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Chaque lundi soir, sur lundimatin, une discussion, une rencontre, un débat...

  1. 2D AGO

    Explorer et inventer les mondes postcapitalistes - Jérôme Baschet & Laurent Jeanpierre

    Une légende voudrait qu’à chaque parution d’un nouveau livre critique du capitalisme, un grand patron fasse un AVC. Force est de constater que ce n’est pas le cas et que malgré les millions kilomètres de papier sur lesquelles s’étalent les analyses les plus fines des contradictions les plus obscures du capital, les capitalistes n’ont jamais été en si bonne forme. Et si depuis tout ce temps, nous avions pris le problème à l’envers ? Mondes postcapitalistes propose en tous cas de rouvrir la question révolutionnaire depuis ses fins et leurs moyens à travers plus de 70 chapitres qui sont autant d’entrées : monnaie, État, nucléaire, amour, climat, santé, conflits, échelles, transports, rêves, zoonoses, etc. On arpente, non pas des utopies sirupeuses et réconfortantes, mais des pistes plus ou moins escarpées ou aventureuses vers ce que pourrait être un monde par-delà le capitalisme. Forcément, il s’agit de sortir de l’économie et évidemment de décrocher de l’État mais cela à partir d’une attention méticuleuse à tout ce dont nous avons été dépossédés et qu’il va bien falloir se réapproprier, détourner, démanteler ou saccager ; des gros trucs qui détruisent la planète autant que des réflexes infimes qui pourrissent la vie. À travers 900 pages et grâce à 80 contributeurs et contributrices, on ouvre des portes et on tente d’adéquatement déplier les problèmes que l’on trouve derrière. Inutile d’en attendre des remèdes ou des solutions, les idéologues et leurs fidèles se réconforteront ailleurs, c’est un travail d’enquête et toutes les directions pointées restent à expérimenter, contester, affiner. C’est un ouvrage majeur et potentiellement déterminant pour la suite, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il apparaîtra parfaitement anachronique aux plus résignés.  L’entretien ayant essentiellement porté sur la démarche, son cadrage et sa visée, nous publions en bonus dans l’édition de cette semaine, l’un des chapitres du livre : Animaux rédigé par Pierre-Olivier Dittmar. Cela permettra aux lecteurs et lectrices d’imaginer non seulement les menus que proposeront les cantines après la révolution mais aussi la manière dont Mondes capitalistes a été pensé et composé. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    1h 57m
  2. MAR 24

    Voleurs de poules de tous les pays, unissez-vous! - Ritchy Thibault

    Lorsqu’il avait 14 ans, Ritchy Thibault est allé sur un rond-point, il est devenu l’une des figures du mouvement des Gilets jaunes. Depuis, il a été assistant parlementaire jusqu’à se faire bannir de l’assemblée nationale et congédier par son employeur, passé un nombre incalculable d’heures en cellules de garde à vue, fondé le PEPS , propagé pas mal de Zbeul, animé des émissions sur le web, écrit des articles ainsi que trois livres, et se prépare à affronter dans la joie et la bonne humeur trois procès au tribunal judiciaire de Paris qui l’opposent à la crème de ceux qui nous gouvernent (le président lui-même, évidemment mais aussi Bruno Retailleau ou encore Laurent Nunez). Pour comprendre d’où lui vient une telle énergie et pourquoi elle ne se départ par de beaucoup d’humour, il faut livre son dernier livre :  Voleurs de poules, combattre l’antitsiganisme (Libertalia). Cette irréductibilité au pouvoir autant que cette disposition au coup d’éclat, on ne peut la comprendre qu’à partir du récit historique et éthique qu’il fait de l’antitsiganisme et de la guerre livrée depuis toujours par l’État contres les populations Roms, Sinti, Manouches, Gitans, Yéniches et Voyageurs. Des formes de vie, qu’il a toujours fallu surveiller, contrôler, réduire et même éradiquer tant elles incarnent ce petit caillou dans la chaussure d’une civilisation qui ne peut tolérer qu’elle-même. Cette interview est aussi longue qu’elle est intelligente et drôle ; pour s’y repérer, nous l’avons accompagnée d’un chapitrage qui servira tout autant de sommaire. On y parle de l’antitsiganisme et de son histoire évidemment, mais depuis là découle tout le reste, jusqu’aux stratégies nécessaires et adéquats pour lutter contre l’État et le pouvoir sans jamais en accepter les méthodes, les schémas et les armes. Au reste, il s’agit certainement de l’unique occasion que vous aurez de sauver une poule en achetant un livre. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    2h 51m
  3. MAR 17

    Féminisme, État punitif et figure de la victime - Elsa Deck Marsault

    Dans son dernier livre, La violence en spectacle (La Fabrique), Elsa Deck Marsault reprend le chantier entamé dans le précédent (Faire justice), en l’occurrence, tenter de comprendre comment la question du féminisme se noue avec celle de la justice. Il y a évidemment toute une pensée libérale qui se fait beaucoup de souci pour tous ces pauvres hommes qui pourraient se retrouver injustement mis à l’amende publiquement et sans que leurs soient octroyées les garanties du droit bourgeois. Mais ce n’est pas du tout de cela dont il est question ici. Ce qu’étudie Elsa Deck Marsault, c’est la manière dont le mouvement féministe s’est historiquement rapporté au droit et à l’État, ou plutôt comment un certain féminisme dominant a évacué tout critique de la justice jusqu’à s’en remettre à l’État punitif. Pour cela, l’autrice questionne la construction même de la figure de la victime dans toutes ses ambivalences, à commencer par celle qui consiste à devoir renier toute forme de puissance politique. À la promesse de sécurité qu’elle considère autant comme une illusion que comme un piège, elle propose de substituer une attention collective et des procédures révolutionnaires, — forcément expérimentales —, qui permettent de destituer la justice en préservant le souci de l’autre. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    1h 19m
  4. MAR 10

    Cybernétique et techniques de gouvernement - Ivan Bouchardeau

    En 1966, à la question « Qu’est-ce qui prend la place de la philosophie aujourd’hui ? », Heidegger répondit : « La cybernétique. »  Aujourd’hui nous invitons Ivan Bouchardeau, docteur en philosophie et enseignant à l’Université de Toulouse, pour son livre États d’esprit. Cybernétique et techniques de gouvernement (Champ Vallon). Son travail aborde frontalement la question à laquelle Heidegger répond à la volée. Il se confronte au difficile problème de la définition de la "cybernétique", cette science du contrôle et de la communication, cette "utopie de l’information", ou encore, étymologiquement, cette science du gouvernement (kubernétès, en grec : gouvernail). Dans son livre, Ivan Bouchardeau ne prend pas la cybernétique à la lettre, mais il la prend au sérieux, à la fois comme discours mythique dans les modalités de la science moderne opposant le chaos de l’entropie à l’ordre de l’information, et comme aboutissement de traditions pluriséculaires : pour les uns (Heidegger), la cybernétique venait se substituer à la philosophie en réalisant le Logos grec ; pour d’autres (Musso), elle était l’ultime incarnation de l’esprit depuis que l’idéologie chrétienne d’un dieu fait chair se serait répandu en occident. Pour d’autres encore, la cybernétique était le développement logique, nécessaire, et annoncé par Marx de la division sociale du travail en division cognitive du travail, et de la réification du capital en tant que technologie de la productivité mentale.  On y découvre (ou re-découvre) que la cybernétique ne fut pas qu’une tentative de science ou de mythification et de relance de la modernité après deux guerres mondiales, mais aussi un paradigme de gouvernement, une manière de faire tenir ensemble spontanéité contrôlée et planification douce, voire insensible. Ce paradigme fut mis en oeuvre tant par des socialistes, comme Allende au Chili avec le projet Cybersyn, que par les néo-libéraux qui y virent une méthode pour réaliser la main invisible du marché. Un ouvrage très riche, dont l’un des aspects les plus original est peut-être la mise en évidence du renversement de Heidegger par des apôtres de l’IA qui envisagèrent, il n’y a pas si longtemps, des « IA heideggérienne » dotées de leur être-au-monde. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    1h 17m
  5. FEB 12

    Comment nommer les nouvelles formes de pouvoir - Ian Alan Paul et la société réticulaire

    (Si vous ne comprenez pas l'anglais et que vous n'entendez pas les sous-titres, ils sont lisibles sur la version vidéo de cet entretien) Depuis que le pouvoir existe, on a essayé de le nommer. L’enjeu est de taille. En effet, nous présupposons (à tort ou à raison) qu’il n’y a qu’en comprenant adéquatement ses logiques, ses mécanismes et ses représentations qu’il est possible de le combattre ou de l’esquiver. Nous héritons de toute une palette de concepts et de mots plus ou moins ronflants et accessibles : société de classe (Marx), du spectacle (Debord), de contrôle (Deleuze), on en passe et des moins bons. De fait, la société (ou ce qu’il en reste) évolue et la domination s’affine et se perfectionne (ou se brutalise), il est donc impératif de nommer aussi précisément ce par quoi nous sommes tenus ou écrasés. C’est ce que tente de faire Ian Alan Paul avec son livre La société réticulaire que nous avons traduit et publié en octobre dernier. L’idée est simple mais se devait d’être élaborée : au pouvoir souverain de l’État et à la discipline de l’économie, au spectacle et à la biopolitique, s’est surajoutée ces dernières années une nouvelle couche : la forme réseau. Cette société réticulaire se manifeste par un maillage toujours plus serré de la surveillance autant que par notre dédoublement subjectif derrière des filtres et posts instagram. L’IA rédige nos déclarations d’amour et optimise des bombardements meurtriers, l’accumulation massive de données nous prévient d’une épidémie de grippe avant même qu’elle soit propagée et transforme toute la complexité de nos vies en pâte à modeler pour publicités. Bref, la société réticulaire, c’est une manière de nommer la pointe avancée de l’organisation du capital et du pouvoir aujourd’hui dans l’objectif de la faire dérailler. Pour que tout cela ne reste pas trop abstrait, on est parti de la situation actuelle aux Etats-Unis et de la résistance à ICE. D’un côté des entreprises de la tech qui vendent leurs données au gouvernement pour traquer les migrants, de l’autre des patrouilles de quartier qui s’organisent sur des messageries cryptées pour avertir les habitants de chaque opération de police. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    35 min
  6. FEB 2

    Faire naître, ce que le capitalisme fait à la maternité - Clélia Gasquet-Blanchard

    La maternité, cette expérience singulière qui consiste à « faire naître », occupe une place gigantesque dans la vie des femmes (et même aussi un peu des hommes). La maternité, en tant que lieu et institution qui accueille, sécurise, réglemente et organise les naissances, a parallèlement toujours été l’objet d’enjeux politiques et gouvernementaux. Pourtant et étrangement, nous pensons très peu politiquement­ la maternité, que ce soit l’évènement qui marque une vie en en mettant une autre au monde ou l’institution qui calibre pour toutes la manière dont cela doit se passer. C’est ce que propose de faire Clélia Gasquet-Blanchard dans Faire naître, ce que le capitalisme fait à la maternité qui vient de paraître aux éditions La Fabrique. Géographe et maîtresse de conférences à l’École des hautes études en santé publique, c’est à partir d’un travail de recherche que l’autrice analyse les conséquences du capitalisme sur la gestion et le vécu des naissances ainsi que la manière dont les institutions gouvernent et administrent la vie, y compris à naître. Le livre s’attèle à ouvrir les questions, les tensions et les contradictions qui traversent la maternité telle qu’elle s’organise : comment la gestion du risque et de la sécurité compose avec un événement par essence incertain et imprévisible ? Pourquoi le rapport à la douleur, l’administration d’une péridurale ou le recours à une césarienne sont traversés par des problématiques qui excèdent l’expérience singulière des femmes ? En quoi la rationalisation, la technicisation et l’optimisation des naissances reconfigurent notre rapport au monde et à la mise au monde ? Comment les différentes formes de féminisme se sont rapportées à des enjeux aussi intimes, décisifs et évidemment politiques ? Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    53 min

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