INTERSTICES

Renaud Soubise

Au fil de l'existence, au gré des circonstances,  il est de ces moments d'expérience du beau où la splendeur de la nature, l'exaltation des sens, la force des sentiments m'atteignent au plus profond. Les pensées et les mots ordinaires font place au silence d'une joie sereine dont le vide n'est pas vide. Il trouve en résonance la parure enseignante de ces morceaux donnés ici en partage. La poésie de la Vie est ce que notre élan nous pousse à Voir et à Sentir en Elle, pour trouver, d'instant en instant, le goût du Renouveau qu'est la Lumière en nous. Renaud Soubise Les choix musicaux et les arrangements sont de Sophie Reymond. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. La chaleur du mystère

    3D AGO

    La chaleur du mystère

    Devenir est peut-être pouvoir apprivoiser l'inconnu. Connaissant le sort que l'humanité réserve à la connaissance, je m'effraie sur la question d'une existence où tout serait connu. Heureusement, une chaleur fraternelle, peut-être même paternelle, et pourquoi pas maternelle ?, une sensation charnelle en tout cas, me rassure aussitôt. Cette image m'apparaît comme aussi impensable que celle d'un contenu quelconque, qui non seulement ne contiendrait rien, mais qui en plus serait sans contenant. Je réalise alors que le mystère de toute chose, de toute nature, est à la fois dans ce qu'elle enveloppe et ce qui l'enveloppe : rien d'autre, en réalité, que ce que, sans cesse, nous cherchons. Puis que l'inconnu existe, tout mystérieux qu'il soit, et que c'est son mystère qui me réchauffe l'existence. Que finalement, je le connais assez pour pouvoir dire que tout ce par quoi je me tiens debout et entreprends ma vie, repose sur le si familier et invisible inconnu. Mon espérance est la vibrante certitude du précieux mystère. Je dois, en mon cœur, le protéger aussi puissamment que lui me protège. Quelques voiles se lèvent puis s'estompent, libérant des parfums, des saveurs dans une mélodie délicate, légère. Vient alors la conscience de l'identité unique du protecteur et du protégé, puis forcément de la primauté de l'Amour sur l'absurdité de la peur. -- Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : ©Ambre - Nils Frahm Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    4 min
  2. Sans rive

    FEB 16

    Sans rive

    L'Éveil au fil du flux de l'innocence L'absence d'espace est l'infini. L'absence de temps est éternelle. Si je suis loin de moi, ce n'est ni d'un micron ni même d'un flash du temps, mais de l'immensité séparant du Réel le lieu de chaque instant. Réel pourtant situé mieux là que nulle part, maintenant que jamais. Le souffle des Pléiades imprime son tempo aux mouvements des astres, à celui des marées et des respirations. Et de si nombreux règnes de nature flamboyante foisonnent de maintes formes et de mille beautés. Chaque particule de gaz, bulle d'air, goutte d'eau se recycle en scellant d'innombrables missions. L'inspir nourrit, avant que l'expir purifie. Devance, le flux qui livre, le reflux qui délivre la liberté subtile du fil de la Vie. Ce qui s'en va, ira et servira ailleurs. Tant que l'air environne et que coule le fleuve, il n'y a ni lieu, ni temps de se sentir perdu. Nul vraiment n'échappe à l'essence de son âme, ni influence, ni change les cycles de son milieu ou même de l'univers. Si redoutable qu'elle soit, la dure loi de la jungle et ses rapports de force se subordonne à l'ordre de collaboration qui régule les sorts et bride les instincts en esprit de service et de haut sacrifice, dans l'inconscient commun du Tout-universel. Parfaite orchestration dont nul ne connaît vraiment la partition. Intuitionnons alors que la clé des portées, sans doute est l'innocence qui délicatement préserve des incidences de tout ce qu'elle n'est pas. Les crêtes qui se dressent par delà nos sentiers, sont nos digues intimes, les reliefs apparents de nos regards posés. S'il est une distance à la Paix véritable de l'île des innocents, c'est seulement franchie au cœur de la conscience, où affluent sans compter les bonnes volontés des âmes fatiguées sur des galères poussées aux vents du libre-arbitre, des pagaies du pardon. Dès l'origine de tout, la Source en abondance de la connaissance est disponible en nous et il ne tient qu'à nous l'élan de faire silence, tout en stabilité et réceptivité, pour trouver constamment nos yeux de l'entendement, afin de dépasser méconnaître à savoir, avant que de connaître en vivant l'expérience, puis intégrer enfin jusqu'à prendre conscience. Voici qui nous oblige sans aucun retour. Responsabilité : le sparadrap têtu, satanément collé à la Vraie Liberté. Nous n'avons pas créé l'Amour qui nous transporte et qui gouverne tout, car il nous constitue. C'est pourquoi soyons cool, puisque coule le fleuve sur une Terre qui tourne, enveloppée d'un ciel à l'azur froid et clair. Sauf à nous orienter dans un contre-courant, à nous aventurer vers les flots turbulents d'une quête d'autrement, vue dans un autre temps. Nous opposer en fait à qui nous sommes pourtant à l'autre extrémité de notre proximité, si grande toutefois. Oui, c'est bien par nos murs, nos clôtures, nos armures, nos peintures et nos voiles que nous nous séparons, parce que nous confondons les verbes Avoir et Être. Avoir la paix, est si loin d'Être en Paix. Car, l'énergie d'avoir attribue l'apparence, l'éphémère et aussi le virtuel. Satisfaction, plaisir, bonheur, en contrepoids de soucis et tourments, regrets et culpabilité. Puis toujours des idées. Cette énergie, vraiment, elle ne sera jamais la Joie d'Être Juste en Paix. Tu grandis et t'éveilles devant ton personnage à t'en émanciper jusqu'à t'en détacher, voyant qu'il n'est pas toi, puisque tu réalises que tu ne peux pas être et celui qui est vu et celui qui le voit. Celui-ci, hâte toi, Oui, hâte-toi, non pas de l'être, ce que tu n'as jamais cessé, mais plutôt de le vivre, comme s'incarne le ciel qui fait fi des nuages. ... Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : ©Max Richter - Dream 3 (in the midst of my life) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    10 min
  3. La mue

    09/17/2025

    La mue

    Je deviens. C’est bien-sûr leur propre tricot d'existence, l'imposture par laquelle chacun s'est lui-même ici réénoncé pour croire survivre et ne pas devenir fou, qui, dans le mental est à la manœuvre, remplaçant en permanence tout ressenti par la pensée qui l'arrange. Mais peu à peu, la vie s'expanse et prend sa place, tourne des pages. Des plis se défont, tandis que les rides se creusent. Je deviens. Il y avait une emprise, un voile, une enveloppe... je ne sais pas comment dire. Je ne l'avais pas devinée, pas sentie. Elle semble avoir toujours été là... Enfin non, sans doute pas. J'ignore depuis quand. Je n'ai aucune idée d'avant... Je n'en avais tout simplement pas conscience. J'invisibilisais sa forme en la confondant avec le fond qu'elle déformait. D'évidence, elle n'en est pas, et à présent je perçois sans elle, une réalité contrastée, toute différente de celle que déjà je comprenais peu. Je n'ai rien fait d'autre que de défaire, sans bien m'en rendre compte. Elle s'est estompée, puis a disparu. Je la connais par différence, dans le creux de son absence. J'ai changé d'état, peut-être de peau. Je n'entendais pas que je l'entendais. C'est son silence que j'entends. Le vide d'elle me connecte à des parfums inconnus, de nouvelles saveurs. Je t'entends. Tu demeures. Or, cela ne frotte plus, ne m'irrite plus. Je peux pleinement être là avec toi, dans cette présence légère et détachée qui n'est plus l'anesthésie imposée me dissociant de ces moments suggérés de ne pas être supportés. Cela s'est défait. J'ai grandi de cette défaite. Elle est ma petite victoire impersonnelle sur l'oubli oublié. Je n'étais pas complétement moi-même. Je suis là. Merci petit tyran. Tu peux continuer d'être toi. Nous pouvons nous aimer. Pardonne-moi, si tu peux. ------------------------------------ Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : ©Schubert - Serenade Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  4. Le cadeau de l'épreuve

    03/31/2025

    Le cadeau de l'épreuve

    Traverser vers grandir. Emporté par la puissance de la reliance, je pense à toi. Puisse ce canal t'aider à relever la tête, à être fière de la grandeur que tu rayonnes et digne de tout ce que tu donnes et reçois, car tu ne reçois jamais rien sans donner, au moins ton accueil. À distance, je m'efforce d'instant en instant d'être avec toi, et je te tiens la main. Puisque tu donnes tant, alors la Vie te rend. Elle est en train de te faire le cadeau de l'épreuve, tout simplement parce qu'elle te fait confiance pour la passer. Tu ne sais plus quand tu as gravi la première marche de l'escalier. Depuis, tu en as déjà tant gravi, le plus souvent dans la grâce de l'insouciance. Il y aura toujours d'autres marches. Chacune est le nouveau pas du « pas à pas » qui est le tien, au rythme de ton potentiel grandissant à l'infini. Je sens qu'il y a cette vérité inscrite dans l'intention première de l'origine de tout : rien, absolument rien, n'advient pour qui ou quoi n'est pas à la hauteur de le traverser. Le défi qui se présente n'a rien de l'apparence. Aucune apparence n'a de réelle substance. Si le besoin réel est d'être nourri, le potentiel réel est cette monnaie dont la face est le goût et le revers la faim. La saveur n'a que la volatilité de l'apparence. Ici, le défi est l'épopée de la suivante marche, le petit pas possible d'après, plus grand pourtant, toujours plus grand, sur le chemin de devenir soi-même. Ce chemin est ta fortune. Bienvenue aux problèmes ! Remettre en mouvement des muscles endormis occasionne crampes et courbatures. C'est la santé de l'âme qui s'éveille. La douleur de la renaissance. Les problèmes sont les tourments utiles de l'éclosion. Celui de la chenille est sa destinée de papillon qui la pousse à quitter sa chrysalide via la rupture lente et sensible des membranes menant au renouveau. La tentation est grande de relâcher les bras et de se résigner à demeurer dans sa coquille. En plus d'être vain, funeste et stérile, cela demanderait le courage inconscient d'une épreuve bien plus grande et bien plus douloureuse que d'aller de l'avant, l'esprit libre et le cœur vaillant. Il en est ainsi. Tu as toute liberté de quitter cette salle pour entrer dans la suivante, mais à mesure que tu attends, les murs se rétrécissent. Cela s'appelle le temps. Il sert la Vérité qui est emplie d'Amour. Quelle que soit ta place, une autre t'attend. Jusqu'à ce que tu te trouves. --- Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : ©Franz Liszt - Rêve d'amour Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    5 min
  5. Nous

    03/10/2025

    Nous

    L'Unicité singulière d'Être Humains, artistes et poètes, voyageurs funambules des fils d'éternité aux crêtes infinies des myriades d'horizons, quels paysages se dessinent de vos graines semées aux vents ? Être est avant, avant Savoir, avant Vouloir et Pouvoir, avant Naître, tout avant et après tout. Savoir, Vouloir, Pouvoir n'ont de sens en dehors d'Être, aucune essence. C'est Être seulement qui sait, veut et peut, Être qui s'ouvre, émet et reçoit. Être suffit et demeure, le premier à l'origine et le dernier au bout que l'expérience révèle. Quels diamants enfouis surgissent et resplendissent de l'assaut des tempêtes d'espérance, d'illusions, de vérité et de néant ? Être est. Être est nous, nous tous, nous tout. Nous ne savons pas qui nous sommes, Être que nous sommes. Nous croyons être ce que nous savons, là où nous sommes ce que nous ne savons pas. Le nous que nous croyons être n'est que la visée portée d'un je qui s'y voit au centre, ignorant qu'il n'y a pas de centre, que le centre est tout, que la vision centrée réduit et sépare de ce qui est infiniment ouvert et grand. Je, vibre de la magnificence d'Être puis projette en ce qui n'est pas. La toute grandeur de Je est la vibration d'Être, rien de ce prétendu « il » ou « elle » personnifié. Être nourrit tout et partout, loin de ce Je centré, agrément oublié d'une approche solitaire qui n'approche rien, ni de soi, ni de toi, ni d'eux, la flamme qui s'éteint où l'énergie s'épuise car passe l'abondance d'où s'éloigne le vrai. Si ici vibre en Je la juste résonnance, laquelle vient là, à toi, présent au diapason, et jusque eux là-bas, tous mus à l'unisson... l'unicité singulière en l'unité des singuliers ne choisit pas le pluriel qu'elle est. Telle est la liberté du bon ordre du Je dans le Nous et du Nous en Étre. Nous, toutes et tous, sommes les zooms avants, arrières, les particules de l'infiniment grand, les étoiles de la galaxie, les rubans des nuées de tous les macrocosmes, les gouttes de l'océan, les grains de sable de la plage, là même où elle s'avère être un désert. Nous sommes l'Amour qui jaillit dans les cœurs, bien au-delà des poitrines et des corps, la petite ou la grande lueur qui brille dans tous les yeux. Derrière les voiles de l'illusion, nous sommes l'espérance réalisée d'être qui nous sommes. --- Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : ©Niccolo Paganini - La campanella Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min
  6. Cheminements

    02/22/2025

    Cheminements

    Par l'esprit funambule du fil du temps qui passe, devenons sagement tout ce qui nous façonne de ce qui nous fascine. L'ouverture régulière au questionnement subtil vient colorer de sens le bout du temps qui passe. Il est tant de moments sans but en apparence, qu'il devient inspirant de sillonner en nous ce qui est essentiel. Aucune seconde ne manque. Chaque fraction mentale, comme chainon cardinal, est le témoin qui passe l'intime de l'infime de l'éternel présent, en cadeau de principe, à la fraction suivante du fil de la Vie, où continuellement nous nous réinventons. Là, le temps oublié, en soi n'est pas perdu. L'empreinte de tout instant vient nourrir l'existence, où ce que nous perdons est bien trop l'occasion d'exercer consciemment notre intense pouvoir qui est le don de vivre ! Ce qui, tout à la fois, féconde l'expérience en la fertilisant, la rend reproductible autant que transmissible. Nos croisières formées de toutes circonstances tressent nos destinées comme s'entrecroisent en nous nos spirales d'ADN. Le premier filament est le soin, que la langue, cocasse, dit prendre pour signifier donner : soin de tout, soin de toi, de Soi, pour agréer, garder et protéger le temps impénétrable, mystérieusement alloué. L'œuvre du second brin, en principe mentor, l'élan et l'acuité, l'intensité vivante d'une conscience d'être se cherchant elle-même, consacre le précieux temps à nous actualiser vers l'idéal du Soi, la version la plus proche du meilleur abouti d'un potentiel sublime, ceci parfois au prix de notables détours que dessine pour nous l'école de la Vie, procurant tôt ou tard, lorsqu'on le réalise, ce qu'est une joie saine et la paix tendre et simple. Connaissons seulement que la saveur ancrée d'une telle potion fait intégralement partie de l'équation. Meilleure version de nous-mêmes, ou bien tout au contraire, la pâle copie dont nous sommes tout aussi capables, en nous illusionnant de leurres édifiants, méandres de décorums dont nous sommes, bien sûr, les seuls architectes et les orchestrateurs, juste par le regard posé sur chaque chose, ou sur chaque personne, fait ou situation. Regard, bien sûr emprunt de toute nos mémoires, néanmoins souverain autant que fondateur. C'est lui à l'origine de nos émotions, de la moindre pensée, de nos élocutions et enfin de nos actes. Tant d'éléments boomerangs qui, en miroir, emplissent l'air immédiat des bulles respirées par nous et tous nos entourages en interdépendances. Regard qui, déjà et toujours, conditionne la suite. Or, si observe et s'exprime en nous une présence qui témoigne si bien de notre façon de voir, c'est qu'un tel regard ainsi vu de la sorte, en fait n'est pas le nôtre, mais la fausse apparence de ce que nous croyons être, là où nous nous cachons l'être ultime que nous sommes, qui voit sans être vu derrière la glace sans tain de l'absolue conscience du perpétuel présent. Voici sans doute pourquoi les sages de toutes traditions nous tannent d'investir pleinement et authentiquement, dans le grand défilé, le temps seul sans durée, celui où épouser l'identité réelle du pouvoir que nous sommes vraiment, de faire que notre Vie soit vivante, à jamais. C'est lorsque le passé ne se laisse couler qu'il faut s'en alarmer. Notre mémoire s'inscrit tout autant dans le corps, dans l'âme et dans l'esprit. Tout ce que maintenant nous faisons du passé fonde les conditions faisant naître au présent ce qui sert le futur. Le passé qui n'a pas pu passer, ce n'est plus du passé, mais du présent qui bloque, turbulent, submergé. Il ne trouve plus ni place ni élan pour aller de l'avant. C'est alors maintenant qu'il reste encore du temps, de reprendre les rênes et fluidifier la vie, d'accepter, réguler (...) --- Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : ©Nocturnes by Chopin Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    10 min
  7. Inspiration

    01/16/2025

    Inspiration

    Hommage à l'ouverture et à la délicatesse. À toi mon amie, petite sœur qui ouvres grand ton cœur aux pièces embuées de leur fraîche éclosion, offrant à chacune d'elles, en parure de naissance, tous les écrins sonores et inspirés qui font nos épisodes. Au début, c'est comme une énergie prégnante et nébuleuse qui cherche à s'exprimer et dont j'ignore beaucoup. Je ferme les yeux et la laisse résonner en moi, afin qu'elle prenne corps et sillonne des mots parfois mal assurés. Un message passe, tout d'abord mystérieux, qui se révèle de locutions, nuances, métaphores et autres paraboles, en un matériau qui finalement habite ma conscience et que j'écris, le plus souvent avec plaisir et pas toujours adroitement ni sans inconfort. Commence alors une relation, qui ne va plus loin qu'avec amour pour l'intention naissante, à accueillir, apprivoiser et à laquelle aussi m'acclimater, afin d'en comprendre et de bien en ingérer et intégrer le sens, et commencer à apprécier la profondeur et les contours de ce qu'elle vient m'apprendre et transmettre. Le texte qui se dessine n'est cependant pas uniquement signifiant, mais aussi et surtout vivant, doté d'une humeur, d'une tonalité émotionnelle qui s'impose dans la séquence d'affinage au cours de laquelle je me sens être autant acteur qu'observateur ouvert et apprenant de la fidélité nouvellement installée qu'il m'inspire, où il se hisse à une hauteur bonifiée de circonstances et de formulations qui lui donnent image et relief, jusqu'à être lisible à haute voix, ce qui le porte en réalisation, encore objet de moult ajustements avant de pouvoir être enregistré, avec la vigilance qui, à nouveau, donne lieu à nombre d'itérations pour le son, le timbre, le rythme et l'intonation. Arrive alors le grand moment de solitude pour moi vivant sa mise au monde, d'en envisager le partage à toi qui n'a pas fait ce voyage et te trouves sans doute surprise par l'angle choisi pour éclairer une vérité dont tu n'attendais généralement ni l'un ni l'autre. Mise en abîme, enseignante une fois de plus, de l'estime que je porte à l'auteur que je deviens, quant à la confiance que j'accorde à la justesse de mon rêve émergeant ainsi au Réel, délicate intimité que je te confie. Ce bébé est en train de naître, mais il n'a toujours pas poussé son premier cri qui va le rendre viable. Cri qui échappe à mon pouvoir tout autant que celui d'un juste né se dérobe au contrôle de sa mère encore suffocante. La viabilité du texte résonne du rythme, des espaces et de la respiration prodigués par le costume d'effets sonores dans lequel, en sage femme sensible et avisée, tu choisis de l'emmailloter : la forme mélodieuse dans laquelle tu le destines à rayonner, bien plus largement que le sens verbal du vécu, de l'énergie et de l'intention dont il provient et dont il est porteur. De texte né dans son plus simple appareil, à présent, le voici revêtu, grâce à toi, de la parure l'élevant au rang de l'œuvre à laquelle il advient, de faire vibrer nos âmes et celles de ceux qui la captent. Merci, Mille Mercis de savoir ainsi t'ouvrir pour comprendre, comprendre pour sentir, sentir pour habiller et parer des épisodes sans quoi nul ne connaîtrait le simple halo de leur éclat. --- Texte déposé ©Renaud Soubise Musique : Youtube ©Musique Fantastique, Musique de Fée et Magie Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    8 min

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Au fil de l'existence, au gré des circonstances,  il est de ces moments d'expérience du beau où la splendeur de la nature, l'exaltation des sens, la force des sentiments m'atteignent au plus profond. Les pensées et les mots ordinaires font place au silence d'une joie sereine dont le vide n'est pas vide. Il trouve en résonance la parure enseignante de ces morceaux donnés ici en partage. La poésie de la Vie est ce que notre élan nous pousse à Voir et à Sentir en Elle, pour trouver, d'instant en instant, le goût du Renouveau qu'est la Lumière en nous. Renaud Soubise Les choix musicaux et les arrangements sont de Sophie Reymond. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.