elle est gracieuse. Et dans le grand festin (Luc 14, 15-24), les invités initiaux refusent de venir. Le maître invite alors les pauvres, les boiteux, les étrangers, ceux qu’on n’invite jamais. C’est une révolution silencieuse : le Royaume appartient aux oubliés. Aujourd’hui, nos Églises sont parfois tentées de se refermer, d’accueillir "les bons croyants", "ceux qui pensent comme nous". Mais Jésus nous enseigne une hospitalité large, joyeuse, audacieuse. Le Royaume n’est pas un lieu de pureté doctrinale : c’est une table ouverte à tous et à toutes. Ce que cela change pour nous aujourd’hui Face aux crispations, aux peurs, aux discours qui désignent des ennemis partout, que faire comme chrétien·ne ? D’abord, être artisan·e de paix (Matthieu 5, 9). La paix ne se décrète pas, elle se construit dans nos gestes concrets : écouter avant de condamner, aller vers l’autre plutôt que de l’éviter, bâtir des ponts. Ensuite, oser sortir de l’entre-soi religieux. Le témoignage chrétien, ce n’est pas défendre une citadelle, mais vivre une foi incarnée, humble, courageuse. Une foi qui va vers les marges. Enfin, agir. Dans Matthieu 25 (v. 31-46), Jésus nous rappelle que le vrai critère, c’est l’amour en actes : "J’étais étranger, et vous m’avez accueilli." Chaque personne accueillie, respectée, accompagnée, c’est le Christ en personne que nous rencontrons. Et pourtant… est-ce que cela change vraiment quelque chose ? On pourrait se demander : est-ce que tout cela sert à quelque chose? Est-ce que notre accueil, notre ouverture, notre bienveillance ne tombent pas dans le vide ? Est-ce que tendre la main dans un monde dur, ce n’est pas se faire avoir? Jésus aussi a été confronté à cette question. Il a guéri, relevé, pardonné… et on l’a rejeté, trahi, crucifié. Mais il a tenu bon. Parce que chaque geste d’amour est une semence de vie. Parce que le Royaume ne vient pas par la force, mais par la fidélité silencieuse. Aujourd’hui, des gestes discrets changent des vies. Des Églises qui ouvrent leurs portes aux personnes réfugiées. Des communautés qui incluent les personnes LGBTQ+. Des croyants qui s’engagent pour la justice climatique et sociale, au nom de leur foi. Ces gestes, même invisibles aux yeux du monde, ont du poids dans le cœur de Dieu. Et si l’Évangile, justement, était ce refus d’abandonner l’espérance ? Choisir l’ouverture comme acte de foi Dans un monde qui se ferme, choisir l’ouverture est un acte de foi. Pas de faiblesse, mais de courage. Un geste prophétique, à contre-courant, enraciné dans l’Évangile. Car le Christ n’a pas cherché à être protégé. Il s’est donné. Il a ouvert ses bras jusqu’à la croix. Il a accueilli sans condition. Et il nous invite à faire de même. Que nos vies, nos Églises, nos communautés soient des lieux d’accueil et de résistance à la peur. Non pas par idéologie, mais parce que nous croyons à cet amour plus fort que la mort. "Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait" (Matthieu 25, 40).

    Accueillir l’autre comme Jésus nous accueille vraiment
  3. Jul 29

    Être parent aujourd'hui

    Être parent aujourd'hui Un blogue de Marie Sylvenie Cheri.   Il n’y a aucun mode d’emploi officiel dans le monde entier expliquant comme devenir parent. Être parent peut se caractériser de multiples façons.   Qu’est-ce que cela implique? En gros, être des parents assume la responsabilité de prendre soin et d’élever un ou des enfants. Cela comprend le fait de fournir des soins physiques, émotionnels, éducatifs et spirituels et aussi de transmettre des normes et des valeurs sociaux à l’enfant. Être des parents reconnaît aussi le rôle socialement construit et défini par la société et la culture dans lesquelles l’enfant grandit. Par exemple, les parents d’enfants nés en Amérique du Nord, peuvent avoir des attentes différentes selon les contextes culturels et sociaux comparativement aux enfants qui sont nés dans d’autres coins du monde. Être parents au sens le plus large C’est une responsabilité de toutes les personnes qui entretiennent un lien étroit de rapport de ‘’parents à enfants’’ avec un enfant. Ce sont nos grands-parents, nos tantes, nos oncles, nos parrains, nos marraines, et même un étranger en cas d’adoption, des foyers d’accueil, etc.  Le rôle d’être parents peuvent être exercé dans des circonstances données et ceci pour plusieurs raisons. Perspectives bibliques La Bible ne nous dicte pas comment nous devons élever nos enfants, mais il est clair dans certains passages nous trouverons des outils nécessaires pour mieux structurer leur éducation. Elle fournit plusieurs clés sur la façon dont nous devons les élever afin qu’ils grandissent selon le plan divin. Elle conseille sur l’éducation, la protection, la patience et la transmission des valeurs. Nous lisons ceci dans Proverbes 22, 6 : ‘’Éduquer un jeune à mesure de son développement : jamais il ne déviera, même l’âge venu’’. Colossiens 3, 21 : ‘’Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants; vous risqueriez de les décourager’’. Deutéronome 4, 9 : ‘’Garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu … Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils.’’ Ces versets et tant d’autres encore nous donnent des pistes de solutions de la manière dont les parents devraient orienter leurs enfants. Il existe aussi de bons livres qui nous guident en ce sens en accord avec l’aide du Saint-Esprit dans la prière. Qu’est-ce que cela implique? En gros, être des parents assume la responsabilité de prendre soin et d’élever un ou des enfants. Cela comprend le fait de fournir des soins physiques, émotionnels, éducatifs et spirituels et aussi de transmettre des normes et des valeurs sociaux à l’enfant. Être des parents reconnaît aussi le rôle socialement construit et défini par la société et la culture dans lesquelles l’enfant grandit. Par exemple, les parents d’enfants nés en Amérique du Nord, peuvent avoir des attentes différentes selon les contextes culturels et sociaux comparativement aux enfants qui sont nés dans d’autres coins du monde. Être parents au sens le plus large C’est une responsabilité de toutes les personnes qui entretiennent un lien étroit de rapport de ‘’parents à enfants’’ avec un enfant. Ce sont nos grands-parents, nos tantes, nos oncles, nos parrains, nos marraines, et même un étranger en cas d’adoption, des foyers d’accueil, etc.  Le rôle d’être parents peuvent être exercé dans des circonstances données et ceci pour plusieurs raisons. Perspectives bibliques La Bible ne nous dicte pas comment nous devons élever nos enfants, mais il est clair dans certains passages nous trouverons des outils nécessaires pour mieux structurer leur éducation. Elle fournit plusieurs clés sur la façon dont nous devons les élever afin qu’ils grandissent selon le plan divin. Elle conseille sur l’éducation, la protection, la patience et la transmission des valeurs. Nous lisons ceci dans Proverbes 22, 6 : ‘’Éduquer un jeune à mesure de son développement : jamais il ne déviera, même l’âge venu’’. Colossiens 3, 21 : ‘’Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants; vous risqueriez de les décourager’’. Deutéronome 4, 9 : ‘’Garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu … Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils.’’ Ces versets et tant d’autres encore nous donnent des pistes de solutions de la manière dont les parents devraient orienter leurs enfants. Il existe aussi de bons livres qui nous guident en ce sens en accord avec l’aide du Saint-Esprit dans la prière. Travailler en équipe pour ses enfants Je reporte ici ce que Jean, un collègue de travail m’a dit dans son rôle parental. De prime abord, il ne voulait pas avoir d’enfants après son mariage et ceci pour des raisons personnelles. Il trouve que le rôle parental exige trop de responsabilités. Après huit années de mariage, sa femme tombe enceinte et donne naissance à son premier garçon. Au début, il a trouvé cela difficile de gérer le sommeil du bébé. Sa femme et lui devaient trouver des solutions pour résoudre ce problème. Mais il se disait en lui-même que c’est de la responsabilité des parents de veiller sur le bébé et qu’il était de son devoir d’aider sa femme et le nouveau-né dans cette étape. Il a dit qu’être parents exige de grands sacrifices dans les soins. Mais ce rôle lui permet de comprendre l’amour inconditionnel de Dieu pour ses enfants, sa patience envers nous et toutes les bonnes choses qu’il met à notre disposition afin de vivre en harmonie à travers la création.  Prendre soin de nos progénitures c’est préparer des vies pour être des responsables à leur tour pour un monde meilleur. Quoique la tâche puisse paraître assez complexe, l’essentiel, je me sens heureux et content de pouvoir jouir du privilège d’être parent, s’exprime-t-il.  Ma compréhension d’être parents de nos jours C’est à la fois une aventure et un tourbillon d’émotions dans lesquelles se mélangent du bonheur, de la joie et en même temps une certaine inquiétude et de doutes d’un monde en changement constant. C’est la mission la plus importante de la vie quoiqu’il n’existe pas de manuel pour être le parent parfait. Ce que l’on doit savoir c’est que l’enfant n’est pas un adulte. Pour bien grandir, il a besoin d’encadrement, de limites posées pour acquérir de l’autonomie suffisante qui lui permettra de bien s’intégrer dans la société dans laquelle il grandit. Une application pour aujourd’hui Je veux être une adulte qui s’assume dans les soins, le développement et l’éducation d’un monde en accord avec l’amour de Dieu.

    Être parent aujourd'hui
  4. Jul 22

    Le courage dans la Bible

    Le courage dans la Bible. Un blogue de Jean Loignon. Comment la Bible nous parle-t-elle de courage? Et celui de ses héros et héroïnes peut-il nous rejoindre et nous inspirer aujourd’hui?   Voyage parmi les courageux et les courageuses des Écritures Le sujet est vaste et présente une manière d’évidence. Le Premier Testament nous offre en effet une galerie extraordinaire de héros, parfois d’héroïnes (si, si…) qui jalonnent l’histoire d’Israël et de ses relations avec l’Éternel, son Dieu. Or le propre d’un héros n’est-il pas d’être courageux, de dominer sa peur et d’agir malgré le danger ou la souffrance? Et ce, alors que peu de choses ne le prédisposent à relever de tels défis? Les héros de l’Ancien Testament Prenons l’exemple de Jacob, fils d’Isaac, ce roublard invétéré qui se retrouve un jour à la veille de rencontrer Ésaü, son frère jumeau qui a toutes les raisons de lui en vouloir à mort (Genèse 32): Jacob dit sa peur, mais ne défile pas et au bord du gué du Jabboq, il trouvera la force de lutter contre un messager obscur qui lui donnera son nom définitif: Israël. Et son fils Joseph, jeté dans une citerne par ses frères, vendu comme esclave en Égypte, accusé de viol par sa maîtresse et emprisonné, mise sa vie dans sa rencontre avec le Pharaon, dont il élucide les rêves obsessionnels (Genèse 39 à 41). Plus tard, quand empire le sort des Hébreux installés en Égypte, Moïse signifie nettement au Seigneur ses incapacités avant d’accepter sa mission de libérateur et d’aller affronter le Pharaon (Exode 4, 10). Après lui, Josué semble hésiter à entrer dans la Terre promise, puisque le Seigneur doit l’exhorter: Sois fort et courageux, car c’est toi qui vas donner à ce peuple le pays que j’ai juré à ses pères de leur donner… (Josué 1, 6). Et David, tout berger qu’il est, capable de défendre son troupeau contre les lions et les ours, ne lui faut-il pas un sacré courage pour affronter Goliath, le guerrier géant et cuirassé des Philistins? Et nous pourrions rappeler la constance des Juifs persécutés à Babylone, à l’instar des trois jeunes gens jetés dans la fournaise ou de Daniel, autre interprète de visions royales jeté dans une fosse aux lions. Ce courage qui vient de Dieu Comment s’explique ce courage qui anime ces hommes (nous aborderons après le cas des femmes) du Premier Testament? Parce qu’ils s’adressent à Dieu, dans un dialogue montré comme explicite et permanent. Ils ne craignent pas de confesser leurs torts ou leurs faiblesses, Dieu leur répond et ils nouent avec lui une relation de confiance totale : c’est David qui énonce fièrement devant Goliath : Toi, tu viens à moi armé d’une épée, d’une lance et d’un javelot; moi, je viens à toi, armé du nom du Seigneur, le tout puissant, le Dieu d’Israël que tu as défié. Aujourd’hui, même, le Seigneur te remettra entre mes mains, je te frapperai et je te décapiterai… (1 Samuel, 17, 46-47). Le courage des femmes dans la Bible Nous aimons ces histoires qui nous ont bercés parfois depuis l’enfance, mais pouvons-nous nous identifier à ces personnages mythologiques et compter sur cette toute-puissance que leur confère la faveur divine, une toute-puissance dont nous aurions bien besoin pour surmonter nos petites ou grandes difficultés, individuelles et collectives?  Je ne suis pas un héros, chantait Daniel Balavoine, héraut alors de toute une humanité. Il nous faut alors porter notre regard sur d’autres figures, plus discrètes, mais non moins courageuses. Je pense à ces cinq sœurs citées dans le livre des Nombres (27, 1-7): leur père est mort sans héritier mâle et la coutume va les spolier de tout héritage. Mahla, Noa, Hogla, Milka et Tirça ont le courage d’aller dénoncer cette injustice devant Moïse, qui transmet leur demande à Dieu, lequel leur donne raison… Je pense à Rahab, la prostituée de Jéricho qui trahit son peuple en accueillant et protégeant les espions hébreux, parce qu’elle adopte leur Dieu et lui fait une confiance a priori déraisonnable… Un Dieu dont elle a seulement entendu parler (Josué 2, 9-10). Je pense à la reine Esther, qui a toujours caché au roi de Perse son identité juive et qui met en jeu son amour et sa vie pour sauver son peuple d’une persécution imminente. Or, pas une seule fois le livre d’Esther ne mentionne Dieu. Le courage dans le Nouveau Testament Le Nouveau Testament ne fourmille pas de figures héroïques engagées dans des combats épiques; il est fait de personnages ancrés dans le quotidien de leur pays et de leur époque, ce qui nous les rend plus humains et peut-être plus accessibles. Des personnages qui assument leurs faiblesses et leurs contradictions, mais qui témoignent aussi de courage. Et là, nous avons une grande mixité: une femme perpétuellement impure par un dérèglement sanglant ose braver l’interdit et approcher Jésus. Elle pense ne pas avoir le droit de se présenter de face ni de lui parler seulement de toucher son vêtement dans le dos. Et son courage la guérit (Matthieu 9, 20-22). La femme cananéenne de Tyr a le courage de contredire Jésus quand il la rabroue sèchement en la renvoyant à sa condition de païenne, identifiée aux chiens qui mangent sous la table. Et Jésus reconnaît implicitement son erreur et le bien-fondé de la démarche de cette femme restée anonyme (Matthieu 15, 21-28). La Samaritaine est aussi l’exemple d’un courage particulier, de ceux ou celles qui n’ont plus rien à perdre. Elle cumule les exclusions, en tant qu’hérétique, femme et de mauvaise vie. Mais elle engage un dialogue franc avec Jésus qui la conduit à une conversion en celui qu’elle reconnaît alors comme le Christ (Jean 4, 1-42). Le courage de Jésus et de ses disciples Jésus était-il courageux? La question semble saugrenue, pour lui qui, à peine baptisé, tient tête crânement au Diable… Mais son humanité affirmée est au cœur de la relation que Dieu veut renouer avec les femmes et les hommes tels qu’ils sont. Et Jésus, s’il a affronté sereinement Pilate et le Sanhédrin, vacille dans le dur supplice de la croix. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?  Le courage humain n’est pas garanti, il ne dispense pas de la peur ou de la trahison, à l’instar de Pierre le plus fidèle disciple; mais ce courage, s’il est nourri par une foi qui peut douter et qui n’en est que plus authentique, ne disparaît jamais. L’apôtre Paul, embarqué vers Malte dans un navire en perdition où s’entassaient des passagers terrorisés, redonne courage à ces hommes et à ces femmes qui n’avaient probablement jamais entendu parler de Jésus. Il improvise une Cène, rompt le pain et tous, reprenant courage, se sont alimentés à leur tour… (Actes 27, 35-37). Comme nous?

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  5. Jul 15

    La politique et les femmes

    La politique et les femmes. Un blogue de Martine Lacroix   La politique est un monde extrêmement difficile pour les femmes. Que pouvons-nous faire si nous désirons atteindre une forme de parité dans notre société? Comment faire pour valoriser la participation des femmes?   Je ne serai jamais politicienne, mais… Je ponds cette chronique en grignotant mon déjeuner dans un resto de Sorel-Tracy. Traîne près de moi l’hebdomadaire local. À la page 8 des 2 Rives, j’y découvre un article fort intéressant intitulé "Femmes et politique municipale". Ça m’allume! Écueils auxquels font face les femmes en politique Le 6 décembre 2024, j'ai eu le bonheur d'assister au colloque du 25e anniversaire du Groupe Femmes, Politique et Démocratie baptisé Les femmes et la politique: de défis en succès.  Lorsque tu as suffisamment de couilles, oups, pour mettre ton nom sur un bulletin de vote, vaut-il mieux avoir le physique de Taylor Swift ou plutôt celui d’une fille comme les autres? Eh bien, si on pense que tu mériterais d’être élue la plus belle femme du monde par le magazine People, ta crédibilité en politique risque d'en prendre un coup. Assure-toi aussi que ton style vestimentaire réponde adéquatement à l’énigmatique ABC de ce qu’à quoi doit ressembler une politicienne digne de ce nom. L’affaire Cécile Duflot, cela vous dit-il quelque chose? En 2012, cette ministre française a pris la parole dans l'Hémicycle vêtue... d'une robe à fleurs! La pièce vestimentaire laissait-elle entrevoir ce sein que je ne saurais voir? Pas du tout! Était-elle serrée au point que l'on pouvait zieuter cette "touffe de noir Jésus" immortalisée dans une chanson de Léo Ferré? Pourquoi alors huées et moqueries ont-elles fusé dans l’assistance? Devenue symbole du sexisme régnant en politique, la fameuse robe a ensuite volé la vedette lors de l'exposition Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale, événement présenté au Musée des Arts Décoratifs. Jugée incorrecte la tenue de Mme Duflot! L’explication se trouverait-elle dans l’ouvrage S'habiller en politique, les vêtements des femmes au pouvoir 1936-2022?  L’historienne de la mode, Sophie Lemahieu, y suggère que « les femmes sont en permanence soupçonnées de détourner l'attention de leur propos par le biais de leurs vêtements ». Les violences verbales, physiques et sexuelles Les amazones de la politique font-elles face à des problèmes pas mal plus substantiels que les critiques découlant de leurs goûts en matière de fringues? Oui! Lorsqu’une créature baptisée intimidation rôde autour des parlements, assemblées nationales, hôtels de ville et tutti quanti. Le diable dégagerait-il des relents de misogynie? En politique, violences verbales, mais aussi physiques ciblent-elles davantage les politiciennes que leurs collègues masculins? Une chose est certaine, les violences sexuelles, elles, s’orientent principalement vers les femmes. En 2017, le quotidien La Presse nous apprenait que, d’après une enquête journalistique menée par La Presse canadienne, près de deux tiers des répondantes avaient admis « avoir subi une ou plusieurs formes d'inconduite sexuelle, souvent à répétition, dans l'exercice de leurs fonctions d'élues ».  L'un des exemples les plus célèbres demeure celui de Catherine Fournier, aujourd'hui mairesse de Longueuil. En 2017, alors qu'elle était députée de Marie-Victorin, Harold LeBel, son acolyte du Parti québécois, « l'avait embrassée, avait dégrafé son soutien-gorge et lui avait touché les fesses et l'anus » sans son consentement. Le 26 janvier 2023, le politicien déchu fut condamné à une peine de huit mois d'emprisonnement pour agression sexuelle.  La difficulté de retenir les femmes en politiques Ces réalités constituent-elles des obstacles à la rétention des femmes en politique? Étonnamment, selon une étude de l'historien et chargé de cours Alexandre Dumas, ce serait plutôt le sentiment "d'inutilité" qui amènerait les femmes à accrocher leurs patins et à quitter définitivement l'arène politique. Au Québec, l'ex-députée de la CAQ, Claire Samson, n'avait-elle pas eu droit à des critiques cinglantes après avoir déclaré que, en tant que députée, elle s'était sentie aussi utile ... qu'une plante verte! Un projet de loi sur la parité Si les femmes étaient plus nombreuses en politique, la maltraitance à leur égard serait-elle davantage facile à abolir? Lors du colloque mentionné précédemment, un projet de loi sur la parité à l’Assemblée nationale a été évoqué. Le 26 septembre dernier, le Groupe Femmes Politique et Démocratie, en collaboration avec le Conseil du Statut de la femme, revenait à la charge avec l’événement Du droit de vote à la parité, un parcours inachevé. En 2025, doit-on voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide? Parmi les commentaires entendus, on retrouve cette mise en garde à ne pas confondre les termes « avancées » et « acquis ». En ce qui concerne ce sacro-saint plafond de verre, alors que l’on se pète les bretelles en croyant l’avoir « défoncé », il ne serait parfois que « fissuré ». On ne peut non plus évacuer le fait que les politiciennes évoluent actuellement dans un monde créé par des hommes.   S’impliquer dans la vie politique J’en reviens à l’hebdomadaire sorelois cité dans l’introduction de ce texte. Le chroniqueur Denis Marion terminait son article en réitérant que « la société québécoise ne peut se passer d’une représentation équitable des femmes dans les postes de leadership. » Vive les hommes féministes! Je ne serais jamais politicienne, mais il m’arrive quand même de mettre mon grain de sel dans la sphère politique en me pointant au micro d’assemblées municipales afin de poser des questions à celles et ceux qui nous gouvernent. Comme vous le savez, elles sont pratiquement éradiquées ces prières prononcées à voix haute avant les assemblées politiques. Rien ne nous empêche cependant de prier en silence lorsqu’on y assiste. Pourquoi pas ceci? Dieu.e, puissent ces paroles de James Joyce être connues de nos politiques: « Quoi qu’on dise, ce serait bien mieux si le monde était gouverné par les femmes. Vous ne verriez pas les femmes s’entretuer et se massacrer. »

    La politique et les femmes
  6. Jul 8

    La joie de l'été

    La joie de l'été. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery. Peut-on ressentir la présence de Dieu durant les mois d’été? Où est notre vraie joie aujourd’hui ? Dans ce que nous accomplissons, ou dans ce que Dieu accomplit en nous ? Juillet s’épanouit sous nos yeux, vêtu de lumière, de fruits abondants et de fleurs éclatantes. La nature, dans toute sa splendeur, semble nous murmurer que la vie est belle, généreuse, féconde. Et pourtant, en ce temps d’abondance, une question profonde se lève : Où est notre vraie joie aujourd’hui? Dans ce que nous accomplissons… ou dans ce que Dieu accomplit silencieusement en nous? L’été nous pousse à ralentir, à contempler Sous le soleil chaud, la nature est en pleine expression. Les rythmes s’adoucissent, et l’âme à de l’espace pour écouter. C’est le ciel du soir avec les couchers de soleil d’été qui sont de vraies toiles vivantes de rose, de lavande et d’orange. Ce sont les arbres et les fleurs qui atteignent leur splendeur maximale ; chaque feuille, chaque fleur semble raconter une histoire de lumière. Ce sont les insectes, les papillons, les abeilles, même les fourmis : tout un monde en miniature en pleine activité. Ah! Que c’est beau de voir madame Libellule se poser sur une tige près du petit ruisseau de mon jardin en pleine conversation avec la grenouille femelle qui lui demande de se déguerpir. Ah! Ces moments suspendus du reflet de l’eau du lac ou de la piscine : l’eau joue avec la lumière comme une danse silencieuse. Aussi ce sont les bruits de l’été avec le chant des cigales, le souffle du vent dans les branches, le rire lointain d’enfants, le Festival de jazz! Que faire de nous-mêmes? Alors que tout autour de nous porte du fruit, c’est aussi le moment de reconnaître les fruits invisibles que l’Esprit fait mûrir en nous — la patience, la paix, la bonté, la foi. Ce n’est peut-être pas dans nos réussites visibles que se cache la vraie joie, mais dans l’œuvre intérieure de Dieu, dans ce qu’Il transforme en nous sans bruit, dans l’amour qu’Il sème même au cœur de nos sécheresses. Jésus lui-même a prié pour que sa joie soit en nous et que notre joie soit complète (Jean 15 :11 et Jean 17 :13). Cette joie est un fruit de l’Esprit, indépendante des circonstances extérieures. Là où nos efforts atteignent parfois leurs limites, Sa grâce continue de couler comme un ruisseau d’été, rafraîchissant les terres fatiguées de nos cœurs. Que ce mois de juillet ne soit pas seulement rempli de chaleur, mais aussi d’espérance; pas seulement fleuri dans les champs, mais aussi dans nos vies. Accueillons ce temps comme un doux rappel : notre plus grande joie, c’est peut-être de laisser Dieu agir, de Le contempler à l’œuvre, et de Lui faire confiance.

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  7. Jul 2

    Les Béatitudes : promesses qui mettent en chemin

    Les Béatitudes : promesses qui mettent en chemin. Un blogue de Stéphane Godbout Les Béatitudes font partie des paroles les plus connues de Jésus. Pourtant, plusieurs chrétiens et chrétiennes éprouvent beaucoup de difficultés à comprendre et mettre en pratique ces invitations. Une promesse incompréhensible du Christ? Les Béatitudes (Matthieu 5:1-12 et Luc 6:20-22) font partie des paroles les plus connues de Jésus, et pourtant aussi des plus déroutantes. Le parcours catholique romain de ma jeunesse m’a conduit à comprendre les Béatitudes à travers un enseignement moral et d’abdication du genre : ce n’est pas grave si tu es pauvre, car Dieu te dit que tu es heureux de l’être, car Il te promet le Royaume de Dieu à la fin de tes jours. Il s’agissait ainsi d’une promesse incompréhensible du Christ conduisant à une abdication infantilisante. Une affirmation vide de sens à la lumière de la Bonne Nouvelle que Jésus apporte à toute personne cherchant une vie bonne, avec un sens réel. Non, je ne pouvais pas croire que Jésus m’annonçait que j’étais né pour un petit pain, qu’il s’agissait de la volonté de Dieu pour la vie qu’il m’a donnée… et que je devais être heureux de mon sort. À première vue, ces mots allaient à contre-courant de nos aspirations les plus spontanées et légitimes comme personne humaine aimée de Dieu. Toutefois, aujourd’hui, je comprends mieux comment ces mots témoignent de la richesse de l’enseignement de Jésus. Ainsi, le bonheur n’est pas simplement un sentiment de contentement momentané, mais une démarche de transformation intérieure qui conduit à un résultat ou qui oriente vers un but. À ce moment-ci de ma vie de foi, je crois de plus en plus que le malentendu vient de la manière de comprendre le mot « heureux ». « Heureux » : non pas un état, mais un chemin J’ai écouté au cours des dernières semaines, sur Radio VM, une émission archivée où Christiane Cloutier-Dupuis propose un regard neuf sur l’Évangile de Matthieu. Son approche et son enseignement ont beaucoup enrichi ma réflexion et ma méditation sur ce texte énigmatique des Béatitudes. De plus, j’ai lu récemment que dans l’univers biblique, « heureux » ne renvoie pas d’abord à un sentiment de bien-être ou à une réussite visible. Issu d’une racine sémitique, le mot évoque plutôt l’idée d’un chemin juste, d’une vie orientée dans une direction qui conduit vers Dieu. (André Chouraqui, lecture de la racine hébraïque ashrê, reprise dans « Aujourd’hui Credo – L’énigme des Béatitudes », publication de L’Église Unie du Canada.) Ceci a constitué une véritable clé de lecture des textes des Béatitudes qui m’a ouvert sur des enseignements nouveaux et essentiels. Ainsi, être heureux, au sens des Béatitudes, ce n’est pas être arrivé, mais être en route. C’est avancer, parfois lentement, parfois dans la fragilité, mais dans une trajectoire habitée par la promesse. Jésus ne désigne pas des personnes idéales ou exemplaires ; il reconnaît celles et ceux qui marchent. Il nous propose une démarche libératrice qui élève ou qui relève (lorsque nous sommes à plat). Les Béatitudes: une relation vivante avec Dieu La première Béatitude donne le ton : « Heureux les pauvres en esprit ». Je comprends maintenant qu’il ne s’agit pas de se dévaloriser ni de cultiver un manque spirituel. Il s’agit plutôt d’accepter que la vie ne se construit pas dans l’autosuffisance, ou dans la résignation passive de cette pauvreté, mais dans une relation vivante avec Dieu qui nous amène ailleurs, vers la manifestation du Royaume promis. Cette relation n’est ni passive ni infantilisante. Elle relève d’une interdépendance : Dieu appelle, éclaire et donne la force ; l’être humain répond, consent, avance. La foi devient alors une relation en mouvement, profondément incarnée dans le quotidien. Nos pauvretés sont réelles et multiples, mais Jésus nous rappelle qu’elles ne sont pas des finalités. En marchant avec confiance, malgré nos pauvretés, Jésus nous annonce que nous avons pleinement part au Royaume qu’il promet, un Royaume qui nous est accessible. Les Béatitudes: des promesses qui se laissent percevoir Les promesses des Béatitudes — être consolé, rassasié, recevoir miséricorde, voir Dieu, devenir artisan de paix — ne sont ni magiques ni immédiates. Elles se déploient dans le temps, et surtout, elles se laissent percevoir bien avant d’être pleinement accomplies. Par notre baptême, par notre volonté de suivre les enseignements du Christ, nous faisons un choix intentionnel, nous nous engageons dans la direction proposée par Dieu, nous acceptons de travailler concrètement à l’avènement des promesses qui nous sont faites et qui nous sont accessibles. La consolation, par exemple, n’est pas toujours la fin de la souffrance. Elle se manifeste souvent comme une présence qui soutient, une capacité retrouvée de traverser ce qui fait mal, un souffle nouveau au cœur même de l’épreuve. La douleur peut rester, mais elle n’est plus vécue dans une solitude absolue. À terme, cette douleur est souvent appelée à s’apaiser, à se transformer et, même à nous renforcer, à nous offrir une nouvelle sagesse ou de nouvelles compétences humaines. Dieu agit au cœur de la vie Quand nous relisons attentivement les Béatitudes, nous faisons connaissance avec un Dieu qui n’agit pas à distance de l’existence humaine, mais à travers elle. Les promesses peuvent prendre forme par des médiations concrètes, des présences réelles dans nos vies : les événements de la vie, les relations, le temps qui permet la maturation, la vulnérabilité assumée, une parole reçue au bon moment, un apaisement ressenti dans le corps, une force discrète qui permet d’avancer. Très souvent, Dieu se rend présent par les autres ou par ce que la vie nous apporte. Un geste de miséricorde, une écoute attentive, une présence fidèle, une marche en forêt, une méditation près d’un feu, d’une chandelle, une veillée au clair de lune peuvent devenir des lieux où la promesse se fait tangible ou le chemin s’éclaircit. Les Béatitudes sont une inspiration qui éclaire et met en mouvement Ainsi, les promesses des Béatitudes ne sont pas seulement à attendre ; elles inspirent le mouvement. Cette inspiration ouvre naturellement à poser des gestes, mais aussi à discerner, comprendre autrement, percevoir plus clairement la volonté de Dieu dans une situation donnée. Parfois, cette inspiration se manifeste comme une compréhension nouvelle : ce qui semblait absurde devient un peu plus lisible ; ce qui paraissait fermé s’ouvre à une autre interprétation. Comprendre autrement devient déjà une manière d’être consolé, rassasié, relevé. La force d’agir comme un don Dans ce chemin, il est important de reconnaître que la force d’agir sur ce qui est possible est un cadeau de Dieu. Il ne s’agit pas de tout réussir ni de tout réparer. Nous avons la responsabilité de discerner la volonté de Dieu à notre égard, pour ensuite poser le geste juste, à la mesure de ce qui est possible aujourd’hui. Nous ne sommes pas Dieu, mais nous pouvons discerner la volonté de Dieu et nous mettre en route en faisant ce que nous pouvons réellement pour construire le monde meilleur promis. Souvent, cette force divine ne se perçoit pas avant d’agir, mais elle se présente en chemin. En avançant, même avec hésitation, on découvre que l’on est porté par Dieu, qu’Il est présent avec nous sur la route. Un bonheur humble et réel Les Béatitudes ne promettent pas une vie sans tension ni blessure. De telles promesses seraient simplement non réalistes. Nous vivons tous et toutes des tensions, des limites, des manques et des blessures, il s’agit de fatalités de la vie. Toutefois, les béatitudes nous proposent une autre manière d’habiter la réalité : avec confiance, ouverture et persévérance. Le bonheur dont parle Jésus n’est pas euphorique ; il est relationnel, enraciné dans une vie traversée avec Dieu. Il me semble que d’être « heureux », au sens évangélique, c’est accepter d’être en chemin avec Dieu et son peuple. C’est marcher avec des promesses qui se réalisent déjà, humblement, dans les gestes posés, les compréhensions reçues et la force donnée pour avancer, jour après jour. C’est être en mesure de percevoir les promesses lorsqu’elle se réalise. Il y a une grande joie en constatant la générosité divine qui nous est offerte sur le chemin de nos vies, même lorsque la vie que nous avons est difficile et imparfaite. Notre foi, nos pratiques spirituelles, nos communautés, nos familles et amis, nos gestes de bonté et notre capacité de prendre soin de soi et des autres sont des moyens concrets de nous mettre en chemin, d’être heureux, de nous rapprocher ou de vivre plus que jamais dans le Royaume annoncé par le Christ. Ainsi, notre vie spirituelle doit dépasser sa dimension contemplative pour y ajouter des actions concrètes qui nous mettent en route. Elle puise dans des moyens accessibles et relativement simples qui nous amènent à marcher avec confiance, avec soi-même, avec les autres et avec Dieu, sur des chemins prometteurs! Mettez-vous en chemin avec moi, « vous qui maintenant avez faim, car vous serez rassasiés » (Luc, chapitre 6, verset 21) !

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  8. Jun 29

    Dieu face à une atrocité inoubliable

    Dieu face à une atrocité inoubliable. Un blogue de Stéphane Godbout. Devant des atrocités comme l’Holocauste ou la situation à Gaza, comment peut-on continuer à croire en un Dieu qui semble impuissant à stopper les catastrophes humanitaires? Entre silence et espoir Il y a des moments où la foi historique se brise sur la réalité de la vie et de la mort. Face à des scènes de violence et de destruction, à l’agonie des victimes innocentes, c’est une question incontournable : Où est Dieu? Quelle possibilité y a-t-il de croire en Son existence, Sa bonté, ou même Son efficacité quand l’homme sombre dans l’horreur? Aujourd’hui, cette question revient avec force alors que nous entendons parler de la guerre et des souffrances infligées au peuple palestinien de Gaza. Des familles entières sont anéanties, des enfants meurent sous les débris, ils prennent au piège des populations dans une guerre sans fin. Il est difficile, voire impossible, aux personnes croyantes des différentes doctrines ou croyances religieuses de trouver une explication théologique crédible face à l’inaction de Dieu. Et beaucoup, comme jadis à Auschwitz ou Srebrenica, ne peuvent s’empêcher de se demander : Dieu existe-t-Il vraiment? Et s’Il existe, pourquoi est-Il là à regarder les massacres sans rien faire? Le scandale du mal et l’échec des réponses faciles La théologie a longtemps cherché à expliquer l’action et la puissance de Dieu malgré le mal, ou ce que l’on appelle “théodicée”. Il y a eu des efforts pour démontrer que la souffrance est un mystère, un test, fait partie du plan de Seigneur ou résulte de la liberté humaine. Mais face aux cris des victimes, de telles réponses paraissent souvent indécentes. Comment pouvez-vous dire à une mère qui a perdu son enfant sous les décombres que tout cela fait partie d’un plan plus grand? Comment dire à un peuple qui a été décimé que sa souffrance a une raison secrète? L’Holocauste a déjà rendu de telles rationalisations intenables. Certains survivants d’Auschwitz ont même soutenu qu’ils avaient vu leur Dieu mourir dans les camps. Le rabbin Richard Rubenstein a même affirmé que le concept d’un Dieu providentiel est devenu caduc après Auschwitz. D’autres, comme Hans Jonas, ont développé une image de Dieu totalement différente : non plus un maître régnant sur tout, mais un créateur qui, en créant le monde, renonce à l’omnipotence et ne peut désormais que souffrir avec ses créatures, face au mal qui les accable. Maintenant, face à Gaza aujourd’hui, les mêmes dilemmes. Les excuses religieuses ou idéologiques toutes faites sonnent creux. L’énigme du mal est préservée et donc également la question concernant Dieu. Un Dieu inefficace ? Nous avons tendance à penser que Dieu est distant ou qu’Il n’est pas là. Pourquoi Dieu n’a-t-Il pas arrêté les meurtres de masse s’Il est tout-puissant et bon après tout? Cette question est inscrite dans les Psaumes eux-mêmes : « Jusques à quand, Seigneur? » (Ps 13:2). C’est le fil conducteur des Écritures elles-mêmes, de l’angoisse de Job à Jésus sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Mc 15:34). Ces cris de lamentation sont déjà un acte de foi : une reconnaissance que notre croyance en Dieu n’est pas assurance mais combat ou chemin. Certains théologiens nous enseignent que la foi ne nous permet pas de fermer les yeux face au mal, elle nous donne plutôt l’audace d’affronter la rébellion intérieure et le doute de la présence de Dieu. Peut-être que la vraie foi éclot dans un lieu où les illusions cèdent la place, un terrain où l’on cesse d’essayer de défendre Dieu et se contente plutôt de l’appeler — même si cela ressemble à crier dans un désert. Oui, Dieu semble inefficace. Mais devons-nous l’interpréter comme la preuve qu’Il n’existe pas, ou comme une invitation à reconsidérer ce que nous entendons par « Dieu »? Un compagnon dans la souffrance Une façon, transmise par des théologiens comme Jürgen Moltmann et Dietrich Bonhoeffer, est de percevoir Dieu non pas comme le Tout-puissant qui tire les leviers de l’histoire mais comme le compagnon qui souffre avec nous. Le Dieu des chrétiens est crucifié, qui choisit de prendre position aux côtés des êtres humains jusqu’à la fin. Et si c’est le cas, nous voyons que la question n’est plus : « Où est Dieu? » mais plutôt : « Où peut-on trouver Dieu dans toute cette souffrance? » Pour moi, je ne peux pas trouver le Dieu d’amour qui agit dans des explications idéologiques ou théologiques bien ficelées. C’est là, sur les visages des victimes, dans les actions de solidarité, dans les petits actes de résistance au milieu du chaos que je peux le trouver, le voir. Ainsi, Dieu n’est pas impuissant bien qu’Il n’a pas la capacité de faire disparaître la violence de manière miraculeuse. Toutefois, Dieu œuvre d’une autre manière, en inspirant des femmes et des hommes qui refusent de céder à la haine, qui témoignent d’une humanité alternative aimante, forte et engagée pour le bien. Une foi pour aujourd’hui Et le défi est énorme pour nous — protestants, catholiques et bien sûr d’autres traditions. De mon côté, je ne crois plus en un Dieu qui garantit l’ordre du monde, ni en un Dieu qui « envoie » des catastrophes pour nous enseigner. Mais je garde la foi, une foi en un Dieu qui se tient avec les brisés, qui pleure avec eux, et qui nous demande d’être Ses mains et Sa voix. Cela implique bien sûr également le sens des responsabilités et l’esprit de service. Ainsi, si le Seigneur ne « le fait pas pour nous », il nous incombe alors de le faire. La foi n’est pas reddition mais mobilisation. Concernant l’endroit où se trouve Dieu (à Gaza ou ailleurs), nous pouvons nous poser la question : « Où suis-je? Que fais-je pour que le mal ne soit pas le dernier mot? Comment je fais pour ne pas être silencieux ou indifférent? » La parole et le silence de Dieu Mais le silence de Dieu est assourdissant. Nous ne pouvons pas l’éviter. C’est parfois une blessure, une graine de doute dans le terreau de ma foi. Mais ce silence peut aussi être perçu comme un espace préservé pour la liberté humaine. Dieu ne passe pas par la force. Est-ce possible qu’il se serve de la vulnérabilité humaine, de nos faiblesses et de nos misères pour se révéler? Ce n’est pas un réconfort pour nous dans nos malheurs. Mais cela nous permet d’éviter de confondre le Seigneur avec des idoles de puissance et de violence. Peut-être que croire aujourd’hui, ce n’est pas tant croire en un Dieu qui arrête le mal, mais croire en un Dieu qui nous appelle à dire non au mal et à agir pour l’avènement du bien. Cela ne signifie pas attendre une intervention grandiose, mais percevoir une présence discrète, intériorisée, cachée dans l’obscurité de la nuit. C’est peut-être une lueur d’espoir, une lumière au bout du tunnel de la violence et de la haine. Une foi qui a été blessée mais qui vit Finalement, la seule foi possible après Auschwitz et Gaza est une foi blessée. Une foi qui a le courage de douter, qui ose questionner le Seigneur et qui n’a pas peur de le confronter face aux horreurs. Une foi qui ne recherche pas de certitudes, mais qui persiste quand même—parce qu’elle sent que Dieu est présent là, dans la lamentation et la recherche. Il n’est pas une solution universelle et toute puissante, mais au moins Il est une partie de l’équation, celle de la lumière, du courage et de l’espérance. Ainsi, dans des circonstances qui semblent désespérées et noires, mon espoir chrétien se résume ainsi : au cœur même du mal qui se manifeste, il y a une puissance de vie qui résiste et qui peut nous aider à garder espoir, à nous relever, à agir, à nous ressusciter.

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