La dame du CDI

Nathanael

Le gamberge pro max arrive enfin avec un podcast ! Le scroll ne suffisait plus. Ici, on décortique les sujets queer, psycho et socio avec nuance et intensité. Pensées longues, émotions vraies, et questions qui dérangent. Overthinkers et débats bienvenus.

  1. 2d ago

    DIEU DÉTESTE-T-IL LES QUEERS? Ce que disent vraiment les religions

    Est-ce qu’on peut être queer et croyant·e ? 🌈 Peut-on aimer quelqu’un du même sexe, être trans, non-binaire, queer… et continuer à croire, prier, méditer, aller à l’église ou avoir une spiritualité ? Et surtout : que se passe-t-il lorsque notre identité semble entrer en contradiction avec notre foi ? Pour beaucoup de personnes queer, la religion est bien plus qu’une croyance : c’est une famille, une culture, des souvenirs, une communauté. Mais elle peut aussi devenir une source de rejet, de culpabilité ou de honte. Alors faut-il choisir entre être queer et croyant·e ? Dans cet épisode, je croise religion, sociologie, psychologie et pensée queer pour essayer de comprendre ce conflit identitaire. On parlera notamment de Durkheim et de la fonction sociale de la religion, de Tajfel et Turner et de l’identité sociale, de Goffman et du stigmate, du Minority Stress Model d’Ilan Meyer, mais aussi de Judith Butler, James Baldwin et Audre Lorde. On s’intéressera au christianisme et à la théologie queer, mais aussi au bouddhisme, en évitant les raccourcis sur une tradition qui varie énormément selon les écoles et les cultures. Et puis il y a Rābiʿa al-ʿAdawiyya, mystique soufie du VIIIᵉ siècle, à qui la tradition attribue une histoire magnifique : elle aurait parcouru Bassora avec une torche et un seau d’eau, voulant brûler le Paradis et éteindre l’Enfer. Pourquoi ? Pour que les humains cessent d’aimer Dieu uniquement par peur du châtiment ou désir de récompense. Et qu’ils puissent aimer Dieu… simplement pour Dieu. Une histoire qui pose finalement une question très queer : que reste-t-il de notre foi lorsqu’on enlève la peur, la honte et le besoin de validation ? 📚 Références Sociologie & psychologie • Émile Durkheim — Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912) : religion, collectif et appartenance. • Henri Tajfel & John Turner — An Integrative Theory of Intergroup Conflict (1979) : théorie de l’identité sociale et appartenance aux groupes. • Erving Goffman — Stigma (1963) : stigmate, dissimulation et gestion de son identité. • Ilan H. Meyer — “Prejudice, Social Stress, and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations” (2003) : Minority Stress Model et effets de la stigmatisation sur les personnes LGBTQ+. Pensée queer & littérature • Judith Butler — Gender Trouble (1990) : normes de genre et construction sociale des identités. • James Baldwin — Go Tell It on the Mountain (1953) : religion, désir, culpabilité et identité. • Audre Lorde — Sister Outsider (1984) : identité, sexualité, féminisme et rapports de pouvoir. • Ocean Vuong — On Earth We’re Briefly Gorgeous (2019) : identité queer, famille, héritage et transmission. Religion & spiritualité • Ray Buckner — “Buddhism and Sexuality”, Routledge Encyclopedia of Philosophy (2023) : diversité des traditions bouddhistes et rapports à la sexualité. • Margaret Smith — Rabi’a the Mystic and Her Fellow-Saints in Islam (1928) : l’une des études classiques sur Rābiʿa al-ʿAdawiyya. • Farīd al-Dīn ʿAṭṭār — Tadhkirat al-Awliyāʾ : source majeure des récits hagiographiques autour de Rābiʿa, notamment l’histoire de la torche et du seau d’eau. • Pew Research Center — Religion and Spirituality among LGBT Americans (2025) : données récentes sur religion, spiritualité et personnes LGBT aux États-Unis. J’ai volontairement laissé de côté l’islam, le judaïsme, la Santería, le Candomblé, l’hindouisme, les traditions autochtones et d’autres spiritualités : ce sont des sujets suffisamment vastes pour mériter chacun un épisode. 🎧 La Dame du CDI, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau Et vous : peut-on être queer et croyant·e ? 🌈

  2. Aug 14

    EP27 : obsédés par les muscles

    Pourquoi sommes-nous devenus obsédés par notre corps ? C’est une question que je me pose de plus en plus. Pourquoi avons-nous autant de mal à être en paix avec notre apparence ? Pourquoi avons-nous l’impression qu’il faut toujours être plus musclé, plus sec, plus mince ou plus beau ? Pourquoi notre corps semble-t-il être devenu un projet permanent plutôt qu’un simple endroit où vivre ? La musculation. Les réseaux sociaux. Les troubles alimentaires. La bigorexie. L’image de soi. Les standards de beauté. Les applications de rencontre. L’estime de soi. Pourquoi est-il devenu si difficile d’habiter son corps sans vouloir constamment le modifier ? Et surtout : Est-ce que prendre soin de son corps est vraiment la même chose que vouloir le transformer à tout prix ? Dans cet épisode, j’essaie de comprendre comment la psychologie, la sociologie, les réseaux sociaux et mon expérience personnelle peuvent nous aider à repenser notre rapport au corps. Parce qu’aujourd’hui, nous sommes exposés chaque jour à des centaines de physiques idéalisés. On compare notre corps à des personnes soigneusement sélectionnées, entraînées, parfois retouchées, parfois sous produits dopants. Et sans même nous en rendre compte, notre définition du « corps normal » change. Mais cette pression n’est pas vécue de la même manière par tout le monde. Les recherches montrent notamment que les hommes gays présentent, en moyenne, un risque plus élevé d’insatisfaction corporelle, de troubles du comportement alimentaire et de dysmorphie musculaire que les hommes hétérosexuels. On va parler de la place qu’occupe aujourd’hui l’apparence dans nos vies, de la musculation, des réseaux sociaux, des standards de beauté, des troubles alimentaires, de la bigorexie, mais aussi de ce que la salle m’a réellement apporté. Et si le problème n’était pas la musculation… Mais la relation que nous entretenons avec notre corps ? Dans cet épisode, je parle : • De mon propre parcours avec la musculation • De mes troubles du comportement alimentaire et de mon rapport à l’alimentation • De la différence entre prendre soin de son corps et chercher à réparer une insatisfaction permanente • De l’influence d’Instagram, TikTok et des applications de rencontre sur notre image corporelle • De l’évolution des standards de beauté masculins • De la bigorexie et de la dysmorphie musculaire • De la place particulière qu’occupe le corps dans la communauté gay • De ce que la salle m’a apporté : confiance, discipline, rencontres et santé • De la thérapie et de la manière dont elle m’aide à reconstruire mon estime de moi • D’une question essentielle : et si notre corps devait être le véhicule de notre vie plutôt que notre projet de vie ? Des références culturelles et scientifiques qui traversent cet épisode : • Les travaux de Thomas F. Cash sur l’image corporelle • Les recherches de Viren Swami sur les standards de beauté et l’insatisfaction corporelle • Les travaux de Roberto Olivardia sur la dysmorphie musculaire • Les méta-analyses de Jason M. Nagata et de ses collaborateurs sur les troubles alimentaires chez les hommes et les minorités sexuelles • Les recherches de J. Kevin Thompson sur l’influence des médias et la comparaison sociale • Les travaux de la psychologue Brené Brown sur la honte et la vulnérabilité Sources principales qui m’ont accompagné dans cet épisode : • Thomas F. Cash — Body Image: A Handbook of Science, Practice, and Prevention • Roberto Olivardia — Recherches sur la dysmorphie musculaire • Jason M. Nagata et al. — Études sur les troubles alimentaires chez les hommes et les minorités sexuelles • J. Kevin Thompson et al. — Sociocultural Theory of Body Image • Viren Swami — The Psychology of Physical Attraction • American Psychiatric Association — DSM-5-TR (dysmorphie corporelle) 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  3. Jul 23

    EP26 : travail et LGBT

    Pourquoi le travail est-il devenu le centre de nos vies ? C’est une question que je me pose de plus en plus. Pourquoi avons-nous autant de mal à nous arrêter ? Pourquoi culpabilise-t-on lorsqu’on ne produit rien ? Pourquoi notre métier semble-t-il être devenu la première chose qui nous définit ? La réussite. La productivité. L’ambition. Le burn-out. La passion. Le capitalisme. Le repos. La performance. Pourquoi avons-nous autant de difficultés à exister en dehors de notre travail ? Et surtout : Est-ce que le travail est simplement un moyen de gagner sa vie ? Ou est-il devenu la principale façon de mesurer notre valeur en tant qu’êtres humains ? Dans cet épisode, j’essaie de comprendre comment la philosophie, la sociologie, l’histoire et mon expérience personnelle peuvent nous aider à repenser notre rapport au travail. Parce qu’aujourd’hui, on ne nous demande plus seulement de travailler. On nous demande d’être passionnés. D’être performants. D’être disponibles. D’optimiser chaque minute de notre journée. Et lorsque l’on ne produit plus, on finit parfois par avoir l’impression de ne plus être assez. Mais cette pression n’est pas vécue de la même manière par tout le monde. Car pour de nombreuses personnes LGBTQIA+, le travail est aussi un lieu où il faut parfois cacher une partie de soi, choisir ce que l’on dit, ce que l’on tait, et composer avec des discriminations encore bien réelles. On va parler de la place du travail dans nos sociétés, de la quête permanente de productivité, de la difficulté à se reposer, de l’aliénation, du sens que l’on donne à nos carrières, mais aussi des discriminations que vivent encore les personnes queer dans le monde professionnel. Et si le problème n’était pas le travail lui-même… Mais la place que nous avons décidé de lui donner dans nos vies ? Dans cet épisode, je parle : • De mon propre rapport au travail et de la difficulté à décrocher • De l’origine (souvent débattue) du mot « travail » et du mythe du tripalium • De la manière dont notre métier est devenu une partie de notre identité • De la culture de la performance et de l’hyperproductivité • De la culpabilité liée au repos et au fait de « ne rien faire » • Des réflexions de Hannah Arendt sur le travail, l’œuvre et l’action • De l’aliénation du travail chez Karl Marx • De la manière dont les réseaux sociaux renforcent notre rapport à la productivité • Du vécu des personnes LGBTQIA+ dans le monde professionnel • Du coming out au travail et de la charge mentale qu’il peut représenter • Des discriminations, des micro-agressions et du rainbow washing Des références culturelles et intellectuelles qui traversent cet épisode : • La Condition de l’homme moderne de Hannah Arendt • Les écrits de Karl Marx sur l’aliénation du travail • Le Droit à la paresse de Paul Lafargue • B******t Jobs de David Graeber • Les recherches d’Irving Goffman sur l’identité et la présentation de soi • Les travaux de l’Organisation internationale du Travail sur les discriminations envers les personnes LGBTQIA+ • Les études de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) sur les discriminations LGBTIQ • Les recherches sur le stress minoritaire d’Ilan H. Meyer Sources principales qui m’ont accompagné dans cet épisode : • Hannah Arendt — La Condition de l’homme moderne • Karl Marx — Manuscrits de 1844 • Paul Lafargue — Le Droit à la paresse • David Graeber — B******t Jobs • Ilan H. Meyer — Minority Stress and Mental Health in Gay Men • Organisation internationale du Travail (OIT) — Inclusion of LGBTIQ+ Persons in the World of Work • Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) — LGBTIQ Equality at a Crossroads • Eurofound — Working life experiences of LGBT people and initiatives to tackle discrimination 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  4. Jul 21

    EP25 : être seul

    Pourquoi est-ce qu’on a autant peur d’être seuls aujourd’hui ? J’ai commencé à me poser cette question en réalisant un truc simple : je ne supportais plus le silence. Le vrai silence. Pas de musique. Pas de notifications. Pas d’écran. Pas de conversation pour remplir le vide. Et dès que ce moment arrivait… je fuyais. Un téléphone. Une vidéo. Un message. N’importe quoi pour éviter de rester seul avec moi-même. Dans cet épisode, je parle de notre incapacité moderne à être seuls. De cette génération constamment stimulée, constamment distraite, constamment connectée… mais parfois profondément déconnectée d’elle-même. Je parle aussi de la manière dont on utilise parfois les autres comme distraction émotionnelle. Du besoin d’attention. Du besoin d’être choisi. Du besoin de se sentir aimé pour se sentir exister. Parce qu’au fond, beaucoup de relations aujourd’hui ne naissent pas forcément de l’amour. Mais de la peur du vide. De la peur du silence. De la peur de se retrouver face à soi-même. Et moi le premier. Dans cet épisode, on parle : • De notre dépendance à la stimulation constante • Du rapport au silence et à la solitude • De l’addiction aux écrans et aux notifications • Du besoin d’attention et de validation • De la difficulté à rester seul avec ses pensées • Des relations construites sur le manque plutôt que sur l’amour • De la peur d’être oublié ou non choisi • Du lien entre solitude et identité • De l’idée d’apprendre à être seul avant de chercher à être aimé • De la différence entre être seul et se sentir abandonné • Du fait d’utiliser parfois les autres comme anesthésie émotionnelle • De la difficulté à se rencontrer soi-même dans une époque qui nous distrait en permanence Références évoquées : • Maya Angelou • La phrase : “Fais attention quand une personne nue te propose une chemise.” • Le concept de validation émotionnelle • Les mécanismes modernes de distraction et de surstimulation • Le rapport générationnel aux écrans, au bruit et à l’attention Parce qu’au fond… le problème n’est peut-être pas d’être seuls. Mais de ne plus savoir quoi faire quand on l’est. 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau #podcast #societe #generation #solitude #developpementpersonnel #reflexion #mentalhealth

  5. Jul 17

    EP24 : les kinks

    Pourquoi les cultures kink sont-elles si souvent invisibilisées dans les communautés queer ? Quand on parle des identités LGBTQ+, on parle souvent de droits, de visibilité, de représentation. Mais on parle moins des espaces où beaucoup de personnes queer ont appris à être libres. Les clubs. Les scènes leather. Les backrooms. Les cabarets érotiques. Les cultures fetish. Les nuits queer où le désir devenait parfois une forme de survie. Parce que pendant longtemps, les personnes queer ont dû inventer leurs propres espaces. Des lieux où le corps, le désir et l’identité pouvaient enfin exister sans surveillance permanente. Et pourtant, aujourd’hui encore, les cultures kink restent souvent vues comme quelque chose de honteux, de “trop”, ou d’incompatible avec une image respectable des personnes LGBTQ+. Dans cet épisode, je parle du lien entre cultures queer et cultures kink. De la manière dont certaines sexualités deviennent “acceptables” tandis que d’autres restent marginalisées. Mais aussi de ce que ces espaces ont permis : du lien, du consentement, de la solidarité, de la créativité et parfois simplement… de la liberté. Parce qu’on peut célébrer ces héritages sans réduire toute l’identité queer à la sexualité. Et parce qu’effacer ces cultures-là, ce serait aussi effacer une partie de notre histoire. Dans cet épisode, on parle : • De l’histoire des cultures kink dans les communautés queer • De la culture leather et BDSM • Du lien entre désir, honte et normes sociales • De la notion de respectabilité dans les communautés LGBTQ+ • De la manière dont certaines identités queer ont été invisibilisées pour rendre les autres “acceptables” • De consentement et de liberté • Du rapport entre sexualité, art et performance • De la façon dont les communautés queer ont créé leurs propres espaces de survie • De la différence entre célébrer ces cultures et réduire l’identité queer à elles • De la place du désir dans notre mémoire collective Œuvres et références évoquées : • Le show Fantasma Circus Erotica • Le film Jim Queen • Paris Is Burning • Pose • Cruising • O Fantasma • The Velvet Rage • Thinking Sex de Gayle Rubin • Histoire de la sexualité de Michel Foucault • Tous les silences ne font pas le même bruit de Baptiste Beaulieu • Johnny, est-ce que tu m’aimerais si j’avais une plus grosse b*te ? de Brontez Purnell Alexandre Gaulm Parce qu’au fond, nos désirs ne sont pas toute notre identité. Mais ils font partie de notre histoire. 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau #sociologie #culture #podcast #queer #lgbt #gay

  6. Jul 15

    EP23 : coming out

    Pourquoi le coming out est-il encore présenté comme une étape obligatoire dans les vies LGBTQ+ ? On nous raconte souvent le coming out comme une grande libération. Un moment décisif. Une vérité enfin assumée. Mais la réalité est beaucoup plus complexe. Parce que le coming out n’est pas simplement une annonce. C’est parfois une négociation permanente entre notre vérité, notre sécurité et notre liberté. Dans cet épisode, je parle de mon propre rapport au coming out. Des discriminations que j’ai vécues au travail. De la fatigue de devoir refaire son coming out toute sa vie. Mais aussi de la pression culturelle qui existe autour de la visibilité queer. Parce qu’on grandit souvent avec l’idée que notre histoire doit forcément passer par cette étape. Et si le coming out n’était pas une obligation ? Et si se protéger était parfois la décision la plus courageuse ? Et si couper les ponts avec certaines personnes n’était pas un échec… mais une manière de survivre ? Dans cet épisode, on parle : • Du coming out comme processus permanent • De la différence entre visibilité et sécurité • De la pression sociale autour du coming out • Du fait que certaines personnes LGBT+ ne peuvent pas être visibles sans danger • Des discriminations dans le monde du travail • Du privilège de ne jamais avoir à “annoncer” son identité • De la fatigue du coming out permanent • Du rapport entre identité queer, honte et protection • Du fait que certaines relations familiales deviennent incompatibles avec notre santé mentale • De la manière dont les œuvres queer ont façonné notre vision du coming out • Du fait que les personnes trans vivent souvent des risques et des discriminations encore plus importants Quelques chiffres évoqués dans cet épisode : • Selon le Baromètre LGBTQIA+ 2026 de l’Ifop pour L’Autre Cercle, 37 % des salarié·es LGBTQIA+ déclarent avoir déjà subi une discrimination de la part de leur direction • 36 % déclarent avoir subi des moqueries, agressions verbales ou comportements LGBTphobes dans leur environnement professionnel • Près d’un salarié français sur deux a déjà entendu des propos LGBTphobes au travail • 65 % des personnes trans déclarent avoir subi au moins une discrimination dans leur organisation Parce qu’au fond, le coming out n’est pas une dette que nous avons envers les autres. C’est une liberté. Et comme toutes les libertés, elle nous appartient. 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  7. Jul 7

    EP22 : l’attachement évitant (souvent queer)

    Pourquoi certaines personnes veulent-elles profondément être aimées… tout en prenant leurs distances dès qu’une relation devient sérieuse ? L’attachement évitant est devenu l’un des concepts psychologiques les plus populaires sur les réseaux sociaux. On l’utilise pour parler des personnes qui disparaissent après un moment d’intimité. Celles qui semblent aimer mais gardent toujours une porte de sortie. Celles qui disent avoir besoin d’espace lorsque la relation devient plus profonde. Mais derrière ce terme se cache une réalité beaucoup plus complexe. L’attachement évitant n’est pas une absence de sentiments. C’est souvent une stratégie de protection. Une manière de gérer une proximité émotionnelle qui, pour différentes raisons, a été associée à de l’inconfort, de l’insécurité ou de la peur. Dans cet épisode, j’essaie de comprendre ce que recouvre réellement l’attachement évitant à partir des grands travaux de la psychologie de l’attachement. Mais aussi pourquoi cette question résonne particulièrement dans de nombreuses trajectoires queer. Parce que lorsqu’on grandit en apprenant à cacher une partie de soi, à surveiller ce que l’on montre, à se protéger du regard des autres, la vulnérabilité peut devenir plus difficile à vivre. Et si la peur de l’intimité n’était pas toujours une peur de l’amour ? Et si elle était parfois une peur de ce que l’amour exige : être vu, être connu, être vulnérable ? Dans cet épisode, on parle : • De la théorie de l’attachement de John Bowlby • Des travaux de Mary Ainsworth sur les styles d’attachement • De l’attachement évitant et des stratégies de désactivation émotionnelle • Des recherches de Mario Mikulincer et Phillip Shaver • Du paradoxe entre désir d’intimité et peur de la proximité • Du stress minoritaire chez les personnes LGBTQ+ • De la manière dont la honte, le secret et la visibilité influencent les relations • Des liens entre identité queer et vulnérabilité émotionnelle • De ce que la littérature queer nous apprend sur l’attachement Des œuvres littéraires qui traversent cet épisode : • A Little Life de Hanya Yanagihara • Love in the Big City de Sang Young Park • Garçons de Cristal de Sébastien Theveny • Call Me by Your Name d’André Aciman • Find Me d’André Aciman • Giovanni’s Room de James Baldwin À travers ces récits, on retrouve la même question : Comment construire une intimité stable lorsque l’on a appris à se protéger ? Comment recevoir l’amour lorsque la vulnérabilité semble dangereuse ? Et pourquoi tant de personnages queer semblent-ils osciller entre le désir d’être proches et la peur de l’être vraiment ? Sources principales qui m’ont accompagné dans cet épisode : • Bowlby, J. — Attachment and Loss • Ainsworth, M. D. S. — Patterns of Attachment • Mikulincer, M. & Shaver, P. R. — Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change • Fraley, R. C. — Adult Attachment and Emotional Regulation • Hazan, C. & Shaver, P. — Romantic Love Conceptualized as an Attachment Process • Meyer, I. H. — Minority Stress and Mental Health in Lesbian, Gay, and Bisexual Populations • Pachankis, J. E. — The Psychological Implications of Concealing a Stigmatized Identity Références littéraires : • Yanagihara, H. — A Little Life • Park, S. Y. — Love in the Big City • Theveny, S. — Garçons de Cristal • Aciman, A. — Call Me by Your Name • Aciman, A. — Find Me • Baldwin, J. — Giovanni’s Room 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

  8. Jun 30

    EP21 : l’hypersexualisation

    Pourquoi le sexe prend-il une place aussi centrale dans la culture gay ? C’est une question qui revient constamment. Dans les clichés. Dans les critiques. Mais aussi dans les conversations entre gays eux-mêmes. Grindr. Les hookups. Les catégories top, bottom, vers. Les soirées queer. Le rapport au corps. La musculation. Les IST. Le chemsex. Les couples ouverts. Pourquoi le sexe semble-t-il occuper une place aussi visible dans la culture gay masculine ? Et surtout : Est-ce réellement une obsession sexuelle ? Ou est-ce que le sexe remplit en réalité d’autres fonctions plus profondes ? Dans cet épisode, j’essaie de comprendre comment l’histoire, la psychologie, la sociologie et même la philosophie peuvent éclairer cette question. Parce que pendant longtemps, les homosexuels ont été exclus des institutions qui structurent habituellement les relations : le mariage, la famille, la visibilité publique, la reconnaissance sociale. Et lorsque l’amour n’a pas le droit d’exister au grand jour, ce sont souvent les espaces de désir qui deviennent les premiers lieux de rencontre, de communauté et parfois même de survie. On va parler de stress minoritaire, de Grindr, d’hypersexualisation, de rapport au corps, de masculinité, de troubles alimentaires, de domination et de soumission, mais aussi de la manière dont le désir peut devenir un moyen de chercher de la validation, du lien ou une place dans le monde. Et si le sexe occupait parfois autant d’espace parce qu’il a longtemps dû porter bien plus que le sexe lui-même ? Dans cet épisode, je parle : • De l’histoire de la sexualité homosexuelle et de la clandestinité • De la place du sexe dans la construction des communautés gays • Du concept de stress minoritaire développé par Irving Meyer • De Grindr et de la transformation du désir par les applications • De l’hypersexualisation et de la recherche de validation • Du rapport au corps chez les hommes gays • Des troubles du comportement alimentaire et de la pression esthétique • Des rôles sexuels : top, bottom, vers, dominant, soumis • Du chemsex et de la recherche d’intensité émotionnelle • De la philosophie du désir chez Gilles Deleuze et Félix Guattari • De la question fondamentale : que représente réellement le sexe dans la culture gay ? Des références culturelles et intellectuelles qui traversent cet épisode : • L’Anti-Œdipe de Gilles Deleuze et Félix Guattari • How to Be Gay de David Halperin • Réflexions sur la question gay de Didier Eribon • The Velvet Rage d’Alan Downs • Fellow Travelers de Thomas Mallon • Fellow Travelers (série TV créée par Ron Nyswaner) • Les travaux d’Irving Meyer sur le stress minoritaire • Les recherches contemporaines sur l’image corporelle chez les hommes gays • Les études sur les usages de Grindr et les dynamiques communautaires LGBTQ+ Sources principales qui m’ont accompagné dans cet épisode : • Meyer, I. H. — Minority Stress and Mental Health in Gay Men • Pachankis, J. E. et al. — A Minority Stress–Emotion Regulation Model of Sexual Compulsivity among Highly Sexually Active Gay and Bisexual Men • Bonell, S. et al. — Why Do Queer Men Experience Negative Body Image? • Halperin, D. — How to Be Gay • Eribon, D. — Réflexions sur la question gay • Downs, A. — The Velvet Rage • Deleuze, G. & Guattari, F. — L’Anti-Œdipe • Mallon, T. — Fellow Travelers • Nyswaner, R. — Fellow Travelers (Showtime) • Weeks, J. — Sexuality • Rubin, G. — Thinking Sex: Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality 🎧 Écoute l’épisode complet du podcast La Dame du CDI sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes. 📲 Instagram / TikTok : @Nathanael_rousseau

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