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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 2d ago

    SCAF : comment le grand avion de combat européen s'est écrasé avant de décoller

    Le projet franco-germano-espagnol d'avion de combat du futur est officiellement abandonné. Lancé en 2017 avec l'ambition de renforcer la souveraineté européenne, le SCAF devait succéder au Rafale et à l'Eurofighter. Huit ans plus tard, les rivalités industrielles et les divergences stratégiques ont eu raison du programme. C'était l'un des projets industriels les plus ambitieux d'Europe. Le SCAF, pour Système de Combat Aérien du Futur, devait remplacer le Rafale français et l'Eurofighter allemand à l'horizon 2040. Porté par la France, l'Allemagne puis l'Espagne, le programme allait bien au-delà d'un simple avion de chasse : drones d'accompagnement, intelligence artificielle, capteurs connectés et cloud de combat devaient former un véritable système de guerre du futur. Rivalités industrielles et visions opposées Mais derrière l'affichage politique, les tensions n'ont jamais disparu. Dassault Aviation et Airbus Defence se sont affrontés pendant des années sur la gouvernance, le partage des tâches et la propriété intellectuelle. À cela se sont ajoutées des divergences entre les armées française et allemande sur les caractéristiques de l'appareil. Après huit ans de négociations et plus de 3 milliards d'euros déjà engagés dans les études et les démonstrateurs, le programme est abandonné. Un revers majeur pour l'Europe de la défense et un symbole des difficultés européennes à construire ensemble les grands projets stratégiques du XXIe siècle.

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  2. Jun 2

    IA : Anthropic rend son moteur ultra-performant Mythos accessible à l'UE

    On connaissait déjà Claude, mais la start-up américaine Anthropic a développé un nouveau modèle d'IA : Mythos, encore en phase de test. Pensé pour être spécialiste du code, il s'est révélé encore plus performant que ses créateurs ne l'imaginaient, et capable de détecter des failles informatiques jusque-là indétectées à une vitesse et une échelle exceptionnelles.   Ces performances en font un outil extraordinaire mais qui peut se transformer en arme s'il tombe entre de mauvaises mains. Alors, Anthropic a lancé le Project Glasswing avec une cinquantaine d'entreprises partenaires pour tester Mythos. Bruxelles voulait en être, inquiète de ne pas y avoir accès avant sa commercialisation et de ne pas avoir la possibilité de se préparer à d'éventuelles cyberattaques à grande échelle, rapides et automatisées. Anthropic, qui se veut garante d'une IA éthique et morale, a décidé de continuer à développer le Projet Glasswing avec 150 nouveaux partenaires de plus de quinze pays, travaillant dans les secteurs de l'énergie, de l'eau, de la santé, des communications et des équipements. Car les premières failles détectées pourraient toucher jusqu'à 100 millions de personnes et menacer la sécurité des États-Unis et du monde, selon l'entreprise. Elle a donc décidé de pousser les investigations plus loin. Parallèlement, Anthropic a déposé un dossier confidentiel auprès de la SEC pour une entrée en Bourse.

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  3. May 26

    De l’Albanie aux Émirats, l’intelligence artificielle entre au cœur de l’État

    La Cour constitutionnelle albanaise doit se prononcer sur la légalité de la nomination de Diella, Première ministre virtuelle au monde. Derrière ce cas spectaculaire, une tendance de fond se dessine : partout, les États intègrent l’intelligence artificielle dans leurs administrations, avec des promesses d’efficacité, mais aussi des interrogations. La Cour constitutionnelle d’Albanie doit se prononcer sur un cas inédit : celui de Diella, présentée comme la Première ministre virtuelle au monde. Nommée en septembre dernier, cette intelligence artificielle a officiellement pour portefeuille l’IA, avec pour mission d’accélérer la numérisation de l’État et d’améliorer l’accès aux services publics. Mais elle a surtout été présentée par le Premier ministre Edi Rama comme un outil de lutte contre la corruption dans les marchés publics. Avant sa promotion, Diella était une simple assistante administrative : elle aurait eu près d’un million d’interactions et permis de délivrer plus de 36 000 documents administratifs. L’affaire pose une question qui dépasse largement les frontières albanaises : jusqu’où l’IA peut-elle entrer dans le fonctionnement de l’État ? Une administration de plus en plus automatisée Aux États-Unis, les agences fédérales ont recensé plus de 3 600 cas d’usage de l’IA en 2025, contre environ 1 700 l’année précédente. Selon l’OCDE, 67 % des pays membres utilisent déjà l’intelligence artificielle pour améliorer la conception ou la fourniture des services publics. En France, l’outil Albert aide déjà certains agents publics à mieux répondre aux demandes des usagers. Aux Émirats arabes unis, le gouvernement veut aller plus loin encore : transformer 50 % des secteurs, services et opérations de l’État grâce à l’IA agentique d’ici deux ans. Mais plus l’IA entre dans les marchés publics, la fiscalité, la police, la justice ou la défense, plus une question devient centrale : qui décide vraiment, l’administration ou l’algorithme ?

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  4. May 25

    Drones militaires : une alliance européenne pour rattraper le retard

    La Commission européenne lance une alliance des drones avec l'Ukraine pour structurer une filière industrielle européenne. Objectif : produire plus vite, en plus grand nombre, et réduire les dépendances face aux États-Unis, à la Chine, à la Russie ou encore à l'Iran. L'Europe veut changer d'échelle dans les drones militaires. Les entreprises européennes et ukrainiennes du secteur ont jusqu'à lundi soir, 23 h 59, pour se faire connaître auprès de Bruxelles et rejoindre la future alliance européenne des drones. Derrière cette procédure, l'enjeu est stratégique : bâtir une filière européenne capable de produire vite, en nombre, et de façon coordonnée. La guerre en Ukraine a montré le rôle central de ces engins, capables de surveiller un front, guider une frappe, détruire un blindé ou saturer une défense aérienne. Selon le Council on Foreign Relations, l'Ukraine a produit entre 2,5 et 4 millions de drones en 2025, et vise environ 7 millions d'unités en 2026. Produire vite, produire en masse L'Europe dispose déjà d'acteurs prometteurs : Helsing et Quantum Systems en Allemagne, Tekever au Portugal, Delair, Parrot ou Elistair en France, sans oublier Thales, Safran, Leonardo, Airbus ou Rheinmetall. Mais cette industrie reste fragmentée, avec des programmes souvent nationaux et des volumes encore limités. L'exemple des drones iraniens Shahed, utilisés massivement par la Russie en Ukraine, a montré l'efficacité d'armes simples, peu coûteuses et produites en série. Le marché mondial des drones militaires est estimé à un peu plus de 18 milliards de dollars en 2025, selon Fortune Business Insights, dont environ un quart pour l'Europe. Pour Bruxelles, l'enjeu est donc autant industriel que militaire : faire émerger une souveraineté européenne dans les drones et les systèmes anti-drones.

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