Travelling ‐ RTS Première

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  1. 17h ago

    Orfeu Negro, Marcel Camus, 1959

    Les sons du carnaval, une descente aux enfer, Orphée et Eurydice, la mort, la vie, lʹamour, et Rio de Janeiro. La Palme dʹor du festival de Cannes 1959, lʹOscars du meilleur film étranger en 1960, est Orfeu Negro, film musical de Marcel Camus sorti en 1959. Il est adapté d'une pièce de Vinícius de Moraes, Orfeu da Conceição montée en 1956 à Rio. Le film, comme la pièce dʹailleurs, est une adaptation du mythe dʹOrphée. Une thématique ancienne, dépoussiérée par des rythmes entêtants, brulée de soleil, grouillante de vie, dans des paysages extraordinaires avec la mer et le Pain de sucre au loin. Orphée, cʹest lʹhistoire dʹun amour absolu, dʹun musicien qui ira jusquʹaux enfers récupérer sa femme. Lʹadaptation du mythe dans les favelas de Rio, dans le cadre du carnaval est une révolution esthétique. Le film suscite lʹenthousiasme de la critique européenne et américaine, tout en soulevant des critiques au Brésil. Tout enchante : le choix des acteurs, non professionnels à lʹexception de Marpessa Dawn, néanmoins débutante dans le métier, le choix dʹune distribution exclusivement noire, saluée comme courageuse, les mélodies, le tourbillon des couleur, les rythmes. Les thèmes du film composés par Luiz Bonfá et Antônio Carlos Jobim deviennent des classiques de jazz. La bossa nova pénètre dans les cœurs, la samba nous invite à danser. Cʹest un véritable tourbillon des sens que propose Marcel Camus. Un film complètement hypnotique sur lequel nous allons poser, presque 70 plus tard, un regard tendre mais lucide, en le replaçant dans son contexte. Il ne nous reste plus à emboiter nos pas dans ceux dʹEurydice et de débarquer à Rio à la veille de carnaval. REFERENCES Jean-Michel Devésa, " Orphée et le carnaval, entre mascarades et parades. Autour d'Orfeu Negro de Marcel Camus. ", dans Penser le carnaval: variations, discours et représentations, Éditions Khartala,, 2010, 311 p. (lire en ligne [archive]), p. 177-193. Jean de Baroncelli, " "Orfeu Negro" "Al Capone" ", Le Monde,ý 22 juin 1959 Jean de Baroncelli, " Nouveau succès français Orfeu Negro ", Le Monde,ý 14 mai 1959

  2. 1d ago

    Zelig, Woody Allen, 1983

    Zelig est un documenteur comme on dit, cʹest-à-dire un faux documentaire, signé Woody Allen, sorti en 1983. Un canular absolument génial, mêlant fausses séquences dʹactualités, photos truquées et un héros unique, Leonard Zelig, un héros en tel manque dʹamour et de reconnaissance quʹil en devient homme caméléon. Quand on le met en présence dʹun obèse, il devient obèse, quand il est face à un psychiatre, il devient psychiatre, quand il est face à un Indien, il devient Indien. Cʹest un cas pour la médecine et la coqueluche des années folles. Le public adore Zelig que lʹon expose comme un phénomène de foire. Sous hypnose, le personnage avoue sa vérité à sa psychiatre, la seule qui pense pouvoir le sauver de ce mal étrange qui le ronge : " Cʹest plus sûr dʹêtre comme les autres. Je veux être aimé ". Une phrase terrible qui fait perdre toute identité au patient pour absorber celle de lʹautre. La dissolution de lʹêtre en quelque sorte. Mais au-delà de la philosophie, Zelig, cʹest une performance technique. Pas gratuite. Un documentaire au service de la psyché de son auteur. On retrouve, dans ce film très personnel, le malaise dʹun homme qui ne parvient pas à trouver sa place dans le monde. Les thèmes de prédilection de Woody Allen sont évoqués : timidité sexuelle, angoisse métaphysique, impuissance créatrice, existentialisme et psychanalyse. Cʹest aussi la manipulation des images qui est abordée. Dès lors, ne tardons plus et intéressons-nous de plus près au cas Zelig comme le Dr. Eudora Fletcher. REFERENCES Woody Allen on the Culture of Mediocrity and Why He Makes Movies (1979) https://www.youtube.com/watch?v=xRNGeJ8nq9Q Woody Allen et la sensation dʹexister https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08329054/woody-allen-et-la-sensation-d-exister LAX, Eric, Entretiens avec Woody Allen, Plon,

  3. 2d ago

    Le loup-garou de Londres (An American Werewolf in London), John Landis, 1981

    c'est un des films de lycanthropes les plus cultes de chez culte. Et cʹest promis, après, vous nʹaurez quʹune envie, hurler à la lune avec les protagonistes de cette histoire. Car le Loup-Garou de Londres, An American Werewolf, réalisé par John Landis en 1981, va faire basculer le mythe du loup-garou dans lʹunivers contemporain, en plein cœur de Londres. Un scénario simple, classique, mais avec un sous-texte interrogatif sur la part de monstruosité qui est en nous et surtout avec des effets spéciaux époustouflants pour lʹépoque. Les maquillages et les effets spéciaux sont dus à Rick Baker, ami de longue date du réalisateur, qui recevra lʹOscar du meilleur maquillage. Une première. A sa sortie, le film marque les esprits. Le film fait peur, mais faire rire à la fois. Tout le monde plébiscite les maquillages. Tout le monde adore le fait quʹil nʹy a pas de magie, de prophétie et que ça se passe ici et maintenant et pas dans les Carpates avec dʹautres monstres qui mangent des paysans. Le loup-garou de Londres, cʹest simplement lʹhistoire de deux pauvres touristes américains qui nʹont pas eu de chance, deux touristes qui font une mauvaise rencontre sur une lande anglaise. Après les Blues Brothers, John Landis sʹamuse à nous faire peur en exploitant les codes du genre, en le dépoussiérant, comme son comparse Joe Dante la même année, mais avec lʹhumour chevillée aux crocs de son loup. REFERENCES Paul Davis, Beware the Moon : The Story of An American Werewolf in London, Dead Mouse Productions Ltd, 2016 John Landis on American Werewolf, FilmSchoolarchive. Rick Baker on "An American Werewolf in London" An American Werewolf London 1981 Extras - Making of The creation Director John Landis, Oscar-winning makeup artist Rick Baker, producer George Folsey, Jr., and actor David Naughton explore the making of "An American Werewolf in London" at the Academy's screening on October 9, 2012 at the Samuel Goldwyn Theater, including a look at the werewolf and Rick Baker sculptures by Mike Hill, as part of the series "A Monstrous Centennial: Universal's Legacy of Horror."

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