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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 19h ago

    Shein : début mouvementé en bourse

    Le géant de l’ultra fast-fashion a perdu jusqu'à près de 10 % lors de ses premiers échanges avant de clôturer finalement la journée à l'équilibre (-0,12 %). Déjà valorisé presque quatre fois moins qu'en 2022, Shein doit désormais convaincre qu’il peut réinventer un modèle fragilisé par la concurrence et les nouvelles réglementations. Shein a fait mardi son entrée à la bourse de Hong Kong, mais l'accueil des investisseurs s'est révélé particulièrement froid. L'action, introduite à 48,56 dollars de Hong Kong, a perdu jusqu'à près de 10 % avant de se reprendre partiellement. Le groupe reste valorisé plus de 26 milliards de dollars, contre près de 100 milliards en 2022 : le roi des prix cassés arrive donc lui-même en bourse à prix cassé. Créé en Chine en 2012, Shein a bâti son succès sur l'analyse instantanée des tendances et la production de vêtements en très petites quantités. La plateforme propose près de 4 700 nouveaux modèles par jour et a connu une croissance spectaculaire pendant le Covid-19, portée notamment par TikTok. Un modèle économique sous pression Après les échecs de ses projets de cotation à New York puis à Londres, Shein a dû se rapprocher de Pékin pour obtenir son entrée en bourse à Hong Kong. Le groupe affronte désormais la concurrence de Temu et TikTok Shop, ainsi que la multiplication des mesures sur les petits colis aux États-Unis et en Europe. En France, un nouveau malus écologique visant l'ultra fast-fashion peut désormais renchérir les produits ou réduire directement les marges de la plateforme. À voir aussiFast-fashion : au cœur de la machine Shein, en Chine Shein a réalisé près de 42 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2025, davantage que Zara mais son bénéfice net a chuté de près de 40 % sur un an. Pour rebondir, le groupe veut devenir une sorte d'Amazon de la mode, accueillant d'autres marques et leur proposant ses usines, sa technologie et son réseau mondial de distribution.

  2. 1d ago

    L’OCS, bouée de sauvetage de la Russie et de l’Iran face aux sanctions

    Réunis à Bichkek, capitale du Kirghizstan, les dirigeants de l’Organisation de coopération de Shanghai veulent renforcer un espace économique moins dépendant de l’Occident. Pour Moscou et Téhéran, le bloc offre des outils permettant d’atténuer, voire de contourner les sanctions. Née il y a vingt-cinq ans pour renforcer la sécurité en Asie centrale, l’OCS a progressivement changé de dimension. Ses dix membres, parmi lesquels la Chine, la Russie, l’Inde et l’Iran, représentent plus de 40 % de la population mondiale et autour de 30 % de l’économie de la planète. Depuis l’adhésion de l’Iran en 2023, l’organisation apparaît de plus en plus comme un refuge pour les économies sanctionnées. Avant le sommet, ses ministres des Affaires étrangères ont d’ailleurs condamné les "mesures coercitives unilatérales", autrement dit les sanctions occidentales. Grâce au poids de la Chine et de l’Inde, Moscou et Téhéran disposent de nouveaux acheteurs, fournisseurs, pays de transit et circuits financiers. Monnaies, banque et nouvelles routes Premier levier : la dédollarisation, avec davantage d’échanges en yuans, en roubles ou en monnaies nationales et le développement de systèmes de paiement alternatifs à SWIFT. La Chine pousse également à la création d’une banque de développement de l’OCS pour financer des infrastructures sans dépendre systématiquement du dollar, du FMI ou de la Banque mondiale. La Russie et l’Iran développent en parallèle le corridor Nord-Sud, long de plus de 7 000 kilomètres, tandis que leurs exportations d’énergie sont réorientées vers la Chine. Ces mécanismes leur permettent de résister, mais l’OCS reste divisée, notamment par la rivalité entre l’Inde et la Chine, et Pékin protège ses grandes banques des sanctions américaines. L’affaire de la banque Misr en montre la limite : Washington veut couper la filiale émiratie de la banque égyptienne du système financier américain, accusées d’avoir traité 1,8 milliard de dollars pour des sociétés potentiellement liées aux réseaux  iraniens.

  3. Aug 12

    Meta face à la justice américaine pour l'addiction des mineurs aux réseaux sociaux

    Meta est jugé à partir de ce mercredi en Californie dans une vaste procédure sur la protection des mineurs. Quatre États américains portent devant la justice les accusations de dizaines d'autres : le groupe aurait notamment conçu Facebook et Instagram pour retenir les jeunes le plus longtemps possible devant leurs écrans. Meta se retrouve une nouvelle fois sur le banc des accusés aux États-Unis. Devant le tribunal fédéral d'Oakland, la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey portent une procédure engagée plus largement par des dizaines d'États américains contre le groupe de Mark Zuckerberg. Meta est notamment accusé d'avoir collecté les données personnelles d'utilisateurs de moins de 13 ans sans véritable consentement parental. Mais les quatre États vont plus loin : ils estiment que Facebook et Instagram ont été délibérément conçus pour favoriser une utilisation compulsive chez les plus jeunes. Défilement infini, vidéos automatiques, notifications, recommandations personnalisées ou "likes" : ces mécanismes permettraient de retenir davantage les adolescents sur les plateformes et donc de leur montrer davantage de publicités. Meta conteste ces accusations et assure avoir renforcé la protection des mineurs. Un procès qui pourrait changer le fonctionnement d'Instagram La sanction financière théorique pourrait atteindre 1 400 milliards de dollars, même si un tel montant paraît très improbable. Le principal danger pour Meta est ailleurs : une condamnation pourrait l'obliger à mieux vérifier l'âge de ses utilisateurs et à modifier certains mécanismes destinés à prolonger le temps passé sur ses applications. L'enjeu dépasse ce seul procès. Meta fait déjà face à des milliers de plaintes de familles et de collectivités ainsi qu'à des procédures impliquant plus de 1 300 établissements scolaires. Une condamnation pourrait donc ouvrir la voie à de nouvelles décisions contre le groupe et remettre en cause une partie de son modèle économique, fondé sur la captation de l'attention.

  4. Aug 11

    Tourisme, croisières, lunettes : le lumineux business de l'éclipse

    L’éclipse solaire de mercredi provoque un véritable boom touristique en Espagne et en Islande. Réservations en hausse, chambres hors de prix, croisières spéciales et millions de lunettes vendues : quelques minutes d’obscurité font déjà tourner un marché très lucratif. Explications. La grande gagnante de cet engouement est l'Espagne, où l'éclipse sera totale sur une bande traversant le nord du pays jusqu'aux Baléares. Selon Amadeus, les réservations de vols vers les aéroports situés sur sa trajectoire progressent de 25 % sur un an. À Bilbao et dans les Asturies, elles ont même plus que quadruplé. Beaucoup de visiteurs viennent spécialement pour l'événement : les séjours de moins de cinq jours augmentent de plus de 50 %. Les prix des hébergements s'envolent Après avoir étudié plus de 5 500 hébergements proposés sur Booking, El País constate que sept établissements sur dix ont augmenté leurs tarifs dans la bande de totalité. À Soria, dans le centre du pays, le prix médian d'une nuit est passé de 116 à 879 euros, et à Leon, dans le Nord, de 59 à 445 euros. L'Islande profite également de cet afflux : la demande de locations de courte durée progresse de 44 % à Reykjavik. Les voyagistes proposent des séjours à plus de 6 000 euros par personne, tandis que des croisiéristes proposent des itinéraires en Méditerranée avec un point de vue unique. Iberia organise même un vol spécial à plus de 10 000 mètres d'altitude à vocation avant tout scientifique et pour illuminer les réseaux sociaux. L'autre marché est celui des lunettes certifiées, indispensables pour observer l'éclipse sans danger. Le fabricant allemand Bresser affirme avoir écoulé plus de 10 millions de paires rien qu'en France. À environ 2,50 euros l'unité, cela représenterait jusqu'à 25 millions d'euros de ventes. Les stocks sont désormais presque épuisés.

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