L'Echo du Monde

Le Globeur

Chaque mois, pendant une heure, on vous emmène vous promener sur la planète. On essaye de décrypter, chemin faisant, l’actualité d’un monde qui semble parfois aller trop vite, tourner trop fort, et faire face à des défis trop grands pour lui. Des reportages sur place de nos journalistes en herbe, des chroniques pour zoomer sur un point précis de notre thème, et un entretien, long fleuve tranquille de ce podcast, pour que les idées éclairent le flux parfois sombre d’actualités qui nous parvient et dans lequel il faut faire un tri nécessaire. Bonjour à toutes, bonjour à tous, bonjour aux autres. Je m’appelle Théo, et je vous souhaite la bienvenue dans l'Echo du Monde.

Episodes

  1. 02/06/2021

    Le Portugal, entre élections et Covid

    Des élections présidentielles au milieu d’un confinement … le Portugal l’a fait ! Et le résultat est sans appel : le président sortant Marcelo Rebelo de Sousa a été réélu dès le premier tour. L’extrême-droite et son leader André Ventura réalise cependant une percée historique, mettant fin à l’anomalie portugaise qui jusque-là ne comptait aucun parti d’extrême droite puissant. Alors que le pays lusophone traverse une vague de coronavirus très meurtrière, Le Globeur vous propose une plongée sonore dans le pays de Cristiano Ronaldo. Aujourd’hui, c’est un silence tonitruant qui fait écho jusqu’à nous. Celui qui a suivi la réélection dès le premier tour du président portugais Marcelo Rebelo de Sousa. Point de scènes de liesse dans les rues du Portugal et pour cause. Face à une vague épidémique qui submerge et son système de santé et son économie, le pays lusophone n’a eu d’autre choix que de reconfiner sa population depuis le 15 janvier dernier. C’est donc en plein confinement que se sont tenues, le dimanche 24 janvier, les élections présidentielles. Si elles ont effectivement consacré la réélection du président sans étiquette, elles ont surtout vu la percée d’un candidat populiste d’extrême-droite et l’échec des socialistes, à la tête du gouvernement depuis 2015, à conquérir la présidence. Car oui, depuis plus de 5 ans, le Portugal est dirigé par une coalition de gauches qui cherche à faire porter en Europe sa voix et ses idées, avec le soutien de gouvernement espagnol voisin, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez. Alors que le Portugal prend la tête de l’Union Européenne pour les six mois qui viennent, nous avons voulu nous intéresser à ce pays dont on parle trop peu. Longtemps exemplaire en matière de gestion de la crise sanitaire, le pays fait actuellement, je le disais, face à un rebond épidémique sans précédent. Pour autant, dans les premiers mois de la crise, le Premier Ministre Antonio Costa a pris des décisions très singulières entre régularisation des étrangers sans-papiers pour qu’ils accèdent aux soins et exonération de loyers pour les plus pauvres. Et puis, dans cette plongée au cœur du pays de Cristiano Ronaldo, du fado et du pastel de nata – il en faut pour tout le monde – il est un élément qu’on ne peut pas manquer, au vu de la progression dans les urnes de Chega, le parti d’extrême-droite : Salazar. Si l’homme est moins connu que son confrère espagnol Franco, il a lui aussi mené au Portugal une dictature autoritaire, ultraconservatrice et basée sur le pouvoir militaire. Si son régime s’est évanoui lors de la Révolution des Œillets en 1974, le salazarisme, lui, a profondément marqué le Portugal et son histoire. Pour nous guider dans ce voyage dans les rues de Lisbonne, nous accueillons Cécile Gonçalves, docteure en études politiques à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et spécialiste de l’histoire contemporaine du Portugal. L’Écho du Monde, Saison 2, Episode 4, c’est parti !   Invitée : Cécile Gonçalves, docteure en études politiques à l’EHESS et spécialiste de l’histoire contemporaine portugaise Un podcast préparé par : Justine Grollier, Juliette Soulignac et Théo Uhart. Crédits musicaux : Louis-Henri Weingarten

    Le Portugal, entre élections et Covid
  2. 02/06/2021

    Réfugiés, l’Europe en crise

    Suite et fin de notre bilan de 2020 pour l’UE. Au programme du troisième numéro de la saison de l’Echo du Monde, focus sur la fameuse crise des réfugiés, qui s’est transformée en véritable crise de l’accueil. Décryptage et analyse avec Catherine Wihtol de Wenden, spécialiste des migrations internationales.   Aujourd’hui, c’est un cri de détresse qui fait écho jusqu’à nous. Celui des dizaines de milliers de personnes qui viennent chercher en Europe un brin de confort, une lueur d’espoir, une possibilité de vivre, sans penser à survivre à chaque instant. Ce sont de ces personnes là, dont il sera question, de ces femmes et ces hommes, de ces enfants, qui fuient la guerre, la terreur et le chaos. De celles et ceux qui essaient aussi d’échapper à la misère, à l’autoritarisme, qu’il soit politique ou religieux. Pour ce second volet de notre bilan de l’année 2020 pour l’Union Européenne, nous voulions faire le bilan de ce que l’on appelle depuis 2015 la crise migratoire. Cette union qui semble continuer à faire rêver, au moins celles et ceux qui n’y habitent pas, et qui voient en elle un refuge, l’assurance d’un futur qui ne pourra être que plus paisible, plus enviable, plus vivable que leur présent et leur passé. Les chiffres, nous les connaissons. Ils ont été en 2015 plus d’un million à passer illégalement la frontière de l’UE selon l’agence Frontex, qui gère les frontières extérieures de Schengen. Ils n’étaient plus que 100 000 environ l’an passé. Difficile dès lors, alors que l’Union Européenne compte plus de 400 millions d’habitants, de parler d’une vague migratoire qui risque de submerger le vieux continent. Surtout que, derrière les chiffres, ce sont surtout des espoirs par milliers qui se fracassent sur les portes fermées de l’Union Européenne. Ce sont des gens, jeunes et moins jeunes, qui viennent chercher en Europe ce qui a fait un temps sa grandeur : son attachement aux libertés individuelles, au droit de chacun, à la protection de toutes et tous par l’État. Cette crise n’est pas seulement identitaire, économique ou politique pour l’Union. Elle est aussi humaine. Car pendant que les dirigeantes et dirigeants s’atermoient et se chamaillent pour savoir qui accueillera combien de personnes et qui voudra bien, dans sa grande mansuétude, accueillir le bateau d’une ONG, des personnes, différentes de nous par leur simple lieu de naissance, continuent de périr dans la méditerranée. Pour nombre d’entre eux, la ruée vers l’espoir se transforme en un tragique cauchemar où les passeurs sont rois et les bateaux fragiles. 5000 personnes ont perdu la vie en 2016 en tentant de traverser la Méditerranée.  Où en est-on aujourd’hui de ces crises qui pressent les réfugiés et les migrants à partir ? Qu’en est-il de l’Union Européenne et de sa gestion de cette question, tant à l’intérieur de ses frontières qu’à l’extérieur ? Et comment le coronavirus a-t-il affecté les camps de migrants que l’on a vu grandir sans agir en Italie, en Grèce ou à Calais ? L’Écho du Monde, saison 2, épisode 3, c’est parti ! Invitée : Catherine Wihtol de Wenden, enseignante à Sciences Po Paris, directrice de recherche émerite au CNRS, spécialiste internationale des migrations Préparation du podcast : Joan Bienaimé, Manon Dejean, Justine Grollier, Juliette Soulignac, Théo Uhart Montage et présentation : Théo Uhart

    Réfugiés, l’Europe en crise
  3. 02/06/2021

    Un bilan de l’UE en 2020

    On tire le portrait de 2020 dans l’Union Européenne en deux numéros. Au programme aujourd’hui : droits et libertés, gestion de la crise sanitaire par l’UE et perspectives après le départ d’Angela Merkel l’année prochaine. Pour nous aider à y voir plus clair, on accueille Dorota Dakowska, professeure de science politique à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste des questions européennes.   Aujourd’hui, c’est une cacophonie qui fait écho jusqu’à nous. De celle qui ressort d’une salle où vingt-sept personnes essaient de se mettre d’accord. Ça crie, ça s’invective, ça débat et ça pinaille. Mettons maintenant que ces vingt-sept personnes représentent chacune plusieurs millions de personnes. Car oui, aujourd’hui, l’Écho du Monde vous plonge dans le chaos de l’Union Européenne et des discussions à 27. On ne le sait que trop bien : l’UE est une machine difficile à comprendre de l’extérieur. Et pour cause : les instances sont nombreuses, ne résultent pas toujours d’élections directes et demandent temps et patience pour rendre une décision, puisque celles-ci doivent toujours être le fruit d’une négociation, d’un compromis. Depuis la création de l’Union Européenne en 1993, celle-ci n’a fait que s’élargir et se renforcer. S’élargir au Sud d’abord, au Nord ensuite, à l’Est enfin. Se renforcer avec des transferts de compétences de plus en plus importants, l’affirmation de la Cour de Justice de l’Union Européenne ou encore l’adoption de plusieurs textes visant à garantir la protection des droits fondamentaux. Mais surtout, l’Union Européenne est mise à mal depuis plusieurs années par cette illisibilité, qui profite aux partis eurosceptiques un peu partout dans l’Union. Alors que le monde traverse l’une des plus importantes crises contemporaines avec la pandémie de covid-19, au Globeur, on a voulu vous faire le bilan de 2020 pour l’Union Européenne. Un bilan en deux parties, car ce ne sont pas les sujets qui manquent. Aujourd’hui, on va parler droits et libertés, gestion de la crise sanitaire et départ d’Angela Merkel. Et le mois prochain, on s’attardera sur un sujet dont on ne parle plus beaucoup : la crise des réfugiés. Si l’attention médiatique est retombée, les réfugiés sont encore nombreuses et nombreux à venir chercher en Europe un refuge, même s’ils se heurtent souvent à un mur. L’Écho du Monde, Saison 2, Épisode 2, c’est parti !   Invitée : Dorota Dakowska, professeure de science politique à l’Université Lumière Lyon 2 Chroniques : Manon Dejean, Justine Grollier, Juliette Soulignac Présentation et montage : Théo Uhart

    Un bilan de l’UE en 2020
  4. 02/06/2021

    La liberté de la presse en crise

    La liberté de la presse va mal. Ce sont les conclusions du rapport 2020 qu’a publié Reporters Sans Frontière sur l’état de la presse dans le monde. Partout, les journalistes subissent des pressions, quand ils et elles ne sont pas emprisonnés ou assassinés. Partout, la presse est muselée, et la liberté de la presse menacée. Pour le retour de l’Echo du Monde, on fait le point sur la presse mondiale avec le président de RSF, Pierre Haski. Aujourd’hui, c’est une petite musique qui fait écho jusqu’à nous. Une musique qui monte, lentement, sûrement depuis quelques mois en Europe, et dans le monde occidental. Cette musique hurle Fake News en face des journalistes, jettent des micros par terre quand ce n’est pas directement les journalistes qui sont frappés. On fait des lois pour lutter contre les fake-news qui viennent un peu plus comprimer le droit des journalistes à nous informer, on étend le secret des affaires ou encore, tout récemment en France avec le schéma national du maintien de l’ordre, on indique clairement que tout journaliste qui refuse de se disperser après les sommations policières pourra être interpellé comme n’importe quel autre manifestant, alors qu’il fait son travail. Et tout ceci n’est encore que la partie soft des nombreuses exactions commises contre les journalistes. Depuis le début de l’année 2020, 25 d’entre eux sont morts, et plus de 200 sont toujours emprisonnés dans le monde. La Chine et la Turquie font la course à qui emprisonnera le plus de journalistes quand le pouvoir algérien envoie sous les verrous Khaled Drareni, et fait de lui un symbole pour que les autres se tiennent à carreau. Partout, dans les dictatures et les démocraties, dans les régimes autoritaires et ceux plus libéraux, l’étau se resserre autour de la presse libre, pourtant pilier essentiel d’une démocratie vivante. Alors aujourd’hui, l’Echo du Monde voulait prendre le temps de faire un point sur l’état de la liberté de la presse en 2020, autour du globe. D’autant que comme le souligne Reporters Sans Frontières, la pandémie de covid-19 a contribué à resserrer un peu plus les chaînes qui entravent l’exercice du métier de journaliste. Reporters Sans Frontières, c’est une ONG qui se bat depuis 1985 pour que la liberté de la presse progresse, et que se réduise le terrible bilan annuel des journalistes assassinés parce que journalistes. L’ONG publie chaque année un classement mondial de la liberté de la presse, qui classe les pays et départage bons et mauvais élèves. Elle a constaté une détérioration globale de la liberté de la presse dans le monde, et l’augmentation du nombre de pays situés dans la zone noire du classement. Pour en parler, nous recevons le président du Conseil d’Administration de Reporters Sans Frontières, Pierre Haski. Longtemps correspondant pour Libération en Chine ou à Jérusalem, le journaliste est désormais le spécialiste international de la matinale de France Inter.  Invité: Pierre Haski, président de Reporters sans frontières

    La liberté de la presse en crise
  5. 02/06/2021

    L’Australie face aux incendies

    Aujourd’hui, c’est un bruit terrible qui fait écho jusqu’à nous. Celui des flammes qui détruisent sur leur passage la flore unique des forêts tropicales australiennes. Celui des incendies qui ont ravagé la faune australienne pendant six mois, entre septembre 2019 et mars 2020. Les scientifiques s’accordent toutes et tous pour le dire : c’est la pire saison des feux en Australie depuis des décennies. Et le bilan est dramatique : plus d’un milliard d’animaux et insectes tués par l’incendie, 33 victimes humaines directes et plusieurs centaines de personnes touchées par des problèmes respiratoires, et 20% des forêts australiennes réduites en cendres. Ces forêts principalement situées en Nouvelle Galles du Sud ne brûlent pas, ou très peu habituellement : ce sont les forêts tropicales australiennes, par définition très humides. Contrairement aux espaces arides d’Australie, habitués aux passages des feux et prompts à se régénérer rapidement, il est probable que ces forêts ne puissent pas se renouveler. Plusieurs dizaines d’espèces menacées se sont ainsi rapprochées inéluctablement de leur extinction. Face à cette catastrophe naturelle, dont l’ampleur est à mettre sur le compte du réchauffement climatique, les responsables politiques australiens sont apparus peu concernés. Le Primer Ministre Scott Morrison est arrivé au pouvoir en 2018, sur un programme assurément climatosceptique. Il a tardé à réagir aux incendies et a mis encore plus du temps avant d’admettre publiquement que ces incendies étaient à rapprocher du réchauffement climatique. Dans la population, les soutiens au mouvement écologiste étaient peu nombreux avant les incendies mais la catastrophe a changé la donne. Pour parler de l’Australie et de cette terrible saison des feux, nous accueillerons deux invités. Le premier est biologiste et directeur de recherches au CNRS, la seconde est politiste à l’université de Sidney. Avec le premier, nous reviendrons sur les conséquences de ces incendies sur les écosystèmes locaux et sur le changement climatique global. A l’aide de la seconde, nous analyserons les conséquences politiques des incendies et l’action du gouvernement Morrison lors de la crise. L’Echo du Monde, saison 1, épisode 2 : c’est parti ! Invité·es : Philippe Grandcolas, biologiste et directeur de recherche au CNRS, et Charlotte Epstein, enseignante-chercheuse à L’Université de Sidney

    L’Australie face aux incendies

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