La Relève

La Relève c'est 30 minutes d'interview avec de jeunes talents, un lundi sur deux à 18 heures.

  1. 5D AGO

    Clara Boussion Embraye, Louise (Ed l'Arpenteur)

    L'émission était réalisée par Gustave Aujourd'hui, nous recevions l'écrivaine Clara Boussion (pardon pour le défaut de prononciation) pour son premier roman Embraye, Louise paru aux éditions L'Arpenteur.  Où il a été question de génération, d'une jeune femme mutique, du silence (un luxe mais la panique pour un intervieweur), d'autobiographie, d'Anna Gavalda, des masters de création littéraire, de l'avis des amis, du Havre, de Die Antwoordt, de l'enfer La chronique de début d'émission était consacrée à La chambre de Vilhelm de Tote  Ditlevesen. Mais avant de commencer, vous vous débrouillez comment avec vos ex ?  Rassurez-vous la relève ne se transforme pas en émission de libre antenne ce soir. Cette accroche c’est pour évoquer un des romans les plus singuliers qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps : La chambre de Vilhelm de l’autrice danoise Tove Ditlevesen que l’on découvre en France grâce aux éditions globe qui ont publié son auto biographie romancée en trois tomes.  Je vais essayer de faire simple. LIse et vilhelm se sont aimés. Vilhelm est partie avec une autre femme. Lise qui est écrivaine et donc la narratrice du récit, “décide” aidée par une autre patiente de l’hôpital psy où elle se trouve de passer une petite annonce dans un journal danois de louer la  chambre de son ex  à un homme. D’où le titre du roman la chambre de Vilhelm.Pour faire simple c’est un peu Tinder dans le Danemark des années 70 et la liberté de cette femme se fait remarquer.  Le récit est beaucoup plus complexe et passionnant que le résumé que je viens de faire, car l’autrice véritable intervient dnas le récit, parlant de ses persnnages.. lance des pistes, manie le paradoxe..  J’ai envie de dire que l’autrice ose beaucoup de choses. Par exemple, comme on est chez des gens de lettres : à un moment du récit, le directeur d’un journal lui propose de venir raconter l’histoire de son couple.. et ce récit est des plus étonnants, flirtant avec l’absurde quand l’autrice raconte comment l’opposition à son mari vire à la manipulation infinie de leurs deux psys.  Pour finir je voudrais citer un critique qui a écrit mieux que moi ce qu’on peut dire de ce roman. c’est Claude Grimal sur le site en attendant Nadeau :  « L’expérience déroute et fascine ». C’est très juste : elle déroute parce qu’on est dans un roman du désamour qu’on a déjà lu des dizaines fois et pourtant on ne l’a jamais lu comme ça. Elle fascine parce qu’elle mêle des registres habituellement inconciliables : à la fois inventif, quasi fantaisiste par moments et se terminant dans une tragédie. et c’est finalement d’autant plus glaçant quant don découvre en lisant la quatrième de couverture que l’autrice s’est suicidée un an après la publication de ce roman. Ça s’appelle La chambre de Vilhelm. c’est signé de Tove DIT LEV SEN   et c’est traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen. c’est publié aux éditions Globe Pendant l'émission, on a écouté James Blake I had a dream she took my hand

  2. MAR 9

    Les chemins écarquillés Aurélien Blanchard (Ed Christian Bourgois)

    Image d'illustration : Détail couverture (c) Ed Christian Bourgois ------------------ Durant cette émission merveilleusement réalisée par Pablo, nous recevions Aurélien Blanchard, primo romancier de Les chemins écarquillés (Ed. Christian Bourgois), un roman aussi singulier que passionnant.  Où il a été question du métier d'éditeur, de course-poursuite, des perdants, de l'espoir, de la solitude, de Beckett et de James Bond mais aussi de Kafka, des rencontres, de l'apocalypse, des théories du complot, de l'intelligence et des gens qui comme Vlad sont des "aventuriersde  Pendant l'émission on a écouté Gorillaz feat Mark E Smith Delirium La chronique de début d'émission était consacrée à Lundi c'est loin d'Oisin Mc Kenna aux éditions de l'olivier. Traduit par Olivier Deparis.  Mais avant de commencer, avez vous passé votre week end en vous disant Lundi c’est loin ?  Lundi c’est loin est le titre du roman dont je voudrais maintenant vous parler (et oui c’est le retour de la chronique de début d’émission). Il nous vient d’Irlande qui visiblement de puis le succès de Sally Rooney se spécialise dans les récits de vie sentimentalo sexuelle de jeunes adultes. À moins que ce ne soit un effet des éditeurs qui traduisent des livres qui rappellent ceux de Sally Rooney (je rappelle elle est l’autrice de Normal People, roman et série à succès mondial)..    Revenons à Lundi c’est loin, le premier roman de de Oisin McKenna. Nous sommes en 2019 à Londres et une baleine s’est échouée sur les bords de la Tamise. Elle sera un sujet de conversation de tous les protagonistes de ce roman choral. Ils sont jeunes (plutôt trentenaires) vivent des vies précaires et alors qu’arrive ce week end, ils doiven se retrouver. Pendant 48 heures ils vont se croiser. Tous ou presque sont porteurs d’une nouvelle qu’ils doivent annoncer et qu’ils doivent reporter. On n’en dira pas trop pour ne rien divulgacher.  Le roman est plein d’énergie, alliant deux tonalités pas si simples à marier : il est à la fois très tendre et ironique. Comme dans un plat sucré salé, l’équilibre des deux ingrédients est parfait dans ce livre qu’on a du mal à lâcher… peut être parce qu’il est construit comme une série (il faudra un jour que quelqu'un’ fasse un travail pour montrer comment les séries ont infusé la construction des romans des années 10 20). Je pourrais vous parler des espoirs des uns et des autres, de la difficulté de dire aux gens qu’on les aime et qu’on veut passer le reste de sa vie OU parce qu’on les aime on va les quitter pour qu’ils psuissent enfin vivre leur vie. Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman c’est la qualité du regard de son auteur, qui nous parle du Royaume Uni d’aujourd’hui, de ce que ça veut dire en 2019 d’être né en Irlande et de vivre à Londres. De la manière dont il note par des détails, une montée d’une forme de nationalisme britannique pas très sympathique. ou encore à la croisée du sentiment et de l’observation sociale, un très beau passage qui raconte le désarroi de la mère d’un fils gay et transfue de classe qui ne sait plus quel lire lui acheter depuis qu’il est allé à l’université.. et on sent bien combien cela la rend triste, mais triste.. et rien que pour ça, Oisin McKenna mérite qu’on lise vite son premier roman.  Ça s’appelle Lundi c’est loin de Osin McKenna et c’est traduit par Olivier Deparis aux Editions de l’Olivier

  3. JAN 12

    Louise Hémon (L'engloutie) et Guillaume Marbeck (Nouvelle vague)

    Où il a été question notamment du rôle clé des accessoiristes, de la mise en scène, de la nouvelle vague mais aussi de montagne, de la vie en 1900 et tant d'autres choses. On mentionnera ici la musique d'Emile Sornin dans L'engloutie.. Ou du métier de photographe.  L'émission était réalisée par Pablo dont c'était le grand retour. Pour cette émission, on a reçu une réalisatrice Louise Hémon pour son premier long métrage passionnant : L'engloutie pour lequel elle a obtenu notamment le prix André Bazin et Jean Vigo. et un acteur Guillaume Marbeck - prix de la révélation masculine aux Lumières 2026 brillant interprètre de JL Godard dans Nouvelle Vague, un film de Richard Linkal La chronique de début était consacrée à La récréation est finie de Dario Ferrari (Ed. du sous-sol) Seul le prononcé fait foi comme on dit...  Mais avant de commencer, vous êtes plutôt roman historique ?roman philosophique ? histoire d’amour ou roman de campus ?   Parce que si vous avez retenu une des propositions, vous pouvez lire La récréation est finie, un roman italien paru en septembre dernier  qui est tout cela à la fois et bien plus.  Marcello est un étudiant en lettre qui se retrouve en thèse de lettre un peu par hasard. Son directeur lui impose de travailler sur un écrivain peu connu, terroriste d’extrême gauche mort en prison.  Le roman est d’abord l’histoire hilarante de ce vitteloni moderne.. trentenaire qui ne veut pas reprendre le café paternel, thésard pas très sérieux.. Dario Ferrari, l’auteur, excelle à dépeindre le monde universitaire italien qui ressemble beaucoup au nôtre.. entre luttes d’influences entre pontes, moyens toujours réduits et mesquineries à tous les étages.  Une partie du livre se déroule à la Bibliothèque françois mitterrand et on imagine que l’auteur lui même  docteur a peut être fréquenté ces dalles.  La récréation est finie raconte aussi l’histoire de ce groupe de jeunes qui 50 ans plus tôt ont pris les armes. enfin l’histoire de ce groupe tel que le voit Marcello dans ses recherches. Avant d’y arriver, Ferrari prend le temps d’installer les personnages et si l’issue est tragique, le gang part plutôt comme des amateurs. on trouve par exemple le récit d’un braquage de banque où on ne serait pas surpris de croiser Pierre Richard, l’acteur français spécialiste des rôles de distrait maladroit dans des comédies populaires des années 70. On est tenu en haleine par ce gros livre, qui réserve des surprises et des retournements jusqu’à la fin. La récréation est finie est un roman qui réussit à être drôle et profond, intelligent et joyeux, ce qui avouons le ne court pas les rues..  ça s’appelle La récréation est finie c’est écrit par Dario Ferrari et traduit par Vincent Raynaud et c’est aux éditions du sous sol. Pendant l'émission, on a écouté Noor À tous ces garçons

  4. 12/23/2025

    [Hors série] Johanna Luyssen (Les fragments d'Helene Ed. Julliard) et Arbon (les derniers jours de Harry Yuan Au diable vauvert)

    La relève a eu l'insigne honneur de participer au Hors les murs d'hiver de Radio Campus Paris en direct depuis la cantine pas si loin à Pantin (un super endroit, une super découverte pour nous)  On a reçu Johanna Luyssens, autrice de Les fragments d'Hélène (Ed. Julliard) et Arbon, auteur de Les derniers jours de  Harry Yuan (Ed Au diable vauvert)... deux livres qui peuvent semble différent, mais, qui, avec le recul (oui ben ça va je suis pas rapide.. merci je le savais), visite le passé... celui d'une femme (Hélène Rytmann était son nom) assassinée par son mari, une figure intellectuelle  majeure.. En refermant ce très beau récit, on a envie de parodier Camus et d'imaginer Hélène Rytmann heureuse...avant la tragédie. L'autre s'interroge sur une figure majeure du numérique des années 2000 et de ce qu'il est devenu.. (Arbon assure que Harry Yuan a vraiment existé...) Un roman qui emprunte la voix de la fiction pour peut-être mieux dire le réel.. et qui revient sur 30 ans d'histoire récente.. qui emprunte à la vengeance façon Comte de Monte Cristo J'espère que vous aurez autant de plaisir à l'écouter que nous à la présenter.  L'émission était réalisée par Thomas et présentée avec Mirlö de la nouvelle bouquinerie. Le livre dont il est question est La mer et son double de Julia Lepère aux éditions du sous-sol. Vous pouvez la retrouver en écoutant l'intégrale du Hors les murs..

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